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samedi 30 mars 2019

Exposition sur les livres d'architecture



Le château de Chantilly constitue un ensemble très remarquable depuis le XVIIe siècle, avec les travaux du Grand Condé, mais sa silhouette actuelle remonte en grande partie aux restaurations et reconstructions de Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1897), au XIXe siècle (cliquer ici). Passionné par l’époque de la Renaissance, celui-ci lègue, en 1886, son domaine, avec les collections muséales et la bibliothèque, à l’Institut de France. C’est l’origine d’un ensemble exceptionnel, facilement accessible à une quarantaine de kilomètres au nord de Paris.
Il suffira, pour situer l’importance de la collection dans le domaine des manuscrits, de mentionner les Très riches heures du duc de Berry. Mais cette richesse propre n’épuise pas le sujet, et les objets et livres aujourd’hui conservés au Musée Condé illustrent aussi certaines conceptions muséales et bibliophiliques qui étaient celles du XIXe siècle.
La visite du château donne toujours l’occasion de découvrir le «Cabinet des livres», au sein duquel est présentée, jusqu’au 30 mai 2019, une exposition consacrée à «Architecture et bibliophilie: trésors du Cabinet des livres du duc d’Aumale». De fait, le duc a su rassembler une collection très originale, dans laquelle s’affirme l’identité de l’art de bâtir «à la française» à partir des XVe et surtout XVIe siècles. Plus que dans aucun autre domaine, un modèle royal s’est imposé et adapté, sans se renier, aux modes baroque, rocaille ou néoclassique. À l’imitation de ministres comme Richelieu, ou des rois Louis XIV et Louis XV, grands connaisseurs, les élites aménagent de riches demeures et forment la clientèle fortunée qui sera, dans un deuxième temps, celle visée par les imprimeurs et les libraires.
Les livres d’architecture sont, à partir du XVIe siècle, un vecteur essentiel de la diffusion des formes dans toute l’Europe. Ils reflètent l’évolution des manières de vivre à travers la distribution changeante des pèces. Mêlant théorie et pratique, images et textes, art et histoire, ils favorisent l’émergence du métier nouveau d’architecte, avant d’être supplantés par une littérature plus technique.
De grande taille, abondamment illustrés et magnifiquement mis en page, les livres d’architecture nécessitent une grande maîtrise d’exécution et bénéficient de l’intervention des artistes les plus talentueux. Considérés d’emblée comme précieux et rares, ces ouvrages sont aussitôt appréciés et recherchés par les amateurs. Le Cabinet des livres du duc d’Aumale contient de spectaculaires exemplaires, tantôt acquis par le «prince des bibliophiles», tantôt à lui offerts, ou qui ont été postérieurement adjoints à l’ensemble par ses fidèles, comme l’architecte bibliophile Louis Bernier (1845-1919).
D’après un texte de Marie-Pierre Dion, Conservateur générale de la Bibliothèque du Musée Condé, commissaire de l’exposition.


lundi 3 décembre 2018

Soutenance de thèse de doctorat en histoire du livre

Avis de soutenance de thèse


Dom d'Inguimbert et J.-F. Delmas
Le vendredi 7 décembre 2018 à 9h,
Monsieur Jean-François Delmas,
archiviste-paléographe,
conservateur général des bibliothèques,
directeur de la Bibliothèque-Musée Inguimbertine (Carprentras)
soutiendra sa thèse de doctorat en histoire sur le sujet suivant:

Des collections de dom Malachie d’Inguimbert
à l’Inguimbertine: transferts et héritage culturel dans le Comtat Venaissin (XVIIIe-XXIe siècle)


Les travaux ont été dirigés par Madame Christine Bénévent,
professeur d’Histoire du livre et de bibliographie à l’École nationale des chartes

Le jury sera composé de Mmes et MM
Frédéric Barbier, directeur d’études honoraire à l’École pratique des Hautes Études (IVe Section), Christine Bénévent, directrice de la thèse,
Andrea De Pasquale, directeur général de la Bibliothèque nationale centrale de Rome, docteur de l’EPHE,
Véronique Meyer, professeur d’histoire de l’art à l’Université de Poitiers,
Didier Repellin, architecte en chef des Monuments historiques,
Gennaro Toscano, conseiller scientifique et culturel pour le projet Richelieu à la Bibliothèque nationale de France

La soutenance se tiendra à l’École nationale des chartes, 65 rue de Richelieu, 75002 Paris,
salle Léopold Delisle.
La soutenance est publique, dans la limite des places disponibles.

NB- Le cliché ci-dessus met en scène la rencontre entre le fondateur de l'Inguimbertine et son dernier successeur. Il a été pris au cours de la visite de l'abbaye de Casamari (Latium).

mardi 28 mars 2017

Colloque d'histoire des bibliothèques

Colloque d'histoire du livre et des bibliothèques
 
ARCHITECTURE, DÉCOR ET ICONOGRAPHIE
DES BIBLIOTHÈQUES AU XIXe SIÈCLE
 
Budapest, 6-8 avril 2017
Parlement de Hongrie, Salle «Béla Varga»

 
 Jeudi 6 avril
15h-15h30
Discours d’accueil, par István Bellavics, directeur général du Musée, de la Bibliothèque et du Centre d’accueil du Parlement,
et Szilárd Markója, directeur de la Bibliothèque du Parlement  

15h30-18h
Visite guidée du Parlement, par Józef Sisa, directeur de recherche, ancien directeur de l’Institut d’histoire des Arts du Centre de recherche en Sciences humaines de l’Académie des sciences de Hongrie 

18h Réception au Parlement 

Vendredi 7 avril
9h-9h15
Introduction,
par István Monok, directeur général des Archives et Bibliothèques de l’Académie des sciences de Hongrie
 
9h15-10h
Delacroix et les décors peints de la Bibliothèque du Sénat, Palais du Luxembourg : classicisme contre identité nationale?, par Jean-Michel Leniaud, directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études, ancien directeur de l’École nationale des chartes, Paris

10h-10h35
En France, les bibliothèques en révolution: abandonner, aménager, construire, 1789-années 1830, par Frédéric Barbier, directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études, directeur de recherche au CNRS (IHMC/ENS Ulm), Paris 

10h35-11h
La bibliothèque de la nouvelle Sorbonne, par Christian Hottin, conservateur en chef du patrimoine, Institut national du patrimoine, Paris 

11h10-11h40 Pause

11h40-12h15 
The Fideikommissbibliothek of the House of Habsburg-Lorraine: structural, decorative and functional aspects of its location, par Rainer Valenta, chercheur du programme «Die Habsburg-lothringische Familien Fideikommissbibliothek. Metamorphosen einer Sammlung» 

12h15-12h50
Trois modèles espagnols du XIXe siècle: la Bibliothèque nationale, la Bibliothèque du Sénat et la Bibliothèque royale, par Maria Luisa López-Vidriero-Abelló, directrice de la Biblioteca Reale, Madrid

12h50-14h30 Déjeuner au Parlement

14h30-15h05 
The Houses of the Library of the Hungarian Academy of Sciences between 1827 and 1988: The Architectural Profile of an Institution, par Gábor György Papp, chercheur à l’Institut d’Histoire des arts du Centre de recherches en Sciences humaines de l’Académie des Sciences de Hongrie

15h05-15h40 Library in the Country House: Social Representation and Use of Space in 19th Century Hungary, par Zsuzsa Sidó, chercheur à l’Institut d’Histoire des arts du Centre de recherches en Sciences humaines de l’Académie des Sciences de Hongrie 

16h15-16h50 Le réaménagement du Collegio Romano pour accueillir la nouvelle Bibliothèque nationale centrale de Rome, par Andrea De Pasquale, directeur général de la Bibliothèque nationale centrale de Rome 

16h15-16h50 Décorer une bibliothèque, embellir une ville: science, urbanisme et politique à Strasbourg, 1871-1918, par Christophe Didier, adjoint de l’Administrateur de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg

16h50-17h25 L’exportation d’un modèle: la Bibliothèque nationale du Brésil à Rio de Janeiro, par Marisa Midei Deaecto, membre de l’Institut d’études avancées de l’Université de Sao-Paulo (Brésil) 

18h Visite de la Bibliothèque métropolitaine Ervin Szábo, Budapest. Discours d’accueil par Péter Fodor, directeur général 

19h Réception à la Bibliothèque 

Samedi 8 avril
9h-9h40
La Biblioteca Corsiana, parcours et événements au XIXe siècle, par Marco Guardo, directeur de la Biblioteca Corsiana et de l’Academia dei Lincei, Rome

9h40-10h15
La bibliothèque du Parlement hongrois, par József Sisa, directeur de recherche, ancien directeur de l’Institut d’histoire des Arts du Centre de recherche en Sciences humaines de l’Académie des sciences de Hongrie

10h15-10h50 
The Central Library of the Budapest University of Technology (formely König Joseph Universität), par Bálint Ugry, chercheur, Institut d’histoire des Arts du Centre de recherche en Sciences humaines de l’Académie des sciences de Hongrie

10h50-11h30 Pause

11h30-12h05 
L’influence des grands travaux architecturaux des bibliothèques aux XIXe et XXe siècles en province: l’exemple de l’Inguimbertine à travers les projets de remaniements de ses bâtiments, par Jean-François Delmas, conservateur général de la Bibliothèque Inguimbertine, Carpentras 

12h05-12h40 
Les transformations du Batthyaneum, XIXe- débuts du XXe siècle: usage et architecture, par Doina Hendre Biró, conservateur de la Bibliothèque Batthyaneum, Alba Julia (Roumanie) 

12h40-13h
Conclusions, par Sándor Csernus, ancien directeur de l'Institut hongrois de Paris, directeur d’études à l’Université de Szeged 

13h-14h Déjeuner au Parlement 

14h-15h30
Visite guidée du Palais et de la Bibliothèque de l’Académie des Sciences de Hongrie, par Judith Faludy, chercheur, Institut d’histoire des Arts du Centre de recherche en Sciences humaines de l’Académie des sciences de Hongrie 

Le colloque est soutenu par le programme EFOP 3.6.1-16-2016-00001 de l’Université Esterházy de Eger 

jeudi 16 mars 2017

La "salle Labrouste"

Mardi 21 mars 2017
17h30 - 18h30
Bibliothèque nationale de France

La Bibliothèque nationale de France a le plaisir de vous inviter à ses Rencontres de Gallica qui porteront sur la salle Labrouste.Cette manifestation sera animée par
Marie Galvez, archiviste paléographe, conservateur à la BnF, auteur d’une thèse d’École des Chartes consacrée à «La Bibliothèque nationale sous l’administration de Jules-Antoine Taschereau (1858-1874)»,
et par Marc Le Cœur, historien de l'art (École spéciale d'architecture, Paris), co-commissaire de l'exposition «Labrouste (1801-1875), architecte. La structure mise en lumière» (Paris, 2012 / New York, 2013).
Projet pour les lucarnes de la salle Labrouste (Alexandre Desgoffe)
La célèbre «salle Labrouste» de la Bibliothèque nationale, dont nous fêtons la rénovation et la réouverture en 2017, est représentée dans Gallica par des centaines de plans reproduits et légendés grâce à un important travail de numérisation et de recherche. Cette documentation témoigne de l’évolution de la réflexion de l’architecte Henri Labrouste et des différentes étapes de la construction d’une œuvre qui a marqué par sa modernité l’histoire de l’art du XIXe siècle.
Les annotations manuscrites figurant sur les dessins révèlent les remaniements effectués par l’architecte, parfois pour tenir compte des remarques de l’administrateur général, Jules-Antoine Taschereau, qui souhaitait être associé à l’élaboration du projet.
Cette rencontre de Gallica sera l’occasion de revenir sur le travail de ces deux acteurs essentiels de la réorganisation que connaît la Bibliothèque sous le Second Empire: Henri Labrouste et Jules-Antoine Taschereau.

BnF | François Mitterrand, Salle 70
Entrée libre
Information : 01 53 79 49 49 ou visites@bnf.fr
Information communiquée par Madame Marie Galvez.

samedi 9 mai 2015

Colloque d'histoire du livre


Colloque international

Savoir / pouvoir : Les bibliothèques, de l’Antiquité à la modernité

Lundi 11 mai 2015 - Mercredi 13 mai 2015


Strasbourg - BNU (Auditorium) / Mulhouse - Campus Illberg
 

L’essor des bibliothèques, en Orient comme en Occident, constitue un phénomène majeur de culture et de civilisation. Quelles sont les raisons politiques, religieuses ou morales qui ont présidé à la fondation de ces établissements dédiés à l’élaboration, à la conservation et à la diffusion d’un savoir aussi bien profane que sacré? Quelle place occupent-ils aujourd’hui dans la cité 
Organisée dans le cadre de la réouverture de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNU) rénovée, cette rencontre scientifique internationale et bi-site s’inscrit aussi dans le prolongement de l’exposition Métamorphoses, manifestation emblématique de l’entrée de la BNU dans une phase nouvelle de son développement.
Elle résulte d’un partenariat entre la BNU, le Labex Hastec, les responsables du programme IDEX «Translatio» de l’Université de Strasbourg et l’EA 4363/ILLE (Institut de recherches en langues et littératures européennes) de l’Université de Haute-Alsace/Mulhouse.

Programme

Lundi 11 mai 2015 – Pouvoir du lieu
Strasbourg (auditorium de la BNU)
Bâtiment-symbole, bâtiment-repère: la bibliothèque dans la cité,
son environnement urbain, son décor, son aménagement

10h00 Accueil des participants
10h30 Allocutions de bienvenue: Albert POIROT, Administrateur de la BNU; Alain BERETZ, Président de l’Université de Strasbourg; Laurent PERNOT, Membre de l’Institut, responsable du programme IDEX «Translatio»
11h00 Conférence inaugurale: Antonio LOPRIENO, Président de l’Université de Bâle, «Savoir et pouvoir dans la Bibliothèque égyptienne»
11h30 Philippe HOFFMANN, Directeur d’études à l’EPHE et Directeur du Labex Hastec, «Les écoles philosophiques néoplatoniciennes à la fin de l’Antiquité : programme d’enseignement et bibliothèques»
12h00 Discussion
12h30 Pause

14h00 Yann SORDET, Directeur de la Bibliothèque Mazarine, «Information, politique et bibliothéconomie dans l’Europe du XVIIe siècle : aux origines de la bibliothèque Mazarine»
14h30 Maria Luisa LOPEZ-VIDRIERO, Directrice de la Biblioteca del Palacio Real de Madrid, «Les bibliothèques de palais en Espagne jusqu’au 19e siècle»
15h00 Discussion
15h15 Pause
15h30 Andrea DE PASQUALE, Directeur général de la Bibliothèque nationale centrale de Rome, «La Bibliothèque nationale d’Italie, 40 ans après la construction du nouveau bâtiment: idéologie, architecture, décor»
16h00 Christophe DIDIER, Adjoint de l’Administrateur de la BNU, «Métamorphoses d’un lieu de savoir: l’exemple de la BNU»
16h30 Discussion
17h00 Visite commentée de l’exposition Métamorphoses 

Mardi 12 mai 2015 – Autorité du savoir
Mulhouse (Campus Illberg, salle du Conseil de l’ENSISA Lumière)
Le pouvoir intellectuel des bibliothèques,
l’évolution du lectorat et des pratiques, les usages du lieu

10h00 Accueil des participants
10h30 Allocutions de bienvenue: Christine GANGLOFF-ZIEGLER, Présidente de l’Université de Haute-Alsace; Peter SCHNYDER, Directeur de l’EA 4363 / ILLE.
11h00 Dominique CHARPIN, Professeur au Collège de France, «Les bibliothèques en Mésopotamie: des fonds de manuscrits privés aux bibliothèques royales»
11h30 Yves LEHMANN, Professeur à l’Université de Strasbourg, «Encyclopédisme documentaire et impérialisme planétaire dans l’Antiquité gréco-romaine»
12h00 Discussion
12h30 Pause

14h00 Robert BEDON, Professeur émérite à l’Université de Limoges, «Les bibliothèques en Gaule romaine. État de nos connaissances. Fonctions professionnelles, culturelles et politiques»
14h30 Stavros LAZARIS, Chercheur au CNRS, «Manuels d’enseignement dans une bibliothèque monastique du nord de la Grèce: le cas d’un livre illustré d’histoire naturelle et de morale chrétienne»
15h00 Discussion
15h15 Pause
15h30 Gilbert FOURNIER, Ingénieur de recherche au CNRS-IRHT, Biblissima, «Gens de savoir, gens de pouvoir. Les lecteurs étrangers du collège de Sorbonne (15e siècle)»
16h00 Élodie CUISSARD, Chargée de recherche documentaire à la BNU, «La vie et la bibliothèque de Richard François Philippe Brunck de Freundeck (1729-1803)»
16h30 Discussion
17h00 Présentation du projet de Learning center par Dominique MEYER-BOLZINGER, Vice-présidente CFVU de l’Université de Haute-Alsace / Mulhouse

Mercredi 13 mai 2015 – La bibliothèque comme institution
Strasbourg (auditorium de la BNU)
La bibliothèque perçue comme fondement d’un pouvoir ou d’un contre-pouvoir:
aspects juridiques ou religieux, patrimoine et collections, hommes de savoir / pouvoir…

9h00 Aude LEHMANN, Maître de conférences HDR à l’Université de Haute-Alsace / Mulhouse, «Autour du De bibliothecis de Varron: politique et culture dans la Rome césarienne»
9h30 Marilina GIANICO, ATER à l’Université de Haute-Alsace / Mulhouse, «D’une bibliothèque l’autre: réflexions sur l’histoire de la Bibliothèque Estense de Modène»
10h00 Discussion
Escalier principal de la "BNU nouvelle"
10h15 Pause
10h30 István MONOK, Professeur à l’Université de Szeged, Directeur général des Archives et Bibliothèques de l’Académie des sciences de Hongrie, «Économie et politique de la bibliothèque: la Hongrie de l’Ancien Régime»
11h00 Pedro CATEDRA, Professeur à l’Université de Salamanque, «Les bibliothèques collégiales et universitaires de l’Espagne des 15e et 16e siècles, dans un contexte européen»
11h30 Doina HENDRE BIRO, Conservateur de la Bibliothèque Batthyaneum Alba Iulia, filiale de la Bibliothèque nationale de Roumanie, «Bibliothèque, confession et identité collective: le Batthyaneum de Karlsburg / Alba Iulia»
12h00 Discussion
12h30 : Pause

14h00 Frédéric BARBIER, Directeur de recherche au CNRS et Directeur d’études à l’EPHE, «Les bibliothèques protestantes de l’époque baroque (16e–18e siècles)»
14h30 Pierre CASSELLE, Directeur de la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville de Paris, «La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville de Paris. 140 ans au service du pouvoir municipal»
15h00 Discussion avec la salle et conclusions (modérateur: Yves LEHMANN, coresponsable du programme IDEX « Translatio ») 

NB- Un manuel récent: Histoire des bibliothèques, d'Alexandrie aux bibliothèques virtuelles

lundi 20 avril 2015

La ville idéale et sa bibliothèque

Córdoba est une ville historique, Buenos Aires est la capitale fédérale, mais La Plata correspond à un troisième modèle urbanistique, qui est celui de la cité idéale. La ville de La Plata a en effet été créée de toutes pièces dans les années 1882, pour être la capitale de la province de Buenos Aires –dans la mesure où Buenos Aires, désormais capitale du pays, constitue un territoire autonome ne dépendant pas de la province. Ce choix marque la pleine intégration, jusqu’alors problématique, de la capitale fédérale dans la nation, de sorte que la fondation d’une nouvelle capitale provinciale entérine une étape politiquement décisive pour la construction de l’État.
C’est le gouverneur de la province, Dardo Rocha, qui conduit le dossier, et le plan de la ville est confié à l’architecte Pedro Benoit, fils d’un émigré français (1836-1897): un plan en damier, sur un carré de cinq kilomètres de côté, les rues et les avenues étant numérotées à la manière nord-américaine. La Plata est une cité idéale: au centre, la plaza San Martin réunit les institutions du pouvoir, la «Maison du Gouvernement» et le Parlement régional (Palacio de la Legislatura). La deuxième grande place est la place Mariano Moreno, où l’on trouve la municipalité et la cathédrale. Plusieurs importants musées sont établis dans la ville, dans laquelle une Université nationale (UNLP) est aussi créée en 1897-1905: elle s’est imposée aujourd’hui comme l’une des principales du pays. Le programme de la ville idéale ne va pas sans un théâtre (le Teatro Argentino), ni sans un parc public: La Plata est réellement une ville verte, avec un grand jardin public, dans lequel on trouve l’hippodrome, le zoo, le remarquable Musée des Sciences naturelles, l’observatoire, etc. Au demeurant, le programme de la ville nouvelle de La Plata remportera la médaille d’or pour la section «Ville du futur» à l’Exposition universelle de Paris en 1889.
Comme c’est la règle en Argentine, l’Université contrôle toujours certains établissements d’enseignement secondaire et même, à La Plata, des établissements pour l’enseignement primaire. Le remarquable Musée des Sciences naturelles, tout comme l’observatoire, sont intégrés aux facultés correspondantes. Ajoutons, à titre de curiosité symbolique de la volonté de modernité qui était celle des fondateurs, que La Plata est la première ville sud-américaine à avoir bénéficié de l’éclairage électrique publique. 
Bibliothèque de La Plata: grande salle de lecture
Mais le programme d’une ville idéale comprend aussi une bibliothèque. Celle-ci, d’abord fondée en tant que bibliothèque publique (par Francisco Moreno en 1887), s’est trouvée intégrée à l’Université après sa création. Mais surtout, la Bibliothèque a bénéficié d’un spectaculaire bâtiment construit à partir de 1934, sur la Plaza Rocha: il s’agit du premier bâtiment spécifiquement destiné à abriter une bibliothèque en Argentine. Derrière la façade néo-classique, l’homogénéité du style art nouveau donne à l’ensemble une très grande qualité de réalisation. Le hall permet d’accueillir des expositions (en ce moment même, une exposition sur la Colección Cerventina conservée par l’institution: cf infra note bibliographique), et débouche directement sur la grande salle de lecture, laquelle a gardé son mobilier d’origine. La salle des catalogues, qui la jouxte, est la seule partie réaménagée récemment dans tout l’établissement. Toujours au rez-de-chaussée, la salle de La Plata est réservée à l’histoire et la géographie de la région, à l’histoire du livre et à la bibliographie. Une salle de lecture est également réservée à la presse périodique. En arrière du bâtiment principal, qui se déploie sur deux étages, se trouvent les cinq niveaux de magasins.
La Bibliothèque conserve notamment un certain nombre de pièces, proclamations et titres de périodique imprimés à Buenos Aires à l’époque de la première Junte (1810), mais aussi un grand nombre de titres du XIXe et du début du XXe siècle, permettant de se faire une idée de la complexité des influences culturelles qui ont joué dans l’histoire récente de l’Argentine: un des meilleurs exemples est donné par le périodique satirique du «Moustique» (El Mosquito), dont le rôle est important à l’époque des discussions sur le concept d’identité de la jeune nation. 
Bibliothèque de La Plata: le bureau de Joaquín Víctor González

La Bibliothèque de l’Université de La Plata se signale en outre par l’intégration dans ses collections d’un certain nombre de bibliothèques privées particulièrement riches, pour certaines avec leur mobilier ancien (collections Farini, Korn, etc.). Parmi celles-ci, nous retiendrons celle de Joaquín Víctor González, juriste et homme politique, avec un remarquable meuble de bureau dont les deux «ailes» articulées permettent de ranger, l’une, des dossiers et des livres de petit format, et l’autre, des documents d’archives, correspondance, etc.

Don Quixote de la Mancha. Aventuras del Quichote en la UNLP. 75 joyas de la colección cervantina de la Biblioteca publica. Catalogo, La Plata, UNLP, 2015, 117 p., ill.

mercredi 21 janvier 2015

L'édition touristique... au XVIIIe siècle

Lorsque le jeune Goethe arrive à Strasbourg (1770) pour y séjourner, s’inscrire à l’Université et y soutenir sa thèse, le premier monument qu’il visite est la cathédrale, à laquelle il reviendra à plusieurs reprises dans son autobiographie Poésie et vérité (Dichtung und Wahrheit), et encore, bien plus tard, dans ses Conversations avec Eckermann. La cathédrale et sa tour le subjuguent réellement, et c’est à Strasbourg qu’il théorisera sa définition de l’«art gothique» comme «art allemand» –une conception que l’on peut certes discuter, si l’on considère l’importance de l’influence de l’Île-de-France et de ses «bâtisseurs» dans la diffusion du modèle de la cathédrale gothique.
Le renom de la cathédrale de Strasbourg n’est plus à faire au XVIIIe siècle, aussi bien en Allemagne que plus généralement en Europe occidentale. Le médecin strasbourgeois Georg Heinrich Behr (1708-1761) lui consacre dès 1732 un volume illustré, sous le titre de Straßburger Münster- und Thurn Büchlein… (= Livret de la cathédrale et de la tour de Strasbourg, ou Brève présentation des choses remarquables qui sont à voir dans la cathédrale et dans la tour : VD18 10202382).
Le petit in-octavo imprimé en Fraktur par Simon Kürsner (Simon Kürßner II, 1730-1734) est illustré de huit gravures sur cuivre signées Danneker. Il est disponible à l’adresse de Christian Seyfridd (ou Seyfried), libraire au Marché-aux-cerises (am Kirchenmarkt). D’après Paisey (dont les informations restent pourtant à préciser), Seyfridd aurait succédé à Martin Wagner, avant que l’affaire ne passe en 1751 à Konrad Schmidt. Plusieurs autres titres témoignent en tous les cas de la permanence d’une association entre Kürßner et Seyfridd. Signalons ici le fait que la place du Marché-aux-cerises se situe à proximité immédiate de la cathédrale, de sorte que c’est bien évidemment là que les voyageurs et autres curieux se procureront leur manuel pour visiter le monument: l’endroit idéal, en somme, pour assurer la vente du «Livret».
Un demi-siècle après la «réunion» de Strasbourg à la France louis-quatorzienne, le marché de la librairie est entré en crise dans la capitale de l’Alsace: les logiques qui intégraient les professionnels strasbourgeois dans les circuits de la «librairie allemande» sont alors en voie de déconstruction rapide, alors même que le royaume reste dominé par les grandes maisons parisiennes, impossibles à concurrencer. Il ne subsistera dans notre ancienne république libre tombée au rang de capitale provinciale, que la production de «travaux de ville», de plaquettes d’intérêt régional ou local, et de quelques titres, notamment en allemand (parce que la concurrence parisienne ne joue évidemment pas sur ce marché). Le petit volume de Behr est de ces derniers.
Dans cette conjoncture médiocre, la spéculation sur notre petit guide apparaît pourtant comme un succès remarquable. Le texte, repris et augmenté par Joseph Schweighäuser, «notaire apostolique», est publié à nouveau en 1744 (VD 18 14882256), 1745 (VD 18 1087030X), 1765 et 1773. L’édition de 1765 sort des presses de Christmann et Levrault («imprimeurs de l’intendant et de l’Université catholique»), et elle est diffusée par Frantz Anton Häußler, lui aussi relieur sur le Marché-aux-cerises.
De plus, notre guide est très vite traduit en français, la langue internationale du temps –en 1733, 1743, 1770, 1780 et 1788, encore cette liste n’est-elle très probablement pas complète. Le transfert se fait d'une langue à l'autre par l’intermédiaire d’un autre strasbourgeois, François Joseph Böhm, «maître de langues en cette ville». Ces professionnels travaillent dans un environnement le plus souvent bilingue, de sorte que l'ouvrage est toujours imprimé par Kürßner. L’avertissement du traducteur témoigne en revanche de la méconnaissance quasi-complète de la langue allemande en France, avant de conclure sur l’observation selon laquelle
les auteurs que l’on y trouvera allégués [dans le volume] aïant tous écrit en allemand, à la réserve de celui de l’Histoire d’Alsace, on espère que le lecteur françois voudra bien rendre cette justice au nôtre, de s’en rapporter à sa bonne foi et à sa fidélité dans les citations.
L’intégration géographique croissante, la facilité plus grande de circulation, la montée, côté français, des curiosités à l’égard de l’Allemagne, peuvent expliquer qu’une modeste publication de la décennie 1730 s’impose en définitive comme un véritable best-seller jusqu'à la Révolution. La nécessité de limiter les coûts, donc les investissements et le prix de vente, n’empêche pas que l’ouvrage, certes modeste, ne se signale par une certaine recherche formelle, avec sa page de titre en rouge et en noir (en français), avec ses bois gravés et avec ses tailles-douces. Même s’il est toujours utopique d’évaluer des chiffres de tirage sur lesquels on ne sait rien de précis, on peut supposer qu’avec un chiffre moyen de 1500 exemplaires par édition, ce sont en définitive quelque 20 000 exemplaires du  guide qui ont pu être diffusés dans les deux langues au cours du XVIIIe siècle...
Bien d'autres observations seraient à faire, sur le contenu même du texte, sur les conditions de la traduction, sur le rôle d'un certain monument pour l'identité d'une ville, ou encore sur la poussée de curiosités qui, d'une certaine manière, annoncent la sensibilité romantique. Retenons simplement, pour aujourd'hui, l'enseignement important pour l'historien du livre: l'intérêt de l'étude d'un titre n'est pas lié à son caractère exceptionnel, et le Guide de la cathédrale montre au contraire qu'un objet relativement modeste sera le cas échéant d'autant plus riche d'enseignements.
NB- Deux clichés: exemplaires de la Bibliothèque municipale de Valenciennes.

dimanche 9 février 2014

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre
 
Lundi 10 février 2014

16h-18h
Aménager et construire une bibliothèque
en France, 1785-1851
par
Monsieur Frédéric Barbier


Collège jésuite de Valenciennes. Plan de situation (© Archives municipales)
Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2013-2014. Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg). Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).
Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

dimanche 19 janvier 2014

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre
 
Lundi 20 janvier 2014

16h-18h
Des bâtiments nouveaux pour des bibliothèques nouvelles:
  Besançon, Douai, Amiens, Paris (Ste-Geneviève)
(1785-1851)
par
Monsieur Frédéric Barbier

La "Bibliothèque communale" d'Amiens
Les années de la Révolution et de l’Empire voient un bouleversement très profond du «petit monde» des bibliothèques, en France certes, mais aussi dans une partie de l’Europe soumise à l’influence française. Non seulement les confiscations des «biens de première» et des «biens de seconde origine» enrichissent massivement les collections, mais la question du statut de celles-ci est désormais posée, tandis que la bibliothèque est investie de fonctions nouvelles touchant aussi bien à l’information et à la formation qu’à l’expérience politique.
Dans la grande majorité des cas, les bibliothèques sont établies dans des bâtiments anciens plus ou moins réaménagés (collège, hôtel de ville, église, parfois tribunal, etc.), où elles se trouvaient parfois dès l'Ancien Régime (comme le montre le cas du Collège et du Temple-Neuf de Strasbourg). Pourtant, quelques exemples se font jour, de constructions nouvelles, conçues spécifiquement pour accueillir une bibliothèque. La conférence envisagera les principaux exemples de bâtiments de ce type, de Besançon à Amiens, pour terminer avec la première bibliothèque «moderne» du XIXe siècle français, celle Sainte-Geneviève à Paris.

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2013-2014. Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg). Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

vendredi 16 septembre 2011

L'identité visuelle des bibliothèques

Le dossier proposé par le premier numéro de la Revue de la BNU (printemps 2010) traite d’un sujet qui nous tient à cœur, à savoir «Bibliothèques et identité visuelle»: l'ensemble est dirigé par Christophe Didier, directeur du développement et des collections de la Bibliothèque.
Le premier article envisage le «Message de pierre de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg» (la BNU) : le titre est paradoxal, s’agissant précisément du message impérial allemand, à l’époque non pas de la BNU, mais de la «Bibliothèque impériale, universitaire et régionale». La localisation en ville de la nouvelle bibliothèque est très signifiante, puisque nous sommes au «cœur symbolique du (...) quartier élevé par les autorités allemandes». L’article revient surtout sur la décoration extérieure (statuaires et médaillons) du bâtiment, lequel a pour vocation d’être «parlant»: d’où des représentations des arts, des sciences et des techniques (celles-ci liées à la fabrication du livre), et surtout un programme iconographique associant de manière subtilement hiérarchisée les gloires universelles (Dante, Shakespeare…) et les illustrations allemandes (Lessing, Goethe, Schiller…), une place à part étant faite aux figures du nouveau Reichsland (Jean Sturm, Martin Schongauer, etc.).
Nous sommes devant un dispositif qui exalte d'autant plus la nationalité allemande qu'il lui donne une dimension humaniste et universelle. On pense naturellement au célèbre «catalogue de pierre» qui déroule ses volumina sur la façade de la bibliothèque parisienne de Sainte-Geneviève (on peut d’ailleurs à ce propos contester la chronologie proposée p. 7 du dossier, et qui fait du souci de l’identité visuelle un phénomène relevant surtout du XXe siècle, sinon même des années 2000).
La conférence d’histoire et civilisation du livre de l’Ecole pratique des Hautes Etudes a organisé en 2008 sa traditionnelle séance foraine à la Bibliothèque Carnegie de Reims, à laquelle est consacrée le deuxième article du dossier (par Matthieu Gerbaud). L’ancienne bibliothèque de Reims était abritée dans l’hôtel de ville, et a été détruite par un bombardement allemand en 1917: la bibliothèque nouvelle avait été à l’origine financée par un don de la Fondation Carnegie. Nous avions en effet été très frappé à la fois par l’originalité du programme architectural, et par la qualité de la réalisation d’une «bibliothèque art-déco» jusque dans le détail de la décoration et du mobilier. L’article présente le dossier avec précision, et il est agrémenté de superbes photographies.
Avouons notre stupéfaction à la lecture du troisième article, consacré à «Une certaine forme d’effacement» et au réaménagement intérieur de la BNU après 1945. La bibliothèque était une vitrine de l’Empire, elle n’est plus qu’une manière de bibliothèque universitaire à statut dérogatoire après la Première Guerre mondiale. Mais après la Seconde Guerre mondiale, l’administration ouvre les crédits pour une réfection complète du bâtiment, laquelle se traduit par «l’effacement (…) de toute la décoration allemande» (fresques et autres éléments décoratifs). L’auteur (Christophe Didier) souligne avec raison que nous sommes à l’époque du fonctionnalisme, mais aussi que les autorités centrales ne savent pas quel statut donner à cette «seconde BN». Sur place, le sentiment dominant va jusqu’à envisager «de démolir toutes les horreurs architecturales du temps allemand» en Alsace (cf. note 3, p. 33).
Nous sommes enchantés par l’article de Vera Trost sur la Bibliothèque actuelle du Bade-Wurtemberg à Stuttgart et sur sa décoration intérieure (bibliothèque avait elle aussi détruite en 1944…). Ce présent blog insistait sur l'évolution de la catégorie de «médiathèque» dans la langue française: nous passons d’une problématique du rattrapage (à l’époque de la troisième révolution du livre, les bibliothèques ne doivent pas apparaître comme des institutions du passé), à une problématique de la formation, du lien social et de l’espace public. L’article sur Stuttgart ne dit pas autre chose (cf. surtout p. 36), et en tire toutes les conséquences quant à l’inscription de la bibliothèque dans la ville.
Enfin, il y aurait beaucoup à dire sur l’«écriture dans l’espace public» –les tags et autres inscriptions «sauvages», les panneaux officiels, la publicité, sans parler des murs peints, etc. La Médiathèque (sic!) André Malraux de Strasbourg se signale pourtant par la présence en façade de «phrases tronquées [et] pourfendues (…) interpellant le visiteur» (brefs articles d’Agathe Bischoff-Morales et de Thibault Fourrier). Le dossier se referme par un passionnant entretien avec Nicolas Michelin (agence d’architecture et d’urbanisme Nicolas Michelin, chargée de la restructuration du bâtiment principal de la BNU): les commentaires de Nicolas Michelin sur la nécessaire qualité du programme (ce qui n'est pas toujours le cas...) et sur sa non moins nécessaire adéquation à la fonction du bâtiment (ce qui n'est pas non plus toujours le cas...), ne peuvent que nous faire attendre avec quelque impatience l’ouverture de la nouvelle BNU prévue en 2014.

Clichés: 1- La BNU en travaux, septembre 2011. 2- Qualité de la construction de la Bibliothèque Carnegie de Reims (clichés FB).

mardi 13 septembre 2011

Lire la bibliothèque

Nous connaissions Gryphe, la revue des Bibliothèques de Lyon, mais nous regrettons de n’avoir pas signalé plus tôt La Revue de la BNU, alias de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (information).
La Revue a été lancée au printemps 2010, et elle paraît deux fois par an sous forme d’un élégant in-quarto (environ 20 x 28 cm) illustré en couleurs. Chaque livraison (nous attendons la quatrième) comprend des rubriques régulières: «Le dossier» (un dossier thématique), «L’objet» (présentation détaillée d’un «objet» partie du patrimoine de la Bibliothèque, «L’inédit» (publication d’un texte inédit), «Portfolio» (cahier photographique), et des rubriques plus brèves («Actualités», «Acquisitions patrimoniales» et «Varia»). Un contenu éclectique, donc, et surtout d’une grande qualité.
Nous nous réjouissons de cette publication pour deux raisons en particulier.
Passons plus brièvement sur le premier point: nos bibliothèques sont trop isolées, aujourd’hui, des organismes de recherche, notamment universitaires, alors qu’elles constituent de fait de véritables laboratoires (surtout pour les sciences humaines), et qu’elles disposent d’un personnel hautement spécialisé dans des domaines rares et souvent absents de l’université. Elles sont considérées comme des prestataires de services, et les richesses et plus encore les compétences qu’elles renferment restent comme sous le boisseau. Toute initiative pour faire connaître ce capital irremplaçable, pour rapprocher la bibliothèque de son public, et surtout pour faire de l’institution un véritable acteur de la recherche ne peut qu’être saluée et encouragée, surtout s’il s’agit d’une initiative de qualité comme l’est la Revue de la BNU.
Le deuxième point est connu, mais la Revue de la BNU donne l’occasion d'y revenir. Les bibliothèques, au premier chef les bibliothèques de recherche et les bibliothèques patrimoniales, sont à la tête de richesses immenses, mais trop souvent mal mises en valeur, donc mal étudiées.
On pensera évidemment à tout ce qui relève du livre et de l’écrit, mais même à ce niveau la diversité est infinie: seul un petit nombre de spécialistes connaissent, par exemple, le fonds d’égyptologie de la BNU, avec ses ostraca et ses papyrus. Mais ce sont aussi des documents d’archives, des pièces d’archéologie, d’anciens «cabinets de curiosités» (comme à Sainte-Geneviève à Paris) ou encore des objets d’art ayant décoré ou décorant toujours les différentes salles de l'institution.
Le bâtiment de la bibliothèque est lui aussi hautement signifiant, pour les historiens en général et pour les historiens du livre en particulier: son architecture extérieure, bien sûr (signifiante, au pire, …de l’insignifiance et de la médiocrité, ce qui n’est évidemment pas le cas à Strasbourg). Mais aussi son dispositif intérieur: c'est la répartition des collections, ce sont les espaces ouverts ou non au public, spécialisés ou non, c'est la hiérarchie des services, ce sont le mobilier, les éléments décoratifs, etc. Autant d’indicateurs à interroger et à décoder, et qui informent celui qui sait les lire.
Sans oublier la localisation dans la ville, avec les questions de la visibilité et de l’accessibilité: à la BNU, nous voici dans le nouveau quartier «wilhelminien», élevé après 1870 tangentiellement au centre historique et conçu comme une proclamation de la réussite impériale sur les marches de l’Allemagne. Il y a, comme nous l’écrivions ailleurs, une «écologie» du livre et de la bibliothèque dans leur environnement.
Enfin, l’histoire de la bibliothèque est une composante du patrimoine immatériel de l’institution, et des personnalités ou des collectivités (souverain, collectionneur, ville, province, nation) auxquelles elle a appartenu (nous avions évoqué Colmar, Valenciennes, etc.). La bibliothèque est le produit d’une histoire, mais cette histoire constitue en retour l’arrière-plan qui permet de la comprendre, et d'en comprendre les composantes (jusqu'au niveau de l'exemplaire de tel ou tel texte).
La BNU n’échappe pas à la règle, en même temps qu’elle trace comme le miroir de relations franco-allemandes dont on sait la complexité et le caractère longtemps tragique. La richissime bibliothèque de Strasbourg a été détruite une première fois pendant le siège de 1870, puis ses fonds reconstitués à partir d’envois faits par les autres grandes bibliothèques allemandes. C’est donc à Strasbourg que l’on trouvera paradoxalement l’essentiel des fonds de Königsberg (40 000 titres), dont la bibliothèque a été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale –Guerre mondiale au cours de laquelle une partie, heureusement moindre, des fonds strasbourgeois a à nouveau disparu.
L'épisode pousse au passage à interroger le concept de patrimoine: la BNU est aujourd’hui une composante très importante du patrimoine alsacien et strasbourgeois, mais ses collections patrimoniales ont en réalité fait l’objet d’une sorte de substitution massive.
Le statut et la désignation sont pareillement révélateurs: la bibliothèque de Strasbourg portait jusqu’en 1918 le titre de Bibliothèque impériale, universitaire et régionale (Kaiserliche Universitäts-und Landes Bibliothek), elle symbolisait comme le triomphe de l’Allemagne nouvelle et le terme même de Land était dans cette perspective chargé de sens (l’Alsace et la Lorraine du nord comme Reichsland) dont sa traduction française courante («régional») ne saurait donner la mesure. Quant à la désignation et au statut actuels de la BNU, ils sont, comme produits d’une histoire spécifique, un cas aujourd’hui unique dans le paysage des bibliothèques françaises.
Bref, la bibliothèque se donne à lire en tant que bibliothèque formant un tout dans le temps, et La Revue de la BNU nous propose pour ce faire un certain nombre de clés. Alors même que la BNU fait l’objet d’un programme massif de restauration et de restructuration, nous ne pouvons que nous réjouir de la prise de conscience des phénomènes auxquels le présent billet fait trop brièvement allusion. Nous reviendrons, dans notre prochain billet, sur la problématique du «Dossier» du premier numéro de la Revue, «Bibliothèques et identité visuelle», pour dire tout le bien que nous en pensons.

lundi 2 mai 2011

Promenade à Strahov

Alors que la saison d’été approche, et que les regards se tournent vers la carte des hauts lieux touristiques à visiter, nous découvrons par hasard, sur Internet, une étonnante visite virtuelle d'une salle de la bibliothèque de Strahov, aux portes de Prague.
À Strahov, nous sommes dans un ancien faubourg de la ville, sur la rive gauche de la Vltava (la célèbre Moldau), où les moines de l’ordre de Prémontré s’installent en 1142, mais où une bibliothèque ne s’établit de manière durable qu’après la crise hussite. Encore à l’époque de la Guerre de Trente ans, une partie importante des collections est envoyée à Turku, en Finlande… C’est l’abbé Jan Lohelius, plus tard archevêque de Prague, qui fonde réellement la collection moderne.
Une première salle de bibliothèque, dite Salle de Théologie (Theologischer Bibliothekssaal), est élevée par l’architecte Giovanni Domenico Orsi de Orsini de 1671 à 1679, mais les locaux doivent être progressivement agrandis, avant qu’une seconde salle, destinée aux sciences profanes (la Philosophie, donc la Philosophischer Bibliothekssaal), ne soit construite en 1783-1786. Le bâtiment de la bibliothèque forme ainsi un ensemble autonome, organisé autour d'une cour, en arrière du couvent et de l’église. Les deux salles sont conçues sur le nouveau modèle de la bibliothèque des Lumières, combinant stockage (sur les rayonnages) et, au milieu, consultation des volumes: 16000 volumes environ dans la première salle, 50000 dans la seconde. La collection ancienne de Strahov (jusqu’au XIXe siècle inclus) comprend quelque 200000 volumes, dont 3286 manuscrits (l’Évangéliaire de Strahov a été copié à Tours vers 860) et environ 1500 incunables (tout particulièrement les rarissimes éditions produites en Bohême).
Strahov est justement célèbre pour la décoration de la bibliothèque. La salle de la Théologie est un modèle de bibliothèque baroque, alors que la salle de Philosophie est déjà aménagée de manière beaucoup plus sobre, et dans un style faisant penser au néo-classique. Les espaces de stockage y sont bien supérieurs (avec la galerie courant autour de la salle). En 1794, la salle est décorée de fresques par Franz Anton Maulpertsch (1724-1796), fresques qui retracent l’histoire de la pensée humaine dans l’optique moderne du joséphisme –l'histoire, de la Création de l’homme aux Lumières.
La représentation du Nouveau Testament est particulièrement intéressante, avec son autel «Au Dieu inconnu» (Ignoto Deo) faisant référence à un épisode de la vie de l’apôtre Paul lorsqu’il est à Athènes. Sur l’un des grands côtés de la fresque, les deux figures de Diderot et de Voltaire sont précipitées dans l’abîme (cf. cliché).
Le site Internet que nous signalons aujour- d’hui est réellement remarquable par les possibilités qu’il offre. La salle de Philosophie est présentée dans son ensemble, mais le logiciel permet de se déplacer à sa guise dans toutes les directions, et surtout de grossir tous les détails que l’on souhaite avec une qualité sans équivalent (par l’assemblage, nous dit-on, de 3000 clichés pris sur les lieux). Résultat: il est possible de lire individuellement les titres au dos de tous les volumes présent dans la salle (sauf si l’angle de vue ne convient pas). Une fois plus ou moins maîtrisée une manipulation qui peut devenir vertigineuse (les pilotes d’avions de chasse sont peut-être privilégiés à cet égard), on ne peut qu’admirer le résultat. On imagine aussi les possibilités que cette technique pourrait ouvrir à la recherche, par exemple en combinant les clichés des différents volumes avec les fiches catalographiques correspondantes, voire avec d’éventuels fichiers numériques. Et on imagine même la reconstitution possible de grandes bibliothèques disparues…
Bref, à vos claviers! Et signalons pour finir que la bibliothèque de  Strahov fait l'objet d'une notice détaillée dans le Handbuch de Bernhard Fabian.

lundi 28 mars 2011

Le patrimoine des bibliothèques

Au-delà des catégories définies par l’administration (pour laquelle le patrimoine des bibliothèques se limite à leur « patrimoine livresque », lequel sera défini notamment en fonction de son ancienneté), le patrimoine des bibliothèques désignera pour le chercheur une typologie d’objets, de pratiques et de représentations qui ne se limite pas aux seuls livres, voire aux seuls «objets» relevant de l’écrit (pièces d’archives, manuscrits, livres, périodiques, plaquettes, pièces de toutes sortes comme affiches, tracts, estampes, etc.).
D’abord, la bibliothèque ne désigne pas toujours, historiquement, un ensemble de livres. La tradition du Musée d’Alexandrie combine la gloire du prince, qui se présente comme un « prince des muses », et le service rendu dans toutes sortes de domaines aux intellectuels, aux savants, etc., en ce qui concerne l’information et la documentation. Le Musée, qui comprend une bibliothèque, constitue un véritable centre de documentation faisant appel non seulement aux livres, mais aussi aux objets d’art, instruments scientifiques, collections d’histoire naturelle, etc. Dans une perspective encyclopédique, le Musée donne comme un catalogue du monde « naturel » et des créations de l’homme.
Le modèle sera est reproduit au fil des siècles, y compris dans le domaine privé, comme le montre l’exemple de Peiresc. Lorsqu’une partie du cabinet de Peiresc est reprise par les chanoines de Ste-Geneviève de Paris, elle constitue dans cet établissement le noyau du célèbre « Cabinet » de leur bibliothèque. Le chanoine du Molinet, auteur d’une Histoire du cabinet de la bibliothèque de Sainte-Geneviève, en est le premier grand gestionnaire : le Cabinet comprend une section réservée aux antiquités et aux pièces historiques (notamment numismatique), mais aussi une partie d’instruments scientifiques (horloges, lunettes d’approche, etc.) et d’objets relevant plus de l’ethnologie (costumes et armes) et de l’histoire naturelle (échantillons). La Réserve de la Bibliothèque Sainte-Geneviève conserve toujours une partie importante de ce Cabinet, mais on pourrait aussi penser au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France...
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La plupart des bibliothèques anciennes possèdent jusqu’à aujourd’hui des objets ou des ensembles plus ou moins précieux qui ne relèvent en rien du domaine du livre : on en aura une idée en consultant la série (publiée à partir de 1925) des Trésors des bibliothèques de France. Cette collection n’est pas remplacée par celle du Patrimoine des bibliothèques de France : un guide des régions (Paris, Payot, 1995, 10 vol., 1 vol.) d’index. Beaucoup de monographies existent par ailleurs, comme : Fernard Lebert, La Bibliothèque de la ville de Meaux et les bibliothécaires (Meaux, Sté litt. et hist. de la Brie, 1903).
Ce modèle du Musée perdure longtemps, y compris sur le plan administratif : le British Museum est fondé à Londres par le médecin sir Hans Sloane en 1753, et ouvert au public six ans plus tard. La British Library lui est intégrée jusqu’en 1973 (P. R. Harris, A History of the British Museum Library, 1753-1973, London, The British Library, 1998). L’exemple anglais essaime sur le continent, notamment avec les « Musées » d’Europe centrale, à Prague et à Budapest, dont les Bibliothèques nationales ne s’émanciperont que peu à peu.
Pourtant, un certain rééquilibrage est sensible, surtout à compter de la seconde moitié du XVIIIe siècle : il est possible qu’il reflète la montée en puissance d’une production imprimée de plus en plus riche et de plus en plus stratégique sur le plan de la marche des idées. Rappelons la polémique qui se développe entre Debure et Mercier (de Saint-Léger) à l’occasion de la sortie de la Bibliothèque instructive publiée par le premier, et l’opposition désormais plus sensible, entre le « cabinet rare » et la « bibliothèque choisie ». Dans les bibliothèques modernes, dont un grand nombre est reconstruit ou réaménagé au XVIIIe siècle, les objets d’art apparaissent non plus comme fondamentaux, mais plutôt comme relevant d’une certain esthétique de la distinction : ce sont les peintures et les fresques (par ex. à Valenciennes), ou encore les bustes décorant le haut des travées de livres. Dans la salle de lecture de la Bibliothèque Mazarine, il s’agit d’un ensemble de bustes antiques ayant notamment appartenu à la collection même du cardinal.

Le décor de la bibliothèque nous a introduits à la tradition même de celle-ci : l’architecture du bâtiment peut en faire partie. Les exemples de bibliothèques anciennes antérieures à la Révolution sont rares en France (Valenciennes, Dijon, Reims, Troyes, etc.). À Versailles, la Bibliothèque est installée dans l’ancien hôtel des Affaires étrangères, élevé suc ordre du duc de Choiseul-Stainville et que ses conditions de sécurité ont fait un modèle en son temps : le bâtiment est « construit à l’épreuve du feu, l’emploi du bois y est proscrit. Les sols sont recouverts de tommettes et les plafonds voûtés sont constitués de briques liées par du plâtre ».
Un exemple très remarquable est donné par la ville de Besançon, qui décide en 1803 de construire un bâtiment spécifiquement destiné à abriter sa bibliothèque, lequel sera en définitive terminé en 1817. La Bibliothèque d’Amiens est à peu de choses près contemporaine. Mais les constructions les plus célèbres sont naturellement celles de Labrouste à Sainte-Geneviève et à la Bibliothèque de la rue de Richelieu (d’où les problèmes posés par leur reconversion éventuelle), mais on pourrait aussi songer à la nouvelle Bibliothèque universitaire de Strasbourg construite par les autorités allemandes après 1870. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la reconstruction de la bibliothèque Carnegie, à Reims, marque aussi une date dans l’introduction en France des nouveaux concepts bibliothéconomiques. Enfin, si la plupart des instituions construisant aujourd’hui des bibliothèques nouvelles ne manifestent en général guère de soucis d’esthétique architecturale, les exemples inverses se rencontrent pourtant, qu’il s’agisse de la BnF (site Tolbiac) ou de constructions plus récentes : la nouvelle Médiathèque du Piémont oloronais a reçu la distinction de l’Équerre d’argent en 2011.
Mais d’autres éléments sont souvent négligés, alors qu’ils se révèlent particulièrement riches sur le plan de l’histoire du travail intellectuel et des pratiques de lecture, comme sur ceux de l’archéologie administrative et de l’évolution des représentations intellectuelles. Pensons au mobilier professionnel (fichiers, échelles, fournitures diverses, etc.), aux archives de l’établissement (dont les registres de prêts) ou encore aux documents iconographiques relatifs à l’histoire du bâtiment, de l’institution et de ceux qui s’y sont rencontrés (par ex., la galerie des portraits des directeurs). Trop de bibliothèques négligent leurs propres fonds archivistiques, voire souvent une grande partie de ces objets qui paraissent à la fois quelconques et reflétant souvent une image que l’on ne souhaite pas conserver. Des exemples contraires sont pourtant donnés, entre autres par la Bibliothèque nationale Széchényi à Budapest.
C’est peu de dire, en définitive, que l’histoire des bibliothèques et de leur patrimoine reste, malgré des publications scientifiques de grande valeur, un champ ouvert pour les investigations historiennes.

Clichés:  1) Hall de la Bibliothèque de Reims; 2) Dans les magasins de la Bibliothèque du château de Chantilly.