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lundi 19 août 2019

Un Nouveau Testament de Charenton

La Bibliothèque municipale de Loches est dépositaire de l’essentiel des fonds issus de l’ancienne chartreuse du Liget, et de l’abbaye bénédictine de Villeloin, maison autrefois dirigée par Michel de Marolles, mais on y trouve aussi des exemplaires provenant des Barnabites, qui tenaient le collège de la ville, et d’un certain nombre d’autres institutions religieuses. Dans cet environnement marqué par le catholicisme, le chercheur est surpris de remarquer un ouvrage auquel il ne s’attendait pas a priori. Il s’agit d’une édition protestante du Nouveau Testament:
[Bible. N.T. Évangiles]. Le Nouveau Testament, c’est-à-dire. La nouvelle Alliance de nostre Seigneur Iesus Christ. Le tout reveu & conferé sur les textes Grecs par les Pasteurs & Professeurs de l'Eglise de Geneve, Se vend à Charenton, [chez?] Pierre Des-Hayes, imprimeur & marchand libraire, demeurant à Paris ruë de la Harpe, aux Gands couronnez, pré la Roze rouge, MDCLVII [1657], 4°.
L’ouvrage est relié avec :
Les Pseaumes de David, Mis en rime françoise par Clement Marot & Theodore de Beze,
Se vendent à Charenton, par Pierre Des-Hayes, imprimeur & marchand libraire, demeurant à Paris, ruë de la Harpe, à la Limace,
[s. d.], 4°.

Après la page de titre (qui présente la marque typographique «À la religion chrétienne»), les livres successifs du Nouveau Testament sont ornés de bandeaux et de fleurons xylographiés. Les Psaumes de David ont une page de titre propre, et comprennent des parties musicales avec les portées xylographiées. Ils sont suivies d’une Table alphabétique par titres, puis des «Prières ecclésiastiques», du «Catéchisme, c’est à dire le Formulaire d’instruire les enfans en la Chrestienté, fait en manière de dialogue où le Ministre interroge, & l’Enfant respond». La présentation se fait par dimanches. Enfin, le volume se referme sur la «Confession de foi faite d’un commun accord par les Eglises réformées du Royaume de France». Notre exemplaire, lest malheureusement incomplet du cahier A(4) et de la fin du volume.
À Charenton, nous sommes, bien entendu, dans un environnement protestant. L’Édit de Nantes (1598) interdisait aux Réformés d’élever leurs lieux de culte à proximité de la capitale du royaume: ceux-ci, après avoir fait le choix de Grigny (1599), puis d’Ablon, achètent par le biais d’un prête-nom, l’«Hôtel de la rivière», à proximité du pont de Charenton (1606), et y édifient leur temple. Charenton, au confluent de la Seine et de la Marne, est une bourgade très facile d'accès, et qui se développe précisément au XVIIe siècle, au débouché du grand chemin de Paris. Le «deuxième temple», élevé après un incendie, pourra accueillir jusqu’à 4000 fidèles.
 Certains grands imprimeurs libraires parisiens trouveront aussi leur intérêt à diffuser auprès de cette communauté –ils conservent leur adresse de Paris, mais établissent un magasin de détail dans la cour du temple. 
Comment se fait la transmission de la tradition protestante chez les Deshayes?  L’origine semble bien orléanaise: à Pierre (Ier) Deshayes (alias Des Hayes), imprimeur libraire à Paris, succède en effet, à partir de 1606, son fils, Pierre (II), lequel avait épousé Marie Aignan, elle-même veuve de Claude (Ier) Cellier (var.: Scellier). Herluison rapporte, en 1868, l’acte de mariage de Claude Scellier, «marchand libraire», et de Marie Aignan, à Orléans le 23 janvier 1611. C’est très probablement par ce biais que l’appartenance protestante pénètre notre «petit monde» de libraires imprimeurs parisiens, dans la mesure où Cellier était de confession calviniste. Marie Aignan était la mère d’Antoine Cellier, que son beau-père prend pour apprenti (1624), puis qui comme associé (1). 

Le classique de l’édition protestante est évidemment donné par la Bible, dans la version de Genève, et généralement en petit format ou en in-quarto: Deshayes, puis Deshayes et Cellier donnent ainsi plusieurs éditions du texte sacré à partir de la décennie 1630, et la multiplicité même de ces éditions explique que les exemplaires conservés soient éventuellement composites. C’est le cas à Loches, puisque notre exemplaire regroupe sous la même reliure de veau brun le Nouveau Testament et le livre des Psaumes. La mise en livre n'entre pas dans notre propos aujourd'hui, mais nous ne pouvons que remarquer au passage le soin qui lui est donné, avec les titres courants, les références précisées par les notes marginales, etc. La cote correspond probablement au numéro d’inventaire porté lors de la confiscation: il resterait à creuser le dossier pour essayer de déterminer la provenance –une nouvelle occasion de visiter la bibliothèque de Loches, dont les richesses patrimoniales sont beaucoup trop méconnues.
Évoquons pour finir le devenir de la dynastie Deshayes / Cellier, et la réorientation radicale de ses activités. Voici en effet que, en 1653, un jeune lyonnais monté à Paris entre comme apprenti chez Deshayes: il s’agit de François Muguet, fils d’un imprimeur de la rue Mercière. Deux ans plus tard, Muguet épouse la nièce et pupille de son maître, Catherine Pillé, elle-même fille d’un libraire relieur. Protégé par Fouquet, il obtient des lettres de maîtrise en 1658. C’est lui qui succède à Deshayes, décédé l’année suivante, et il s’imposera très vite comme l’un des meilleurs artisans de la capitale. Mais nous sommes alors passés de la Réforme au catholicisme le plus orthodoxe, puisque Muguet est bientôt imprimeur du roi (1661)… et de l’archevêque (1664).

Notes
(1) Il se marie en 1641 avec Anne Potest, fille d’Étienne Potest, libraire à Orléans, où il décède vers 1665. Nous sommes toujours dans un environnement calviniste. Il est d’ailleurs possible que Cellier lui-même se soit un temps retiré à Orléans, puisqu’il apparaît comme témoin au décès. L'inventaire après-décès de Cellier est cependant conservé aux Archives nationales, McnP, Ét. XXIII, 346 (10 mars 1681).
(2) H.-J. Martin, Livre, pouvoir et société, p. 719.

vendredi 22 février 2019

Le "Lazarillo de Tormes" et Juan de Luna

Nous évoquions, dans un précédent billet, le dossier exemplaire du Lazarillo de Tormes, mais voici que nous voyons y intervenir un personnage très remarquable, en l’espère de Juan de Luna. Son cursus est idéaltypique de phénomènes majeurs: les transferts culturels (en l’occurrence entre l’Espagne, la France et l’Europe), mais aussi la problématique des appartenances religieuses, sans oublier le statut et le rôle de l’auteur et de l’intermédiaire culturel.
Luna (1575-1644) est probablement originaire de Tolède, il commence ses études en Espagne, mais il quitte le royaume en 1612 pour raison de religion (1). D’abord inscrit à la faculté de Théologie protestante de Montauban, il souhaite gagner la Hollande, mais, peut-être faute d'argent pour poursuivre le voyage, il s’installe à Paris au plus tard l’année du «mariage espagnol» entre Louis XIII et Anne d’Autriche (1615). Dans la capitale française, il se lance dans une activité d’interprète, de traducteur et d’enseignant, tout en essayant de s’assurer des appuis dans l’entourage de la cour royale. Il publie très vite, probablement en 1615-1616 (avec privilège), deux éditions successives d’un Arte breve y compendiossa para aprender a leer, pronunciar, escrevir y hablar la lengua Española dédié à Anne de Montafié comtesse de Soissons. C’est encore à Paris qu’il donnera ensuite des Dialogos familiares (1619), dédiés à Louis de Bourbon.
Enfin, c’est la nouvelle édition du Lazarillo, publiée «en casa Rolet Boutonné» en 1620 (avec privilège), cette fois avec une dédicace à Henriette de Rohan († 1629) (Losada Goya, 39). Qu’il s’agisse de la comtesse de Soissons, de son fils Louis de Bourbon ou de Henriette de Rohan, nous sommes clairement dans un environnement de très grands seigneurs qui penchent vers la Réforme (2).
Le libraire semble bien jouer un rôle décisif dans l’opération, puisque le texte du Lazarillo est celui de l’anonyme sorti à Anvers en 1554, mais avec une nouvelle «Continuation» rédigée par Luna lui-même: Secunda parte de la vida de Lazarillo de Tormes (…) por J. de Luna, castellano, intérprete de la lengua española. Contrairement à la première «Continuation», celle-ci recueille un franc succès, au point d’être la plus souvent éditée jusqu’au XIXe siècle. Losada Goya souligne que l’auteur y développe tout particulièrement sa critique à l’encontre du clergé, ce qui n’est en rien surprenant si l’on considère ses préférences confessionnelles. Signalons que la première partie porte par erreur le millésime de 1520, ce qui a induit bien des errements dans plusieurs catalogues et autres OPAC…
Mais le libraire parisien cherche à exploiter davantage le filon, et il sort, cette même année 1620, une traduction française de son Lazarillo (La Vie de Lazarillo de Tormes: Losada Goya, 39, p. 64 et suiv.). Il reprend pour ce faire la traduction de Pierre Bonfons («M.P.B.P.») pour la première partie, et fait traduire la seconde, à savoir la «Continuation» de Juan de Luna, par Vital d’Audiguier le Jeune.
L’édition parisienne en espagnol de 1620 a apparemment été bien diffusée dans le royaume, puisque nous en connaissons des exemplaires conservés non seulement à Paris, mais aussi à Amiens, Dijon, Lyon, Nancy, Troyes (prov. Hennequin) et Versailles (prov. Morel-Fatio). Les bibliothèques de Besançon et de Rouen en conservent chacune un exemplaire à l’adresse de Saragosse, Pedro Destar, 1620 – très certainement une fausse adresse, destinée en principe à faciliter la diffusion de l'édition parisienne au-delà des Pyrénées. D’autres exemplaires sont signalés dans les bibliothèques allemandes (Berlin, Halle, Wolfenbüttel, etc.) et italiennes, ainsi qu’à Londres.
La carrière internationale du Lazarillo ne se limite pas au seul royaume de France, mais il circule, voire il est imprimé en langue espagnole à l’extérieur de la Péninsule, comme nous l’avons dit pour l’Italie (à Milan). Madame Kasparova, qui a étudié la présence de la littérature espagnole dans les bibliothèques de Bohême à l’époque moderne, signale ainsi:
La bourgeoisie aussi appréciait cette littérature, puisque l'on trouve dans l'inventaire du maire de la Vieille ville de Prague Jiři Jan Reissmann, en 1694, la notice en tchèque Hystorye o Lasarylovi – Histoire de Lazarille. La Vida de Lazarillo se trouve aussi dans la bibliothèque des Lobkowicz de Roudnice dans une édition plantinienne de 1595 [Netherlandisch Books, 18259] (3).
De même, le Lazarillo est aussi traduit dans les principales langues européennes, parfois à partir non pas de l’original, mais du français comme langue source.
La conjoncture de la librairie est très porteuse en France au lendemain des Guerres de religion, tandis que la littérature espagnole jouit d’une influence considérable dans le royaume: un réfugié sans moyens, comme Juan de Luna à Paris, saura mettre à profit cet environnement pour s’assurer, en remplissant un rôle d’«intermédiaire culturel», les ressources indispensables à sa survie. Dans le même temps, il cherche, par ses dédicaces, à se mettre sous la protection de plusieurs très hauts personnages de la cour royale susceptibles de pencher du côté protestant. 
Quant à Juan de Luna, il se marie à Paris, où il poursuit une carrière de publiciste en même temps que d’agent diplomatique. En définitive pourtant, des personnages comme Luna, qui sont très profondément croyants, finissent probablement par réaliser que, chez les grands à l’ombre desquels ils cherchent à faire carrière, la foi n’est pas toujours le premier argument déterminant telle ou telle prise de parti: en France notamment, les rapports avec la monarchie et la recherche de la faveur princière, la compétition entre les grandes familles, les intrigues de cour continuelles (nous sommes sous une régence) et les complots avec l’étranger finissent par pousser notre émigré espagnol vers d’autres rives, qu’il imagine plus accueillantes. Le Luna à Londres en 1621, où il finit par s’établir à demeure, où il cherche à obtenir un poste de pasteur dans l’Église wallonne (au sein de laquelle se regroupent les francophones issus de l’émigration)… et où il continue à publier. Il décèdera dans la capitale anglaise en 1645.

Notes
(1) Sabina Collet Sedola, «Juan de Luna et la première édition de l’Arte breve», dans Bulletin hispanique, 79 (1977/1), p. 147-154 (avec d’importantes informations biographiques).
(2) Fille de René de Rohan et de Catherine de Parthenay, Henriette de Rohan est la sœur de Henri de Rohan (1574-1638): les Rohan sont alliés aux Albret, et les Parthenay sont une puissante famille du Poitou ayant fait le choix de la Réforme. Cousin de Henri IV, Henri de Rohan épouse la fille de Sully, et poursuit une brillante carrière militaire. Il est de fait le chef du parti protestant après 1610, mais devra s’exiler, et trouvera la mort au service du duc de Saxe-Weimar à la bataille de Rheinfelden (1638). La fille de Juan de Luna naît à Paris en 1618, elle est baptisée par le pasteur Samuel Durand (Durant), tandis que son parrain est François comte d'Orval (le propre fils de Sully) et sa marraine Anne de Rohan.
(3) Jaroslava Kasparová, «La littérature espagnole du XVIe siècle et ses lecteurs tchèques des XVIe et XVIIe siècles», dans Revue française d’histoire du livre, 112-113 (2001), p. 73-105. L’auteur publie (p. 101) une ill. de la page de titre de l’éd. en fr. du Lazarillo (Paris, Antoine Coulon, 1637), dans l’exemplaire ayant appartenu à la bibliothèque des Jésuites de Cheb (Eger) en 1672. Pour la première trad. en alld, cf E. Herman Hespelt, « The first german translation of Lazarillo de Tormes », dans Hispanic Review, 4-2 (1936), p. 170-175. La première éd. cataloguée par le VD17 date cependant de 1617 (VD17, 23:271778H).

dimanche 3 février 2019

Une "case study" très signifiante: le "Lazarillo de Tormes" (mi XVIe-XVIIe s.)

La publication de l’anonyme Vie de Lazarillo de Tormes, sortie en Espagne en 1554, est véritablement pour l’historien du livre un cas idéaltypique, en ce qu’elle permet d’illustrer de manière assez fascinante un certain nombre de points importants touchant ce domaine d'études –sans oublier l’histoire des littératures, puisque le Lazarillo est considéré comme le texte fondateur du «roman picaresque», que la discussion se poursuit s’agissant de l’identité de l’auteur tout comme de la chronologie de la rédaction et du premier mode de circulation du texte (par des copies manuscrites?), et que le titre a très vite connu une diffusion européenne.
Premier point: le petit texte (quelques dizaines de feuillets) bouge, et d’une manière sensible, d’une édition à l’autre. Donné en langue vernaculaire, il est publié à quelques mois d’intervalle, avec des variantes, dans quatre villes des territoires espagnols, Alcalá de Henares (Losada Goya, 38) (1), Burgos (chez J. De Junta), Medina del Campo et Anvers –cette dernière édition étant la seule munie d’un privilège, en l'occurrence un privilège impérial (cf cliché).
Lazarillo, Anvers, 1554
Plusieurs autres éditions sont données dès l’année suivante, notamment à Anvers, dans laquelle le texte primitif est augmenté d’une «continuation»: celle-ci semble cependant n’avoir recueilli qu’un médiocre succès, de sorte que seul son premier chapitre sera généralement reproduit, en manière de conclusion à la première partie du Lazarillo (aboutissant à un ensemble de huit chapitres au total).
Deuxième point: cette problématique du texte interfère avec celle de son contrôle. Dans les royaumes d’Espagne en effet, le rôle du Conseil de l’Inquisition suprême et générale monte en puissance à partir de 1483, et le Conseil multiplie les édits d’interdiction après 1521, décisions regroupées dans le premier Index espagnol de 1551. Or, le Lazarillo de Tormes présente nombre de passages critiques envers l’Église, par ex. à propos des Indulgences: rien de surprenant à ce qu’il figure comme tel dans le grand Cathalogus librorum qui prohibentur de Fernando Valdés de 1559.
Comme des exemplaires continuent pourtant d’en être importés, une nouvelle édition expurgée  sortira dans la capitale de Madrid en 1573 (Lazarillo de Tormes castigado). Elle est l’œuvre de López de Velasco (vers 1534-1598), lequel explique avoir corrigé le texte initial pour le rendre acceptable par l’Église, et en avoir retiré l’essentiel de ce qui avait été introduit par la «Continuation»:
«Quoique l’ouvrage fût prohibé en ces royaumes, on le lisait et imprimait constamment au dehors. C’est pourquoi, avec la permission du Conseil de la Sainte Inquisition et du Roi notre Sire, nous y avons corrigé certaines choses pour lesquelles il avait été prohibé, et en avons enlevé toute la seconde partie, laquelle n’étant point du premier auteur, a paru fort impertinente et insipide» (trad. de Valentine Castellarin).
La présence espagnole en dehors de la Péninsule ibérique explique que des éditions en espagnol soient aussi données à l’extérieur, par exemple à Milan en 1587 (La Vida de Lazarillo de Tormes), et à Bergamo dix ans plus tard. On notera une particularité significative: la Bibliothèque de Nîmes conserve un exemplaire de l’édition italienne de 1587, provenant de la bibliothèque de l’érudit protestant Guillaume Ranchin (1559-1605): nous retrouverons bientôt cette problématique propre à un livre toujours sulfureux et à son rapport à la Réforme.
Enfin, le troisième point concerne la question des transferts culturels, pour un titre qui devient très vite un succès européen, peut-être aussi grâce au rôle central joué par la place d’Anvers. En 1560, l’ouvrage est en effet traduit en français, probablement par Jean Garnier de Laval, et publié à Lyon par Jean Pullon, dit de Trin, pour le libraire Jean Saugrain. La traduction a été établie sur une édition sortie en 1555 chez Guillermo Simon à Anvers, mais A. Rumeau a montré que les compositeurs lyonnais avaient très probablement travaillé sur le manuscrit du traducteur et que, en cas de difficulté, ils ne s’étaient pas reportés au texte original (2). Une deuxième édition, donnée à Paris chez Jean Longis et Robert Le Magnier l’année suivante, fait quant à elle l’objet d’un privilège royal : or, elle reprend le texte de Lyon, mais en camouflant plus ou moins habilement le piratage de manière à se faire passer faussement pour l’édition originale protégée…
D’autres éditions du texte en espagnol ou en français sortiront, notamment à Paris chez les Bonfons à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, avec une montée en puissance des présentations bilingues publiés dans une perspective d’apprentissage de la langue. La première est donnée en 1601 par «M.P.B. Parisien», un cryptonyme que l’on identifie très généralement avec le nom de Pierre, fils du libraire Nicolas Bonfons, et elle se présente précisément sous forme de traduction bilingue –donc, dans une perspective d’apprentissage de la langue. Elle sera reproduite chez Bonfons en 1609, tandis que sort en 1615, chez Jean Corrozet, une nouvelle édition bilingue, beaucoup plus soignée que la précédente, édition reprise dès 1616.
Une nouvelle édition sort encore, avec privilège du roi, à Paris chez R. Boutonné en 1620 (Losada Goya, n° 39). Cette édition, reprise en 1623 et en 1628, est aussi diffusée sous la fausse adresse de Saragosse (P. Destar), très certainement pour échapper aux contrôles des importations de librairie étrangère en Espagne. Elle a été préparée par une personnalité très remarquable, celle de Juan de Luna, sur laquelle nous nous réservons de revenir dans notre prochain billet. Une édition en français paraît la même année, à la même adresse, dans laquelle la première partie du Lazarillo reprend la traduction de M.P.B.P., tandis que la seconde est signé «L.S.D.», un cryptonyme que l’on a proposé d’attribuer à Vital d’Audignier.

Note
(1) Les numéros de notices renvoient au manuel de José Manuel Losada Goya, Bibliographie critique de la littérature espagnole en France au XVIIe siècle: présence et influence, Genève, Droz, 1999. Donne la bibliographie complémentaire. L'hypothèse reste ouverte, de savoir s'il a éventuellement existé des éditions du Lazarillo antérieures à 1554.
(2) Losada Goya, ibid., p. 59. A. Rumeau, «La première traduction du Lazarillo: les éditions de 1560 et 1561», dans Bulletin hispanique, 82 (1980/2), p. 362-379.

samedi 17 novembre 2018

Anne du Bourg, Orléans et le protestantisme

Nous retrouvons, à travers le personnage d’Anne du Bourg, un certain nombre de phénomènes majeurs, qui nous éclairent sur le fonctionnement du régime monarchique, en même temps que sur les conditions du transfert, puis de l’établissement de la Réforme dans le royaume de France dans les deux premiers tiers du XVIe siècle.
C’est, d’abord, la montée en puissance de dynasties de grands commis de l’État, dont les compétences professionnelles fondent le statut. Les du Bourg sont des Auvergnats, comme le cardinal Duprat (1467-1535), précepteur de François d’Orléans, et chancelier pratiquement inamovible de celui-ci une fois monté sur le trône. Familier du vieux magistrat, son compatriote Antoine du Bourg lui succède, mais il meurt accidentellement en accompagnant le roi à Laon (1538). Né à Riom en 1521, Anne du Bourg est le neveu du chancelier.
Le jeune homme suit le cursus spécialisé qui le préparera à ses fonctions futures. Il vient à l’université d’Orléans, qui fait pratiquement office de faculté de droit romain pour l’université de Paris, et se forme auprès de l’un des plus célèbres juristes du temps, à savoir Pierre de l’Estoile (1480-1537). Or, les partisans de la Réforme sont en nombre à Orléans, qu’il s’agisse de jeunes étudiants français (Calvin a aussi été élève de Pierre de l’Estoile) et étrangers (la Nation Germanique d’Orléans), ou d’enseignants. Après avoir exercé comme avocat, Anne du Bourg succède à Pierre de L’Estoile en 1549.
Venons-en maintenant aux années décisives, et rappelons les faits. En 1557, Anne du Bourg est appelé par Henri II comme conseiller au Parlement de Paris, alors que les tensions confessionnelles montent, et que la chambre discute de l’application de la peine de mort à ceux «qui tiennent l’opinion de Luther».
Certains conseillers souhaitent demander au roi de convoquer un concile général, mis Henri II décide, sur l’avis notamment de Charles de Guise (le cardinal de Lorraine: cliché 2, lettre C), de se rendre personnellement au Parlement pour y tenir une séance par laquelle il imposera sa volonté.
C’est la «Mercuriale», qui se déroule aux Augustins de Paris le 10 juin 1559 et au cours de laquelle plusieurs conseillers, dont Anne du Bourg, se prononcent pour le concile et contre la répression. Avec quatre de ses collègues, il est arrêté, et conduit à la Bastille par Montgomery, le capitaine des gardes. Un mois plus tard exactement, le 10 juillet, le roi est tué accidentellement par ce même Montgomery au cours d’un tournoi. Le dauphin, François II, a seize ans, et le Gouvernement est pratiquement assuré par la reine-mère, Catherine de Médicis, assistée des oncles par alliance du roi, le duc François de Guise et son frère Charles. Descendants des ducs de Lorraine, les Guise forment alors le plus puissant de ces «clans-pieuvres» qui s’installent à la tête de l’État, et qui s’emploient à profiter de la faiblesse de la monarchie après la mort de Henri II. Anne du Bourg, après un procès inique, est exécuté en place de Grève, à Paris, le 21 décembre 1559.
Une visite au Musée Calvin de Noyon permet de revoir une peinture qui met en scène la mercuriale du 10 juin. Le roi est assis dans le coin gauche, au fond de la salle. À sa droite, trois prélats, dont le cardinal de Lorraine, à sa gauche, le banc des princes, dont le duc de Guise. En face, en robe noire, ce sont les membres du Parlement, tandis que les deux greffiers sont assis, derrière leur table de travail (cliché 4). Anne du Bourg est debout, en train de prononcer son long discours (cliché 1). Sur la droite de l’image, en arrière-plan, deux scènes représentent le transfert du conseiller à la Bastille, et son incarcération. L’exécution d’Anne du Bourg a un retentissement considérable –l’électeur palatin lui-même s’était adressé au roi de France, pour lui demander de gracier le condamné, et pour offrir à celui-ci une place de professeur de droit à l’université de Heidelberg.
La peinture exposée à Noyon reprend le motif d’une gravure célèbre, de Perrissin (1569), tout en s’adressant à un public germanophone, comme en témoigne le texte figurant en bas.
Nous sommes dans l’ordre de la propagande, avec un jeu de lettres désignant les personnages principaux, et une légende qui les identifie. Nous sommes aussi dans l’ordre de la médiatisation, à travers le recours à l’iconographie, qu’il s’agisse d’illustrations (dans des livres), de gravures explicatives (sous forme d’estampes), et éventuellement de tableaux. L’utilisation de ce que nous appellerons l’«image légendée» nous semble caractériser l’iconographie de la Réforme, lorsqu’il s’agit de fournir à la fois une représentation de ce dont il s’agit, une légende permettant d’identifier les postures et les scènes et, plus ou moins implicitement, un commentaire, ou une morale, de l’ensemble.
Quelques mois encore, et les conjurés protestants envisageront de soustraire le jeune roi à l’influence des Guise, en l’enlevant par un coup de main qu'ils projettent d'exécuter sur le château de Blois, avant que la cour ne se réfugie à Amboise...

jeudi 15 novembre 2018

Vient de paraître...

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Vient de paraître:
«Maudits livres». La réception de Luther & les origines de la Réforme en France [catalogue d'exposition],
Paris, Bibliothèque Mazarine, Éditions des Cendres, 2018,
339 p., ill.
ISBN 978-2-86742-280-5 

À l’automne 1518, un an après la publication des 95 thèses (voir par ex. ici), la pensée de Luther pénètre pour la première fois en France, sous la forme d’un recueil de textes publié à Bâle. Les œuvres du réformateur commencent ainsi par être importées dans le royaume; elles circulent et y sont lues; elles seront bientôt réimprimées et traduites, mais aussi contestées, condamnées et parfois détruites.
Elles rencontrent en France les aspirations d’une société traversée d’inquiétudes depuis la fin du Moyen Âge, gagnée par de nouvelles sensibilités religieuses, tentée par la contestation des autorités, et séduite par de nouveaux modes de lecture et d’enseignement. Entre 1518 et la fin du règne de François Ier, s’ouvre une période intense d’explorations et de questionnements. Certains événements contribuent à médiatiser la figure de Luther et à crisper les positions: sa condamnation par la Sorbonne et par le Parlement de Paris (1521), l’«Affaire des placards» (1534), l’apparition de Calvin, la création de l’Index des livres interdits (1544). Les dissensions se font fractures, et les voies moyennes, tentées par un Lefèvre d’Étaples ou une Marguerite de Navarre, deviennent impossibles à tenir. Le mot «luthérien» se charge négativement, et son imprécision autorise désormais tous les amalgames…
Un demi-siècle après l’invention de l’imprimerie, avant que la Renaissance ne laisse place aux Guerres de Religion, le livre est à la fois l’acteur principal et un témoin privilégié de ces bouleversements. Imprimeurs et libraires perçoivent le formidable potentiel éditorial de la polémique luthérienne, et oscillent entre raison commerciale, prudence, et engagement personnel. Pour endiguer la diffusion des textes désormais définis comme hérétiques, on invente des dispositifs de contrôle de plus en plus redoutables à défaut d’être efficaces: les livres devenus maudits mènent à l’exil ou au bûcher leurs auteurs, imprimeurs et lecteurs.
Exposition organisée par la Bibliothèque Mazarine en partenariat avec la Société d’Histoire du Protestantisme français.

L’ouvrage publié comprend les soixante-dix-huit notices détaillées des pièces exposées à la Bibliothèque Mazarine, pièces réparties en six sections dont chacune est introduite par une monographie scientifique.

Sommaire
Préface, par Yann Sordet
Introduction, par Hubert Bost
I- De nouvelles sensibilités, de nouveaux textes, de nouvelles lectures, par Frédéric Barbier
Notices 1 à 11
II- 1518-1521: Luther à Paris, par Florine Lévecque--Stankiewicz
Notices 12 à 24
III- Réactions: défenses et ruptures, par Geneviève Guilleminot-Chrétien, et par Yves Krumenacker
Notices 25 à 31
IV- Luther en français avant Calvin, par Marianne Carbonnier-Burkard et Olivier Millet
Notices 32 à 56 V- Entre Luther et Calvin: les années 1540, par Marianne Carbonnier-Burkard et Olivier Millet
Notices 57 à 69
VI- La légende noire de Luther, par Yves Krumenacker
Notices 69 à 78
Chronologie
Bibliographie sommaire
Index nominum et locorum
 
Commissaire de l'exposition: Florine Lévecque-Stankiewicz
Direction scientifique: Frédéric Barbier, Marianne Burkard-Carbonnier, Geneviève Guilleminot-Chrétien, Florine Lévecque-Stankiewicz, Yves Krumenacker, Olivier Millet, Yann Sordet

dimanche 21 octobre 2018

Une remarquable exposition d'histoire du livre

«Ex bibliotheca.
Les livres retrouvés de l’Académie protestante de Saumur»

Exposition organisée par
Le Mans, 19 oct. 2018-19 janv. 2019

L’exposition retrace l’histoire de l’une des plus importantes institutions intellectuelles et éducatives du XVIIe siècle, l’Académie protestante de Saumur.
Fondée en 1599 par Philippe Duplessis-Mornay, l’Académie fut un haut lieu des Églises réformées de France et le principal centre de formation des pasteurs du nord du royaume. Foyer théologique novateur, elle rayonna à travers l’Europe par l’influence de ses professeurs et élèves mais fut aussi à l’origine de violentes controverses. Supprimée par Louis XIV en 1685, dix mois avant la révocation de l’Édit de Nantes, elle voit sa bibliothèque saisie puis vendue: celle-ci sombre alors dans un oubli séculaire.
Une découverte capitale
La découverte fortuite d’un livre conservé à la Médiathèque du Mans, provenant du fonds de l'abbaye Saint-Vincent mais ayant appartenu à Louis Cappel, professeur à l’Académie, est à l’origine de la vaste enquête menée par Thomas Guillemin, chercheur associé au laboratoire TEMOS (Université d’Angers-CNRS). Réalisée dans les principaux fonds de la région, à la Médiathèque du Mans pour l’ensemble le plus significatif, et à la Médiathèque de Saumur-Val de Loire notamment, cette recherche a permis de mettre au jour les fragments des bibliothèques de plusieurs professeurs mais aussi de celle de l’Académie, tous d’un intérêt primordial pour la compréhension de l’histoire de l’institution.
Un ensemble exceptionnel
Sont réunis pour la première fois depuis le XVIIe siècle, cahiers d’étudiants, livres de prix, pièces d’archives, ouvrages pour certains très annotés comportant les ex-libris ou ex-dono des plus illustres professeurs de l’Académie – John Cameron, Louis Cappel, Moïse Amyraut, Tanneguy Le Fèvre, William Doull. Cet ensemble est enrichi par le prêt de pièces de premier plan issues de collections publiques et privées, comme l’inventaire original de la bibliothèque de l’Académie (Archives nationales de France), un portrait de Philippe Duplessis-Mornay (Château-Musée de Saumur), et l’exceptionnel midrash vénitien du xvie siècle qui a appartenu à Louis Cappel (Médiathèque de Saumur).
Une grande figure: Louis Cappel
L’exposition explore en six sections les méthodes d’enseignement et les spécificités de l’Académie, lieu de formation et foyer d’innovations théologiques. Elle évoque également l’«École de Saumur», courant théologique original du calvinisme européen qui jouera un rôle fondamental dans l’évolution du protestantisme moderne. De cette passionnante aventure intellectuelle se dégage en particulier la figure de Louis Cappel, théologien majeur de la première moitié du XVIIe siècle. La présentation de trois ouvrages inédits entrés en sa possession permet de découvrir la démarche par laquelle il révolutionne l’exégèse biblique.
De la naissance au déclin d’une institution phare de l’histoire du protestantisme français, se dessinent les contours de plusieurs bibliothèques qui réapparaissent après une éclipse de trois siècles et demi.

Du 19 octobre 2018 au 19 janvier 2019
Médiathèque Louis-Aragon
54 Rue du Port, 72000 Le Mans. Tél. 02 43 47 48 74
Ouverture : Mardi, mercredi et vendredi : 10h-18h30. Jeudi : 13h30-18h30. Samedi : 10h-17h. Entrée gratuite.
Inbformation communiquée par Madame Sophie Renaudin, conservateur des bibliothèques, responsable des fonds patrimoniaux de la Médiathèque du Mans.

lundi 24 septembre 2018

Colloque et exposition sur les origines du protestantisme

La réception de Luther en France et en Europe, et les origines de la Réforme
12-13 novembre 2018

JOURNÉES D'ÉTUDE

Lundi 12 novembre
(83 boulevard Arago, 75014 Paris) 

Luther en Junker Jörg, par Lucas Cranach l’Ancien,
panneau sur bois
Schloßmuseum Weimar.
LES DÉBUTS DU LUTHÉRANISME EN EUROPE ET DANS LE MONDE
13h30 (1) voir note en bas de page
14h30: Ouverture, par Isabelle Sabatier, présidente de la SHPF
14h40: Imprimeurs-libraires aux origines de la Réforme en Italie. Andrea De Pasquale (Bibliothèque nationale centrale, Rome)
15h10: Humanisme monacal, piété, Réformation: les débuts de la «librairie» luthérienne en Europe danubienne. István Monok (Académie des sciences de Hongrie)
15h40: Discussion et pause

16h10: Infectés et suspects: les livres luthériens de Jacques II d’Angleterre (Maria-Luisa Lopez-Vidriero, Bibliothèque royale, Madrid)
16h40: La «France Antarctique» et la «Confession de la Guanabara»: guerre de religion et bataille des mots en Amérique du Sud (1555-1560). Marisa Midori Deaecto (Université de Sao Paulo) 

Mardi 13 novembre
Bibliothèque Mazarine (23 quai de Conti, 75006 Paris)

LA RÉCEPTION DE LUTHER EN FRANCE

10h00: Accueil, par Yann Sordet, directeur de la Bibliothèque Mazarine
Présidence: Hubert Bost (président de l’EPHE)
10h10: La réception de Luther à Paris entre 1518 et 1521. Florine Levecque-Stankiewicz (Bibliothèque Mazarine)
10h40: La réception de Luther par le jeune Calvin. Christoph Strohm (Université de Heidelberg)
11h10: Discussion et Pause

11h40: La nation germanique d'Orléans et sa bibliothèque. Frédéric Barbier (EPHE)
12h10: Luther en littérature: Marot, Marguerite de Navarre, Rabelais. Olivier Millet (Sorbonne Université)
12h40 – 14h : Pause

Présidence: Pierre-Olivier Léchot (doyen de l’Institut protestant de théologie de Paris
14h00: Luther dissimulé dans les «Simulachres de la mort» des frères Frellon (1542). Marianne Carbonnier-Burkard (SHPF)
14h30: L’illustration des premières traductions de l’Ancien Testament par Luther (1523-1524) et son influence à travers l’Europe. Max Engammare (Librairie Droz)
15h00: Volcyre de Sérouville, Pierre Gringore et le duc Antoine Le Bon: des livres lorrains contre les abusés luthériens. Yann Sordet (Bibliothèque Mazarine)
15h30: Discussion et Pause

16h00: Luther dans les premières éditions du «Catalogue des livres censurez». Geneviève Guilleminot-Chrétien (BnF)
16h30: Les débuts de la légende noire de Luther. Yves Krumenacker (Université de Lyon)
17h00: Discussions

18h30 : Inauguration de l’exposition
(Bibliothèque Mazarine, 14 novembre 2018 – 15 février 2019) 

Entrée libre dans la limite des places disponibles
Réservation: contact@bibliotheque-mazarine.fr

(1) À 13h30, pour ceux qui le souhaitent, découverte du fonds Ricœur à la Bibliothèque de l'IPT, sous la direction de Monsieur Marc Boss, responsable du fonds Ricœur.

vendredi 4 mai 2018

Conférence d'histoire du livre

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 7 mai 2018
16h-18h
Les nouveaux abécédaires en français au XVIe siècle:
ou le salut par la lecture
par
Madame Marianne Carbonnier,
professeur émérite à la Faculté de théologie protestante de Paris


NB. Les auditeurs sont invités à s'informer sur l'ouverture effective du bâtiment du 54 bd Raspail, lequel a été à plusieurs reprises inaccessible ces derniers temps...

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

samedi 17 mars 2018

Conférence d'histoire du livre

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 19 mars 2018
16h-18h
La bibliothèque de la "Nation Germanique"
de l'université d'Orléans (fin)
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études

Reliure aux armes de la Nation Gemanique d'Orléans (© Médiathèque d'Orléans)

La conférence donnera aussi l’occasion d’évoquer la figure d’un intermédiaire culturel appartenant au petit monde du livre : Pierre Trepperel, lequel exerce comme libraire juré de l'université d'Orléans.
Fils du libraire parisien et marchand grossier en soie Jean (II) Trepperel, il est apparenté aux familles de libraires Janot, Le Noir et de Marnef. En 1545, Trepperel exerce à Angers, cette adresse apparaissant sur une édition à son nom du Théâtre des bons engins de Guillaume de La Perrière. Mais, dès avant le 3 août 1547, il est établi libraire à Orléans, où il succède en 1558 au libraire François Gueiard en qualité de receveur général de l'université. Trepperel travaille aussi de manière occasionnelle en association avec l'imprimeur orléanais Éloi Gibier.
Calviniste, il signe un acte de soumission au roi le 8 août 1570, mais, d'après le témoignage du juriste strasbourgeois Johann Wilhelm Botzheim, il est massacré lors de la Saint-Barthélemy (fin août 1572), alors même qu'il entre dans une église pour abjurer. Les actes de l'université confirment son décès à la date du 8 oct. 1572. Sa veuve se remarie avec le libraire Jean Courtin.

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

dimanche 11 mars 2018

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 12 mars 2018
16h-18h
La bibliothèque de la "Nation Germanique"
de l'université d'Orléans
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études

Par suite du retard pris au fil de la discussion de la semaine dernière, la conférence qui devait initialement avoir lieu le 5 sera en définitive présentée le 12 mars. 
Orléans avant 1568 (Bibliothèque d'Orléans, ICO G 144)

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

jeudi 1 mars 2018

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 5 mars 2018
16h-18h
La bibliothèque de la "Nation Germanique"
de l'université d'Orléans
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études

Plan d'Orléans (détail), vers 1575.

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

vendredi 17 novembre 2017

Conférence d'histoire du livre

Ex libris de Balthasar Batthyány
 École normale supérieure (Ulm)
Labex TransferS
Institut d’histoire moderne et contemporaine

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 20 novembre 2017
16h-18h
Étude de cas: Balthasar Batthyány, ou l’humanisme de la Réforme à travers les textes français
par
Monsieur István Monok,
professeur à l’Université de Szeged,
directeur général des Archives et Bibliothèques de l’Académie des sciences de Hongrie,
professeur invité étranger à l’École normale supérieure (Labex TransferS)

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26). Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Cette conférence est la troisième d'une série de quatre conférences  présentées sur le thème
«Les transferts culturels à l’œuvre: culture française, librairie et pratiques de lecture en Hongrie royale de la fin du XVe siècle aux années 1680»
par Monsieur Monok durant son séjour parisien. 

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

lundi 9 octobre 2017

Calendrier des conférences

École pratique des hautes études
IVe Section (Sciences historiques et philologiques) 

Conférence d’Histoire et civilisation du livre

Calendrier des conférences pour l’année universitaire 2017-2018

Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études, directeur de recherche au CNRS (IHMC/ ENS Ulm)
Monsieur István Monok, directeur général des archives et bibliothèques de l’Académie des sciences de Hongrie, professeur d’histoire du livre aux universités de Szeged et de Eger, professeur invité étranger à l’École normale supérieure (Labex TransferS)
Monsieur Jean-Dominique Mellot, conservateur général à la Bibliothèque nationale de France

Attention:
La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des Hautes Études, de 16h à 18h. (sauf la séance du 7 novembre 2017).
Elle se déroule à la Maison des Sciences de l'homme, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris, 1er sous-sol (Métro: Sèvres-Babylone, Rennes, Saint-Sulpice).
Les conférences sont tenues par Monsieur Frédéric Barbier, sauf indication contraire. Elles sont ouvertes à tous les étudiants ou auditeurs inscrits à l'École pratique des Hautes Études.
 
Le présent calendrier est donné à titre indicatif.


7 novembre 2017
14h-16h Ouverture de la conférence. Livres français, lecteurs hongrois : introduction à la problématique, aperçu sur les sources, mise en place de la chronologie, par Monsieur István Monok, directeur général des archives et bibliothèques de l’Académie des sciences de Hongrie, professeur d’histoire du livre aux universités de Szeged et de Eger, professeur invité étranger à l’École normale supérieure (Labex TransferS)
13 novembre, 16h-18h Humanisme et piété dans les lectures en Hongrie au début du XVIe siècle, par Monsieur István Monok
20 novembre, 16h-18h Étude de cas : Balthasar Batthyány, ou l’humanisme de la Réforme à travers les textes français, par Monsieur István Monok
27 novembre, 16h-18h « Transferts et modernité dans la théorie politique du XVIIe siècle : Miklós Pázmány et le jeune Miklós Zrínyi, par Monsieur István Monok
4 décembre, 16h-18h Sur les pas des Bénédictins : le Voyage littéraire de deux bénédictins (1), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
11 décembre, 16h-18h Sur les pas des Bénédictins : le Voyage littéraire de deux bénédictins (2), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
18 décembre, 16h-18h Sur les pas des Bénédictins : le Voyage littéraire de deux bénédictins (3), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
25 décembre Pas de conférence
1er janvier 2018 Pas de conférence
8 janvier, 16h-18h Sur les pas des Bénédictins: le Voyage littéraire de deux bénédictins (4), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
15 janvier, 16h-18h Sur les pas des Bénédictins: le Voyage littéraire de deux bénédictins (5), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
22 janvier,16h-18h La Congrégation de Saint-Maur et la «librairie» parisienne (1621-1733), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
29 janvier, 16h-18h Les professions du livre en France sous l'Ancien Régime (1), par Monsieur Jean-Dominique Mellot, conservateur général à la Bibliothèque nationale de France
5 février, 16h-18h Le patrimoine livresque: les musées du livre dans les bibliothèques italiennes depuis le XIXe siècle, par Monsieur Andrea De Pasquale, directeur général de la Bibliothèque nationale centrale de Rome.
12 février, 16h-18h Une ville du livre: Strasbourg face à la Réforme, par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
19 février Pas de conférence : vacances d’hiver
26 février Pas de conférence : vacances d’hiver
5 mars, 16h-18h La Natio Germanica de l’université d’Orléans et sa bibliothèque, par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
12 mars, 16h-18h La Natio Germanica de l’université d’Orléans et sa bibliothèque (suite), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
19 mars, 16h-18h La Natio Germanica de l’université d’Orléans et sa bibliothèque (fin), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études, par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
26 mars, 16h-18h L'auteur et la première révolution du livre, par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
2 avril, 16h-18h Pas de conférence (lundi de Pâques)
9 avril, 16h-18h L'auteur et la première révolution du livre, par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études
16 avril, 16h-18h Pas de conférence (vacances de printemps)
23 avril, 16h-18h Pas de conférence (vacances de printemps)
30 avril, 16h-18h Pas de conférence (vacances de printemps)
7 mai, 16h-18h  Les nouveaux abécédaires en français au XVIe siècle: ou le salut par la lecture, par Marianne Carbonnier, professeur émérite à la Faculté de théologie protestante de Paris
14 mai, 16h-18h Les livres de Julien Brodeau, avocat au parlement de Paris (1583-1653), par Monsieur Yves Le Guillou, conservateur en chef à la Bibliothèque nationale de France, docteur de l'EPHE
21 mai  Pas de conférence (lundi de Pentecôte)
28 mai, 16h-18h Les professions du livre en France sous l'Ancien Régime (2), par Monsieur Jean-Dominique Mellot, conservateur général à la Bibliothèque nationale de France
7 juin Séance foraine: par suite des difficultés de transport, cette séance sera, si possible, organisée à la rentrée prochaine