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dimanche 7 mai 2017

Colloque d'histoire du livre

IMAGO LIBRORUM 
Mille anni di forme del libro in Europa
 
Rovereto, Biblioteca Civica 
e
 Trento, Biblioteca Comunale

24-26 maggio 2017 
Rovereto
mercoledÏ 24 maggio
h. 17.00 Saluti e introduzione
Frédéric Barbier (CNRS, EPHE, Parigi) IMAGO LIBRORUM:  tra rappresentazione e immagine del libro
Gianmario Baldi Inaugurazione della esposizione IMAGO LIBRORUM presso la Biblioteca Civica
Le Palazzo Geremia de Trente
Trento, Palazzo Geremia
I sessione. giovedi 25 maggio
h. 9.00
Non di solo codex. Forme alternative del libro occidentale
Saluti e introduzione
Presiede Giorgio Antoniacomi (direttore della Biblioteca Comunale di Trento)

Marilena Maniaci (Univ. di Cassino) Rotoli medievali greci e latini (e non solo): tipologie, funzione, prospettive di ricerca
Don C. Skemer (Princeton Univ. Library) Magic Rolls and Folding Sheets: Physical Forms of Textual Amulets in the Middle Ages
Marco Rainini (Univ. Cattolica) Cronache medievali in rotolo: a partire dalla Genealogia Christi di Pietro di Poitiers
Giuseppe Frasso (Univ. Cattolica) Poesia in forma di rotolo
Gino Roncaglia (Univ. della Tuscia) Oltre il libro: le frontiere del testo digitale
Discussione 

II sessione giovedi 25 maggio
h. 14.30
La parola sul foglio: spazio e resa grafica
Presiede Giuseppe Frasso (Univ. Cattolica)

Saverio Campanini (Univ. di Bologna) La luce oltre la siepe. La Bibbia ebraica dal rotolo al libro
Ursula Stampfer (Abbazia di Novacella) Gli anni d’oro dello scrittorio di Novacella (1450-1525 ca.)
Donatella Frioli (Univ. di Trento) Prosa, poesia e illustrazione alla corte Malatestiana di Rimini
Paul F. Gehl (Curator Emeritus, Newberry Library Chicago), Teaching With Type: Design for the Renaissance Grammar Classroom
David McKitterick (già Cambridge Univ.) Collecting Early Printed Books for the Modern Printing Design
Discussione

III sessione, venerdi 26 maggio
h. 9.00
Dal testo al libro: organizzare e comunicare
Presiede Maria Cristina Misiti (MIUR)

Ursula Rautenberg (Univ. di Erlangen) Last words on the History of the Title-Page
Marco Palma (Univ. di Cassino) Forme e funzioni del colophon nel libro manoscritto e a stampa del XV secolo
Edoardo Barbieri (Univ. Cattolica) «Dinanzi a la quale poco si potrebe legere»: le rubriche negli incunaboli delle origini
Antonio Castillo Gómez (Univ. de Alcalá) «Para que todos la sepan y entiendan». Scrittura e immagine nei testi urbani effimeri nella Spagna della prima età moderna
Duccio Dogheria (MART di Rovereto) Dal Futurismo al futuro: editoria sperimentale Discussione

IV sessione venerdi 26 maggio
h. 14.30
Illustrare il testo / raffigurare il testo, ovvero la sfida tra parole e immagini
Presiede Andrea Giorgi (Univ. di Trento)

Mino Gabriele (Univ. di Udine) All’origine dei libri di emblemi: tra sapienza e iconologia
Marco Gozzi (Univ. di Trento) Suoni per figura: miniatura, musica e testo nel manoscritto liturgico
Giovanna Zaganelli (Univ. per Stranieri di Perugia) La relazione fra testo e immagini in alcuni Blockbücher del XV secolo
Lorena Dal Poz (Regione Veneto) Testo e immagine nei codici manoscritti e a stampa del vescovo di Trento Johannes Hinderbach
Martyna Urbaniak (Scuola Normale Superiore di Pisa) Per parole e per immagini: le illustrazioni dell’Orlando Furioso
Discussione e conclusioni

samedi 17 octobre 2015

Soutenance de thèse

École pratique des Hautes Études

Soutenance de thèse de doctorat 

Monsieur Andrea De Pasquale,
directeur général de la Bibliothèque nationale centrale (Rome)
soutiendra sa thèse de doctorat sur 

Jean-Baptiste Bodoni, imprimeur d’Europe

le jeudi 22 octobre 2015 à 14h 

École nationale des chartes
65 rue de Richelieu
75002 Paris
Salle Léopold Delisle (rez-de-chaussée)

Membres du jury (ordre alphabétique),
Mmes et MM
Frédéric Barbier, directeur d’études à l’EPHE (conférence d’Histoire et civilisation du livre), directeur de recherche au CNRS (IHMC/ ENS Ulm), directeur de la thèse
Lodovica Braida, professeur à l’Université de Milan
Pedro M. Cátedra, professeur à l’Université de Salamanque, directeur de l’Institut universitaire d’études médiévales et Renaissance
Marisa Midori Deaecto, professeur à l’Université de São Paulo, pré-rapporteur
Jean-Michel Leniaud, directeur d’études à l’EPHE (conférence d’Histoire de l’architecture occidentale des XIXe-XXe siècles), directeur de l’École nationale des chartes
István Monok, professeur à l’Université de Szeged, directeur général des bibliothèques et archives de l’Académie hongroise des sciences, pré-rapporteur 

La soutenance est publique
Accès libre dans la limite des places disponibles

mercredi 10 juin 2015

Le Cor enchanté

Les dernières décennies de l’Ancien Régime et le tournant du XVIIIe au XIXe siècle sont marqués, du point de vue de l’esthétique typographique et de la «mise en livre», par la montée en puissance du néo-classique, que symbolisent en Europe des figures comme celles de Bodoni, et surtout de Didot. Pourtant, une autre esthétique émerge dans le même temps, elle-même articulée avec la double problématique, du patrimoine et de l’identité.
À Leipzig, Göschen fait le choix du néo-classique pour son édition de Wieland en trente-six volumes in-quarto (1794-1802), mais il le regrette in fine. C'est que l’économie éditoriale change: le temps n’est plus, des mécènes, de la société de cour et de l’absolutisme, et il faut s’adresser à un public nouveau, qui sera intéressé par les productions qu’on lui propose, mais qui n’a pas les moyens de se procurer des ouvrages trop chers.
Bodoni et Didot ont infiniment apporté à la typographie, mais ils sont chers (…). Mon projet est par conséquent de donner non pas des éditions de luxe, mais des éditions élégantes (…), dans l’esprit des anciens, avec simplicité, beauté et correction. On doit y trouver la patience et le soin allemands, mais pas de luxe. De la simplicité, de la netteté, de belles couleurs, de bons caractères, une impression noire et puissante sur du beau papier, voilà ce à quoi je pense…
Parallèlement, les libraires éditeurs sont engagés dans la construction d’une littérature «nationale» que théorisera Friedrich Christoph Perthes en 1816. À Heidelberg, un groupe d'intellectuels et d'artistes travaille, dans une perspective pré-anthropologique, à recueillir les éléments constitutifs d’une culture «populaire» qu’il convient de réactualiser et surtout de placer au cœur de la nouvelle «culture nationale» construite en opposition à la «civilisation internationale» des Lumières françaises.
Creuzer est rejoint par ses amis Clemens Brentano et Achim von Arnim, et tous trois rassemblent sous le titre «L'enfant au cor merveilleux» [=Des Knaben Wunderhorn] une collection de chants qu'ils ont recueillis en partie de la bouche du peuple, en partie de feuilles volantes et de vieux bouquins (Heinrich Heine, De l'Allemagne, trad. fr., nouv. éd., Paris, L.G.F., 1981, p. 234).
..Les frères Grimm, rénovateurs et codificateurs de la langue et de la littérature populaire allemandes, sont associés à l'entreprise, et le premier volume, dédié à Goethe, sort en 1806. La forme matérielle du livre devra elle-même rendre compte du processus de construction de l'identité, avec l'emploi du caractère gothique, et surtout la rupture radicale avec les modèles esthétiques des Lumières ou du néo-classique. La page de titre du deuxième volume (1808), gravée sur cuivre, suit les modèles allemands des années 1500: l'encadrement de pampres rappelle la décoration des manuscrits du bas Moyen Âge, tandis que, en arrière-plan, la scène ouvre sur une vue de la vallée du Neckar –une forteresse médiévale surplombe la cité blottie au bord du fleuve. L'ensemble de l'image est dominé par la présence du gigantesque «cor enchanté», qui évoque aussi une coupe à boire et est décoré à la manière des façades des anciens hôtels de ville.
La référence au passé n'exclut pas l'innovation dans la disposition scénique, laquelle tend à échapper à l'objectivité universelle du cube scénographique hérité de la Renaissance pour opposer un premier plan d’encadrement (treille et muret d'appui) à la vue élargie en arrière. Tout se passe comme si le spectateur était directement impliqué dans la représentation même: c'est lui qui est présent sur cette manière de belvédère au-dessus du fleuve, d'où il découvre un paysage évidemment romantique. Goethe rapportera dans ses Annales de 1806:
Mon attention, sans se porter sur un grand nombre d’œuvres poétiques étrangères, se fixa du moins avec intérêt sur quelques-unes. Le Cor merveilleux, antique et fantastique, fut apprécié comme il le méritait, et j’en rendis compte avec un réel plaisir…

 (Des Knaben Wunderhorn. Alte deutsche Lieder, éd. L. Achim von Arnim, Clemens Brentano, Heidelberg, Mohr u. Zimmer, 1806-1808, 3 vol. Le t. I est seul publié à la double adresse de Heidelberg et Francfort).
Voir aussi le site de l'Université de Heidelberg.

samedi 9 mai 2015

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 11 mai 2015
16h-18h

À la recherche de la perfection.
Rivalité typographique et éditoriale avec Baskerville
et conflits avec les Didot
(à propos de Giambattista Bodoni)
par

Monsieur Pedro M. Catedrá,
professeur à l'Université de Salamanque,
directeur d'études invité étranger

Nota: La traditionnelle séance foraine de la conférence d'Histoire et civilisation du livre de l'École pratique des Hautes Études se déroulera le jeudi 28 mai à bibliothèque de Troyes (Médiathèque de l'agglomération troyenne), de 10h30 à 16h45. Un programme spécifique sera publié à ce propos, mais nous précisons dès aujourd'hui les liaisons ferroviaires possibles depuis Paris:
Aller (Paris Est) 7h 42 (Troyes 8h14) ou 8h42 (Troyes 9h13).
Retour (Troyes) 17h12 (Paris 18h46) ou 18h12 (Paris 19h46)

La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des Hautes Études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage, salle 115).

Accès les plus proches (250 m. à pied)
Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare.
Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

mercredi 8 avril 2015

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Mardi 14 avril 2015
16h-18h

Le texte se tait, c'est le typographe qui parle
(à propos de Giambattista Bodoni)
par
Monsieur Pedro M. Catedrá,
professeur à l'Université de Salamanque,
directeur d'études invité étranger

Prof. Pedro M. Catedrá
Attention! 
Cette séance se déroulera à la Bibliothèque Mazarine, Salle Franklin. Des exemplaires d'éditions de Bodoni conservées à la Bibliothèque Mazarine pourront ainsi être présentées et commentées.
Pour des raisons de sécurité, les auditeurs qui souhaitent participer à cette visite sont invités à s'inscrire à l'avance auprès de la Bibliothèque.
Le rendez-vous est fixé à 16h à la Bibliothèque.

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage, salle 115).
 

Accès les plus proches (250 m. à pied)
Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare.
Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

mercredi 29 septembre 2010

Société de cour et exemplarité typographique: Giambattista Bodoni

Nous étions, à Marburg, dans le petit monde des cours d’Ancien Régime lorsque nous parlions notamment des almanachs de la cour ou du prince (dont celui qui leur sert sans doute de prototype, l’Almanach royal de d’Houry et de ses successeurs), nous ne le quittons en découvrant le superbe volume consacré par Andrea de Pasquale, directeur de la Bibliotheca Palatina de Parme, aux collections de la fonderie Bodoni conservées par cet établissement.
Parme n’est pas une capitale ancienne de l’imprimerie ni de la librairie. Mais lorsque le duché de Parme et de Plaisance, jusque-là aux Farnèse, passe en 1731 aux Bourbons d’Espagne (Bourbon-Parme), ceux-ci vont le transformer en un État très prospère gouverné selon les principes du despotisme éclairé. Il s’agit de faire parallèlement du prince un prince des arts et des lettres: sur le modèle français, la résidence de Parme s’enrichit en quelques années d’une pléiade d’institutions et de fondations voulues par le duc Charles de Bourbon, que seconde le ministre Léon Guillaume du Tillot. Le livre et les arts du livre occupent une place clé dans ce dispositif.
On crée donc à Parme une Académie des Beaux-Arts, on réorganise l’université, on lance une gazette (la Gazzetta di Parma), on développe le théâtre et l’opéra, on entreprend des fouilles archéologiques… Surtout, en 1761, c’est la fondation de la nouvelle Bibliotheca Palatina, confiée au Théatin Paolo Maria Paciaudi et installée dans une aile du palais de la Pilotta. La Bibliothèque sera inaugurée par le duc, en présence de Joseph II, en mai 1769. Le palais abritera aussi l’imprimerie ducale, confiée quant à elle en 1768 à une personnalité d’exception, le Piémontais Giambattista Bodoni, né en 1740 et qui a fait ses classes comme typographe à l’imprimerie polyglotte de la Congrégation De Propaganda Fide à Rome.
Comme à Paris, l’Imprimerie du souverain s’insère dans un programme articulant la gloire du prince, la construction de l’État éclairé et la rationalité politique: elle sera à la fois imprimerie administrative, mais aussi imprimerie savante et surtout imprimerie de prestige, en mesure de donner de spectaculaires travaux de représentation. Après avoir commandé ses premières fontes typographiques chez Fournier à Paris, Bodoni inaugure une extraordinaire carrière de dessinateur, graveur et fondeur de caractères. À partir de 1771, les livres publiés à Parme avec les nouveaux caractères de Bodoni font par leur perfection la gloire de l’atelier et sont très vite recherchés des principaux amateurs, notamment en Angleterre.
L’esthétique typographique de Bodoni se distingue par son extrême dépouillement néo-classique: verticalité, présence d’empattements très fins et parfaitement horizontaux, largeur constante des hastes, perfection des proportions et contraste marqué entre les pleins et les déliés. Cette dernière caractéristique suppose une excellente qualité d’impression: Bodoni fabrique aussi son encre d’imprimerie, il attache une grande attention au choix des papiers et il apporte des améliorations ponctuelles à la presse typographique. Dans la mise en page, la lisibilité prime: le premier rôle est donné aux blancs, avec de grandes marges, des espaces interlinéaires plus larges et des blancs marqués pour séparer les mots. L’esthétique est celle du blanc et noir, fondée sur le seul équilibre typographique (le dessin du caractère et l’équilibre du texte). Le caractère Bodoni est progressivement développé jusqu’en 1798, et il connaît un très grand succès, tant en Italie qu’à travers toute l’Europe. Devenu, à côté du Didot, le caractère moderne par excellence et inscrit dans une chronologie bien spécifique de l’histoire de la typographie et de l’histoire politique, le Bodoni est, dans le même temps marqué par son intemporalité : il est le reflet d’une époque pour laquelle le monde est clôturé par une raison qui se définit avant tout comme une raison graphique – autrement dit, construite et appuyée sur la typographie et sur les produits de la typographie, les livres.
Mais revenons à Parme. Nous savions que le Palais de la Pilotta abritait un Musée Bodoni, présentant dans une disposition quelque peu surannée une remarquable collection d’imprimés, ainsi que des caractères et du matériel provenant de l’ancienne Stamperia reale. Nous ne savions pas que pratiquement tout le matériel de Bodoni avait été conservé à Parme – non seulement les différentes fontes créées par lui, mais aussi le matériel servant à leur fabrication et à leur emploi. Andrea de Pasquale a exhumé cet ensemble unique, il en a systématiquement identifié les différentes pièces (en les rapprochant de celles figurant sur les planches de l’Encyclopédie), et il en a établi un catalogue-inventaire. La Biblioteca Palatina conserve aussi l’essentiel des archives de Bodoni, dont, par exemple, un extraordinaire ensemble de jeux d’épreuves corrigées par lui-même.
Le somptueux volume qui vient de sortir (Andrea de Pasquale, La Fucina dei caratteri di Giambattista Bodoni, Parma, MUP, 2010, 124 p. ("Mirabilia Palatina", 3)) donne une idée précise des richesses ainsi exhumées, et qui imposent d’ores et déjà Parme comme l’un des passages obligés parmi les plus grands musées européens consacrés à l’histoire du livre, à côté du Musée Plantin à Anvers, du Gutenberg Museum à Mayence, et du Musée de l’imprimerie à Lyon.
Table des matières de l'ouvrage:
- Le collezioni bodoniane della Biblioteca palatina di Parma
- Il disegno dei caratteri: studi e modelli
- I punzioni: fabbricazione e rifinitura
- Le matrici: fabbricazione e rifinitura
- I caratteri: fabbricazione e rifinitura
- Caratteri di legno: fabbricazione e utilizzo
- Campioni di caratteri
- Fonti e bibliografia.
Voir aussi, parmi une bibliographie considérable:
Notizie e documenti per una storia della Biblioteca Palatibna di Parma..., Parma, Biblioteca Palatina, 1962.
Parma, città d'Europa. Le memorie del padre Paolo Maria Paciaudi sulla Biblioteca Parmense, Parma, Museo Bodoniano, 2008.
Frédéric Barbier, "Bodoni, Parme et le néo-classique", dans Antike als Konzept. Lesarten in Kunst, Literatur und Politik, dir. Gernot Kamecke, Bruno Klein, Jürgen Müller, Berlin, Lukas Verlag, 2009, p. 224-238.
Andrea de Pasquale, «La Formazione della Regia Biblioteca di Parma», dans Histoire et civilisation du livre. Revue internationale, 2009, 5, 297-316.

Clichés: 1) Couverture du volume; 2) Le Palais de la Pilotta; 3) Galerie du Musée Bodoni; 4) Pour le plaisir: l’admirable coupole du Baptistère de la cathédrale de Parme (clichés F. Barbier).

mercredi 4 août 2010

Typographical fixity

La présentation par Johannes Frimmel d’un projet prometteur de topographie du livre depuis le XVIIIe siècle dans l’ancienne géographie politique de l’Europe centrale (il s’agit à peu près des territoires soumis aux Habsbourg) s’ouvre par quelques lignes d’historiographie (réf. bibliogr. infra). La théorie avait en effet été développée, selon laquelle la «fixité typographique» acquise avec Gutenberg induirait la modernité, notamment parce qu’elle aurait entraîné le développement de l’édition dans les différentes langues vernaculaires. Ce bref rappel, inspiré à Johannes Frimmel par la lecture de Imagined communities de Benedict Anderson (2e éd., Londres, 1991), suggère certaines remarques, dont nous livrons ici quelques-unes.
Dire que la formule de «typographical fixity» proposée en son temps par Madame Elisabeth Eisenstein correspond à un concept est probablement excessif, dans la mesure où elle reste à contextualiser, comme c’est en général le cas en histoire. Mais surtout: que la typographie induise une «fixité» du texte plus grande que ne le fait le manuscrit, la chose est évidente. Le fait que l’imprimé apparaisse très vite comme un produit standardisé et manufacturé induit d’une certaine manière la représentation du texte reproduit en tant qu’entité fixe et intangible.
D’autres éléments viennent renforcer cette tendance: ainsi, l’économie nouvelle qui est celle de la branche des industries polygraphiques déplace-t-elle fondamentalement la position de l’auteur (voir les actes du colloque «L’écrivain et l’imprimeur», tenu au Mans en 2009, actes en cours de publication aux Pr. univ. de Rennes). L’auteur s’identifiera désormais comme la figure pratiquement éternelle du seul créateur du texte. D’une manière globale, l’essor de la typographie s’accompagne d’ailleurs de la généralisation de la désignation des textes par le double indicateur de l’auteur et du titre, ce qui n’était absolument pas le cas dans l’économie du manuscrit.
Dans le même temps cependant, le rôle de l’auteur est relativisé, notamment parce que l’essor de la typographie introduit dans le «système livre» des acteurs en effet modernes, à commencer par le libraire (libraire de fonds) et l’imprimeur, mais aussi les auteurs secondaires, les traducteurs, etc. Il y aurait encore, dans cette même perspective, bien des choses à dire sur la fixation de la catégorie de texte, voire sur celle d’«édition»: de sorte la fameuse «fixité typographique» relèverait de l’ordre de la représentation plus que de la réalité. Mais peu importe. Il nous semble bien probable qu’elle a effectivement fonctionné comme l’une des conditions de l’essor d’une littérature en vernaculaire.
Au-delà de l’évidence immédiate, le lien est pourtant plus complexe qu’il n’y paraît, comme le suggèrent quelques observations simples. D’abord, le statut des langues vernaculaires européennes en tant que langues littéraires est éminemment divers, l’italien ayant à cet égard une position remarquable, tandis que la dignité du français lui vient de la politique impulsée précocement par la monarchie dans le domaine de l’écriture et de la traduction (à partir de Charles V).
D’autre part, un changement majeur introduit dans le champ littéraire par l’essor de la typographie en caractères mobiles porte sur le fait que les logiques économico-financières prennent désormais une place croissante. Nous avons émis l’hypothèse (dans un article publié en 2008) selon laquelle l’essor des langues vernaculaires en tant que langues d’édition à compter des dernières décennies du XVe siècle était d'abord à relier à la crise de surproduction qui marque la décennie 1470, et à l’adoption progressive, qui en découle, de ce que l’on appelle l’innovation de produit. Le marché du public traditionnel (les hommes d'Église et les universitaires au premier rang) est saturé par la nouvelle production imprimée, et il convient donc de proposer de nouveaux produits (d'autres textes, sous une forme matérielle améliorée) susceptibles d'attirer un autre public et d'assurer le développement de la branche.
Mais nous reviendrons sur ces questions, ainsi que sur le projet proprement exposé par Johannes Frimmel, et qui est à l’origine du présent billet…

Johannes Frimmel, «Pour une histoire du livre dans l’Empire austro-hongrois», dans 2000. The European Journal, XI, 1er juin 2010 (également sur Internet).
Frédéric Barbier, «Gutenberg et la naissance de l'auteur», dans Gutenberg Jahrbuch, 83 (2008), p. 109-127, ill.; «L'invention de l'imprimerie et l'économie des langues en Europe au XVe siècle», dans Les Langues imprimées, Genève, Droz, 2008, p. 21-46, ill. («Histoire et civilisation du livre», 4).

Cliché: le Musée de la langue à Czéphalom (Hongrie) (cliché F. Barbier).