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jeudi 14 février 2019

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 18 février 2019
16h-18h
Périodisation et typologie de l'innovation dans le domaine de l'imprimé,
XVe-XVIe siècle (2)
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études émérite 

La deuxième conférence poursuivra sur le thème de la périodisation et de la typologie de l'innovation dans le domaine de l'imprimé à l'époque de la Renaissance, en envisageant d'abord rapidement les deux systèmes innovants induits par l'invention de Gutenberg:
La machine à fondre (© Musée Gutenberg, Mainz/ Mayence)
1) D'une part, l'innovation de procédé, autrement dit la mise au point de la nouvelle technique de la typographie en caractères mobiles. Au cœur du système, on trouve la mise en œuvre du "multiplicateur" à tarevrs la technique de la fonderie, et son articulation étroite avec la logique alphabétique: les signes alphabétiques sont reproduits sous la forme de quelques dizaines de poinçons (a,b, c, etc.). Chaque poinçon permet de frapper x matrices, et chaque matrice permet de couler x caractères. Mais le développement du multiplicateur ne s'arrête pas là: les caractères assemblés en pages, puis en formes, permettent d'imprimer x exemplaires d'un certain texte, dont chacun sera disponible pour un nombre x de lecteurs...
2) D'autre part, et dans un second temps, c'est l'innovation de produit, dont l'émergence et l'essor sont induits par la saturation du marché traditionnel du livre: les tensions se font sentir dès la décennie 1470, et certains entrepreneurs innovateurs commencent explorer les voies qui leur permettront peu à peu de proposer un produit nouveau, en l'espèce du livre imprimé moderne, lequel assurera l'essor de la branche par la conquête de nouveaux lecteurs et d'un nouveau marché.
Ces mutations radicales du processus de production sont nécessairement accompagnées de la définition non seulement du protocole très complexe présidant à la fabrication des livres imprimés (le travail dans l'atelier, etc.), mais aussi des pratiques professionnelles de la branche nouvelle d'activités qui, en quelques décennies, s'est imposée à travers le monde occidental, à savoir la branche des "industries polygraphiques". Aux libraires de fonds (alias éditeurs) de faire connaître leur production, dont la diffusion sera assurée par la mise en place d'un vaste réseau spécialisé – celui de la distribution par les librairies de détail, mais aussi les démarcheurs, les foires et "la" foire européenne du livre, à Francfort-s/Main. Les informations, les savoirs pratiques, les hommes, les marchandises et les valeurs financières circulent de manière de plus en plus dense à travers ces réseaux enchevêtrés qui couvrent peu à peu le monde occidental. Un des indicateurs les plus efficaces de la modernité réside précisément dans la montée en puissance du software dans l'économie de la branche: le savoir technique, les procédures de fabrication et autres, sans oublier l'identification, la rédaction et la préparation des textes à publier.

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.
Calendrier prévisionnel des conférences.

mercredi 16 décembre 2015

Le livre qui tombe

Insistant sur le rôle de la dévotion dans l’histoire de la sensibilité religieuse et de la spiritualité des XIVe-XVIe siècles, Jean Delumeau explique que le XVe siècle met plus particulièrement l’accent sur la figure de la Vierge, mais aussi sur les «mystères joyeux»: parmi ceux-ci, l’Annonciation, alias la Salutation angélique (Ave Maria), attire volontiers les historiens du livre, par son iconographie qui fait souvent référence à une pratique de lecture féminine.
Mais nous voici dans la richissime ville libre et impériale de Nuremberg, dirigée au XVe siècle par les représentants d’un groupe très limité de familles qui se sont réservé les postes-clés du Magistrat. C’est le négociant Anton (II) Tucher (1458-1524) qui commande au sculpteur Veit Stoß (1447-1533) une Annonciation qui puisse constituer la pièce de décoration principale à l’entrée du chœur de l’église Saint-Laurent. Depuis sa mise en place en 1518, la Salutation angélique de Nuremberg est regardée comme un des chefs d’œuvre de la Renaissance allemande.
Il s’agit d’une colossale sculpture sur bois (4 m. de haut), mettant en scène la Vierge et l’ange enveloppés dans un (ou plutôt deux) gigantesque rosaire. La Vierge est surprise par l’apparition soudaine de l’ange: elle presse son cœur de la main droite, et lâche le livre qu’elle tenait de la main gauche –on remarquera qu’il s’agit d’un volume de petit format, relié dans le style allemand de l’époque. Dans le même temps, la colombe du Saint-Esprit descend sur elle.
La mise en scène de la dévotion nouvelle se développe tout autour des personnages: ceux-ci sont effet entourés de cinquante-cinq roses, qui sont une référence à la pratique alors de plus en plus répandue du chapelet (en l’occurrence, on récitera cinq fois dix Ave Maria, suivis d’un Pater). Cinq médaillons, par ailleurs, présentent des scènes de la vie du Christ, et se lisent de gauche à droite. L’ensemble de la composition est dominé par la figure de Dieu, entouré de deux médaillons représentant la mort et le couronnement de la Vierge, tandis que, en bas, on découvre le serpent avec la pomme dans sa bouche.
Il est inutile d’insister ici sur le rôle de la «dévotion moderne» dans le domaine de l’histoire du livre, qu’il s’agisse de l’essor des nouvelles pratiques de lecture individuelle, ou de l’impulsion décisive donnée à  un marché de l’image pieuse, puis du livre de dévotion, de plus en plus considérable. Bornons-nous à noter que les grands négociants à la tête des villes d’Allemagne méridionale sont très ouverts à cette sensibilité –Jacob Fugger ne commande-t-il pas à Dürer sa Fête du rosaire (Rosenkranzfest), en 1506 (mais c’est un tableau dont le contenu politique est aussi à prendre en considération)?
Cela n'empêchera nullement un certain nombre d'entre eux de passer à peine quelques années plus tard du côté de la Réforme. Pourtant, le temps n’est pas tout à fait celui de l’iconoclasme: à Nuremberg, officiellement membre du camp réformé depuis la diète de Spire en 1529, la Salutation angélique sera voilée, puis décrochée, et elle le restera jusqu’au début du XIXe siècle... Elle est aujourd’hui incomplète, étant tombée au sol, en 1817, lors d’une tentative malheureuse de remise en place...

jeudi 19 novembre 2015

Conférences d'histoires du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre


Lundi 23 novembre 2015
14h-16h
Petites écoles et livres de classe au 18e siècle (1)
par
Madame Emmanuelle Chapron,
chargée de conférences à l’EPHE,
maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille,
membre de l’Institut universitaire de France (junior)
16h-18h
Le livre, l'humanisme, la Réforme:
présentation générale
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études
À la basilique Saint-Denis: détail de l'un des tombeaux
Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage, salle 114). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux.
 
Accès les plus proches (250 m à pied)
Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare.
Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64.


Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).