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vendredi 16 décembre 2016

Nouvelle publication (Histoire et civilisation du livre. Revue internationale)

Histoire et civilisation du livre. Revue internationale,
Genève, Librairie Droz

XII (2016), 500 p., ill., index

ISBN 9 782600 047487 

Le Mascurat de 1649. Exemplaire en feuilles (© Bibliothèque Mazarine)
Mazarinades, nouvelles approches
Stéphane Haffemayer, Patrick Rebollar, Yann Sordet, «Introduction» 

Fonds et collections
Bruno Blasselle, Séverine Pascal, «Le fonds des Mazarinades de la Bibliothèque de l’Arsenal»
Anders Toftgaard, «La collection de Mazarinades de la Bibliothèque royale de Copenhague»
Christophe Vellet, «Les Mazarinades à l’affiche? Armand d’Artois et la collection de la Bibliothèque Mazarine»
Laurent Ferri, «Inter folia venenum. Les collections de Mazarinades aux États-Unis (1865-2014)»
Tadako Ichimaru, «Enjeux de la numérisation des Mazarinades» 

Production typographique, diffusion éditoriale
Fabienne Queyroux, «“Plumes bien taillées” contre “Livres très pernicieux à l’État”: Gabriel Naudé et les Mazarinades»
Chloé Kürschner, «Les imprimeurs rouennais et la Fronde: une étude des fonds normands de Mazarinades»
Jean-Dominique Mellot, Pierre Drouhin, «Les Mazarinades périodiques: floraison sans lendemain, ou tournant dans l’histoire de la presse française?» 

Approches littéraires et lexicologiques
Takeshi Matsumura, «Remarques lexicographiques sur le Mot “Mazarinade”»
Patrick Rebollar, «Mensonge et tromperie dans les Mazarinades»
Antonella Amatuzzi, «La politique au service de la langue: la valeur des Mazarinades pour l’étude du français classique»
Claudine Nédelec, «La Fronde, une guerre comique?»
Alain Génetiot, «Porter la parole des grands: les Mazarinades de Sarasin»
Myriam Tsimbidy, «Usages des Mazarinades dans les Mémoires de la Fronde» 

La bataille de l’imprimé: médiatisation et communication politique
Malte Griesse, «Les soleils de la Fronde: analogies stellaires dans les Mazarinades»
Stéphane Haffemayer, «Mazarin face à la Fronde des Mazarinades, ou Comment livrer la bataille de l’opinion en temps de révolte (1648-1653)»
Caroline Saal, «“Faire voir par l’histoire” dans les Mazarinades. Usages du passé, entre rhétorique et bagages culturels»
Francesco Benigno, «The fate of Goliath: uses of history in the Mazarinades»
Yann Rodier, «Les Mazarinades génovéfaines et la stratégie politique de l’odieux (avril-septembre 1652)»
Véronique Dorbe-Larcade, «Autour des ducs d’Épernon, l’école de la Mazarinade (1588-1655)»
Éric Avocat, «Les Mazarinades, une préface à la Révolution?»

Approches comparatives: les corpus pamphlétaires européens du XVIIe siècle
Sophie Nawrocki, «Les dynamiques de publication et la diffusion des pamphlets autour de Marie de Médicis en exil (1631-1642)»
Alain Hugon, Mathias Ledroit, «La bataille de l’imprimé en Catalogne à L’époque de la Guerre de séparation (1640-1652)»
Héloïse Hermant, «Les campagnes pamphlétaires de Don Juan José de Austria: des Mazarinades espagnoles? Politisation de l’écrit et système de communication dans l’Europe du XVIIe siècle» 

Études d’histoire du livre
Xavier Prévost, «Aux origines de l’impression des lois: les Actes royaux incunables»
Claire Gantet, «Amitiés, topographies et réseaux savants. Les Strasburgische Gelehrte Nachrichten (1782-1785) et la République des Lettres»
Daniel Baric, «La dualité nationale et universitaire des bibliothèques de Strasbourg et Zagreb : une histoire parallèle entre empires, nations et régions» 

Livres, travaux et rencontres
Jean Balsamo, L’Amorevolezza verso le cose italiche. Le livre italien à Paris au XVIe siècle (Amélie Ferrigno)
De l’argile au nuage : une archéologie des catalogues (IIe millénaire av. J.-C - XXIe siècle) (Claire Madl)
Michael Embach, Hundert Highlights. Kostbare Handschriften und Drucke der Stadtbibliothek Trier (Frédéric Barbier)
Claudia Fabian, dir., Die Handschriftliche Erbe der griechischen Welt [Actes du colloque de la BSB] (Matthieu Cassin)
Annika Haß, Der Verleger Johann Friedrich Cotta (1764-1832) als Kulturvermittler zwischen Deutschland und Frankreich (Claire Gantet)
Anthologie de documents à caractère biographique conservés à la Bibliothèque de Shanghai (Chen Jie)
Oberthür, imprimeurs à Rennes (Frédéric Barbier) 

Index (personnes, lieux, institutions) du dossier thématique «Mazarinades, nouvelles approches»
Table des illustrations.

jeudi 5 janvier 2012

Conférences d'histoire du livre

École pratique des hautes études,
IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 9 janvier 2012
16h-17h30
Gabriel Naudé
par
M. Frédéric Barbier,
directeur d’études

17h45-19h (environ)
  Gabriel Naudé et la bibliothèque de Mazarin:
visite de la Bibliothèque Mazarine
et présentation d’ouvrages
par
M. Yann Sordet,
directeur de la Bibliothèque Mazarine


Avis important
Cette conférence se tiendra dans les locaux de la Bibliothèque Mazarine, 23 quai de Conti, 75006 Paris.
De 16h à 17h30, salle de conférences de la Bibliothèque, dite «salle Alfred Franklin» (entrée au 23 quai Conti, puis au fond de la deuxième cour, dernière porte à droite, 1er étage).
À partir de 17h45, à la Bibliothèque Mazarine elle-même.
Le nombre de participants est limité à 24. Pour éviter les déplacements inutiles, on est prié de s’inscrire par téléphone au 01 44 32 31 52 (du lundi au vendredi à midi).

(Cliché: portrait de Gabriel Naudé par Nicolas Régnier, vers 1633. BNF).

Nota:
La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h.
Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage, salle 115 à 14h et salle 123 à 16h).
Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2011-2012.

Transports en commun: Métro, ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare ((250 m. à pied). Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Un petit peu plus éloignés: Métro, ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterand).
Calendrier complet des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

dimanche 11 septembre 2011

Les bibliothèques: modernité du XVIIe siècle

La bibliothèque moderne, c'est-à-dire la bibliothèque encyclopédique et accessible au public, se profile d’abord en Italie autour de 1600, avec la fondation par certains grands prélats de bibliothèques disposées dans une salle faisant office tout à la fois de salle de lecture et de magasin à livres (les rayonnages sont disposés le long des murs). La Bibliotheca Ambrosiana, fondée à Milan par le cardinal Federico Borromeo, fonctionne à partir de 1609 et sert de prototype à un plusieurs réalisations semblables en Europe.
Nous sommes dans la perspective post-tridentine: l'Ambrosiana est une bibliothèque savante, conçue comme devant fournir aux théologiens et aux chercheurs les outils nécessaires pour pouvoir répondre à l’érudition des savants réformés. Le modèle milanais sera importé en France par Gabriel Naudé, qui théorise la bibliothéconomie moderne dans son Advis pour dresser une bibliothèque publié pour la première édition en 1627.
Dans le royaume précisément, c'est le temps du libertinage érudit et de la constitution de la culture française moderne. Naudé dédie son Advis à Henri II de Mesmes, président à mortier du parlement de Paris et célèbre amateur de livres dans son hôtel parisien de la rue Saint-Avoye. On sait que, plus tard, Naudé passera au service du cardinal ministre, Mazarin.
Le titre IX de l'Advis justifie la création et l'entretien de bibliothèques par leur ouverture au public, mais la référence reste faite à Rome, avec laquelle les modernes doivent entrer en compétition:
[C’était] une des principales maximes des plus somptueux d’entre les Romains ou de ceux qui affectionnoient plus le bien du public, que de faire dresser beaucoup de ces librairies pour puis après les vouer & destiner à l’usage de tous les hommes de lettres; (...) suivant le calcul (…) de Palladius, [il y en avoit] trente-sept [à Rome], qui estoient des marques (…) certaines de la grandeur, magnificence & somptuosité des Romains (…). Il n’y a maintenant, au moins suivant ce que j’en ay peu sçavoir, que celles du chevalier Bodleui à Oxfort, du cardinal Borromée à Milan & de la Maison des Augustins à Rome, où l’on puisse entrer librement & sans difficultés, toutes les autres (…), qui sont toutes belles & admirables, n’estant si communes, ouvertes à un chacun & de facile entrée comme sont les trois précédentes.
C’est sur les conseils de Naudé que Mazarin ouvrira sa propre collection, chaque semaine le jeudi, à partir de 1643: cette bibliothèque, après bien des vicissitudes, est reconstituée en 1689 au Collège des Quatre Nations, tandis que la Bibliothèque du roi, installée dans l’ancien Palais de Mazarin, sera elle aussi rendue accessible en 1720-1721.
Plus peut-être que le XVIIIe, le XVIIe siècle est ainsi, en France, le temps d'innovation majeur dans le domaine des bibliothèques. Le jésuite Claude Clément (1596-1642) publie alors un célèbre traité de bibliothéconomie, tandis que sort le Traité des plus belles bibliothèques du Père Louis-Jacob de Saint-Charles (1644), lui-même un ami de Naudé. La bibliothèque parisienne de Saint-Victor est ouverte aux savantes, et le modèle se répand en province: ainsi chez les Cordeliers de Troyes (1651) comme, plus tard, avec le don de ses livres fait par l’abbé Boisot aux Bénédictins de Besançon (1694).
Pour autant, si les lecteurs dépassent peu à peu le cercle le plus étroit, il ne s’agit encore que d’un public de savants, d’amateurs et de personnes de qualité, au-delà duquel l’ouverture reste très limitée.
Avec cette première ouverture, nous sommes donc devant un mouvement d’abord impulsé par l’Église, et dont la référence ultime est celle de l’Antiquité. Cette référence reste présente tout au long du XVIIIe siècle, mais, avec Louis XIV, elle débouche se prolonge avec la problématique de la translatio studii: l'imitation des anciens permet de les dépasser (pensons à la célèbre Querelle) et, désormais, la richesse des bibliothèques, à commencer par celle du roi, fait de la capitale du royaume l'héritière indiscutable d'Alexandrie et de son Musée. À l’époque moderne (XVIIe et XVIIIe siècles), la géographie savante par excellence est celle de l'Europe occidentale, et la concurrence se développe bientôt entre les principaux centres, Paris et Londres en tête, mais aussi certaines villes de résidence ou d'université.