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dimanche 2 juillet 2017

Nouvelle publication


Nous sommes tout particulièrement heureux de pouvoir ici annoncer la parution de la sixième livraison (2017) de la revue brésilienne d’histoire du livre, Livro. Revista do núcleo de estudos do livro e da edição. Il s’agit d’un imposant volume de quelque 460 pages, présenté sous une très élégante couverture illustrée.
Le volume se signale d’abord, bien sûr, par la qualité scientifique du contenu. Nous trouvons en effet, en tête, des articles de Donaldo Schüler, puis de Yann Sordet, Jacques Hellemans (il s’agit de l’imprimerie aux Pays-Bas espagnols), Jean-Pierre Chauvin, José de Paula Ramos Jr et Maria Viana.
Le dossier de ce numéro, alias la partie systématique, traite d’un sujet très vaste, «Édition et politique», mais toujours en partie à l’aune de la problématique sud-américaine ou portugaise, et en privilégiant la période contemporaine. Nous y découvrons les articles suivants:
Alexandre Cleaver («O Ferderalista. Algumas interpretações»),
José Augusto dos Santos Alves («Política e ideologia na imprensa madeirense »),
Laura Fernández Cordero («Sobre o concerto da imprensa anarquista a partir de Mikhail Bakhtin»),
Danilo A. Q. Morales («Benedetto Corce e as afinidaes nos Brasil»),
Lincoln Secco («Biblioteca Gramsciana»),
Flamarion Maués («Dom Quinxote. Uma editoria política sob o Salazarismo»),
Nuno Medeiros («Ação editorial da oposição católica no Portugal dos anos 1960»), et
Fabiano Cataldo de Azevedo («A Zahar editores e seu projeto editorial (1957-1970)»).
La section «Arquivo» présente des notes plus brèves relatives à l’histoire du livre (par Kenneth David Jackson, et al.).
Suit une section Acervo (= Collection), avec un article de Pablo Antonio Iglesias Magalhães consacré à la première imprimerie de Bahia au début du XIXe siècle, et un article de Rizio Bruno Sant’Ana sur la Collection Félix Pacheco à la Bibliothèque de Sao Paulo. La courte section «Almanach» (Almanaque) est suivie de la section Memória et de la section Bibliomania, où l’on trouvera plusieurs comptes rendus de Jean-Pierre Chauvin, Marcello Rollemberg, Eduardo de Souza Cunha, Vinicius Juberte et Márcia Lígia Guidin sur des ouvrages récents.
L’ouvrage se referme avec les sections Estante editorial (une suite de brefs comptes rendus), puis Debate et, enfin, Letra e arte.
Nous aurions grand tort de nous borner à souligner l’intérêt scientifique très réel qui est celui de l’ouvrage. La revue se signale aussi par sa «mise en livre» réellement exceptionnelle, avec de nombreuses illustrations en noir et blanc et en couleurs, avec surtout une série de reproductions des superbes gravures consacrées par Maria Bonomini à la série des «bibliothèques», de Rio de Janeiro et de Coimbra à Melk et à Baltimore. Nous sommes, avec cette livraison, devant un véritable objet de bibliophilie. Nous ne connaissons pas d’exemple d’une autre revue d’histoire du livre où le souci soit aussi manifeste, de proposer des textes de grande qualité dans une forme aussi respectueuse de ce que devrait être la mise en forme –des livres.
ISSN 2179 801X

dimanche 22 janvier 2017

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre 

Lundi 23 janvier 2017
16h-18h
Les bibliothèques brésiliennes:
une introduction historique 
par
Madame Marisa Midori Deaecto,
professeur à l'Université de Sao Paulo,
professeur invitée à l'École normale supérieure (Labex TransferS)

Au plafond de la salle de bibliothèque, chez les Jésuites de Bahia
Moins de dix ans après la fondation de l'ordre, les Jésuites débarquent à Salvador de Bahia en 1549, et ils apportent quelques livres avec eux. Avec ses quelques 15 000 volumes, la bibliothèque du collège de Salvador sera la plus riche du pays lors du départ des Jésuites, en 1759. La seconde principale bibliothèque est alors celle du collège de Rio de Janeiro, avec 5500 volumes, qui passent en partie à l'évêque de la ville. Dans le même temps, l'administration coloniale portugaise est transférée de Salvador à Rio (1763).
Mais le système colonial va bientôt entrer en crise, avant que la cour portugaise elle-même ne s'établisse à Rio à la suite de l'occupation de Lisbonne par les troupes napoléoniennes... 
Sur la Bibliothèque nationale du Brésil, voir ici.

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage). 

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

samedi 20 juin 2015

La librairie et les colonies sous l'Ancien Régime (2)

Nous poursuivons un instant le précédent billet consacré au comparatisme entre les colonies d'Amérique dans le domaine du livre. S'agissant de la «librairie», le rôle du cadre réglementaire reste bien évidemment essentiel: la «librairie» espagnole est enfermée dans le carcan des contrôles de l’administration royale et de l’inquisition, au point que l’Espagne elle-même tend à devenir dès le XVIe siècle une géographie d’importation pour les autres productions européennes. À Séville, Fernand Colomb (Hernando Colón), le fils du découvreur, ne peut réunir sa monumentale bibliothèque que parce qu’il dispose d’un réseau de correspondants qui lui permettent de faire venir jusqu'en Andalousie les nouvelles éditions qui l’intéressent.
L'essor des nouvelles puissances maritimes, les Provinces Unies et l’Angleterre, s’accompagne au contraire, au XVIIe siècle, d’un système beaucoup plus libéral, dominé non pas par les contraintes réglementaires ni par la surveillance, mais bien par les conditions générales du fonctionnement capitaliste et par la liberté d’entreprendre. On devine comment, en deçà de ces données d’ensemble, l’appartenance religieuse peut jouer un rôle important –et on pense à nouveau, bien évidemment, à l’Éthique protestante de Max Weber.

Barthélemy Vimont, Relation de ce qui s'est passé en la Nouvelle France en l'année M.DC.XL. envoyée au R.P. provincial de la Compagnie de Jésus de la province de France par le P. Barthélemy Vimont, de la mesme Compagnie, Supérieur de la Résidence de Kébec, À Paris, Chez Sébastien Cramoisy, imprimeur ordinaire du roy, 1641. Exemplaire de la BN du Canada, Ottawa (mais venant apparemment des Jésuites, puis de la Bibliothèque municipale d’Alençon ?).

Dans le royaume de France, le contrôle se fait moins par le biais de l’Église que par celui de la centralisation monarchique. La «Nouvelle France» s’est déployée à partir du XVIe siècle sur un territoire immense, en remontant le Saint-Laurent jusqu'aux Grands lacs, puis en descendant par le bassin du Mississippi jusqu’au golfe du Mexique, mais le peuplement y reste extrêmement lâche. La ville de Québec est fondée en 1608 et les nouveaux venus colonisent dès lors plus systématiquement les rives du Saint-Laurent (Ville-Marie de Montréal, 1642): pourtant, les imprimés sont exclusivement importés d'Europe jusque dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, notamment par le biais de Sébastien Cramoisy, libraire et fondé de pouvoirs des Jésuites et des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec. La première presse typographique ne sera en définitive introduite qu'après le passage de la colonie sous le régime britannique, lorsque William Brown et Thomas Gilmore viennent de Philadelphie pour s’établir à Québec (1764). Montréal suit seulement en 1776. Les mêmes logiques se déploient dans les îles d'Amérique centrale, que se sont partagées l'Espagne, les Provinces-Unies, l'Angleterre et la France.
Quant à la trajectoire brésilienne, elle nous permet de conclure sur un dernier point, qui concerne le rôle des événements. La première imprimerie n’est établie, et de manière très temporaire, à Rio de Janeiro qu’en 1747, par un typographe, Fonseca, venu de Lisbonne, mais la statistique douanière met en évidence un développement rapide des entrées de livres par Bahia et par Rio dans les années 1790. L’événement fondateur date effectivement de la fuite de la cour de Portugal devant les Français de Junot, en 1808, et du transfert de la capitale de Lisbonne à Rio. Qu’il s’agisse du Brésil, ou de l’ensemble des colonies espagnoles, l’une des conséquences les plus inattendues, et les plus considérables, de l’intervention française dans la péninsule ibérique concerne, en définitive, l’autonomie plus grande de ces dernières par rapport à leurs métropoles, et leur passage progressif à l’indépendance (par exemple en Argentine)… C’est, aux Amériques aussi, la fin de l’Ancien Régime, et l’entrée dans une nouvelle ère.

Un petit peu de bibliographie, tirée de Histoire et civilisation du livre. Revue internationale 
Canada (et Québec):
Marcel Lajeunesse, «Le livre en Nouvelle-France et au début du régime britannique au Canada (XVIIe et XVIIIe siècles)», t. III, 2007.
Jacques Michon, «L’histoire du livre en Amérique du Nord», t. VIII, 2012.
Et une référence plus ancienne, que l'on trouvera d'ailleurs sur Internet: Antonio Drolet, «La bibliothèque du collège des Jésuites [à Québec]», dans Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 14, n° 4, 1961, p. 487-544.

Colonies espagnoles, Brésil:
Eliana Regina De Freitas Dutra, «L’Espace atlantique et la civilisation mondialisée: histoire et évolution du livre en Amérique latine», t. VIII, 2012.
Rafael Rodriguez Marín, «Le Dictionnaire de l’Académie espagnole, sa réception critique et la norme linguistique d’Espagne et d’Amérique», t. IV, 2008.
Mateus H. F. Pereira, «L’Almanaque Abril (Almanach Avril), 1974-2004: histoire d’un best-seller brésilien», t. III, 2007.
Sandra Guardini Teixeira Vasconcelo, «Romans et commerce de librairie à Rio de Janeiro au XIXe siècle», t. VIII, 2012. 

Diana Cooper-Richet, «Paris, carrefour des langues et des cultures: édition, presse et librairie étrangères à Paris au XIXe siècle», t. V, 2009. Id., «Paris et la présence lusophone dans la première moitié du XIXe siècle», t. VIII, 2012.

mardi 7 septembre 2010

Annonce de colloque sur l'histoire du livre: la mondialisation culturelle, entre France, Portugal et Brésil

Le commerce transatlantique de librairie,
un des fondements de la mondialisation culturelle
(France- Portugal- Brésil, XVIIIe-XXs siècle)

Colloque organisé par l'université de Versailles- St-Quentin-en-Yvelines du 9 au 11 septembre 2010 (bâtiment Vauban, amhithéâtre IV).
Jeudi 9 septembre, 9h30
Ouverture du colloque, par Sylvie Faucheux, présidente de l'université, Christian Delporte, directeur du CHCSC, et Jean-Yves Mollier, professeur.
"Libraires et éditeurs des deux mondes": conférences de Marcia Abreu, Annibal Bragança, Marisa Midori et Nelson Schapochnik.
14h30
"Libraires et éditeurs des deux mondes" (suite); "La presse et les revues": conférences de Giselle Martins Venancio, Gustavo Sora, Eliana de Freitas Dutra, Katia Aily Franco de Camargo et Mateus Henrique de Feria Pereira.
Vendredi 10 septembre, 9h30
"La presse et les revues" (suite); "Dialogues interculturels": conférences de Maria Eulalia Ramicelli, Valéria Guimaraes, André Caparelli, Jerusa Pires Ferreira et Sandra Guardini Teixeira Vasconselos.
14h30
"Dialogues interculturels" (2): conférences de Lucia Granja, Andrés Borges Leao, Gabriela Pellegrino Soares, José Cardoso Ferrao Neto et Luis carlos Villalta.
Samedi 11 septembre, 10h
"Perspectives": conférences de Plinio Martins Filho, Marcia Abreu et Diana Cooper-Richet.

Le programme détaillé de cette manifestation est consultable (avec dépliant PDF à télécharger) en cliquant sur: Histoire du livre, Brésil-France

Cliché ci-dessus: Michel Melot découvre un bel assortiment de libri de cordel sur un marché de Rio en 2009 (ou: Les dialogues interculturels favorisés par la tenue même de colloques internationaux) (cliché F. Barbier).