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samedi 17 octobre 2015

Soutenance de thèse

École pratique des Hautes Études

Soutenance de thèse de doctorat 

Monsieur Andrea De Pasquale,
directeur général de la Bibliothèque nationale centrale (Rome)
soutiendra sa thèse de doctorat sur 

Jean-Baptiste Bodoni, imprimeur d’Europe

le jeudi 22 octobre 2015 à 14h 

École nationale des chartes
65 rue de Richelieu
75002 Paris
Salle Léopold Delisle (rez-de-chaussée)

Membres du jury (ordre alphabétique),
Mmes et MM
Frédéric Barbier, directeur d’études à l’EPHE (conférence d’Histoire et civilisation du livre), directeur de recherche au CNRS (IHMC/ ENS Ulm), directeur de la thèse
Lodovica Braida, professeur à l’Université de Milan
Pedro M. Cátedra, professeur à l’Université de Salamanque, directeur de l’Institut universitaire d’études médiévales et Renaissance
Marisa Midori Deaecto, professeur à l’Université de São Paulo, pré-rapporteur
Jean-Michel Leniaud, directeur d’études à l’EPHE (conférence d’Histoire de l’architecture occidentale des XIXe-XXe siècles), directeur de l’École nationale des chartes
István Monok, professeur à l’Université de Szeged, directeur général des bibliothèques et archives de l’Académie hongroise des sciences, pré-rapporteur 

La soutenance est publique
Accès libre dans la limite des places disponibles

samedi 9 mai 2015

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 11 mai 2015
16h-18h

À la recherche de la perfection.
Rivalité typographique et éditoriale avec Baskerville
et conflits avec les Didot
(à propos de Giambattista Bodoni)
par

Monsieur Pedro M. Catedrá,
professeur à l'Université de Salamanque,
directeur d'études invité étranger

Nota: La traditionnelle séance foraine de la conférence d'Histoire et civilisation du livre de l'École pratique des Hautes Études se déroulera le jeudi 28 mai à bibliothèque de Troyes (Médiathèque de l'agglomération troyenne), de 10h30 à 16h45. Un programme spécifique sera publié à ce propos, mais nous précisons dès aujourd'hui les liaisons ferroviaires possibles depuis Paris:
Aller (Paris Est) 7h 42 (Troyes 8h14) ou 8h42 (Troyes 9h13).
Retour (Troyes) 17h12 (Paris 18h46) ou 18h12 (Paris 19h46)

La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des Hautes Études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage, salle 115).

Accès les plus proches (250 m. à pied)
Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare.
Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

vendredi 1 mai 2015

Conférences EPHE

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Programme des conférences,
mai et juin 2015


4 mai (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
14h-16h Histoire de l’édition pédagogique au XVIIIe siècle, par Madame Emmanuelle Chapron, chargée de conférences
16h-18h Bodoni, l’éditeur et le « politicien », de l’Europe des Bourbon à la France napoléonienne, par Monsieur Pedro M. Catedrá, directeur d’études invité étranger

11 mai (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
16h-18h À la recherche de la perfection. Le point de vue technique: rivalité typographique et éditoriale avec Baskerville et conflit avec les Didot, par Monsieur Pedro M. Catedrá, directeur d’études invité étranger

18 mai (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
16h-18h Troyes, la Champagne et le livre: introduction à la séance foraine, par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études

25 mai
Pas de conférence (lundi de Pentecôte)

28 mai (Médiathèque de Troyes)
Séance foraine : la Médiathèque de Troyes. Cette séance (participation libre, mais sur inscription) fera l’objet d’un programme séparé. Les commentaires des volumes présentés seront notamment assurés par Madame Anne-Marie Turcan-Verkerk et par Monsieur Frédéric Barbier, directeurs d’études.
L’année 2015 est marquée par le neuf-centième anniversaire de la fondation de Clairvaux: avec 1450 manuscrits subsistants auxquels s’ajoutent quelque 400 incunables et imprimés au début du XVIe siècle, le fonds de Clairvaux est le premier fonds médiéval français. Il a fait l’objet d’un travail d’inventaire poussé en 1472, à la demande du principal abbé de Clairvaux au XVe siècle, Pierre de Virey. La majeure partie de ces manuscrits est aujourd’hui conservée par la Médiathèque du Grand Troyes. Ce fonds prestigieux a été inscrit au registre Mémoire du Monde de l’UNESCO en 2009.

1er juin (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
16h-18h Histoire d’un imprimeur, du XVe au début du XIXe siècle (4), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études

8 juin (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
16h-18h Histoire d’un imprimeur, du XVe au début du XIXe siècle (5), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études

15 juin (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
16h-18h Conclusion de la conférence: Histoire d’un imprimeur, du XVe au début du XIXe siècle (6), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études

mercredi 8 avril 2015

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Mardi 14 avril 2015
16h-18h

Le texte se tait, c'est le typographe qui parle
(à propos de Giambattista Bodoni)
par
Monsieur Pedro M. Catedrá,
professeur à l'Université de Salamanque,
directeur d'études invité étranger

Prof. Pedro M. Catedrá
Attention! 
Cette séance se déroulera à la Bibliothèque Mazarine, Salle Franklin. Des exemplaires d'éditions de Bodoni conservées à la Bibliothèque Mazarine pourront ainsi être présentées et commentées.
Pour des raisons de sécurité, les auditeurs qui souhaitent participer à cette visite sont invités à s'inscrire à l'avance auprès de la Bibliothèque.
Le rendez-vous est fixé à 16h à la Bibliothèque.

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage, salle 115).
 

Accès les plus proches (250 m. à pied)
Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare.
Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

dimanche 17 novembre 2013

La Renaissance: la politique, les arts et les lettres

Nous avons déjà à plusieurs reprises traité de l’articulation entre le champ du politique, et celui de l’écriture et des arts. Le colloque «Bodoni», qui vient de se dérouler à Bologne, offre l’opportunité d’illustrer une problématique à laquelle la conjoncture italienne du bas Moyen Âge et des débuts de l’époque moderne fournit un terreau bien évidemment très favorable.
Lorsque, à partir du XIIIe siècle, les catégories socio-politiques traditionnelles tendent à perdre de leur prégnance (notamment la féodalité), différentes expériences se déroulent, qui visent à construire un paradigme historico-politique nouveau. Ce paradigme sera en définitive celui de l’absolutisme princier, lequel entretient des liens très particuliers avec le domaine de l’écrit et du livre. Le prince doit en effet se distinguer du commun pour justifier le statut dérogatoire dont il bénéficie, et l’un des éléments majeurs de cette distinction concerne, certes, le cadre de vie (le château et la vie de cour), mais aussi les arts et les lettres.
Ludovicus Rex
L’évidence de la grandeur du prince justifie son pouvoir: c’est parce qu’il est la figure centrale d’un monde distingué qu’il jouit de son statut privilégié; parce qu’une communauté réunie à son entour, une cour de «grands» et d’administrateurs, d’intellectuels, d’artistes, d’artisans et de serviteurs, le proclame comme tel; parce qu’il déploie et fait déployer une véritable «rhétorique de la gloire». La théorie politique lui permet de déroger au droit naturel et «l’empêche de se réduire à n’être que [ce] qu’il est», à savoir un homme: la célèbre caricature de Louis XIV par ses adversaires protestants ne dit pas autre chose («Ludovicus rex»), tout en renvoyant à un usage très moderne de la publication polémique.
A côté de celui de l’art, le domaine de l’écrit et du livre se trouve désormais en charge d’une fonction politique stratégique: celle-ci se traduit par le rôle du prince en tant que mécène, mais aussi en tant qu’amateur de livres précieux, dont il constituera éventuellement une collection. Dès la première moitié du XIVe siècle, la dynastie des Polenta, seigneurs de Ravenne, accueille aussi bien Dante que Boccace: ce dernier, dans son petit Traité à la gloire de Dante (en même temps la première biographie du poète), fait la louange de la ville et de ses princes, par opposition à Florence, qui avait exilé Dante. La protection accordée aux artistes et écrivains est un élément de la gloire de la cité (ou de la principauté) et de ceux qui la dirigent.
Matthias Corvin
Plus tard, Vasari retracera la théorie des grands mécènes, parmi lesquels il fait figurer le roi de Hongrie Matthias Corvin. Or, une exposition présentée en ce moment même à San Marco de Florence (dans le cadre de l'année de la culture hongroise en Italie) illustre de façon spectaculaire les liens très étroits alors entretenus entre la péninsule italienne en général (et la cité des lys en particulier), et la capitale de Buda. Matthias attire à sa cour artistes, écrivains et intellectuels, mais il est aussi le commanditaire de séries de manuscrits somptueux préparés sur les bords de l'Arno: la nouvelle Bibliotheca Corviniana s'impose comme un véritable symbole de l’humanisme, et on sait que sa disparition à la suite des désordres survenus après la mort du roi (1490) et de l’invasion ottomane, aurait poussé Conrad Gesner à entreprendre ses monumentaux travaux de bibliographie rétrospective...
Ainsi, c’est à la Renaissance que se fonde d’abord le paradigme politique qui va en grande partie dominer toute l’Europe moderne, et que nous avons désigné comme celui du baroque. Victor L. Tapié s'interrogeait:
«Au-delà des évidentes différences [entre les formes d'art du XVIIe siècle], n'existerait-il pas des sources communes et des affinités cachées? N'y aurait-il pas là deux expressions d'une même civilisation ou, pour être encore plus précis, deux styles qui répondent peut-être à des sensibilités différentes, mais [qui] traduiraient l'un comme l'autre l'esprit d'une même société (1)»?
Le retour à l'antique se trouvera réanimé à l’époque de la «seconde Renaissance», la Renaissance du néo-classique et de Bodoni, mais alors même que la conjoncture politique et économique change de plus en plus profondément. C’est, bientôt, le temps d'une nouvelle révolution du livre et des médias, par rapport à laquelle l’économie du livre de cour qui était celle d’un Bodoni paraît de plus en plus en décalage –de fait, elle va disparaître à court terme, avec la dislocation de l'Europe napoléonienne, et la mort du maître imprimeur lui-même.

(1) Victor L. Tapié, Baroque et clacissime, 1ère éd., Paris, Plon, 1957, p. 12. 

lundi 11 novembre 2013

Congrès scientifique sur Bodoni

Le 11 novembre n'est pas marqué par la seule commémoration, du moins dans un certain nombre d'Etats, de la fin de la Première Guerre mondiale. Nous publions en effet aujourd'hui 11 novembre (et le fait pourrait aussi être analysé comme une sorte de profession de foi dans l'Europe de l'avenir) l'annonce d'un congrès organisé à l’occasion du deuxième centenaire de la disparition du célèbre typographe, fondeur et graveur de caractères Giambattista Bodoni.

DIVINA PROPORZIONE
BODONI DOPO DUECENTO ANNI (1813-2013)
Bologna 14-15 novembre 2013
Biblioteca di Arte e storia di San Giorgio in Poggiale
Via Nazario Sauro 20/c 

Programma
Giovedì 14 novembre 

ore 15,00 Apertura del Convegno
ore 15,30-19,00
Bodoni, tra classicismo ed esotismo
Presiede Daniela Gallingani 
Intervengono:
Melinda Simon, Le marche tipografiche tra Illuminismo e neoclassicismo (Szeged)
Raphaële Mouren, Bodoni et la typographie grecque (London)
James Mosley, Bodoni and Neo-classicism in typography: some new views (London)
Nikolaus Weichselbaumer, Bodoni influence on German typography: the Prussian royal printer Georg Jacob Decker (Erlangen)

Venerdì 15 novembre
ore 9,30-13,00
La bibliofilia bodoniana
Presiede Rosaria Campioni
Intervengono:
Frédéric Barbier, Bodoni, le baroque et la civilisation de cour (Paris)
Pedro Cátedra, Bodoni sulla tipografia spagnola (Salamanca)
Andrea De Pasquale, Le collezioni di Bodoni in Italia (Milano)
Anna Manfron, Bodoni all’Archiginnasio (Bologna)
István Monok, Bodoni et la typographie en Hongrie (Szeged) 

ore 14,30-18,30
La tradizione di Bodoni
Presiede Andrea De Pasquale
Intervengono:
Massimo Dradi, Il carattere di Bodoni nel Novecento italiano (Milano)
Enrico Tallone, L’estetica bodoniana e le edizioni Tallone (Torino)
Franco Maria Ricci, Collezionare Bodoni oggi (Parma)
Linda Gil, Beaumarchais héritier de Baskerville: de Birmingham à Kehl (Paris)

mercredi 29 septembre 2010

Société de cour et exemplarité typographique: Giambattista Bodoni

Nous étions, à Marburg, dans le petit monde des cours d’Ancien Régime lorsque nous parlions notamment des almanachs de la cour ou du prince (dont celui qui leur sert sans doute de prototype, l’Almanach royal de d’Houry et de ses successeurs), nous ne le quittons en découvrant le superbe volume consacré par Andrea de Pasquale, directeur de la Bibliotheca Palatina de Parme, aux collections de la fonderie Bodoni conservées par cet établissement.
Parme n’est pas une capitale ancienne de l’imprimerie ni de la librairie. Mais lorsque le duché de Parme et de Plaisance, jusque-là aux Farnèse, passe en 1731 aux Bourbons d’Espagne (Bourbon-Parme), ceux-ci vont le transformer en un État très prospère gouverné selon les principes du despotisme éclairé. Il s’agit de faire parallèlement du prince un prince des arts et des lettres: sur le modèle français, la résidence de Parme s’enrichit en quelques années d’une pléiade d’institutions et de fondations voulues par le duc Charles de Bourbon, que seconde le ministre Léon Guillaume du Tillot. Le livre et les arts du livre occupent une place clé dans ce dispositif.
On crée donc à Parme une Académie des Beaux-Arts, on réorganise l’université, on lance une gazette (la Gazzetta di Parma), on développe le théâtre et l’opéra, on entreprend des fouilles archéologiques… Surtout, en 1761, c’est la fondation de la nouvelle Bibliotheca Palatina, confiée au Théatin Paolo Maria Paciaudi et installée dans une aile du palais de la Pilotta. La Bibliothèque sera inaugurée par le duc, en présence de Joseph II, en mai 1769. Le palais abritera aussi l’imprimerie ducale, confiée quant à elle en 1768 à une personnalité d’exception, le Piémontais Giambattista Bodoni, né en 1740 et qui a fait ses classes comme typographe à l’imprimerie polyglotte de la Congrégation De Propaganda Fide à Rome.
Comme à Paris, l’Imprimerie du souverain s’insère dans un programme articulant la gloire du prince, la construction de l’État éclairé et la rationalité politique: elle sera à la fois imprimerie administrative, mais aussi imprimerie savante et surtout imprimerie de prestige, en mesure de donner de spectaculaires travaux de représentation. Après avoir commandé ses premières fontes typographiques chez Fournier à Paris, Bodoni inaugure une extraordinaire carrière de dessinateur, graveur et fondeur de caractères. À partir de 1771, les livres publiés à Parme avec les nouveaux caractères de Bodoni font par leur perfection la gloire de l’atelier et sont très vite recherchés des principaux amateurs, notamment en Angleterre.
L’esthétique typographique de Bodoni se distingue par son extrême dépouillement néo-classique: verticalité, présence d’empattements très fins et parfaitement horizontaux, largeur constante des hastes, perfection des proportions et contraste marqué entre les pleins et les déliés. Cette dernière caractéristique suppose une excellente qualité d’impression: Bodoni fabrique aussi son encre d’imprimerie, il attache une grande attention au choix des papiers et il apporte des améliorations ponctuelles à la presse typographique. Dans la mise en page, la lisibilité prime: le premier rôle est donné aux blancs, avec de grandes marges, des espaces interlinéaires plus larges et des blancs marqués pour séparer les mots. L’esthétique est celle du blanc et noir, fondée sur le seul équilibre typographique (le dessin du caractère et l’équilibre du texte). Le caractère Bodoni est progressivement développé jusqu’en 1798, et il connaît un très grand succès, tant en Italie qu’à travers toute l’Europe. Devenu, à côté du Didot, le caractère moderne par excellence et inscrit dans une chronologie bien spécifique de l’histoire de la typographie et de l’histoire politique, le Bodoni est, dans le même temps marqué par son intemporalité : il est le reflet d’une époque pour laquelle le monde est clôturé par une raison qui se définit avant tout comme une raison graphique – autrement dit, construite et appuyée sur la typographie et sur les produits de la typographie, les livres.
Mais revenons à Parme. Nous savions que le Palais de la Pilotta abritait un Musée Bodoni, présentant dans une disposition quelque peu surannée une remarquable collection d’imprimés, ainsi que des caractères et du matériel provenant de l’ancienne Stamperia reale. Nous ne savions pas que pratiquement tout le matériel de Bodoni avait été conservé à Parme – non seulement les différentes fontes créées par lui, mais aussi le matériel servant à leur fabrication et à leur emploi. Andrea de Pasquale a exhumé cet ensemble unique, il en a systématiquement identifié les différentes pièces (en les rapprochant de celles figurant sur les planches de l’Encyclopédie), et il en a établi un catalogue-inventaire. La Biblioteca Palatina conserve aussi l’essentiel des archives de Bodoni, dont, par exemple, un extraordinaire ensemble de jeux d’épreuves corrigées par lui-même.
Le somptueux volume qui vient de sortir (Andrea de Pasquale, La Fucina dei caratteri di Giambattista Bodoni, Parma, MUP, 2010, 124 p. ("Mirabilia Palatina", 3)) donne une idée précise des richesses ainsi exhumées, et qui imposent d’ores et déjà Parme comme l’un des passages obligés parmi les plus grands musées européens consacrés à l’histoire du livre, à côté du Musée Plantin à Anvers, du Gutenberg Museum à Mayence, et du Musée de l’imprimerie à Lyon.
Table des matières de l'ouvrage:
- Le collezioni bodoniane della Biblioteca palatina di Parma
- Il disegno dei caratteri: studi e modelli
- I punzioni: fabbricazione e rifinitura
- Le matrici: fabbricazione e rifinitura
- I caratteri: fabbricazione e rifinitura
- Caratteri di legno: fabbricazione e utilizzo
- Campioni di caratteri
- Fonti e bibliografia.
Voir aussi, parmi une bibliographie considérable:
Notizie e documenti per una storia della Biblioteca Palatibna di Parma..., Parma, Biblioteca Palatina, 1962.
Parma, città d'Europa. Le memorie del padre Paolo Maria Paciaudi sulla Biblioteca Parmense, Parma, Museo Bodoniano, 2008.
Frédéric Barbier, "Bodoni, Parme et le néo-classique", dans Antike als Konzept. Lesarten in Kunst, Literatur und Politik, dir. Gernot Kamecke, Bruno Klein, Jürgen Müller, Berlin, Lukas Verlag, 2009, p. 224-238.
Andrea de Pasquale, «La Formazione della Regia Biblioteca di Parma», dans Histoire et civilisation du livre. Revue internationale, 2009, 5, 297-316.

Clichés: 1) Couverture du volume; 2) Le Palais de la Pilotta; 3) Galerie du Musée Bodoni; 4) Pour le plaisir: l’admirable coupole du Baptistère de la cathédrale de Parme (clichés F. Barbier).