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vendredi 19 janvier 2018

Conférence d'histoire du livre

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 22 janvier 2018
16h-18h
La Congrégation de Saint Maur et la "librairie" parisienne (1621-1733)
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études

Cette conférence, qui se place en conclusion des séances déjà proposées sur le Voyage littéraire de Dom Martène et de Dom Durand, envisagera les relations étroites établies entre les Bénédictins de Saint-Maur, les imprimeurs-libraires parisiens, et les représentants du (ou des) pouvoir(s). L'articulation ainsi construite illustre de manière exemplaire le changement de climat qui se produit dans la librairie française entre le XVIIe et le début du XVIIIe siècle: la montée en puissance des travaux d'érudition liés à la Contre-Réforme, la construction du paradigme de l'histoire critique (cf cliché), le rôle des grandes publications savantes pour illustrer la monarchie, la concentration des opérations de librairie les plus importantes aux mains du pouvoir ou encore la mutation de l'édition savante à l'époque de la "crise de conscience européenne". Parmi les "hommes du livre" ayant travaillé avec ou pour les Mauristes, on évoquera tout particulièrement les noms des Billaine, de François Muguet, des Coignard et des frères Anisson, mais aussi de Florentin Delaulne et de François Montalant.


Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

samedi 13 janvier 2018

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 15 janvier 2018
16h-18h
L'invention de la bibliographie et les voyages littéraires
en France, XVe-XVIIIe siècle (5)
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études


La «publicité» est, comme nous l'avons déjà souligné (par ex. ici, ou encore à propos du colloque de Parme), une catégorie qu’il convient de contextualiser s'agissant du petit monde des bibliothèques: à partir du XVIIe et surtout au XVIIIe siècle, les bibliothèques «communautaires» (par ex., celle de telle ou telle maison religieuse) peuvent être considérées comme des bibliothèques ouvertes à une certaine société, et il existe par ailleurs déjà en Europe occidentale, des bibliothèques dites «publiques». Par ailleurs, il se pose toujours la question du statut et du fonctionnement d'institutions qui sont en réalité très différentes les unes des autres.
Lorsque dom Martène et dom Durand, au cours de leur deuxième «Voyage littéraire», arrivent à l’abbaye cistercienne de Cambron, un peu au nord de Mons (Belgique actuelle), ils y rencontrent un jésuite qui enseigne aux jeunes élèves. Ils font connaissance dans la bibliothèque, ce qui est l’occasion d’une scène amusante, et qui nous éclaire sur les pratiques du prêt:.
Prenant un manuscrit, il y lut ces mots: «Liber B. Mariæ de Camberone, si quis eum abstulerit, anathema sit ». Pour lors, le religieux qui nous accompagnoit dit en riant: si tous ceux qui ont pris des manuscrits sont excommuniez, il y aura bien des jésuites excommuniez. À quoy le Jésuite répondit: vous nous les avez donnez. Ce qui pourroit bien être: car je suis persuadé qu’on met bien des vols de manuscrits sur le compte de ces révérends Pères, dont ils sont fort innocens, & j’ay trouvé dans certains monastères des manuscrits qu’ils avoient renvoyez avec leurs lettres d’avis du renvoy, quoiqu’on y conservoit encore le récépissé qu’ils avoient donné en les empruntant. Ceux qui trouveront ces récépissez ne manqueront pas de dire, sans examiner davantage, que ces pères ont retenu leurs manuscrits (III, 106-107).
Dom Martène se réjouit aussi de pouvoir découvrir certaines collections privées: le premier cabinet qu’il cite dans son livre est constituée par la bibliothèque de «Monsieur Baron» à Sens.
dans laquelle il y a quelques manuscrits, & entr’autres les lettres de Billius, une théologie de Jacques le Bossu, religieux de Saint-Denys, & le manuscrit sur lequel le P. Labbé a imprimé la chronique de Rouen (I, 63).
De même, à Dijon, les voyageurs sont heureux d’être reçus par les propriétaires de grandes collections privées. Ils découvriront plus tard avec intérêt le cabinet et les collections du baron de Crassier à Liège:
Nous passâmes l’après-dînée [il faut entendre: l'après-midi] chez monsieur le baron [Guillaume] de Crassier; nous y trouvâmes une excellente bibliothèque tant en livres imprimez qu’en manuscrits, grand nombre d’antiquitéz (II, 177).
Ils visitent aussi la collection de M. Louvrex, avant de quitter la ville pour poursuivre leur route vers l'Allemagne.
Vue de Liège, tirée de l'admirable "Carte de Ferraris", certes un petit peu plus tardive (1770-1776) (© BR de Belgique)
Enfin, ils remarquent que la ville de Troyes est l’une des premières du royaume à avoir accueilli une bibliothèque «publique»:
Le vaisseau de la bibliothèque des Cordeliers est plus beau & mieux fourni [que chez les Jacobins], elle est publique, & trois fois la semaine on l’ouvre à tous ceux qui veulent profiter de la lecture des livres (I, 93).
De fait, on sait que Jacques Hennequin (1576-1661), docteur et professeur de théologie en Sorbonne, avait en 1651 fait don de sa bibliothèque de 12 000 volumes (avec le mobilier: ais, tablettes et marchepieds) au couvent des FF MM de Troyes (Franciscains, alias Cordeliers), à condition que ceux-ci l’ouvrent au public trois jours par semaine. Un profès de la maison serait bibliothécaire, et Hennequin assure pour le financement une rente de 400 ll. par an. La bibliothèque est installée au premier étage de la chapelle de la Passion (qui est peut-être le lieu de la première bibliothèque des Cordeliers): voûte gothique de 7m de haut, 5 travées, dix croisées de chaque côté. Entre les croisées se trouvent des buffets couronnés de frontons et surmontés de vases. Le bâtiment a malheureusement été détruit en 1835. Les livres sont classés par formats.
Mais à Tournai aussi, la bibliothèque est «publique et fort bonne». Elle sera confisquée à la fin du XVIIIe siècle (elle est à l’origine de l’actuelle bibliothèque de la ville), en prévision de son expédition à la préfecture de Mons. On appréciera à sa juste valeur l’orthographe du responsable des opérations de rangement et d’expédition des livres...
 À la Bibliothèque de la Catadral il se trouvue quarante trois quesse de livres et cent soixante paquet (…). Sit jai une priaire avous faire cest seras de vourend a l’adminisstration pour fair acceleraix la reponce de la soumission que nous leur avon en voier si nous pouvons convenir nous chargerons sur le chan tous la biblotecde la catedral est sel de martain [et celle de [Saint-]Martin].
On estimera plus tard les quarante caisses à un poids de 5 tonnes…
La conférence poursuit l'enquête sur le Voyages littéraires des Mauristes, et sur leur apport à une meilleure connaissance de la théorie et de l'anthropologie des bibliothèques à l'aube du Siècle des Lumières. 

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

samedi 23 juillet 2016

Géographie et généalogie de la culture

Le Polyhistor de Daniel Georg Morhof, publié à partir de 1688, est un ouvrage qui nous introduit dans un paysage culturel original, celui de l’Europe septentrionale, Allemagne du nord, espace de la Baltique et Scandinavie. Son exemple permet de présenter plusieurs cercles d’organisation. Notre objet sera, aujourd’hui, celui de proposer une introduction historique au Polyhistor, tout en montrant quelle place peut être tenue, dans les itinéraires individuels, par les strates d’une géologie culturelle remontant parfois à plusieurs siècles.
Le premier cercle est celui de la bourgeoisie urbaine. Morhof est né en 1639 dans l’ancienne ville hanséatique de Wismar, et dans un milieu dont le statut social est éminemment lié à l’écrit. Son père exerce en effet la charge de notaire, et de secrétaire du Magistrat. Il convient de souligner l’ancienneté d’une tradition qui lie la présence d’une puissante bourgeoisie négociante et la fondation d’institutions communautaires d’enseignement: les villes d’Allemagne du nord, de Hambourg à Brunswick, à Lubeck, à Wismar, à Rostock et surtout à Stralsund, sont parmi les premières à mettre en place, à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, des collèges urbains, pour la formation de leurs futures élites marchandes et administratives. Même si les conditions de développement varient en fonction des rapports entretenus par les villes avec les pouvoirs concurrents, l’Église (comme à Hambourg) ou les princes territoriaux, la tendance est partout la même, qui amènera les Magistrats urbains à prendre à terme pleinement le contrôle de ces institutions.
Bientôt, ces mêmes Magistrats interviennent dans la fondation des premières universités de l’Europe septentrionale: l’université de Rostock est fondée en 1419, sur l’initiative conjointe des ducs de Mecklembourg, de l'évêque de Schwerin et des villes hanséatiques de Hambourg, Lunebourg, Lubeck, Wismar et Rostock, tandis que l’université de Greifswald, en 1459, apparaît davantage comme une création de la bourgeoisie urbaine. Une quinzaine d’années plus tard, les royaumes du nord se dotent, eux aussi, d’universités, d’abord à Uppsala (1477), puis à Copenhague (1479). Enfin, la première université du Brandebourg sera celle fondée à Francfort-s/Oder au tournant du XVe siècle (1506): dans ces trois derniers cas, l’initiative est celle du prince, attentif à former des cadres compétents pour les services de son administration. Elle n’exclut évidemment pas l’appui des élites urbaines, notamment à Francfort-s/O.
Le royaume de Danemark dans la seconde moitié du XVIIe siècle, par Guillaume Sanson (détail) (© Gallica)
Le deuxième cercle est celui de la Réforme. Morhof étudie dans les écoles de Wismar et de Stettin, avant de venir à l’université de Rostock (1657), où il est maître es-artss en 1660. Il passera le doctorat en droit à Franeker l'année suivante. Sa carrière d’enseignant se déroulera quant à elle à Rostock, comme professeur de poésie (1660-1665), puis à Kiel à partir de 1665. Il meurt à Lubeck en 1691. Nous voici dans un espace bien déterminé, qui s’ouvre vers l’ouest jusqu’aux Provinces Unies et à l’Angleterre, pays que Morhof visite à deux reprises. Bien évidemment, cette géographie correspond pleinement, depuis le XVIe siècle, à celle de la Réforme.
Ne préjugeons pas du rôle des problématiques socio-politiques à l’absence du sentiment religieux: l’exemple du duc Julius de Brunswick démontrerait au contraire l’importance de choix personnels qui sont aussi des choix existentiels. Mais, pour en revenir à la question politique, le début du XVIe siècle est un temps de lutte entre le pouvoir impérial qui tente de se renforcer, et les multiples puissances locales et régionales constitutives du Saint-Empire. L’irruption de la Réforme constitue un facteur d’évolution décisif: l’empereur est, avec le pape, à la tête de la chrétienté, la lutte à son encontre sera donc renforcée dès lors que les opposants passeront à la Réforme. La géographie du nord est plus éloignée des pôles du pouvoir catholique tandis que, dans les villes hanséatiques, le choix de la Réforme facilite aussi l’indépendance par rapport aux seigneurs locaux, laïcs ou ecclésiastiques.
Des Églises luthériennes sont bientôt fondées à Hambourg (à partir de 1527), à Brunswick (1528) et à Lunebourg (1529/1530). Les princes territoriaux aussi penchent vers la Réforme: en Prusse (territoire extérieur à l’Empire) dès 1525, en Poméranie (1534/1535), dans les duchés de Mecklembourg (1534-1549) et dans ceux de Schleswig et de Holstein (1536), dans l’électorat de Brandebourg (1538/1539) et, enfin, en Brunswick-Wolfenbüttel (1568). Dans les royaumes du nord aussi, l’instauration de la Réforme a une dimension politique majeure: la Suède de Gustav Vasa passe à la Réforme en 1527/1529, tandis que le roi de Danemark fait le choix du luthéranisme en 1530. La diète de Copenhague, en 1537, prélude à la mise en place d’une Église nouvelle. Partout, la confiscation des biens du clergé renforce considérablement la richesse, donc la puissance, des pouvoirs en place.
Lunebourg et sa place du marché, nov. 2009 (© F. Barbier)
Le troisième cercle est lié à la conjoncture politique de la seconde moitié du XVIIe siècle: en Europe du nord, le rôle dominant va d'abord peu à peu passer du Danemark à la Suède, tandis que nous assistons à la montée en puissance des nouvelles «puissances du nord», le Brandebourg-Prusse, bientôt aussi la Russie. Christian IV, qui règne à Copenhague pratiquement durant toute la première moitié du XVIIe siècle (1588-1648), est le maître des détroits du Sund, et contrôle le commerce de la Baltique. Ses revenus lui permettent de conduire une politique étrangère indépendante de la diète, et son royaume intègre le Danemark proprement dit, le Holstein et le Schleswig, la Norvège et la Scanie, partie méridionale de la Suède, sans oublier les îles de l’Atlantique nord et le Groenland. Pourtant, la fin de son règne voit la montée en puissance de la Suède, tandis que la révolution de 1665 met en place au Danemark une monarchie absolue assez proche du modèle français. L’université de Dorpat/ Tartu est fondée dans le duché de Livonie par le roi de Suède en 1632, et celle de Kiel est une création du roi de Danemark et du duc de Holstein en 1665.
Donc, une conjoncture politique en plein bouleversement. Les puissances du nord apparaissent successivement comme des acteurs clés sur le champ politique européen, le Danemark, la Suède, bientôt le Brandebourg et la Russie: longtemps suédoise, la Poméranie passera en définitive sous la domination du Brandebourg-Prusse. Le modèle de l’absolutisme politique s’impose, et les princes sont attentifs à organiser leurs États selon les catégories de la rationalité politico-administrative moderne. Le rôle de l’imprimé est à tous égard regardé comme fondamental.
Au-delà des réseaux et des solidarités, il nous reste à revenir sur le Polyhistor lui-même, et sur son auteur: ce sera l’objet d’un prochain billet.

mercredi 1 septembre 2010

Une critique de l'érudition?

Le petit livre de Nathalie Piégay-Gros sur L'Erudition imaginaire (Genève, Droz, 2009, coll. "Titre courant") intéresse le chartiste jeune ou moins jeune, mais aussi l'historien du livre. De fait, l'enseignement reçu à l'École des chartes concerne d'abord ce qu'il est convenu d'appeler les sciences auxiliaires de l'histoire, la paléographie, la diplomatique, la codicologie, la bibliographie, etc. La tradition de l'Ecole se fonde sur l'érudition bénédictine des XVIIe et XVIIIe siècles (à l'ombre de cette figure tutélaire que représente Mabillon), tradition renouvelée et actualisée sous l'influence de la méthode historique et philologique allemande du XIXe et du début du XXe siècle.
Mais le propos de notre collègue (Nathalie Piégay-Gros enseigne la littérature française à l'université de Paris VII) se place dans une perspective moins historienne: il s'agit de préciser le statut de l'"érudition" dans la littérature (au premier chef la littérature française) depuis l'époque des Lumières. Alors même que la méthode de l'érudition s'impose à la base de la construction de l'histoire comme science, Nathalie Piégay-Gros montre que son statut est généralement dévalorisé dans un certain nombre de textes proprement littéraires. L'érudition est "discréditée" parce qu'elle est assimilée à un négation de la vie et de l'expérience personnelle, parce qu'elle fonctionne en elle-même et pour elle-même, parce qu'elle n'apprend rien, parce qu'elle est conduite par des personnages qui sont souvent présentés comme des maniaques, des rats d'étude, des papivores, quand ce n'est pas comme des inadaptés ou tout simplement comme des fous. Les paragraphes consacrés par Nathalie Piégay-Gros à la lecture chez Proust, qui illustrent le schéma inverse, sont particulièrement suggestifs (p. 32).
Bien entendu, le matériau privilégié de l'érudition, c'est le papier et le livre. Ce n'est pas ici le lieu de proposer une analyse en forme du travail de Nathalie Piégay-Gros, mais l'amateur d'histoire du livre y rencontrera une pléthore d'observations suggestives, ainsi que de citations et de références trop méconnues relatives au livre et aux pratiques qui l'entourent. Du côté des auteurs critiques, une mention spéciale à L'Âne de Victor Hugo: Hommes, vous êtes fiers quand vous considérez // Vos bouquins reliés, catalogués, vitrés (...) // Et, j'en conviens, on a le vertige en voyant // Ce sombre alignement de livres, effrayant, // Inouï... [etc.]
Les chapitres sur l'érudition dans la fiction et sur "les figures de l'érudit" sont particulièrement jubilatoires, avec de nombreuses références à Queneau, à Nabokov et à Pérec. Ce dernier est notamment représenté par son célèbre pastiche d'un article scientifique censément traduit de l'anglais et concernant la "Mise en évidence expérimentale d'une organisation tomatotopique chez la soprano (Cantatrix sopranica). Les conditions de l'expérience donnent le ton:
L'expérimentation a porté sur 107 sopranos de sexe féminin, en bonne santé, pesant entre 94 et 124kg (moyenne: 101kg), qui nous ont été fournies par le Conservatoire national de musique (...). Les tomates ont été lancées par un lanceur de tomates automatique (Wait and See 1972) commandé par un ordinateur de laboratoire polyvalent (...). Les jets répétitifs ont permis d'atteindre 9 projections par seconde...
Rappelons en effet que l'expérience consiste à lancer des tomates sur des cantatrices pour enregistrer et analyser la réaction de celles-ci (le texte complet de Pérec est disponible sur le site de l'université de Paris Orsay (cliquer ici: Histoire du livre: Georges Pérec), et il a été réédité récemment dans la collection "Points"). 
Il y aurait bien des choses à dire sur le statut scientifique de l'histoire de la bibliographie et du livre, et sur le déplacement progressif qui, de science(s) auxiliaire(s), en a fait un des domaines les plus porteurs de la recherche historique contemporaine. Nous nous bornerons à observer que l'érudition n'est pas contradictoire, bien au contraire, avec le canular: nous connaissons de même plusieurs superbes notices introduites dans le très savant Catalogue des incunables de la Bibliothèque nationale, qui ne sont rien d'autre que des canulars, autrement dit qui décrivent des exemplaires n'ayant jamais existé d'éditions elles-mêmes imaginaires. Et terminons en nous autorisant à recommander la lecture du livre de Madame Piégay-Gros, mais aussi la relecture des auteurs qu'elle utilise comme excellent dérivatif pour passer le cap de la rentrée!

Cliché: le bibliothécaire comme variante de l'érudit. "Pour lire des poètes, on a seulement besoin de temps. Mais pour les cataloguer... Là, il faut du génie!"