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mercredi 1 novembre 2017

Nouvelle publication

Histoire et civilisation du livre. Revue internationale
Genève, Librairie Droz
XIII (2017), 429 p., ill.
ISBN 978 2 600 05839 1


Sommaire
Contrefaçons dans le livre et l’estampe, XVe-XXIe siècle, dossier édité par Yann Sordet
La contrefaçon éditoriale: qualification juridique et raison économique, par Yann Sordet
La contrefaçon dans les anciens Pays-Bas (XVe-XVIIe siècle), par Renaud Adam
Un geste éditorial: la publication de contrefaçons. L’exemple des recueils du poète Claude de Trellon sous la Ligue et sous Henri IV, par Audrey Duru
La contrefaçon du théâtre français au XVIIe siècle, par Alain Riffaud
Le graveur Louis Simonneau et ses plagiaires: Gantrel, Cars, Malbouré et Limousin, par Véronique Meyer, avec la participation d’Anne Nadeau
Les contrefaçons du Dictionnaire de l’Académie française au XVIIIe siècle: Nîmes et Avignon, par Isabelle Turcan
Un Lyonnais pris en flagrant délit d’impression du Contrat social, par Dominique Varry
L’origine lyonnaise de la fausse édition Bassompierre du Bélisaire de Marmontel, par Daniel Droixhe
L’estampillage des contrefaçons en 1777 et l’édition juridique, d’après les archives des chambres syndicales d’Orléans, de Dijon et de Nancy, par Sébastien Évrard
Des beaux ornements aux belles bibliothèques. À propos de l’édition clandestine des Œuvres de Brantôme par Jean-Edme Dufour (Maastricht, 1779), par Muriel Collart
Une réponse aux contrefaçons: le privilège partagé. Le cas d’Antoine Dezallier à Paris et [de] Thomas Amaulry à Lyon, par Henriette Pommier
Charles-Antoine Jombert (1712-1784), ou la parade à la contrefaçon, par Greta Kaucher
La contrefaçon «légale» dans le livre et l’estampe aux États-Unis (1831-1891), par Alexandre Page
Quand les Digital Rights Managment sèment la discorde, par Hélène Seiller-Juilleret
Une contrefaçon exceptionnelle: quelques mois à peine après la parution de l'original bâlois, Georg Stuchs donne à Nuremberg, sous la fausse adresse de Bâle, la première contrefaçon du Narrenschiff en latin (Stultifera navis). GW 5055, exemplaire de la Bibliothèque nationale Széchényi, Budapest
Études d’histoire du livre
Michel d’Amboise et l’illustration des Epistres veneriennes, par François Rouget
Dans la tourmente révolutionnaire: les bibliothèques de Strasbourg et leurs catalogues, par Marie-Claire Boscq
Devenir illustrateur ornemaniste à l’âge romantique: l’exemple d’Hercule Catenacci (1814-1884), par Yoann Brault
La Bibliothèque francophone d’Hochelaga (1925-1945), par Marie-Hélène Grivel
Les risques du métier: être conservateur de bibliothèque dans une ville annexée par l’Allemagne national-socialiste, par Catherine Maurer

Livres, travaux et rencontres
Palacio Real de Madrid, Catalogo de la Real Biblioteca, tomo XII: impresos del siglo XVI (Christian Péligry)
Catherine II de Russie, Friedrich Melchior Grimm, Une correspondance privée, artistique et politique au siècle des Lumières (Sabine Juratic)
Antonio Castillo Gómez, Leer y oi leer. Essayos sobre la lectura en los Siglos de Oro (Alain Hugon)
Greta Kaucher, Les Jombert. Une famille de libraires parisiens dans l’Europe des Lumières (1680-1824) (Catherine Volpilhac-Auger)
Les Labyrinthes de l’esprit: collections et bibliothèques à la Renaissance (Florine Lévecque-Stankiewicz)
Marie Lezowski, L’Abrégé du monde. Une histoire de la bibliothèque Ambrosienne (vers 1590- vers 1660) (Emmanuelle Chapron)
David Sporer, Uvod u provijest knjige. Temelji pristupa [Introduction à l’histoire du livre. Fondements d’une approche] (Daniel Baric)
Natale Vacalebre, Come le armadure e l’armi. Per una storia delle antiche biblioteche della Compagnia di Gesù. Con il caso di Perugia (Jérémy Chaponneau)
Tendances actuelles de la recherche en histoire du livre en Europe centrale: un panorama des publications des quinze dernières années, par István Monok

dimanche 24 septembre 2017

L'Institut d'histoire du livre de Lyon

Newsletter de l’Institut d'Histoire du Livre
Automne 2017

1) Mise en ligne de la seconde édition de Paper and Watermarks as Bibliographical Evidence
La seconde édition entièrement révisée et enrichie de Paper and Watermarks as Bibliographical Evidence de Neil Harris est désormais disponible sur le site web de l’Institut d’Histoire du Livre. Ce document constitue un guide bibliographique des textes et des images traitant de l’histoire et de la fabrication du papier principalement artisanal. Il a été initialement rédigé pour le livret pédagogique du cours éponyme dispensé dans le cadre de l’École de l’IHL en 2009, puis en 2010, avant d’être publié en ligne sur le site de l’IHL, sous forme d’une première édition.
Disponible en libre accès sur le site et en version téléchargeable (fichier PDF).
http://ihl.enssib.fr/en/paper-and-watermarks-as-bibliographical-evidence

2) Deux publications de la collection « Métamorphoses du Livre » en libre accès sur OpenEdition books.
 Pour fêter les 30 ans de l'ENS de Lyon, ENS ÉDITIONS vous propose 30 livres numériques, dont deux issus de la collection « Métamorphoses du livre », à retrouver sur OpenEdition books.
Découvrez en libre accès (HTML):
Éditer Rousseau. Enjeux d'un corpus (1750-2012), de Philip Stewart, et
L’Écho de la fabrique: naissance de la presse ouvrière à Lyon, 1831-1834, de Ludovic Frobert.
http://www.ens-lyon.fr/agenda-30-ans/agenda-30-ans-345522.kjsp?RH=ENS-LYON-FR


Plus d’infos sur la collection de l’IHL :
http://catalogue-editions.ens-lyon.fr/collections/?collection_id=607
Nous vous souhaitons une très bonne lecture! 

Contact: Sheza Moledina
ihl@enssib.fr
et (00 33) (0)4 78 62 18 15

vendredi 9 juin 2017

Conférence d'histoire du livre


École pratique des hautes études, IVe section
 
Conférence d'histoire et civilisation
du livre 

Lundi 12 juin 2017
16h-18h
Les origines de la Réforme en France:
transferts culturels et histoire du livre
(1517-1523)
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études 

NB: ATTENTION! voir ci-dessous la NOUVELLE ADRESSE DE LA CONFÉRENCE!

La conférence, la dernière de l'année universitaire, sera suivie du pot de fin d'année.
La conférence sera également l'occasion de présenter le programme  de la séance foraine de l'année universitaire 2016-2017, séance qui devrait se tenir à Strasbourg le mercredi 21 juin prochain (voir le programme ici).
 
Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a désormais lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (54 boulevard Raspail, 75006 Paris, salle 26, 1er sous-sol).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).



lundi 19 septembre 2016

De Bâle à Lyon, à Paris et à Burgos: les transferts culturels à l'œuvre

Nous restons encore, pour ce présent billet, en Espagne, et dans l’environnement de la devotio moderna, de la morale, et de la rénovation de la foi caractéristique des années 1500.
Le thème du Narrenschiff (La Nef des fous) constitue en effet un véritable cas d’école pour illustrer la problématique des transferts culturels à l’époque de la révolution gutenbergienne. On se souvient que la première édition du texte de Brant est donnée à Bâle par Johann Bergmann en 1494. L’étude des éditions et adaptations successives permet de reconstruire une partie des réseaux d’affaires et d’influences par lesquels circulent la marchandise –le livre– et son contenu –les textes proposés et leurs illustrations.
Outre les éditions du texte de Brant lui-même, un autre personnage intervient dans ce complexe, en l’espèce de Josse Bade. Né très probablement à Gand en 1462, celui-ci fait ses premières études chez les Frères de la Vie commune établis dans cette ville, avant de venir à Louvain, puis à Ferrare et à Mantoue: c’est là notamment qu’il s’initie au grec. Sur la route du retour, remontant la vallée du Rhône, il exerce d’abord comme enseignant à Valence, puis à Lyon (1492). Il entre bientôt comme éditeur scientifique et «directeur littéraire» chez le grand imprimeur libraire Johann Trechsel, dont Claudin pense qu’il était lui-même originaire de Bâle (t. IV, p. 51 et suiv., notamment p. 65). Il épousera sa fille, Thalie.
Mais, un an après la mort de son beau-père (mai 1498), nous retrouvons Bade à Paris (été 1499), travaillant d’abord pour le plus important libraire-éditeur de la rue Saint-Jacques, Jean Petit. Quatre ans plus tard, il est installé de manière indépendante. Ne poursuivons pas sur la carrière de Bade, lequel mourra en 1535, après avoir publié plusieurs centaines de titres, mais arrêtons-nous sur son travail comme adaptateur et continuateur de Brant, à travers son petit traité des Naves stultiferae.
C’est à Lyon, où lui-même vient d’arriver, qu’il a découvert le texte de Brant, auquel il s’adresse en vers – on rappellera que les échanges sont particulièrement denses entre Lyon, Genève et Bâle:
Ecce Ararim praeceps Rhodani qua concipit unda 
Là où le flot précipité du Rhône rejoint la Saône
Nota est ingenii splendida vena tui.
Le talent splendide de ton esprit est connu.
Mais c’est à Paris que se fera le premier transfert: de passage dans la ville dès 1497, Bade entre en contact avec les frères de Marnef, alors même que ceux-ci travaillent à leurs éditions de Brant en français et en latin. Josse Bade
dut en voir les épreuves [de la traduction française] et discuter avec eux de la portée philosophique de l’œuvre; l’idée vient d’y ajouter un petit supplément à l’usage des femmes; [Bade] se chargea du travail, et promit de se mettre à l’ouvrage dès son retour à Lyon. Le 10 septembre 1498, il leur en adressait le manuscrit, rappelant dans sa préface que l’idée venait d’Angilbert de Marnef (Renouard, I, p. 13. Voir aussi p. 158 et suiv., et II, p. 73 et suiv.).
Marque typographique de Fadrique de Basilea à Burgos: le modèle est
évidemment celui de Johann Bergmann à Bâle (d'ap. Vindel, 1951, n° 70).
Les Naves stultiferae sont traduites en français (pour être plus facilement accessibles à un lectorat féminin…) par Jean Drouyn et publiées à Paris peu après, le texte latin ne sortant, quant à lui, qu’au tout début de 1500 (v. st.).
Il est très remarquable que la première reprise de cette édition latine soit donnée dans une tout autre géographie, à savoir celle de l’Espagne du Nord –alors que Brant ne sortira quant à lui jamais dans la péninsule. C’est en effet un imprimeur libraire d’origine suisse, Fadrique Biel, qui publie les Stultiferae naves à Burgos, probablement au tout début du XVIe siècle :
Jodocus Badius Ascensius, Stultiferae naves, [Burgos], Fadrique de Basilea (Friedrich Biel), [post 18 févr. 1500], 4°. a-b (8)-c(4). Goff B5; C 795; Haebler 39; BMC X 64; GW III, col. 264a; Renouard, II, p. 80, n° 3.
Et nous voici à nouveau devant les connexions bâloises. De fait, Fadrique Biel est identifié avec Friedrich Biel, imprimeur à Bâle dans les années 1472, notamment en association avec Michael Wenssler, avant de passer en Espagne. Plus tard, Wenssler lui aussi quittera Bâle pour exercer successivement à Cluny et à Mâcon (1493), puis à Lyon, sous le nom de Michael de Basilea (1494). La connexion bâloise apparaît renforcée par le fait que l’imprimeur de Burgos conclut son petit opuscule en insérant une marque typographique calquée sur le modèle bâlois de Johann Bergmann, le premier éditeur du Narrenschiff de Brant: autour du lion portant l’écu (avec un chiffre «4»), le phylactère indique la devise et la date «Nihil sine causa 1499» au dessus du nom «F[redericus]. A[lemanus]. de Basilea». Biel, prototypographe de Burgos, est alors une personnalité connue: son premier titre conservé date de 1485, mais il travaille dans cette ville sans doute depuis quelques années déjà, à la demande du chapitre cathédral –son atelier est d’ailleurs tout proche de la cathédrale. Jusqu’à son décès dans les années 1519, il s’imposera comme le principal imprimeur de la ville. L’atelier passe alors à son gendre, Alonso de Melgar († 1526), puis à Juan de Junta (Giunta). Cette dernière famille, on le sait, illustre le renouvellement de la connexion lyonnaise: le Florentin Jacques Giunta qui s’installe à Lyon dans les années 1520, avant que les affaires familiales ne tissent un vaste réseau entre l’Italie du nord (Venise), Lyon et l’Espagne.
La carte comparative des réseaux des imprimeurs-libraires lyonnais et parisiens au XVe siècle est très éclairante. Pour autant, la méthode employée se fonde sur les déplacements des imprimeurs eux-mêmes. Si, pour Lyon, la route de Bâle est  plus importante que celle d'Italie, le rôle de la ville comme tête de réseau en direction de la péninsule ibérique n'apparaît pourtant pas ici: il faudrait pouvoir creuser les logiques de réseaux, et prendre en considération les données relatives au cursus de chacun, à sa famille, à ses associés, etc., de manière à éclairer davantage des systèmes qui sont par nature multipolaires (Philippe Niéto, «Géographie européenne des incunables lyonnais: deux approches cartographiques», dans Histoire et civilisation du livre, II (2006), ici p. 44).
Très peu d’exemplaires sont conservés de l’édition espagnole des Stultiferae naves: l’ISTC ne donne, en Europe, que les localisations de Londres (BL), de l’Escurial, de la Bibliothèque nationale d’Espagne et de l’ancienne bibliothèque de l’université Complutense (deux autres exemplaires sont aussi signalés à New York). C’est l’exemplaire de la Complutense que nous avons pu examiner, grâce à l’obligeance de nos collègues madrilènes: le petit opuscule figure dans un recueil, sous une reliure de parchemin du XVIe siècle, et avec un ex libris manuscrit du Colegio Mayor d’Alcalá. Il est malheureusement incomplet du dernier cahier (exemplaire numérisé).
Voici donc un livre rarissime, qui vient illustrer un système de transferts triangulaires articulant Bâle (et le modèle du Narrenschiff allemand), Lyon et Paris (avec la reprise par les Français), pour finir à Burgos. Dans le même temps, notre dossier nous fait revenir sur le paradigme de l’innovation en matière d’édition: celle-ci est élaborée, certes, dans les grands ateliers –on pense tout particulièrement à Koberger–, mais elle est aussi portée par les petits, ces typographes itinérants, souvent d’origine allemande, qui sont partis chercher fortune au loin et dont certains finissent dans la misère (un Johann Neumeister) tandis que d’autres, comme Friedrich Biel, réussissent en définitive à s’imposer.

Bibliogr. : Josefina Cantó Bellod, Aurora Huarte Salves, Catálogo de incunables de la Biblioteca de la Universidad Complutense, Madrid, Editorial Complutense, 1998.
Philippe Renouard, Bibliographie des impressions et des œuvres de Josse Badius Ascensius, imprimeur et humaniste, 1462-1535, Paris, É. Paul et fils et Guillemin, 1908, 3 vol.

vendredi 21 juin 2013

Histoire du livre à Lyon

Michèle Clément et Raphaële Mouren ont le plaisir de vous inviter à la journée
Biblyon 2013,
qui aura lieu le vendredi 28 juin prochain à l'enssib. Au programme, présentation de recherches en cours et de découvertes récentes de chercheurs et d'étudiants avancés, sous format court (15 minutes) ou long (30 minutes).

Groupe de recherche sur la Renaissance et l'Âge classique
(UMR 5037- Centre Gabriel Naudé (EA 7286) 

Livre et création littéraire à Lyon au XVIe siècle

vendredi 28 juin 2013
9 h. Présentation : Michèle Clément (U. Lyon 2) et Raphaële Mouren (enssib)
Guillaume Berthon (Université Toulon Sud-Var)
Sur quelques découvertes bibliographiques récentes (1530-1540)
William Kemp (Université McGill)
Sur quelques placards lyonnais (avec exposition de reproductions à l'échelle de certains placards)
Alessandro Ledda (Università Cattolica del Sacro Cuore, Milan)
Cagliari, Lyon, or somewhere else ? Attributive questions about the 1560 edition of the Carta de Logu. With a note on book trade between Sardinia and Lyon in the XVIth Century
Isabelle de Conihout (Bibliothèque Mazarine) Le Bassantin de Catherine de Médicis, une reliure de Jean de Tournes?
pause
Hélène Lannier (Université Lyon 2)
Benoît Le Court, un juriste humaniste à Lyon dans les années 1530-1550
Olivier Pédeflous (Université Paris-Sorbonne, Fondation Thiers)
Entre Lyon et Paris. La poésie de circonstance néo-latine au miroir d’un recueil de Benoît Le Court
Simonetta Adorni Braccesi (Lucques)
Entre hérésie et hermétisme : trois éditions de Jean de Tournes (1544-1546) et leurs sources italiennes

14 h 30
Elsa Kammerer (Université Lille 3)
Une publication féminine méconnue à Lyon: les Epistres amoureuses, Claude Nourry, ca. 1529-1534
Claude La Charité (Université de Québec à Rimouski)
Rabelais éditeur des Lettres médicales de Giovanni Manardo
pause
Jean Duchamp et Marion Deleuze (Université Lyon 2)
Les missels édités par Jacques Sacon. Recherches sur les premières musiques imprimées à Lyon
Maud Lejeune (BM de Lyon, U. Lyon 2)
Quelques remarques autour des dessins préparatoires aux illustrations des Bibles imprimées chez Jean de Tournes, attribués au maître-peintre Bernard Salomon
Richard Cooper (Brasenose College, Oxford University)
Présentation du projet «Le livre illustré à Lyon au XVIe siècle»
Monique Hulvey (BM de Lyon)
Présentation du développement de la bibliothèque numérique de la Ville, Numelyo
Conclusions

La journée a lieu à l'enssib
17-21 bd du 11 novembre 1918
69100 Villeurbanne

dimanche 6 janvier 2013

Nouvelle publication sur les imprimeurs lyonnais

La tradition française est celle d’associer étroitement, dans l’enseignement, l’histoire et la géographie, et nous pensons que c’est là une tradition heureuse. Heureuse, du moins, à supposer que les deux domaines aient pu conserver un certain contenu, et échapper (mais par quel miracle auraient-ils pu y échapper?) aux vagues successives de réformes et de remises à niveau, ou de modernisation, des programmes. Il est en effet très difficile, voire impossible, de s’opposer à la marée bureaucratique et aux effets de mode, comme en témoigne éloquemment une lettre de Georges Pompidou, alors pourtant président de la République, à son ami Robert Pujol, en 1971 (déjà!):
Ce que tu me dis de l’enseignement du français ne m’étonne pas. (…) J’ai essayé d’obtenir [du ministre] qu’on soit raisonnable, et il m’a promis que sa circulaire (prochaine) le serait. C’est bien beau d’être moderne, mais encore faut-il apprendre les bases… (cf. réf. infra).
Les meilleures intentions du monde ne font apparemment pas les meilleurs programmes...
Mais là n’est pas notre propos d'aujourd'hui (même si nous aurions beaucoup à dire). Si la combinaison de l’histoire et de la géographie nous semble effectivement heureuse, c’est parce que la chronologie –le déroulement du temps– se donne aussi à lire dans la géographie, à quelque échelle que ce soit, de la nation à la province, au canton, à la ville, au quartier, au bourg (avec son château!), etc. L’un de ses grands plaisirs reste pour l’historien, qui est en même temps un amateur (au sens étymologique du terme: qui aime), celui d’aller à la découverte d’un espace dans lequel il apprend à reconnaître les traces du passé, toujours apparentes dans un présent auxquelles elles sembleraient parfois pourtant bien étrangères.
Le petit guide Sur les pas des imprimeurs lyonnais, récemment publié par Sheza Moledina, docteur de l’EPHE, dans les collections du Musée de l’imprimerie de Lyon, ne nous propose pas autre chose qu’une promenade sans prétention, mais réellement savante, dans la capitale des Gaules, à la recherche des imprimeurs et des libraires de ces six derniers siècles.
L’ouvrage s’ouvre par un plan de la presqu’île, qui a regroupé l’essentiel des activités du livre lyonnais depuis le XVe siècle. Puis il développe un plan chronologique organisé en chapitres très courts : «Lyon à la Renaissance», «Le quartier des imprimeurs», «Barthélemy Buyer et les débuts de l’imprimerie à Lyon», «Constitution d’un corps de métier», «Les premiers ateliers d’imprimerie à Lyon» présentent en deux douzaines de pages environ les débuts lyonnais de la nouvelle activité. L’auteur nous conduit ensuite de l’humanisme lyonnais aux premières (et célèbres) grèves des années 1539-1541, à la topographie urbaine, aux grandes figures de Rabelais, de Gryphe et de Dolet, à la crise religieuse, à l’activité des jésuites, aux contrefacteurs lyonnais de l’âge des Lumières, etc. Le livre se termine sur l’invention de la lumitype («La lumitype: une invention lyonnaise», p. 89-93), avant de se refermer sur une brève mais précieuse bibliographie.
Voici donc un volume dont nous ne pouvons qu’espérer qu’il inspire d’autres publications analogues. L’illustration est non seulement élégante, mais souvent très pertinente (la marque du graveur et éditeur d’estampes Jacques Fornazéris, toujours visible sur le linteau d’une porte de la rue Mercière, p. 15!). Si l’ampleur réduite du volume (moins de cent pages) interdit évidemment d’aborder tous les sujets, on n’en apprécie pas moins la réussite de l’entreprise. Le petit format invite à la promenade (c'est vraiment «un livre de poche»), le prix reste tout à fait raisonnable, et la réalisation matérielle est de très bonne facture. Enfin, rien n’interdit de prolonger l’excursion en visitant, bien sûr… le Musée de l’imprimerie de Lyon.

Georges Pompidou, Lettres, notes et portraits, 1928-1974, Paris, Robert Laffont, 2012, p. 445.
Sheza Moledina, Sur les pas des imprimeurs lyonnais, collab. Christiane Partensky, Pierre Janin, Nicole Dejean, Marie-Odile de Curraize, Guy Parguez, Régis Neyret, Lyon, Éd. LivresEMCC, 2012, 96 p., ill. ISBN 978-2-35740-251-5.

samedi 23 juin 2012

Journée d'étude d'histoire du livre

Biblyon
Livre et création littéraire à Lyon au seizième siècle
Présentation de travaux récents

Journée d'étude proposée
par le Groupe Renaissance et Âge classique
(université Lyon 2, UMR 5037)
et par le Centre Gabriel Naudé (enssib) 

29 juin 2012
Institut des sciences de l'homme, salle Élise Rivet,
14 avenue Berthelot, 69007 Lyon

9h30
Michèle Clément, Raphaële Mouren
                Accueil
Livia Castelli, università La Sapienza, Roma
    Les Giunta de Lyon
Hélène Lannier, université Lyon 2 / enssib
        La publication des Libri de re rustica par Sébastien Gryphe
Léa Constantin, université Lyon 2 / enssib
        L'édition religieuse lyonnaise au début des années 1560
Dominique Coq, ministère de la Culture            Incunables lyonnais inconnus récemment découverts à la bibliothèque de l'École nationale supérieure des beaux-arts
Michel Jourde, École normale supérieure de Lyon / Cerphi
     Présentation du projet UOH «Lyon, une capitale du livre à la Renaissance»

14h
Raphaëlle Bats, enssib / Centre Gabriel Naudé     
Problèmes méthodologiques et techniques pour le traitement des préfaces de Sébastien Gryphe
Pascale Mounier, université Lyon 2 / Grac
     Actualité de la base Éditions lyonnaises de romans (ELR)
Sylvie Deswarte-Rosa, directeur de recherche CNRS / Grac
     À propos d'Il Petrarca de Jean de Tournes en 1547. La Trinité trifrons en France dans le sillage de Savonarole
David Clot, université Lyon 2     
L'emblème et son cadre. À propos d'une découverte récente sur la Délie de Maurice Scève
Conclusions

(Communiqué par Raphaële Mouren, maître de conférences, Université de Lyon-enssib
http://raphaele-mouren.enssib.frhttp://raphaele-mouren.enssib.fr
Présidente, IFLA Rare Books and Manuscripts Section
École de l'Institut d'histoire du livre

dimanche 12 juin 2011

Histoire du livre à Lyon au XVIe siècle


Biblyon
Livre et littérature à Lyon au XVIe siècle
Présentations de travaux récents

Journée d'études proposée par
le Groupe Renaissance et Âge classique (U. Lyon 2, UMR 5037)
et le Centre Gabriel Naudé (enssib)

24 juin 2011

9h30
Michèle Clément, Raphaële Mouren, Michel Jourde
Accueil, présentation du programme Biblyon

Jérôme Sirdey (Bibliothèque nationale de France)
Deux éditeurs lyonnais aux avant-postes du combat religieux: Michel Jouve et Jean Saugrain
Marion Chalvin (Master 2 cultures de l'écrit et de l'image, Université Lyon 2-enssib)
Un imprimeur-libraire, Jacques Sacon
Jean Duchamp (Université Lyon 2)
Une édition perdue récemment retrouvée: le premier livre des Psaumes publié par Du Bosc et Guéroult

Pause

Pascale Mounier (Université Lyon 2/ Grac)
Philandre, un nouveau roman de chevalerie lyonnais
Michel Jourde (École normale supérieure de Lyon/Cerphi)
Jean de Tournes messager de ses livres
Ilario Mosca (Scuola normale superiore, Pise/École pratique des hautes études, Paris)
Les marchands florentins à Lyon et le livre

Pause déjeuner

14h
Olivier Wagner (conservateur stagiaire, enssib)
Le livre juridique à Lyon au XVIe siècle
Michèle Clément (Université de Lyon 2/ Grac)
Juristes écrivains à Lyon
Raphaële Mouren (enssib/ Centre Guillaume Budé/ Centre Gabriel Naudé)
André Alciat et les imprimeurs lyonnais

Pause

Monique Hulvey (Bibliothèque municipale, Lyon/Centre Gabriel Naudé)
De Rome à Lyon, la bibliothèque de Sante Pagnini (1470-1536) revisitée
Isabelle de Conihout (Bibliothèque Mazarine, Paris)
Le Bassantin de Catherine de Médicis: une reliure de Jean de Tournes ?
Charlène Beziat (Master 2 Cultures de l'écrit et de l'image, Université Lyon 2-enssib)
Les papiers de Henri Baudrier à la Bibliothèque municipale de Lyon: nouvelles découvertes

Conclusion
Michèle Clément, Michel Jourde, Pascale Mounier, Raphaële Mouren
Biblyon, projets à venir

La journée a lieu à l'Université de Lyon 2, salle du Conseil de la Faculté des lettres
18 quai Claude Bernard (premier étage, au-dessus du secrétariat des Lettres)
Entrée libre
(Information communiquée par Raphaële Mouren)

lundi 14 mars 2011

Conférence d'histoire du livre

Séminaire "Auteur, traducteur, collaborateur, imprimeur... 
Qui écrit?
 
La prochaine séance du séminaire
"Auteur, traducteur, collaborateur, imprimeur... Qui écrit ?"
aura lieu le mercredi 16 mars 2011
à 17h00

Mettre en vers français une poétesse latine:
Proba Falconia à Lyon en 1557
 par
Michèle Clément
(Université de Lyon II)


Organisation du séminaire:
Martine Furno, Raphaële Mouren

Entrée libre sans inscription
Les séances ont lieu de 17h à 19h à l'enssib, salle N.1.29
17-21 bd du 11 novembre 1918 - 69623 Villeurbanne cedex - 04 72 44 43 43
Tramway T1 "Université Lyon 1" - Bus 59, 59E, 70 "Stalingrad Parc"

Communiqué par Raphaële Mouren
maître de conférences à l'Enssib,
Présidente, IFLA Rare Books and Manuscripts Section

jeudi 15 avril 2010

Sébastien Gryphe

Quid novi ? Sébastien Gryphe, à l’occasion du 450e anniversaire de sa mort. Actes du colloque, 23 au 25 novembre 2006, Lyon-Villeurbanne, Bibliothèque municipale de Lyon, enssib,
sous la direction de Raphaële Mouren,
préface de Patrice Béghain,
Villeurbanne, Presses de l’Enssib, 2008,
535 p., ill., index nominum.

Cet ouvrage n'est pas tout à fait nouveau, mais il est utile de revenir sur sa publication. Nous évoquions en effet il y a peu la problématique de la commémoration et celle de l’émigration: nous les retrouvons toutes deux dans le cas de Sébastien Gryphe, originaire du Wurtemberg (il est né à Reutlingen en 1493), ayant un temps travaillé à Venise avant de venir à Lyon vers 1523 et de s’y établir durablement. Gryphe décède en 1556, de sorte que les historiens du livre pouvaient légitimement commémorer en 2006 l’anniversaire de la disparition du plus grand libraire imprimeur lyonnais du XVIe siècle, et revenir encore une fois sur cet «âge d’or» du livre imprimé lyonnais qui se refermera avec le déclenchement des Guerres de religion.
Sous la houlette de Raphaële Mouren, inspiratrice et organisatrice de la manifestation, dix-sept communications en français et en italien traitent de la plupart des facettes de l’activité de Gryphe. Parmi ces différents textes, les bibliographes apprécieront l’étude de Martine Furno sur le «Catalogue Gryphe» que Conrad Gesner a inséré dans ses Pandectes; Lyse Schwarzfuchs (qui vient de publier une bibliographie des éditions lyonnaises du XVIe siècle tout ou partie en hébreu) traite de l’hébreu chez Gryphe; les rapports de Gryphe avec Dolet et avec Rabelais sont envisagés respectivement par Jean-François Vallée et par Mireille Huchon. Une mention particulière sera faite du travail d’un groupe d’élèves conservateurs de l’Enssib qui ont systématiquement étudié deux années de la production de Gryphe (1538 et 1550): outre l’intérêt scientifique de leur apport, il est essentiel d’associer le plus possible les futurs conservateurs aux travaux de recherche relevant de leur domaine privilégié – le livre imprimé.
Deux communications s’attachaient en outre au statut des éditions de Gryphe auprès des collectionneurs bibliophiles des XVIIIe et XIXe siècles: Sophie Renaudin étudie le cas d’Antonio Magnani à Bologne, tandis qu’Yves Jocteur-Montrozier témoigne du long désintérêt des amateurs lyonnais pour celui qualifié pourtant de «prince des libraires» à l’époque de la Renaissance.
Au total, ce recueil constitue une somme précieuse, qui prendra place dans les titres fondamentaux consacrés à l’histoire du livre et à l’histoire de Lyon à l’époque de la Renaissance.
Deux remarques plus problématiques, pour finir.
Il existe, à Lyon, une rue Sébastien Gryphe, rue sans beaucoup d’âme du quartier de La Guillotière et dont Yves Jocteur-Montrozier nous apprend au passage (p. 438) qu’elle n’a été «baptisée» que tardivement, en 1879. Il y a seulement quelques années, une conversation de hasard avec des habitants de cette rue même nous a montré qu’ils ne savaient absolument rien du personnage auquel ils devaient leur adresse...
Quant au rôle de Lyon comme l’une des capitales internationales de la «librairie», il a pratiquement disparu dans la seconde moitié du XVIe siècle pour ne jamais réellement revenir. L’édition est aujourd’hui en France l’une des plus concentrées du monde, sur le plan économique (avec la constitution progressive des grands conglomérats éditoriaux), mais aussi géographique (avec la réunion dans la capitale de la plupart des maisons «qui comptent»).
Il resterait à Lyon à dépasser dans le domaine des activités de l’imprimé, voire des médias, le stade de l’incantation rétrospective, même savante, pour reconquérir une place pour laquelle sa taille et sa situation géographique la qualifient autant sinon plus que ses voisines d’Italie du Nord ou de Suisse. Mais ce n’est pas là le rôle des historiens, fussent-ils historiens du livre…