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samedi 13 janvier 2018

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 15 janvier 2018
16h-18h
L'invention de la bibliographie et les voyages littéraires
en France, XVe-XVIIIe siècle (5)
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études


La «publicité» est, comme nous l'avons déjà souligné (par ex. ici, ou encore à propos du colloque de Parme), une catégorie qu’il convient de contextualiser s'agissant du petit monde des bibliothèques: à partir du XVIIe et surtout au XVIIIe siècle, les bibliothèques «communautaires» (par ex., celle de telle ou telle maison religieuse) peuvent être considérées comme des bibliothèques ouvertes à une certaine société, et il existe par ailleurs déjà en Europe occidentale, des bibliothèques dites «publiques». Par ailleurs, il se pose toujours la question du statut et du fonctionnement d'institutions qui sont en réalité très différentes les unes des autres.
Lorsque dom Martène et dom Durand, au cours de leur deuxième «Voyage littéraire», arrivent à l’abbaye cistercienne de Cambron, un peu au nord de Mons (Belgique actuelle), ils y rencontrent un jésuite qui enseigne aux jeunes élèves. Ils font connaissance dans la bibliothèque, ce qui est l’occasion d’une scène amusante, et qui nous éclaire sur les pratiques du prêt:.
Prenant un manuscrit, il y lut ces mots: «Liber B. Mariæ de Camberone, si quis eum abstulerit, anathema sit ». Pour lors, le religieux qui nous accompagnoit dit en riant: si tous ceux qui ont pris des manuscrits sont excommuniez, il y aura bien des jésuites excommuniez. À quoy le Jésuite répondit: vous nous les avez donnez. Ce qui pourroit bien être: car je suis persuadé qu’on met bien des vols de manuscrits sur le compte de ces révérends Pères, dont ils sont fort innocens, & j’ay trouvé dans certains monastères des manuscrits qu’ils avoient renvoyez avec leurs lettres d’avis du renvoy, quoiqu’on y conservoit encore le récépissé qu’ils avoient donné en les empruntant. Ceux qui trouveront ces récépissez ne manqueront pas de dire, sans examiner davantage, que ces pères ont retenu leurs manuscrits (III, 106-107).
Dom Martène se réjouit aussi de pouvoir découvrir certaines collections privées: le premier cabinet qu’il cite dans son livre est constituée par la bibliothèque de «Monsieur Baron» à Sens.
dans laquelle il y a quelques manuscrits, & entr’autres les lettres de Billius, une théologie de Jacques le Bossu, religieux de Saint-Denys, & le manuscrit sur lequel le P. Labbé a imprimé la chronique de Rouen (I, 63).
De même, à Dijon, les voyageurs sont heureux d’être reçus par les propriétaires de grandes collections privées. Ils découvriront plus tard avec intérêt le cabinet et les collections du baron de Crassier à Liège:
Nous passâmes l’après-dînée [il faut entendre: l'après-midi] chez monsieur le baron [Guillaume] de Crassier; nous y trouvâmes une excellente bibliothèque tant en livres imprimez qu’en manuscrits, grand nombre d’antiquitéz (II, 177).
Ils visitent aussi la collection de M. Louvrex, avant de quitter la ville pour poursuivre leur route vers l'Allemagne.
Vue de Liège, tirée de l'admirable "Carte de Ferraris", certes un petit peu plus tardive (1770-1776) (© BR de Belgique)
Enfin, ils remarquent que la ville de Troyes est l’une des premières du royaume à avoir accueilli une bibliothèque «publique»:
Le vaisseau de la bibliothèque des Cordeliers est plus beau & mieux fourni [que chez les Jacobins], elle est publique, & trois fois la semaine on l’ouvre à tous ceux qui veulent profiter de la lecture des livres (I, 93).
De fait, on sait que Jacques Hennequin (1576-1661), docteur et professeur de théologie en Sorbonne, avait en 1651 fait don de sa bibliothèque de 12 000 volumes (avec le mobilier: ais, tablettes et marchepieds) au couvent des FF MM de Troyes (Franciscains, alias Cordeliers), à condition que ceux-ci l’ouvrent au public trois jours par semaine. Un profès de la maison serait bibliothécaire, et Hennequin assure pour le financement une rente de 400 ll. par an. La bibliothèque est installée au premier étage de la chapelle de la Passion (qui est peut-être le lieu de la première bibliothèque des Cordeliers): voûte gothique de 7m de haut, 5 travées, dix croisées de chaque côté. Entre les croisées se trouvent des buffets couronnés de frontons et surmontés de vases. Le bâtiment a malheureusement été détruit en 1835. Les livres sont classés par formats.
Mais à Tournai aussi, la bibliothèque est «publique et fort bonne». Elle sera confisquée à la fin du XVIIIe siècle (elle est à l’origine de l’actuelle bibliothèque de la ville), en prévision de son expédition à la préfecture de Mons. On appréciera à sa juste valeur l’orthographe du responsable des opérations de rangement et d’expédition des livres...
 À la Bibliothèque de la Catadral il se trouvue quarante trois quesse de livres et cent soixante paquet (…). Sit jai une priaire avous faire cest seras de vourend a l’adminisstration pour fair acceleraix la reponce de la soumission que nous leur avon en voier si nous pouvons convenir nous chargerons sur le chan tous la biblotecde la catedral est sel de martain [et celle de [Saint-]Martin].
On estimera plus tard les quarante caisses à un poids de 5 tonnes…
La conférence poursuit l'enquête sur le Voyages littéraires des Mauristes, et sur leur apport à une meilleure connaissance de la théorie et de l'anthropologie des bibliothèques à l'aube du Siècle des Lumières. 

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

lundi 25 mai 2015

Séance foraine à Troyes (28 mai 2015)

Chers amis,
Juste un petit mot pour inciter les retardataires à s’inscrire à la séance foraine de Troyes jeudi prochain 28 mai 2015.
On peut s’inscrire à la présente adresse (frederic.barbier@ens.fr) jusqu’à mardi 26 mai au soir.
Très cordialement à tous
Clairvaux revisité, ou la salle des fonds anciens de la Médiathèque de Troyes, avec les rayonnages de Clairvaux...
Sur le cadre régional de la Champagne
http://histoire-du-livre.blogspot.fr/2015/05/la-champagne-portrait-historique-dune.html
Sur la bibliothèque des comtes de Champagne
http://histoire-du-livre.blogspot.fr/2015/05/lage-dor-de-la-champagne.html
Et, sur les livres de Clairvaux
http://histoire-du-livre.blogspot.fr/2015/05/en-champagne-la-spiritualite-de-saint.html

jeudi 21 mai 2015

L'âge d'or de la Champagne comtale

En découvrant la Médiathèque de Troyes à l'occasion de notre prochaine séance foraine (cliquer ici pour consulter le programme), nous aurons l'occasion de nous familiariser avec la brillante cour des comtes de Champagne aux XIIe et XIIIe siècles. Les comtes entreprennent en effet très tôt de constituer leur principauté en un ensemble autonome et administré avec soin. Ils soutiennent les fondations religieuses et leurs écoles, ils ont une action importante comme commanditaires et comme mécènes de textes et d'œuvres d'art, et ils réunissent une bibliothèque remarquable. Dans cette perspective, une figure majeure est celle du comte Henri le Libéral: pourtant, la trajectoire du comté de Champagne sera en définitive précocement interrompue par les alliances successives avec la dynastie capétienne, et par l'intégration dans le domaine royal.

En 1152, les successeurs de Thibault II le Grand, comte de Blois-Champagne, se partagent seigneuries et charges. Henri Ier le Libéral, né en 1127, est comte de Troyes; son frère, Thibault, reçoit quant à lui le comté de Blois; le cadet, Guillaume aux Blanches-Mains, fait carrière dans l’Église, comme évêque de Chartres (1165), puis archevêque de Sens (1168) et de Reims (1176), et cardinal (1179). C’est à lui que Pierre Le Mangeur (Petrus Comestor) dédicace son Histoire ecclésiastique dans les années 1170. Quant à la sœur, Adèle († 1206), elle a épousé en troisièmes noces le roi Louis VII († 1180), et elle est la mère de Philippe Auguste.
La Champagne constitue alors une principauté très puissante, bien administrée et riche (c’est la grande époque des foires), mais elle est aussi un des pôles de la Chrétienté. Lorsque le pape Alexandre III (vers 1105-1181) se réfugie en France pour se mettre à l’abri de l’empereur et des antipapes Victor IV et ses successeurs, il s’établit en effet à Sens (1163-1165), et c’est à Sens et à Pontigny que l’archevêque de Cantorbéry Thomas Beckett se réfugiera aussi un temps, avec son entourage de clercs (1164-1170). On sait que Jean de Salisbury, secrétaire de l’archevêque et lui aussi un intellectuel de très haut vol, succédera à Guillaume aux Blanches Mains au siège de Chartres (1176).
Henri le Libéral a lui-même bénéficié au château de Troyes d’une bonne formation, apportée par des précepteurs privés. Il lit bien le latin, il entretiendra une correspondance active avec de nombreux clercs de son temps, et il constitue une bibliothèque personnelle que nous connaissons relativement bien. Attentif à former une classe d’administrateurs compétents, il fonde un certain nombre de collégiales avec des écoles. La principale, consacrée à saint Étienne et établie en 1157 dans le palais comtal lui-même, a vocation à servir de chapelle palatine, et à devenir la nécropole dynastique. Elle accueille en outre, au premier étage, les archives et la bibliothèque comtales.
Bible des comtes de Champagne, MAT, ms 2391 (prov.: St-Étienne)
On a pu estimer cette bibliothèque à une cinquantaine de manuscrits, d’abord des historiens de l’Antiquité latine (Valère Maxime, Quinte Curce, Flavius Josèphe, Aulu Gelle...) mais aussi les Pères et docteurs de l’Église (Augustin, Jérôme, Isidore, Grégoire, etc.), sans oublier des auteurs plus récents, comme Hugues de Saint-Victor ou encore Pierre Lombard. Patricia Stiernemann souligne que le comte a été conseillé précisément pour faire recopier les versions les meilleures et les plus complètes des textes qu’il souhaitait, d’après des manuscrits figurant notamment dans des bibliothèques de Champagne méridionale. Les Anglais de l’entourage de Thomas Becket ont ici un rôle important.
Henri le Libéral a épousé Marie de France (1145-1198), fille aînée de Louis VII et d’Aliénor d’Aquitaine. La comtesse, qui pratique la lecture, goûte elle aussi aux textes et aux livres, mais avec des préférences autres, peut-être plus «modernes», que celles de son mari. Elle s’intéresse en effet à la «matière de Bretagne», entendons aux romans du cycle arthurien, et c’est elle qui commande à son clerc Chrétien de Troyes l'un au moins des grands romans de la Table ronde, le Chevalier à la charrette (Lancelot). Elle fait aussi traduire la Genèse en langue romane, et possède un certain nombre de manuscrits à caractère religieux, l’ensemble étant rangé, au château, dans une «armaire» (armoire).
Dans les faits, une partie des manuscrits du comte passera dans le trésor de la collégiale, ce qui a assuré leur conservation lors de la Révolution, et ce qui explique qu’ils soient, aujourd’hui encore, conservés dans les fonds de la Médiathèque de Troyes. Parallèlement, la ville est le siège d’une activité de copie et de peinture de manuscrits destinés à la clientèle de la cour. Une autre importante collection de livres y est celle du chapitre cathédral, qui fera reconstruire sa bibliothèque en 1477-1480: cette salle de la «Théologale» (parce que l’on y dispensait aussi les cours de théologie) accueille les manuscrits enchaînée, et elle est décorée de vitraux dont le célèbre «rondel de Nicolas de Lyre» aujourd’hui présenté au Musée du vitrail. 
Le "Rondel de Nicolas de Lyre" (Troyes, Musée du vitrail)

Alors que les alliances se sont multipliées entre la dynastie des comtes de Champagne et celle des rois Capétiens, alors aussi que les comtes sont devenus par héritage rois de Navarre (1199), la Champagne indépendante disparaît définitivement à la suite du mariage de la reine Jeanne de Navarre († 1305) avec le futur Philippe le Bel en 1284… Quant au palais comtal et à la collégiale Saint-Étienne, ils seront détruits au début du XIXe siècle.

mercredi 20 mai 2015

La Champagne: portrait historique d'une province

La traditionnelle séance foraine de la Conférence d'Histoire et civilisation du livre se déroulera le 28 mai prochain à la Médiathèque de l'Agglomération troyenne (détails ici). Nous inaugurons aujourd'hui la publication de quelques billets destinés à introduire à cette journée.

La Champagne est une région connue de partout, mais qui paradoxalement reste difficile à situer avec précision: la désignation elle-même est indécise, puisque la «champagne» (campagne) désigne une «vaste étendue de plat pays (…). La campagne par excellence est d’ailleurs la Beauce ou la Champagne» (Robert historique). À l’étranger, le mot est surtout répandu à cause du vin, la capitale «du» Champagne étant bien évidemment Reims.
La caractéristique première de la Champagne est de constituer la marche orientale du Bassin Parisien. Les deux principales vallées qui la parcourent sont celles de la Seine et de la Marne, avec leurs grands affluents, l’Aisne, puis l’Aube et l’Yonne vers le Sud. Son réseau fluvial fait de la Champagne  un espace de convergence, qui débouche à la fois vers la Manche (bassin de la Seine), vers la mer du Nord (bassins de la Meuse et de la Moselle) et vers la Méditerranée (bassin du Rhône). À hauteur de Saint-Seine l’Abbaye, la distance entre l’Oze (sous-affluent de la Seine) et la Suzon (sous-affluent de la Saône) est au plus de 2km… 
Nous sommes, logiquement, sur des routes commerciales très anciennes entre la Méditerranée et l'Europe du nord-ouest, comme en témoigne la découverte du trésor de Vix en 1953 près de Châtillon-s/S. La province est parcourue d’itinéraires romains de première importance, décrits par la Table de Peutinger. De Lyon, capitale des Gaules, la via Agrippa traverse Chalon-s/Saône (Cabilionum), avant d’atteindre Langres (Andemantunum), dans un site fortifié remarquable tout proche des sources de la Marne. Reims (Durocortorum) et Troyes (Augustobonum) sont sur les itinéraires du nord, tandis que la route de la Seine passe notamment par Sens (Agendincum). Le troisième itinéraire majeur est celui de la Moselle en direction de Metz (Durimedium Matricorum), de Trèves (Augusta Trevirorum) et de la vallée du Rhin (Mayence/Mogontiacum).
Un puissant oppidum fortifié: Langres
Le rôle de cette véritable dorsale de l’empire romain d’Occident se retrouve dans la géographie ecclésiastique et politique: Lyon est la primatiale des Gaules, de même que Mayence sera celle de Germanie (son archevêque-électeur est aussi archichancelier d’Empire); Langres est le siège d’un évêché dont le titulaire porte les titres de duc et pair du royaume; Sens est la capitale d’une province romaine stratégique, et sera plus tard la métropole de Paris; Reims, également archevêché, sera la ville du sacre royal; Metz est, à l’époque mérovingienne, la capitale du puissant royaume d’Austrasie; quant à Trèves, elle est un temps capitale de l’Empire romain d’Occident, et sera le siège d’un des trois archevêques électeurs du Saint-Empire.
Ces mêmes routes seront en partie celles suivies, au XIe siècle, par les communautés juives remontant du sud (rappelons que Troyes est la ville de Rachi), et c’est encore cette position qui fera la fortune des foires de Champagne, aux XIIe et XIIIe siècles. 
Dans ce schéma, Troyes (Augustobonum) reste pourtant relativement secondaire: la vallée de la Seine constitue un environnement marécageux peu propice au peuplement. Mais les grandes routes sont aussi les routes de la christianisation, et l’église de l’évêque, future cathédrale, s’élève au milieu du IVe siècle au sein de la ville fortifiée du Bas-Empire: pour reprendre la comparaison classique entre le plan de la ville actuelle et la silhouette d’un bouchon de Champagne, nous sommes ici dans la «tête» du bouchon dont la ville commerçante et bourgeoise occupera le corps. Après la chute de l'Empire, Augustobonum prend le nom de Tricassium, alias la cité des Tricasses, la peuplade gauloise de la région. Le principal pouvoir y est, à l’époque mérovingienne, celui de l’évêque.
Un pouvoir concurrent monte pourtant en puissance à l’époque carolingienne, celui de l’administrateur impérial, le comte (comes): selon le schéma général, la dévolution du pouvoir aux comtes débouchera sur l'affirmation des grandes dynasties féodales –dont celle des futurs comtes de Champagne. À la même époque, la vallée de la Meuse marque peu ou prou, la limite de la Francia occidentalis, et celle de la province de Champagne (partage de Verdun, 843). Alors que les invasions normandes ruinent le pays à la fin du IXe siècle, la personne du comte rteprésente le recours ultime permettant de se défendre.
Une ville en forme de bouchon de Champagne: Troyes au XIXe s.
La première dynastie comtale est liée à la puissante famille de Vermandois, dont certains membres sont, au Xe siècle, archevêque de Reims, comte de Meaux ou encore comte de Troyes. Le comte Hugues de Champagne (1093-1125) est le premier à faire de Troyes sa capitale permanente. Le palais comtal y est désormais le centre du pouvoir: il a été détruit sous la Révolution, mais il se dressait, avec l’ancienne collégiale Saint-Étienne, à l’emplacement de l’actuelle place du Préau.
Il est inutile d’entrer dans les détails de la généalogie comtale, des rapports entre les comtés de Blois et de Champagne, et de ceux entre les comtes et leurs voisins et concurrents de la dynastie capétienne. Les comtes Thibault II le Grand (1125-1152), Henri Ier le Libéral (1152-1181) et, plus tard, Thibault IV le Chansonnier (1222-1253), sont des personnalités particulièrement remarquables, souvent très pieuses, mais aussi tournées vers les curiosités intellectuelles et littéraires. Nous reviendrons dans notre prochain billet sur l'ancienne bibliothèque des comtes de Champagne autrefois conservée à la collégiale Saint-Étienne de Troyes, et aujourd'hui, en partie, à la Bibliothèque de cette ville (cliquer ici).

vendredi 15 mai 2015

Conférences d'histoire du livre


École pratique des hautes études, IVe section 
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 18 mai 2015, 16h-18h
Troyes, la Champagne et les livres: introduction à la séance foraine
par
Monsieur Frédéric Barbier, directeur d'études

La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des Hautes Études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage, salle 115). 

Accès les plus proches (250 m. à pied)
Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare.
Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64.


SEANCE FORAINE,
JEUDI 28 MAI 2015:
LA MEDIATHEQUE DE L’AGGLOMERATION TROYENNE ET SES COLLECTIONS
 
Vitrail de la vie de saint Éloi, Troyes, église Ste-Madeleine
La traditionnelle séance foraine organisée à titre privé par la conférence d’Histoire et civilisation du livre (École pratique des Hautes Études) se déroulera à Troyes le jeudi 28 mai prochain. Nous avons rendez-vous à la Médiathèque de l’Agglomération troyenne (MAT, 7 rue des Filles-Dieu) à 10h30. Grâce à l’obligeante disponibilité de nos collègues conservateurs sur place, nous pourrons découvrir le bâtiment même de la MAT, la galerie reconstituée de l’ancienne bibliothèque des cisterciens de Clairvaux, l’exposition «1000 ans de livres à Troyes» et un certain nombre de pièces exceptionnelles conservées dans le fonds ancien de l’établissement. Les collections patrimoniales de Troyes sont placées sous la responsabilité de Monsieur Pierre Gandil, directeur adjoint de la MAT.


Programme
Le programme prévisionnel est le suivant:
10h30 Rendez-vous à la MAT. Accueil par Monsieur Pierre Gandil, et présentation de l’établissement.
10h30-12h45 Présentation de manuscrits, par Madame Anne-Marie Turcan-Verkerk, directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études, et les conservateurs de la Médiathèque.
13h Déjeuner. Selon l’habitude, nous nous efforcerons d’organiser un repas en commun dans une brasserie à proximité.
14h30 Présentation d’imprimés, par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études, et les conservateurs de la Médiathèque.
16h30 Conclusion de la journée.
 
Collections de Troyes
Rappelons ici que les collections anciennes conservées à Troyes sont parmi les plus riches de France: il s’agit notamment de manuscrits de l’ancienne bibliothèque des comtes de Champagne, de l’essentiel de la bibliothèque de Clairvaux, des livres d’un certain nombre de collectionneurs dont les plus connus sont les membres de la dynastie dijonnaise des Bouhier, sans oublier, bien évidemment, les ouvrages représentatifs de la célébrissime «Bibliothèque bleue de Troyes».
Rappelons aussi qu’il serait dommage de quitter Troyes sans parcourir les rues de la ville ancienne, très largement reconstruites après le grand incendie de 1524: nombreuses maisons du XVIe siècle à colombages et hôtels Renaissance, outre, bien évidemment, les édifices majeurs que sont la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul, les autres églises, et les musées (dont le Musée de l’Outil et de la Pensée ouvrière, qui est un musée du compagnonnage, abrité dans le très bel hôtel de Mauroy). La cathédrale et plusieurs églises de Troyes possèdent des ensembles exceptionnels de vitraux des XIIIe-XVIe siècles (cf cliché: saint Éloi apprend à lire).

Horaires de train
Nous indiquons ci-après, à titre informatif, les horaires des trains entre Paris et Troyes
Paris (Gare de l’Est) 6h42 (Troyes 8h14). 7h42 (9h13). 8h43 (10h12).
Troyes 17h12 (Paris Est 18h46). 18h12 (19h46). 19h20 (20h46).
Attention: ces horaires sont donnés sous toutes réserves et doivent être contrôlés. La MAT est située à environ 800 m. de la gare de Troyes.

Participation à la journée
La participation est libre et gratuite. Il convient cependant de s’inscrire par courriel, en écrivant à l’adresse suivante : frederic.barbier@ens.fr, avant le lundi 23 mai. On est prié de préciser si l’on ne souhaite pas participer au déjeuner. Tous les renseignement éventuels sont donnés à la même adresse.

vendredi 1 mai 2015

Conférences EPHE

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Programme des conférences,
mai et juin 2015


4 mai (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
14h-16h Histoire de l’édition pédagogique au XVIIIe siècle, par Madame Emmanuelle Chapron, chargée de conférences
16h-18h Bodoni, l’éditeur et le « politicien », de l’Europe des Bourbon à la France napoléonienne, par Monsieur Pedro M. Catedrá, directeur d’études invité étranger

11 mai (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
16h-18h À la recherche de la perfection. Le point de vue technique: rivalité typographique et éditoriale avec Baskerville et conflit avec les Didot, par Monsieur Pedro M. Catedrá, directeur d’études invité étranger

18 mai (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
16h-18h Troyes, la Champagne et le livre: introduction à la séance foraine, par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études

25 mai
Pas de conférence (lundi de Pentecôte)

28 mai (Médiathèque de Troyes)
Séance foraine : la Médiathèque de Troyes. Cette séance (participation libre, mais sur inscription) fera l’objet d’un programme séparé. Les commentaires des volumes présentés seront notamment assurés par Madame Anne-Marie Turcan-Verkerk et par Monsieur Frédéric Barbier, directeurs d’études.
L’année 2015 est marquée par le neuf-centième anniversaire de la fondation de Clairvaux: avec 1450 manuscrits subsistants auxquels s’ajoutent quelque 400 incunables et imprimés au début du XVIe siècle, le fonds de Clairvaux est le premier fonds médiéval français. Il a fait l’objet d’un travail d’inventaire poussé en 1472, à la demande du principal abbé de Clairvaux au XVe siècle, Pierre de Virey. La majeure partie de ces manuscrits est aujourd’hui conservée par la Médiathèque du Grand Troyes. Ce fonds prestigieux a été inscrit au registre Mémoire du Monde de l’UNESCO en 2009.

1er juin (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
16h-18h Histoire d’un imprimeur, du XVe au début du XIXe siècle (4), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études

8 juin (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
16h-18h Histoire d’un imprimeur, du XVe au début du XIXe siècle (5), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études

15 juin (EPHE, 190 ave de France, 1er étage)
16h-18h Conclusion de la conférence: Histoire d’un imprimeur, du XVe au début du XIXe siècle (6), par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études