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samedi 4 juin 2016

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 6 juin 2016
16h-18h
À Rome autour de 1500:
l’invention de la bibliothèque-modèle 
par 
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier). quand vous la consultez).

Attention!
La «dernière séance» de notre année universitaire 2015-2016 se déroulera le
mardi 14 juin 2016
à la
Bibliothèque de la Société d’histoire du protestantisme français
(54 rue des Saints-Pères, 75007 Paris).
Nous y avons rendez-vous à 14h30 (dans la cour), pour être reçus par Madame Marianne Carbonnier-Burkard, professeur à la Faculté de théologie protestante de Paris, qui nous présentera l’histoire de la Bibliothèque et un certain de pièces issues de ses fonds et relatives à l’histoire de la Réforme.

samedi 26 mars 2016

Géographie historique et transferts culturels au Bas-Empire

La perspective historique permet de mieux comprendre la géographie qui est la nôtre aujourd’hui, et qui se trouve d’abord structurée par la mise en place des frontières. Des espaces qui avaient une unité ancienne se sont souvent trouvés dissociés –on pense par exemple aux «anciens Pays-Bas»–, d’autres ont été soumis à une conjoncture que l’instauration de nouvelles frontières a parfois très profondément infléchie. C’est peu de dire que l’histoire culturelle et l’histoire du livre en ont aussi subi les contrecoups. L’exemple de la vallée de la Moselle en donne une démonstration remarquable. Après l'échec de Varrus, Rome se préoccupe au premier chef de sa frontière à l’encontre de la Germanie, laquelle correspond de fait à une ligne de défense (le limes), suivant les deux vallées du Rhin et du Danube. La fondation de Trèves, à la fin du Ier siècle avant notre ère, répond à cette problématique: nous sommes en pays celte (les Trevires) un petit peu en retrait du limes, donc relativement à l’abri, et au croisement des deux routes essentielles de Reims au coude du Rhin (Bingen / Bingium et surtout Mayence / Mogontiacum), et de Lyon (donc de Méditerranée) à Cologne (Colonia Agrippina). 
Ces axes majeurs de la romanisation correspondent bien sûr à des axes commerciaux, auxquels sont aussi liés des processus comme la pénétration de l’écriture et de l’alphabétisation. La «stèle du cirque», au Musée archéologique de Trèves (vers 215 ap. J.-C.), illustre un thème largement repris dans les arts figuratifs jusqu’à l’époque moderne: il s’agit du lien entre le développement des affaires de finance et de négoce, et la maîtrise de technique d’écriture et de comptabilité. Un des petits côtés de la stèle présente en effet une scène fascinante, où nous voyons les employés apporter au patron ou à son intendant les rentrées d’argent résultant des activités conduites par celui-ci. Les sacs de pièces de monnaie sont déposés sur la table et le patron, registre en mains note le résultat des opérations.
On remarquera qu’il tient un codex, lequel est probablement constitué d’une série de tablettes de cire (ou de bois) réunies par un double lien et servant à prendre des notes avec un stylet. Détail intéressant, un deuxième personnage, debout, tient dans les mains un second codex: il peut s’agir d’un document sur lequel on a noté des opérations intermédiaires, ou d’une pièce tirée des archives comptables et à laquelle on souhaite se reporter. On sait que ces tablettes (caudex) existent à Rome au moins depuis la fin du Ier siècle, mais elles sont utilisés comme supports de documents n’ayant pas de valeur durable, des notes, des comptes, etc. La forme canonique du livre antique reste bien entendu, jusqu’au IVe siècle, celle du volumen, du rouleau, comme un très grand nombre de vestiges archéologiques en fait foi.
Les axes de pénétration sont donc aussi des axes de pénétration de l’écriture, de l’alphabétisation et des transferts culturels de toutes sortes. Le précédent billet présentait la stèle d’un ancien monument funéraire trouvé à Neumagen / Noviomagus, et mettant en scène des élèves avec leur maître (vers 180 ap. J.-C.). Nous sommes dans un milieu très fortuné, dans lequel un précepteur privé a été engagé pour former les trois fils de la maison. Or, on remarquera que le maître porte une barbe, ce qui laisse à penser qu’il s’agit d’un Grec que l’on a fait venir dans la capitale de l’Empire d’Occident. Sur un autre plan, ces voyageurs de Méditerranée orientale permettent aussi à une nouvelle religion de s’implanter plus rapidement, à savoir le christianisme. 
La Table de Peutinger donne le schéma des principaux axes de communication au Bas-Empire (cf supra). Vers le Rhin, la première étape est précisément Neumagen, dont nous avons dit la richesse des vestiges archéologiques. Vers le nord, la route de Trèves à Cologne ne suit pas les grands axes fluviaux –on pourrait imaginer de descendre la Moselle jusqu’à Coblence / Confluentes, et de poursuivre par le Rhin –, mais elle pique à travers une région longtemps laissée à l’écart et oubliée, celle de l’ancien massif volcanique de l’Eifel, par les villes actuelles de Bitburg, Marmagen / Marcomagus et Zülpich (fr. Tolbiac).
L’Eifel est alors profondément romanisé, et sert de grenier à blé non seulement pour les plus grandes villes, Trèves au premier chef (nous avons dit que la population de la ville romaine a peut-être culminé à 50 000 habitants), mais aussi pour les garnisons du limes. Ce sont des activités très variées (on pense par ex. à la construction du gigantesque aqueduc destiné à alimenter Cologne), des voies de communication, des postes de surveillance (Bitburg / Beda) et des relais de courrier, des bourgs actifs, de nombreuses exploitations rurales et des domaines (villae) parfois absolument somptueux (comme à Welschbillig et à Ahrweiler: cf cliché, un domaine rural du Bas-Empire). Un monde où les échanges sont constants, où l’alphabétisation n’est pas rare, et où l’on rencontrera aussi des temples et des églises, des écoles, des livres et des bibliothèques.
Bien évidemment, l’avantage qui était celui d’une position en retrait du limes devient un élément de plus en plus négatif au fur et à mesure que la frontière craque et que le pays est soumis aux vagues successives et aux destructions: les fortifications élevées au IVe siècle témoignent du danger. Après l’écroulement, les Celtes romanisés sont submergés par les Germains, qui ne connaissent pas l’écriture et qui ne sont pas christianisés. À titre d’exemple, la situation favorable d'une petite ville comme Zülpich devient un élément négatif, quand sa position sur de grandes voies de passage en fait un lieu de confrontation: c’est à Zülpich que Clovis écrase les Alamans à la fin du Ve siècle (496), dans une bataille à l’occasion de laquelle il se serait converti au christianisme. La conjoncture ne redeviendra meilleure, dans la région, qu’aux VIIIe-Xe siècles, avec le développement des missions d’évangélisation, avec la fondation de grandes maisons religieuses, et avec la mise en place de l’Empire carolingien autour d’Aix-la-Chapelle.

Billet suivant sur Trèves et sa région

Le voyageur historien remercie grandement les musées qui, comme le superbe Rheinisches Museum de Trèves, autorisent avec la plus grande libéralité de faire des clichés (tous les clichés ci-dessus, sauf celui relatif à la Table de Peutinger, ont été pris au Musée de Trèves).
Bibliographie très générale sur l'histoire du livre: Frédéric Barbier, Histoire du livre en Occident (3e édition rev., corr. et augm. de l'Histoire du livre), Paris, Armand Colin, 2012 (p. 31 et suiv.).

mardi 25 août 2015

Barcelone, terre de frontière

En visitant Barcelone, nous pensons aux lignes de fracture chères aux géomorphologues: ces lignes le plus souvent invisibles, mais qui sont celles où les plaques tectoniques se rencontrent, et dans la proximité desquelles se produisent, encore aujourd’hui, les phénomènes volcaniques et les tremblements de terre dont certaines régions sont coutumières. Le concept est-il transposable en histoire, dès lors que nous explorons la succession des siècles? Nous aurions tendance à répondre «oui», mais en ajoutant immédiatement un codicille selon lequel, si lignes de fracture il y a, elles doivent être contextualisées: autrement dit une ligne de fracture pourra être observée dans un certain contexte et à une certaine époque, qui aura disparu quand les conditions d’observation auront elles-mêmes changées. À l’intérieur du royaume de France, et de la France contemporaine, combien de frontières, matérialisées par la présence de fortifications parfois impressionnantes (comme dans notre paisible Touraine, sur les frontières du duché d'Anjou), ou dont le souvenir perdure à travers la géographie institutionnelle (notamment la géographie ecclésiastique), et qui sont aujourd'hui bien éloignées d’une quelconque frontière au sens géographique usuel du terme?
À Barcelone, nous sommes pourtant sur une double frontière, dont la visite du remarquable Musée d’histoire de la ville (MUHBA) permet de se faire une idée: frontière de l'acculturation (la ville fonctionne selon des modalités économiques, sociales, culturelles et autres très différentes de son plat pays), et frontière à proprement parler politique. Nous ajouterons qu’il est d’autant plus intéressant de suivre ces phénomènes, qu’ils s’accompagnent de changements parallèles dans les modalités et dans les pratiques de l’écriture.

Le site de Barcelone a d’abord été occupé par les Ibères, un peuple alphabétisé dont l’écriture combine signes syllabiques et signes alphabétiques (Ve s. av. J.-C.): cette  écriture serait dérivée d'un alphabet de la Méditerranée orientale, soit le phénicien, soit le grec. Apparue au Ve siècle, elle cède la place à l'écriture latine au Ier siècle avant notre ère.
Graffiti ibère, sur un fragment de vase du IIe siècle av. J-C. (on distingue un nom propre: UATINAR). (Coll. MUHBA)
Les Romains, qui succèdent aux Ibères au IIIe siècle avant notre ère, importent toutes sortes de pratiques d’écriture et de lecture, que nous reconstituons en partie par l’archéologie. Plus que par les témoignages nombreux relatifs à la vie quotidiennes, nous sommes frappés par le regard à la fois triste et détaché de ce Barcelonais du Bas-Empire qui semble nous dévisager par delà le silence des siècles (même impression que devant certains portraits du Fayoum).
Scène de chasse, IVe s. (détail. Coll MUHBA)
Le christianisme s’implante à Barcino (Barcelone) au début du IVe siècle de notre ère, et son souvenir perdure à travers la présence de saint Cucufat, martyr originaire d’Afrique du Nord exécuté en 304. Une dizaine d’années plus tard, et le christianisme devient religion d’État (313): une tombe chrétienne du Ve siècle nous fait sentir la tristesse, en même temps que la confiance, de parents frappés par la disparition de leur fils âgé seulement de trois ans mais dont ils recommandent l'âme à Dieu…
Hic requiescit Magnus puer fidelis in pace qui vixit anni III (coll. MUHBA)
Peu à peu, alors que la domination de Rome se fait plus incertaine, le pouvoir de l’évêque tend à s’imposer dans la ville. Le prélat est établi dans son palais, à proximité de la cathédrale et du baptistère, dont une inscription du VIe siècle témoigne de l’implantation des formules chrétiennes. 
O IUBET RENUNCIARE [IN]IMCUM DOMINI (inscription du VIe s., baptistère de Barcelone. Coll. MUHBA)
Après la chute de l’Empire romain, Barcelone passe sous la domination des Wisigoths, mais ceux-ci  ne représentent jamais qu’une minorité romanisée de la population. Au VIIIe siècle, ce sont les Arabes qui entrent en scène, mais ils ne restent qu’un siècle à peine sur le site de Barcelone: avec la reconquête carolingienne, le fleuve Llobregat marque pour plusieurs siècles la frontière entre deux mondes, et le comté de Barcelone est réellement un territoire de marche frontalière.
Inscription arabe (coll. MUHBA)
La marche d’Espagne est organisée par Charlemagne au début du IXe siècle, avec les deux acteurs-cléfs de l’administration carolingienne, celui du comte (comes), représentant l’empereur, et celui de l’évêque, pasteur de la communauté chrétienne. On connaît la suite: avec l’affaissement du pouvoir impérial, les comtes de Barcelone se constituent en dynastie de souverains autonomes, tandis que leur alliance avec la dynastie royale d’Aragon prélude paradoxalement à un certain effacement du comté sur le plan politique (sous Raymond Bérenger IV, 1131-1162).
Mais, dans l’intervalle, un nouveau pouvoir émerge et s’impose: celui des grandes dynasties bourgeoises, dont la fortune est liée à l’activité du port et au grand négoce, et qui obtiennent en 1284 le privilège de pouvoir pratiquement gérer leur ville de manière autonome. La fortune de Barcelone se jouera désormais du côté de la mer… jusqu’à la rencontre de Christophe Colomb et des rois catholiques, précisément à Barcelone, en 1493. L’avenir se tourne désormais, pour un temps, du côté de l’Atlantique, tandis que l’union de la Castille et de l’Aragon repousse la Catalogne et sa capitale de Barcelone à un rôle politique plus secondaire. Pour autant, la frontière perdure toujours, et les prochaines élections législatives espagnoles auront aussi, en Catalogne, la valeur d’un test sur le choix éventuel de l’indépendance….

La catégorie de la frontière est bien évidemment l'une de celles qui s'articulent le plus étroitement avec la catégorie des transferts. 

samedi 22 août 2015

Acculturation et appropriation: à propos de Tarragone

De Ségovie à Tarragone, le voyageur découvre des ensembles médiévaux très remarquables, qu’il s’agisse du monastère cistercien de Poblet ou de la charmante petite ville ancienne de Montblanc. Mais nous voici, à Tarragone (Tarraco), dans la capitale d’une province romaine de première importance, depuis que Cneius Cornelius Scipion en a choisi le port comme base de ses opérations contre les Carthaginois (218 av. J.-C.): la première garnison romaine s’établit sur les hauts de la ville actuelle. Il s’agit, pour Rome, de s’assurer de la suprématie maritime, donc commerciale et politique, à l’encontre de Carthage, et la gens des Scipion joue en l’occurrence un rôle essentiel: l’oncle de Cneius Cornelius obtient la construction de la première flotte romaine, et son père s’empare des îles de Corse et de Sardaigne.
Après la destruction de Carthage, au milieu du IIe siècle avant notre ère, la mer Tyrrhénienne et la Méditerranée occidentale seront romaines pour plusieurs siècles. Cette unité se retrouvera, dans une certaine mesure, lorsque les rois d’Aragon domineront successivement les Baléares (1229), le royaume de Valence (1238), la Sicile (1282) et la Sardaigne (1329). Nous avons souligné l’importance de cette petite «mer intérieure», trop négligée des historiens du livre, dans la première diffusion de l’imprimerie au XVe siècle. À l’époque romaine, la traversée d’Italie en Espagne peut ne prendre que quatre jours…
La décadence de l’Aragon, au début de l’époque moderne, sera due paradoxalement à l’union avec la Castille, qui éloigne les grands centres politiques de la côte, et à la découverte de l’Amérique, qui repousse le commerce de Méditerranée à une position secondaire. 
Mais revenons à Rome. Les monuments et vestiges archéologiques aujourd’hui conservés à Tarragone souligne le rôle de la ville comme capitale de la province d’Hispanie citérieure (la province la plus étendue de l’empire), mais ils montrent toute l’importance de la représentation politique dans l’ordre établi par Rome: Tarraco servira de modèle pour un certain nombre d’autres capitales de province.
César fait du camp militaire (castrum) une colonie romaine, où Auguste lui-même réside en 26 et 25 av. J.-C., quand le réseau routier est réorganisé: depuis Narbonne, la Via Augusta rejoint l’Espagne méridionale (Gadès), en passant par Tarraco. Mais le changement principal date du Ier siècle de notre ère, lorsque la ville est dotée d’un ensemble impressionnant de bâtiments publics: avec Vespasien (70), les Hispaniques reçoivent le droit de citoyenneté latine, et on entreprend à Tárraco la construction d’un forum provincial, sur deux terrasses surplombant la mer. Les bâtiments en sont dévolus, en haut, au culte impérial (avec le temps d'Auguste, à l'emplacement de l'actuelle cathédrale), et en bas aux services de l’administration (probablement abrités dans de gigantesques galeries voûtées: cliché 1). Une vingtaine d’années plus tard, l’ensemble est complété, en contrebas, par la construction du cirque (cliché 1). Deux aqueducs, dont l’un de quarante kilomètres, alimentent alors la ville en eau. 
Deux villes se dégagent ainsi du nouveau dispositif, la ville officielle, en haut, les quartiers d’habitation en contrebas –et jusqu’au port, lequel se situe en dehors des murailles. Le monumental cirque de Tarraco, que l’on visite toujours, est lui aussi construit un petit peu à l’écart des anciennes murailles. Le Musée archéologique propose peu de vestiges relatifs à ce qui intéresse au premier chef l’historien du livre, en dehors des vestiges épigraphiques (inscriptions honorifiques, rituelles ou funéraires de toute sorte). Mais il n’y a rien de surprenant à ce que Tarraco soit très tôt touchée par le christianisme (déjà par l’apôtre Paul?), ni à ce que les admirables vestiges de villae suburbaines (avec leurs bibliothèques?) rendent témoignage à la fois d’une civilisation particulièrement raffinée (cf les mosaïques: cliché 3), et d’une ouverture précoce à la foi nouvelle. L’évêque de Tarraco se substituera un temps aux pouvoirs séculiers entrés en pleine décadence à l’époque des invasions. 
À l’heure où la question de «l’héritage de l’Europe» est constamment posée, la visite de Tarragone nous donne ainsi un certain nombre de clés qui viennent éclairer notre propre histoire... dont il paraît difficile de prétendre qu’elle n’a à voir ni avec l’antiquité classique (romaine au premier chef), ni avec le christianisme.

mercredi 20 février 2013

Conférence d'histoire du livre

Qui écrit?
Regards croisés sur le livre, XVIe - XVIIIe siècle
Séminaire 2012-2013

La prochaine séance du séminaire aura lieu
le mercredi 20 février
à 17h

Anne Raffarin-Dupuis, Paris IV, EA "Rome et ses Renaissances"
 
Les Epigrammata antiquae urbis (1521)
Une œuvre collective pour une publication unique?

La séance a lieu à l'École normale supérieure de Lyon, site Descartes
15, parvis Descartes
métro Gerland
salle F 103

Entrée libre sans inscription

Martine Furno, Raphaële Mouren

Communiqué par Raphaële Mouren


Rappel:
Les Actes du séminaire 2007-2011 viennent de paraître:
Auteur, traducteur, collaborateur, imprimeur... qui écrit?
sous la direction de Martine Furno et Raphaële Mouren
Paris, Classiques Garnier, 2013, 329 p.

dimanche 1 avril 2012

Les origines de la Bibliothèque Vaticane

Au retour des papes d’Avignon à Rome (1420), la Ville a beaucoup perdu en importance, avec ses quelque 30000 habitants et son habitat réduit, souvent au milieu de champs de ruines. Le palais du Latran était l’ancienne résidence pontificale: il est tellement dégradé que les papes, à partir de Martin V, s’établissent au Vatican, qui se présente alors comme un palais forteresse près de la basilique de Saint-Pierre. Martin V (1420-1447) prend les premières mesures en vue de la renaissance de la Ville, mesures que Nicolas V (Tommaso Parentucelli da Sarzana, règne de 1447 à 1455) va s’efforcer de systématiser: le pape prépare un vaste plan d’urbanisme et rétablit l’Aqua Virgo, tandis que le Palazzo Bembbo (au pied du Capitole) sera achevé sous Paul II.
À sa mort, Nicolas V expliquera le rôle de l’urbanisme aux cardinaux qui l’entourent: Écoutez, vénérables frères, et pesez les raisons qui nous ont incité à donner tant d’importance aux constructions. (…) Nous savons bien que seuls ceux qui sont profondément versés dans les études peuvent comprendre quelle grande chose est l’Église romaine. Le vulgaire au contraire, privé de culture et sevré de toute étude, a beau avoir l’air de prêter attention aux enseignements autorisés des savants, en réalité, s’il n’est frappé par la grandeur de quelque œuvre matérielle qui s’impose à lui par sa magnificence, à mesure que le temps passe, il en vient peu à peu à perdre sa confiance (cité par Grimal, p. 156).
Melozzo da Forli, Fondation de la BIbliothèque Vaticane, 1475
Ce texte fondamental nous donne comme la théorie de la double fonction de la bibliothèque moderne, en tant qu'elle est une institution destinée d’une part aux savants, et de l’autre, en quelque sorte de l’extérieur, à l’homme du «commun».
Nicolas V est en effet un clerc de petite origine formé à Florence, où il a nombre d'amis intellectuels et artistes. Il a accom- pagné l’humaniste Giovanni Aurispa (1376-1459) dans son exploration des bibliothèques allemandes à la suite du concile de Bâle.
Élu pape en 1447, il donnera toute son attention à la Bibliothèque, établie dans une salle de l'ancien palais de Nicolas III où lui-même tient des discussions avec ses amis: il la réorganise et l’enrichit. Il est en outre l’auteur d’un nouveau cadre de classification des livres, appliqué par Cosme de Médicis dans la Libreria di S. Marco avant de se diffuser dans les principales bibliothèques du XVe siècle. Le bibliothécaire Giovanni Tortelli († 1466), médecin, helléniste et auteur d’un De Orthographia, l’applique déjà aux volumes de la bibliothèque pontificale, dont il est en charge à partir de 1449. 
La collection de Nicolas V est constituée de trois ensembles: d’abord, les livres des prédécesseurs du pape, notamment Eugène IV à l'époque du concile de Florence (340 volumes). Puis la bibliothèque humaniste rassemblée par Nicolas V (Enoch d’Ascoli recherche pour lui des manuscrits en Grèce, en Allemagne et jusqu'au Danemark). Le troisième groupe comprend les copies faites pour le pape, souvent aussi des traductions du grec (par Lorenzo Valla, George de Trébizonde, etc.).
Copistes et miniaturistes sont appelés de Bologne et de Florence pour poursuivre leur travail à Rome, où un petit groupe d’humanistes, traducteurs et éditeurs se rassemble autour de Théodore Gaza, l’un des hellénistes les plus actifs des décennies 1450-1470. Une partie de ces opérations a été financée par les revenus provenant de l’année jubilaire 1450. À la mort du pape, la bibliothèque compte déjà quelque 1200 manuscrits (dont 350 manuscrits grecs) dans douze armoires.
La Ville va s'imposer dès lors comme l’une des capitales de l’humanisme européen, où l’imprimerie est introduite dès 1466, et où la bibliothèque des papes se développe progressivement. Les successeurs de Nicolas V, Calixte III (Alphonse Borgia, 1455-1458), mais surtout Pie II (Æneas Silvius Piccolomini, 1458-1464) et Paul II (Pietro Barbo, 1464-1471), poursuivent la même politique d’enrichissement. Le rôle principal sera pourtant pris par un frère mineur de Savone, Francesco della Rovere (Sixte IV, pape de 1471 à 1484).
C’est Sixte IV en effet qui élève la bibliothèque pontificale au rang d’institution permanente, par la bulle Ad decorem militantis ecclesiae (15 juin 1475), et qui l’établit dans un local spécifique (la Bibliothèque Vaticane a donc pu commémorer son cinquième centenaire en 1975). La bulle ordonne de réunir les volumes appartenant à Sixte IV avec ceux qui viennent de ses prédécesseurs. Un premier inventaire des fonds ainsi réunis est réalisé de mars à mai 1475, et donne le détail des manuscrits. Comme on le sait, nous conservons aujourd'hui non seulement la grande fresque de Melozzo da Forli représentant la fondation de la bibliothèque et la nomination du premier bibliothécaire (cf. cliché), mais aussi une partie des fresque des frères Ghirlandaio et qui décoraient les deux premières salles de la «bibliothèque publique» à la fin du XVe siècle.

vendredi 30 mars 2012

Conférences d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 2 avril 2012

14h-16h
La Méditerranée, «machine à faire des bibliothèques»?
par
Madame Emmanuelle Chapron,
maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille,
chargée de conférences à l’EPHE

La Méditerranée est-elle une «machine à faire des bibliothèques» comme elle l’est, selon la formule de Paul Valéry, «à faire de la civilisation»? Dans quelle mesure son espace est-il une échelle pertinente pour écrire une histoire des bibliothèques qui soit, indissociablement, celles des pratiques du travail savant, des enjeux de pouvoir liés à la maîtrise de l’écrit et des savoirs, du statut du livre dans la construction des identités collectives?
 
16h-18h
Le décor des bibliothèques aux XVe et XVIe siècles. La Bibliothèque Vaticane
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études

Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2011-2012.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg). Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).
Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

jeudi 29 mars 2012

Une exposition à Rome

À l’occasion du quatrième centenaire de leur fondation, les Archives Vaticanes présentent du 29 février au 9 septembre 2012 une exposition absolument exceptionnelle, et qui intéressera entre autres l’historien du livre et de l’écrit.
Les Archives ont en effet été fondées par Paul V en 1612, soit à une époque où, après le concile de Trente, la papauté est très activement engagée dans une politique de reconquête catholique face à la Réforme, politique qui doit s’accompagner de l’actualisation de la doctrine de l’Église par rapport à la modernité et au mouvement des idées. Parallèlement, l’administration romaine est restructurée, avec notamment la mise en place des Congrégations (qui peuvent être assimilées à des ministères) sous le règne de Sixte-Quint. La création des Archives s’inscrit dans cette perspective de rationalisation administrative.

Pour ceux qui n’auront pas la chance de pouvoir visiter l’exposition à Rome (au Musée du Capitole), un remarquable catalogue a été édité: Lux in arcana. L’Archivio Segreto Vaticano si rivela. IV Centenario dalla fondazione dell’Archivio Segreto Vaticano, Roma, Palombi & Partner, 2012. ISBN 978-88-6060-392-0
Il s’agit de la présentation commentée de plusieurs dizaines de documents, la plupart d’importance exceptionnelle, mais qui sont restés pratiquement inaccessibles des siècles durant.

Sommaire
Introduzione
Nel Palazzo dei Conservatori (Dans le Palais des conservateurs)
Il custode della memoria (Le gardien de la mémoire). On remarque dans cette section la bulle «Inter cetera», de 1493, par laquelle Alexandre VI donne les terres nouvellement découvertes ou à découvrir au roi d’Espagne, mais aussi les actes du procès de Galilée ou encore l’Édit de Worms contre Luther (1521).
Tiara e corona (Tiare et couronne). Les archivistes et les historiens du Moyen Âge seront particulièrement intéressés par la «Fausse donation de Constantin» (754), sur laquelle est censé se fonder le pouvoir temporel de la papauté, mais dont l’authenticité a été mise en cause dès le XVe siècle: Nicolas de Cuse pensait que le document était un faux, ce que Lorenzo Valla a démontré. D’autres pièces illustrent les rapports de la papauté et des puissances temporelles, parmi lesquelles, pour ce qui regarde la France, l’original du Concordat de 1801 (mais aussi la reddition des troupes pontificales en 1870, et les Accords du Latran de 1929).
Nel segreto del conclave (Dans le secret du conclave): différentes pièces remarquables sur le lieu du secret par excellence, les conclaves.
Sante, regine e cortigiane (Saintes, reines et courtisanes), dont une lettre de Lucrèce Borgia à son père, le pape Alexandre VI...
La riflessione e il dialogo (La réflexion et le dialogue), dont des pièces relatives au rapprochement des Églises, ou encore à l’organisation des conciles de Trente et de Vatican II.
Eretici, crociati e cavalieri (Hérétiques, croisés et chevaliers): parmi d'autres documents, la bulle «Decet Romanum Pontificem» par laquelle Léon X excommunie Luther (1521); des pièces relatives à Giordano Bruno; la lettre de Jean Sobieski annonçant à Innocent XI la levée du siège de Vienne par les Turcs (1683); ou encore le dossier du procès des Templiers en France.
L’oro e l’inchiostro (L’or et l’encre): Bartolomeo Platina, premier bibliothèque de la nouvelle Bibliothèque pontificale, achève en 1480 le Liber privilegiorum Romanae Ecclesiae, dans lequel sont copiés plus de 400 documents relatifs aux droits de l’Église (cliché ci-dessus).
Scienziati, filosofi e inventori (Scientifiques, philosophes et inventeurs). Cette section intéresse l’histoire des idées, avec des documents concernant Copernic, Érasme ou encore Voltaire.
Nel Palazzo Clementino Caffarelli (Au Palais Clementino Caffarelli).
I segni del potere (Les signes du pouvoir), ou une sigillographie spectaculaire.
Il «periodo chiuso» (La «période de fermeture»): pièces relatives aux événements de la Seconde Guerre mondiale.
Compléments : Profili biografici, Glossario, Bibliografia, Referenze iconografiche, etc.

dimanche 18 mars 2012

Histoire du livre et histoire des bibliothèques cardinalices

Après le concile de Trente (1543-1563), la papauté s’efforce de mettre en place les conditions de la reconquête intellectuelle face à la Réforme. Pour ce qui intéresse l'écrit et le livre, cette reconquête se fera en s’appuyant sur des structures d’enseignement (avec l’édification du Palais de la Sapienza à Rome, mais aussi avec l’essor des jésuites, autour du Collegium Romanum), sur un travail très important d’édition de textes (à commencer par celui de la Vulgate) et de réflexion scientifique, sur la fondation d’une imprimerie spécialisée (la Typographie Vaticane, en 1587) et sur la constitution de fonds de livres qui seront mis à la disposition des clercs et des savants. Une génération plus tard, ce sera la bulle Inscrutabili divinae de Grégoire XV (1622), et la création de la Congrégation De Propaganda Fide, établie dans le palais de la place d’Espagne, et où «gémissent» bientôt les presses de la célèbre Typographie polyglotte (cf. cliché).
Le Palazzo "De Propaganda Fide", place d'Espagne
D’autres axes seraient aussi à prendre en considération, par ex. le travail de rationalisation de la gouvernance dans l’État pontifical (surtout sous Sixte Quint, 1585-1590, créateur du système des Congrégations), ou encore la mise en œuvre d’une nouvelle esthétique et d’un nouveau vocabulaire stylistique dans le domaine notamment de l’architecture et de la peinture. Nous ne nous y arrêterons pas, même si l’art de la Contre Réforme trouve bien évidemment un riche champ d’application dans la décoration des bibliothèques.
Une caractéristique significative s’agissant des bibliothèques réside dans le fait que nombre de réalisations novatrices sont prises en charge certes par le pape, mais surtout par des représentants des grandes familles cardinalices. La capitale de la chrétienté occupe, bien évidemment, une position privilégiée, et les bibliothèques créées dans les palais romains sont célèbres, à commencer par celle des Barberini: Maffeo Barberini, ancien élève des jésuites, est élu pape (Urbain VIII) en 1623, et deux ans plus tard, le nouveau palais proche des Quatre fontaines (d’où son nom) commence à être construit. Il accueillera la bibliothèque de son neveu le cardinal Francesco Barberini. Passionné d’arts et de culture, celui-ci constituait des collections très riches, réunissait autour de lui un cercle d’artistes et de savants, et fondait la première académie romaine. Le P. Jacob explique, en 1644:
Après les bibliothèques papales, je n’en treuve point à Rome de plus célèbre que celle du cardinal François Barberin, neveu de nostre S.P. le pape Urbain VIII. Car si l’on considère la multitude des manuscrits grecs, latins & autres idiomes, elle ne cédera à aucune [bibliothèque] particulière de l’Europe. Le curieux lecteur pourra voir la description plus ample de cette bibliothèque dans celle du palais dudit cardinal faiye nouvellement en latin par le comte Hiérôme Teti. Je me contenteray seulement de dire que les sieurs Luc Holstein d’Hambourg en Allemagne, qui a en son particulier une assez bonne bibliothèque des autheurs classiques, et Charles Moroni, ont la charge de cette bibliothèque.
Le cardinal Anthoine Barberini, frère du cardinal François (…) en a aussi une très belle en son particulier, de laquelle le sieur Gabriel Naudé a été autrefois bibliothécaire… (p. 93-94).
Et le bibliographe de dévider sa théorie des cardinaux bibliophiles, de Jules Mazarin avec la bibliothèque du palais romain du Quirinal, aux Carpi, aux Colonna ou encore aux Farnèse, pour nous limiter toujours à Rome.
Entrée principale du Palazzo Barberini.
Notre courte citation met au passage en évidence un élément significatif qui intervient dans le statut d’une bibliothèque remarquable: la richesse de la collection, certes (les manuscrits grecs et latins!), la somptuosité du décor, oui, mais désormais aussi la qualité du bibliothécaire, lequel sera reconnu comme un savant, et dont le travail valorise, pour reprendre le terme si apprécié de nos actuels décideurs, le fonds qu’il a à administrer.
Mais l’historiographie actuelle des bibliothèques met volontiers l’accent sur le fait que ces collections sont considérées comme ouvertes, et qu’elles préfigureraient par conséquent la «bibliothèque publique moderne» (Denis Pallier). Il s’agit, à notre sens, d’un anachronisme: la volonté des cardinaux est bien plutôt celle d’illustrer une famille (gens) dont un ou plusieurs membres a souvent déjà accédé au trône de saint Pierre, et le mécénat, la collection d’art, la constitution d’une bibliothèque jouent un rôle essentiel. Il s’y ajoute, surtout à Rome, la gloire de l'Église, et la référence classique à l’évergétisme des grandes familles de la Rome antique ayant elles-mêmes fondé des bibliothèques présentées comme «publiques». Le P. Jacob précise d’ailleurs à propos de
Dominique Capranica, cardinal et grand pœnitencier de l’Église romaine, [qu’il] prit un soin nompareil pour perfectionner sa bibliothèque: laquelle est conservée dans le collège que ce cardinal a fondé, pour une éternelle mémoire de l’affection qu’il avoit pour les bonnes lettres (p. 96).
L'exemple de l'Ambrosienne, effectivement ouverte au public à Milan en 1609 par le cardinal Borromée, apparaît comme un cas particulier. D'une manière générale, la référence au «public» n’est pas à entendre strictement dans l’acception actuelle du terme: la bibliothèque «publique» s’oppose bien plutôt à la bibliothèque «privée», c’est-à-dire à la bibliothèque plus ou moins inaccessible, et comme telle déjà critiquée par les Anciens.
Le public véritable de ces collections est en réalité un public «distingué» (au sens bourdieusien du terme) sur le plan social et, de plus en plus, sur le plan culturel: c’est le public des familiers du prince, qui sont peu ou prou ses obligés (et le Père Jacob cite encore, parmi les «domestique[s] du cardinal Barberin», le nom du «docte Léo Allatius, Grec de Nation, et [qui] possède une bibliothèque très-insigne pour les autheurs de sa nation» (p. 110). À ce petit groupe se joignent ceux que leur qualité même autorise à y être introduits, notamment parmi les voyageurs étrangers de passage dans la Ville.
De sorte que, s’agissant des bibliothèques cardinalices dont le modèle sera transporté en France par Gabriel Naudé et par Mazarin, la dénomination de «bibliothèque publique» s’analyse d’abord, de manière en apparence paradoxale, comme un élément de la distinction, donc d’une forme de renfermement, avant de devenir, par un jeu de glissement, un élément majeur de la gloire du souverain et de sa capitale.

mercredi 4 janvier 2012

Histoire du livre à Rome au Moyen Âge

Maria Alessandra Bilotta, I Libri dei Papi. La Curia, il Laterano e la produzione manoscritta ad uso del Papato nel Medioevo (secoli VI-XIII), Città del Vaticano, Biblioteca Vaticana, 2011 («Studi e testi», 465).
Voir le Site de l'éditeur 
L’ouvrage porte essentiellement sur l’analyse historique et historico-artistique des manuscrits réalisés à l’usage de la cour pontificale et du Latran entre le VIe et le XIe siècle. La recherche développe trois axes principaux:
1) La description des modalités selon lesquelles, dans les siècles centraux du Moyen-Âge, s’est développée et institutionnalisée une activité de copie et de conservation des livres dans l’environnement de la papauté.
2) L’identification systématique des manuscrits conservés, qui sont les témoignages de cette activité.
3) Enfin, l’analyse des exemplaires, selon les diverses approches méthodologiques (histoire et histoire de l’art, paléographie, codicologie, philologie, histoire de la liturgie, etc.).
On restitue ainsi une composante très significative mais jusqu’à présent peu étudiée dans son ensemble, de l’histoire de la miniature médiévale, grâce aussi à la réunion, conduite dans ce travail pour la première fois, de tout ce qui subsiste de la production manuscrite, et en particulier enluminée, liée au Latran et à la cour pontificale (résumé de l’éditeur, trad. FB).
 
Table générale 
Prefazione di S. Em. Card. Raffaele Farina (pp. XI-XII) 
Presentazione di Agostino Paravicini Bagliani (pp. XIII-XVII) 
Introduzione di Mario D’Onforio (pp. XIX-XXI) Ringraziamenti (pp. XXIII-XXV) 
Premessa (pp. XXVII-XXXII)
Capitolo 1: La Biblioteca nell’antica residenza pontificia del Laterano dal primo insediamento dei pontefici a Bonifacio VIII (1294-1303): ipotesi di localizzazione e vicende storiche del patrimonio librario pontificio (pp. 1-42)
1.1 La Biblioteca del Laterano dalla fondazione della Basilica Salvatoris all’affermazione del Laterano come residenza del papa.
1.2 La Biblioteca papale in Laterano tra X e XII secolo.
1.3 La raccolta libraria papale e la mobilità della Curia nel secolo XIII e all’inizio del XIV. 

Capitolo 2: I primi manoscritti, dalla fondazione della basilica Salvatoris all’affermazione del Laterano come residenza del papa (pp. 43-69) 
2.1 Troyes, Médiathèque de l’Agglomération Troyenne, ms 504.
2.2 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 10696, Vat. lat. 14586.
2.3 Monaco di Baviera, Bayerische Staatsbibliothek, Clm 14008.
2.4 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 4965. 

Capitolo 3: Codici, riforma canonicale e canonici di San Frediano in Laterano tra XI e XII secolo (pp. 71-117) 
3.1 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Ottob. lat. 38.
3.2 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 5319.
3.3 Firenze, Biblioteca Riccardiana, Ricc. 299.
3.4 Firenze, Biblioteca Riccardiana, Ricc. 300.
3.5 Roma, Archivio Capitolare Lateranense, A. 80.
3.6 Firenze Biblioteca Medicea Laurenziana, San Marco 356.
3.7 Roma, Archivio di Stato, ex-Santissimo Salvatore 997.
3.8 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 1192.
3.9 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 4406. 

Capitolo 4: I libri liturgici secundum consuetudinem et usum romanae Curiae: il Duecento (pp. 119-175) 
4.1 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 12989.
4.2 Madrid, Biblioteca Nacional de España, lat. 730.
4.3 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Ottob. lat. 356.
4.4 Avignone, Bibliothèque municipale, ms 100.
4.5 New York, Pierpont Morgan Library, M. 976 / Philadelphia, Morgan Free Library Lewis EM 008.12.
4.6 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 1155.
4.7 Parigi, Bibliothèque nationale de France, ms lat. 960.
4.8 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 4747.
4.9 Avignone, Bibliothèque municipale, ms 203.
4.10 Lione, Bibliothèque municipale, lat. 5132.
4.11 Roma, Biblioteca dell’Accademia Nazionale dei Lincei e Corsiniana, 55. K.3.
 
Conclusioni (pp. 177-188)
Bibliografia (pp. 189-270) Fonti (pp. 189-191) Lavori critici (pp. 191-270) Indice dei manoscritti citati (pp. 271-274) Indice dei nomi e dei luoghi (pp. 275-284) 
(Communiqué par l'auteur)