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lundi 10 septembre 2018

Près de Paris: un vestige d'une ancienne bibliothèque

Au nord de Paris au tournant du XIe au XIIe siècle, Chaalis est situé dans un environnement de bois et de cours d’eau, auquel fait d'ailleurs référence le nom de la commune actuelle, Fontaine-Chaalis. Mais Chaalis est aussi à proximité de plusieurs possessions royales, des domaines ruraux, et surtout la ville de Senlis et son palais royal (rappelons que Senlis voit l’accession d’Hugues Capet au trône royal, en 987).
Vue générale (cliché Institut de France): à gauche, la chapelle de l'abbé; au centre, les vestiges de l'église et du cloître; à droite, le château-musée
Un moulin y est d’abord exploité, avant la fondation d’un prieuré bénédictin, lequel est rattaché à l’ordre de Cîteaux en 1127, puis érigé en abbaye indépendante dix ans plus tard. La nouvelle maison est protégée par le roi, et elle reçoit des dons nombreux et importants de la part de la famille et de l’entourage du capétien, et des seigneurs locaux (comme les Bouteillier de Senlis), au point de devenir rapidement une puissance: près d’une vingtaine de «granges» (dont certaines, très belles, conservées aujourd’hui), correspondant à des exploitations agricoles incluant des activités artisanales (pressoirs, moulins, etc.), et plusieurs hôtels en ville, dont l'un à Paris.
C’est l’abbé Guillaume du Donjeon, ancien prieur de Pontigny et futur archevêque de Bourges, qui lance à la fin du XIIe siècle un vaste chantier de construction, avec divers bâtiments organisés autour de la nouvelle église, Celle-ci est élevée en style gothique, et consacrée dès 1219 (peut-être avant même l'achèvement du chantier). Le grand cloître lui est adossé au nord, avec ses quatre galeries et, au premier étage, le vaste dortoir donnant directement sur le bras nord du transept.
L'armarium de Chaalis
Chaalis est le siège d’une activité intellectuelle très importante, comme en témoignent le catalogue du XIIe siècle (Bibliothèque de l’Arsenal, ms. 351, f. 123-127) et nombre de manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale de France et dans un certain nombre d’autres établissements, notamment par le biais du fonds de Saint-Martin-des-Champs. Plusieurs moines, prieurs ou abbés ont par ailleurs laissé un nom, dont le plus célèbre est probablement Guillaume de Diguleville, auteur du Pèlerinage de la vie humaine.
Ce n’est pas ici le lieu de résumer l’histoire de l’abbaye de Chaalis, mais de signaler un vestige archéologique rare, et qui intéresse l’historien du livre. En effet, alors que ne subsistent que des ruines de l’ancienne abbaye, les vestiges du grand cloître présentent, au début de la galerie est, une double niche jumelle en plein cintre. Cette niche correspond à l’ancien armarium destiné à abriter les livres liturgiques et ceux servant à la lectio divina: il s’agit d’une sorte de placard ménagé dans l’épaisseur du mur, et dont les vestiges présentent les rainures destinées à accueillir deux tablettes supportant les manuscrits (il y a donc trois niveaux de rangement), et les traces des anciens gonds des volets permettant la fermeture (à gauche sur le cliché). La localisation de l'armarium entre la salle capitulaire et l'église est évidemment la plus commode.
Outre celui de Chaalis, plusieurs autres armariums sont aujourd’hui connus en France (Bonport, l’Escale-Dieu / Escaladieu, Fontenay, prieuré Saint-Maurice de Senlis, etc.), et à l’étranger. Rappelons pour finir que Chaalis est une propriété de l'Institut de France, à qui le domaine, les bâtiments et les collections du Musée ont été légués par Madame Jacquemart-André à sa mort en 1912.

mardi 15 août 2017

La vallée bénédictine

Sur la Loire et sur ses rivières affluentes, nous sommes dans un haut-pays du monachisme occidental, et tout particulièrement de l’ordre bénédictin. La commémoration de la naissance de saint Martin de Tours, en 2016, nous donne l'occasion de revenir sur une facette très importante de notre paysage culturel.
Nous voici d’abord à Tours, la ville de saint Martin, et l’une des capitales de l’Église des Gaules et de France. Martin naît en 316 en Pannonie (Szombathely), dans la plaine de l'actuelle Hongrie. Comme son père, c’est un militaire, qui est en Gaule pour y accomplir son service. C’est là qu’il se convertit définitivement, et qu’il rejoint en 356 l’évêque de Poitiers, saint Hilaire. Il fonde aux portes de la ville une petite communauté régulière, à Ligugé, mais sa réputation est telle que les habitants de Tours l’élisent comme leur évêque (371).
Saint Martin n’abandonne pas pour autant la vie érémitique, et il se retire volontiers dans des grottes au-dessus de la rive droite de la Loire. Pourtant, là aussi, son renom est tel qu’il est bientôt imité par des dizaines de disciples, qui s’installent dans les grottes du coteau et dans des cabanes: c’est l’origine de Marmoutier (< majus monasterum, le grand monastère).
Si le christianisme a tôt pénétré la Gaule à partir de la côte méditerranéenne et de la vallée du Rhône, il est resté d'abord une religion pratiquée dans les centres urbains, et par les élites. Les campagnes sont en retrait, et c’est précisément en faveur de leur évangélisation que se déploie l’activité principale de saint Martin. Il décède d’ailleurs au cours d’une visite pastorale, en 396, dans le village de Candes, sur la rive gauche de la Loire –mais les habitants de Tours viendront s’emparer de la dépouille pour lui donner une sépulture dans leur ville.
Candes Saint-Martin, port des bords de Loire.
Son successeur au siège épiscopal fera élever une petite chapelle sur son tombeau, où l’évêque Perpetuus (461-491) entreprendra la construction d’une basilique. Il s’agit de faire de Tours l’une des capitales religieuses de la Gaule, en exaltant le rôle de son apôtre et en organisant sa sépulture comme un centre de pèlerinage. L’abbaye Saint-Julien de Tours est quant à elle fondée par l’évêque Grégoire de Tours autour de l'année 575.
Le monachisme est né en Orient, d'abord sous la forme de l'érémitisme (le moine est seul, selon l'image de l'ermite dans le désert), puis du cénobitisme (les ermites se rassemblent pour constituer une communauté, qui va se doter de règles de vie). L’essor de sa pratique en Gaule se fait par le biais de processus divers de transfert à partir de la Méditerranée orientale. La donne change au VIIe siècle, avec l’intervention d’une personnalité exceptionnelle, celle de saint Benoît: certes, l'action de saint Benoît se déploie dans la péninsule italienne, mais, paradoxalement, la région de la Loire occupe aussi une place essentielle dans la tradition bénédictine à l’époque mérovingienne.
Remontons en effet le fleuve depuis Tours sur une centaine de kilomètres, et nous rencontrons le souvenir du fondateur du monachisme d’Occident lui-même. Né en Ombrie (vers 485), d’abord étudiant à Rome, puis retiré comme ermite dans les collines du Latium (près de Subiaco, localité bien connue des historiens du livre), Benoît décédera vers 547 dans son monastère du Mont-Cassin. Pour les Chrétiens d’Occident, il est considéré comme le fondateur de la tradition monastique: sa Règle fixe les trois services auxquels le moine se consacrera quotidiennement, le service de Dieu, le travail manuel et les tâches intellectuelles –la lecture et la méditation de la Bible, des Pères et des auteurs spirituels.
Le Mont-Cassin a été détruit par les Lombards à la fin du VIe siècle, et il est tombé en décadence. L’abbaye de Fleury-s/Loire, légèrement en amont d’Orléans, a été fondée en 630, et elle se trouve bientôt à la tête d’un patrimoine important. L'abbé Mommole, venu au Mont-Cassin vers 670, y redécouvre le tombeau de saint Benoît et en fait transporter les reliques dans son abbaye – aujourd’hui, Saint-Benoît-s/Loire.
Fleury-s/Loire
La tradition veut que le disciple le plus proche de saint Benoît, saint Maur († vers 584), ait dans l’intervalle été envoyé en Gaule pour y diffuser la règle bénédictine, et qu’il y ait fondé le premier monastère bénédictin: et nous voici à nouveau immédiatement sur le fleuve, à Glanfeuil (actuelle commune de Le Thoureil), sur le site d’une ancienne villa gallo-romaine.
Comme on le sait, la figure de saint Maur inspirera bien plus tard une nouvelle Congrégation bénédictine fondée au tout début du règne de Louis XIII (1618): le rôle des Mauristes est fondamental pour la science historique en général, mais d'abord pour tout ce qui concerne les archives, les manuscrits et les imprimés anciens. 
Glanfeuil.
Dans l’immédiat, la diffusion de la règle de saint Benoît vient surtout d’une volonté politique, lorsque les souverains carolingiens travaillent à réformer l’Église et décident pour ce faire de généraliser la règle dans les abbayes et monastères de l’empire. Rien de surprenant si les fondations bénédictines, abbayes et prieurés, se multiplient dans la région, et si elles y jouent un rôle considérable dans la diffusion de la civilisation du livre: voici Marmoutier, l’une des plus riches abbayes de la France d’Ancien Régime; Saint-Martin de Tours, dont Alcuin lui-même sera abbé au tournant du IXe siècle; voici encore, en remontant les rivière de l'Indre et de l’Indrois, Cormery, fille de Saint-Martin à la fin du VIIIe siècle; un peu plus haut encore, et nous arrivons à Villeloin, fondée au IXe siècle d’abord comme fille de Cormery, devenue abbaye de plein droit en 965. La route bénédictine se poursuit à Preuilly, fondée au tournant du XIe siècle (1001), après laquelle nous entrons dans le diocèse de Poitiers. Vers le sud, c'est Ligugé, déjà mentionné, et, vers le nord, ce sont les grandes fondations du Mans (Saint-Vincent et La Couture), et l'abbaye fondée vers 1010 à Solesmes, non loin de Sablé-s/Sarthe.
Rien de surprenant non plus si cette densité de maisons religieuses s’accompagne d’une grande richesse en bibliothèques, tant pour les manuscrits que pour les livres imprimés. Les collections aujourd’hui conservées, et qui proviennent pour l’essentiel des confiscations de l’époque révolutionnaire, restent là pour nous en porter témoignage, malgré les pertes et destructions qui ont pu se succéder au cours des âges...

mardi 11 avril 2017

Le 700e billet. Comment fonctionne le temps caractéristique?

Dans notre dernier billet, nous avons proposé d’articuler les différents systèmes des médias ayant fonctionné à travers l’histoire occidentale (du Moyen Âge à la révolution gutenbergienne, à la librairie d’Ancien Régime, à la librairie de masse puis aux médias contemporains et enfin aux nouveaux médias) par leurs rapports différents avec le temps. La catégorie du «temps caractéristique» désigne, pour chaque stade d’évolution, le délai nécessaire à l’accomplissement d’un cycle conduisant de l’élaboration du message à son appropriation. Et nous avons posé comme axiome que ce délai diminuait progressivement, selon que passait d’un système à l’autre.
Cette perspective amène à faire un certain nombre d’observations, dont la première porte sur le fait que chaque époque voit se juxtaposer des temps caractéristiques différents (nous l'avons déjà signalé), et que cette juxtaposition se complexifie au fil des siècles. Dans la société d’Ancien Régime, le monde rural rassemble la grande majorité de la population, et cette société, pratiquement exclue des médias écrits, fonctionne dans un «temps» que l’on décrira comme traditionnel –le temps du jour et de la nuit, celui des saisons et celui de l’année liturgique (éventuellement traduit sous la forme d’un calendrier, éventuellement dans un almanach). Encore à la fin du XVIIIe siècle, et alors que l’économie globale des médias a profondément évolué, cette géographie est encore celle de la Grande Peur, des bruits incontrôlés qui se propagent, désormais en quelques semaines ou en quelques jours, d’une communauté à l’autre, et qui partout sèment l’effroi.
Horloge de St-Sébald, Nuremberg, 1ère moitié du XVe s.
 (2)
Revenons au XVe siècle, mais en ville. L’échelle du temps caractéristique change déjà profondément: les correspondances se multiplient et s’accélèrent, les informations circulent plus facilement, tandis que les fonds de bibliothèques y sont le cas échéant plus accessibles, d’abord dans les écoles, collèges et universités, puis progressivement aussi auprès des personnes privées. Dans certains cas privilégiés, nous connaissons l’existence de structures de fabrication et de distribution des livres, les ateliers de scribes et les librairies. Selon les niveaux (qui renvoient aussi à la hiérarchie sociale), le temps caractéristique change, de quelques semaines (voire quelques jours) pour la circulation des nouvelles à quelques mois ou, souvent, quelques années, pour celle des textes nouveaux. De manière symbolique, les premières horloges publiques sont mises en place dans certaines villes particulièrement avancées (1).

Une des conséquences les plus évidentes réside dans le rôle de la structure démographique par rapport à l’économie des médias: là où la densité de population est plus forte, là où le réseau des villes petites ou moyennes est plus serré (par exemple, dans la vallée du Rhin, ou encore dans les «anciens Pays-Bas», etc.), l’ampleur du temps caractéristique tend à diminuer. Le développement de réseaux de communication plus efficaces joue aussi un rôle décisif, à une époque où la circulation des contenus (textes, images) est nécessairement corrélée avec le déplacement physique des hommes, à pied, à cheval ou par voie de mer. Conséquemment, la maîtrise d’un temps caractéristique plus étroit apparaît comme un élément du pouvoir, de la distinction ou plus généralement de la domination (de la richesse).
Bien évidemment, l’irruption de la typographie en caractères mobiles déplace les conditions de fonctionnement de l’ensemble du système. Les délais de fabrication sont diminués, alors même que le nombre d’exemplaires produits change radicalement d’échelle. Plus encore, la mise en place rapide de nouvelles procédures de distribution accélère la vitesse de circulation: en quelques mois, les «voyageurs» de Mentelin ou de Schoeffer font circuler l’information concernant les nouveaux titres, que les acheteurs éloignés de plusieurs centaines de kilomètres peuvent se procurer –et se procurent effectivement, comme le montre l’étude des particularités d’exemplaires des incunables et post-incunables.
De même, la multiplication des contrefaçons, qui sortent parfois à échéance de quelques mois seulement après l’original, accélère encore le rythme, puisque le texte est déjà écrit, puisque son calibrage a été effectué, et puisque l’on peut toucher une autre population, dans une autre géographie. Johann Bergmann donne le Narrenschiff à Bâle en mars 1494 (la date précise est sans doute fictive), et le livre est reproduit dès le 1er juillet suivant par Peter Wagner à Nuremberg. Un exemple célèbre de la réduction du temps caractéristique nous est encore donné par l’édition du Novum Instrumentum d’Érasme, terminée par Froben à Bâle le 25 février 1516. Six mois plus tard, fin août, Budé reçoit un exemplaire de l’ouvrage, qu’il dévore d’une traite, fasciné qu’il est par la nouveauté du projet.
Dans ce tournant des XVe-XVIe siècle, alors que nous avons déjà clairement changé de rythme, l’invention de l’économie des Flugschriften impulse à la mutation une dynamique encore plus forte, et décisive. Notre prochain billet reviendra sur ce phénomène fondateur, et sur ses conséquences. 

1) Gerhard Dohrn van Rossum, «The diffusion of the public clocks in the cities of late medieval Europe, 1300-1500», dans La Ville et l’innovation en Europe, 14e-19e siècles, Paris, 1987, p. 29-43.
2) GNM, Wl 999. Le musée présente aussi un certain nombre d'horloges de table ayant appartenu à des personnalités de premier plan, dont l'Empereur lui-même.

dimanche 5 février 2017

Noyon, de Clovis à Calvin

Ouvrons le billet d’aujourd’hui par un petit clin d’œil: il est, dit-on, assez rare qu’un Parisien fasse l’ascension de la Tour Eiffel, encore plus si d’aventure il est domicilié dans le VIe arrondissement de la capitale. De la même manière, on peut être historien du livre et des bibliothèques, à Paris, et n’avoir jamais eu l’occasion de faire, depuis des années, l’excursion de Noyon
…Noyon, cette petite ville du département de l’Oise, à 110 km environ de la capitale, possède pourtant le seul bâtiment de bibliothèque en France conservé en l’état depuis le tout début du XVIe siècle, et abritant toujours des livres.
L’excursion de Noyon est aussi, comme toujours, une excursion dans le temps, qui nous fait toucher plusieurs phénomènes. Après avoir traversé le pays de «France», puis la forêt de Chantilly, nous touchons la rivière d’Oise à Creil. Nous en remonterons la vallée, sur sa rive droite, d’abord jusqu’à Compiègne, pour gagner ensuite Noyon.
Premier phénomène: nous sommes dans une région intimement marquée par l’histoire de la Basse Antiquité et du haut Moyen Âge. La ville de Noyon est connue «seulement» depuis le Ier siècle (Noviomagus), comme marquant une étape sur le grand itinéraire romain de Boulogne et d’Amiens à Reims. La richesse du plat pays, un artisanat actif (tanneries, poteries, carrières de pierre, etc.) alimentent le marché local, mais surtout la situation sur un itinéraire majeur et la proximité de la rivière favorisent les activités de commerce. De grands domaines ruraux (villae) ont été découverts à proximité immédiate de la ville antique. C'est le pays (pagus) des Viromandi, un peuple «belge» dont le nom perdure à travers celui du village de Vermand, près de Saint-Quentin.
Mais Noyon est relativement proche des frontières du nord-est, dans une région où l’insécurité se fait de plus en plus sensible, au IIIe siècle, face à la poussée des peuples venus de Germanie. La ville jusqu’alors ouverte se rétracte  derrière une enceinte fortifiée enserrant une superficie très réduite, quelque 2,5 ha, et appuyée sur des tours. Les Francs sont de longue date installés sur le Rhin, avant de glisser vers le sud, pour s’établir d’abord autour de Tournai puis, lorsque l’Empire romain d’Occident disparaît définitivement (476), dans tout le pays au nord de la Somme. Alors que l’Église chrétienne, dirigée par les évêques, se substitue à l’Empire pour assurer les cadres de la société, Clovis, descendant de la dynastie régnante, fonde la nouvelle dynastie royale, se convertit et se fait baptiser, probablement à Reims.
Cathédrale de Noyon: les vestiges du cloître
Le roi des Francs en tire un immense prestige: il fait figure de «nouveau Constantin», et assure sa main mise sur l’Église. À Noyon, nous sommes précisément au cœur du pays franc. Les descendants des premiers rois sont notamment établis à Soissons et dans plusieurs palais proches, dont Quierzy, Compiègne ou encore Verberie: cette proximité a certainement joué un rôle dans la désignation de la ville comme siège épiscopal. L’évêque Médard s’y établit en 531, tandis qu'un siècle plus tard, l’évêque Éloi (Eligius, évêque de 640 à 659) est l’un des principaux personnages de la cour de Dagobert Ier. L’importance du siège épiscopal est telle que deux fondateurs de nouvelles dynasties royales se feront couronner à la cathédrale de Noyon: Charlemagne en 768, puis Hugues Capet en 987.
Le deuxième phénomène concerne l’organisation politique et topographique de la cité médiévale. Alors que le pouvoir royal est entré en décadence, l’essor économique des XIe-XIIIe siècles donne à Noyon un développement nouveau. Profitant de sa position marginale par rapport à la royauté capétienne, l’évêque reçoit les titres de comte et de pair de France, combinant ainsi le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel féodal. La ville s’est alors étendue, elle compte dix paroisses et une nouvelle enceinte doit être élevée, qui enferme toute la superficie de l’ancienne ville romaine. Plus ou moins en concurrence avec l’évêque-comte, de nouveaux pouvoirs tendent aussi à monter en puissance: celui du chapitre cathédral (60 chanoines, davantage qu’à Notre-Dame de Paris), et celui de la ville (une charte de commune lui est accordée par l’évêque en 1108)...
Cette juxtaposition de pouvoirs différents se donne à lire dans la topographie urbaine. La nouvelle cathédrale est entreprise en 1148, au cœur du quartier épiscopal enfermé dans le tracé du premier rempart. Ce quartier rassemble les clercs, les administrateurs ecclésiastiques et leurs serviteurs. Adossé au flanc nord de la cathédrale, le cloître et les bâtiments du chapitre sont élevés au milieu du XIIIe siècle (grande salle capitulaire, officialité, réfectoire, cellier, etc.), tandis que les maisons des chanoines se déploient en rayonnant autour du nouveau parvis. Au-delà, c’est la ville «bourgeoise», celle des artisans et des commerçants, qui peuplent les autres quartiers: au moins depuis la fin du XIIIe siècle, la place principale du Grand marché accueille l’Hôtel-de-ville et elle est surmontée par le beffroi.
Et voici le troisième et dernier point, qui nous fera toucher, à travers un itinéraire familial, la problématique de l'«exceptionnel normal»: Gérard Cauvin, né à Noyon dans les années 1466, est précisément l’une des figures principales de l’administration de l'évêché, comme notaire apostolique et procureur fiscal. La maison familiale s’élevait sur la place du Marché au blé, à 150 m. de la cathédrale, à l’ombre de laquelle Jehan Cauvin naît le 10 juillet 1509. En ce tournant du XVIe siècle, quoi de plus logique, pour un administrateur ecclésiastique de haut rang, que d’assurer la carrière de son fils en l’orientant vers l’Église? L’influence paternelle permet au tout jeune homme de recevoir un bénéfice, comme titulaire de l’autel Notre-Dame de la Gésine, dans la cathédrale même. Puis, à douze ans, Jehan est envoyé à Paris, pour y poursuivre des études de théologie d’abord au collège de la Marche, sur la Montagne Sainte-Geneviève, puis au collège de Montaigu. Il est reçu maître ès-arts en 1528.
La carrière de Cauvin prend pourtant une direction toute différente lorsque son père, dont les relations avec les autorités religieuses de Noyon se sont apparemment dégradées, décide de l’orienter vers une formation juridique. La pratique est dans l’air du temps, l’avenir des jeunes gens appartenant à des familles aisées mais sans «naissance» sera assuré par une compétence qui leur permettra d’entrer dans les bureaux et d’y obtenir, notamment au service du roi, mais aussi d'un grand, une fortune parfois considérable. Et voici le jeune homme parti en 1528 pour le centre principal de la formation juridique dans le royaume, l’université d’Orléans. Il y suit les cours du célèbre Pierre de l’Estoile, mais il y découvre aussi le principe du recours aux textes originaux (ad fontes), et il y rencontre des maîtres et des camarades, comme Melchior Wolmar ou encore Théodore de Bèze, qui le pousseront sur des voies complètement nouvelles sur le plan de la foi.
En 1533, Cauvin est reçu docteur en droit à Orléans, mais l’année suivante, il résigne ses bénéfices ecclésiastiques, et sera bientôt connu sous la forme francisée du nom latin, Calvinus, qu’il emploie usuellement: Jean Calvin, qui mourra à Genève en 1564.
Noyon: la bibliothèque du chapitre (bâtiment de 1506, mais aménagements intérieurs du XVIIe siècle)
Une incise en forme d'excuse: le jeune Calvin a connu, dans sa ville natale, le bâtiment pour lui familier de la nouvelle bibliothèque capitulaire, contiguë au Trésor et achevé trois ans à peine avant sa naissance. Réservons-nous d'y revenir.

Note de bibliographie: Michel Reulos, «Les attaches de Calvin dans la région de Noyon», dans Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, 110 (juill.-sept. 1964), p. 193-201.
Article sur l'histoire de Noyon, surtout pour les périodes les plus anciennes.

dimanche 25 septembre 2016

Bibliographie espagnole (1)

La revue (annuaire) Titivillus est publiée depuis 2015 par l’université de Saragosse, et elle s’impose comme titre de référence pour l’histoire du livre (manuscrit et imprimé), notamment en Espagne. La deuxième livraison est récemment parue:
Titivillus. Revista internacional sobre libro antiguo, 2 (2016), Zaragoza, Prenses de la Universidad de Zaragoza. 232 p. ISSN: 2387-0915.
Les huit articles sont présentés dans l’ordre chronologique, du «Catalogue des colophons des manuscrits conservés en Espagne (1)» (Maria del Carmen Álvarez-Márquez) à la présentation du Prontuario general imprimé à Murcie dans les années 1770 (Amparo García Cuadrado). Les articles sont accompagnés de résumés en espagnol et en anglais.
Pour rappel, la première livraison de Titivillus a été publiée en 2015, et comptait 470 pages (cf sommaire en ligne).
Rappelons encore que Titivillus est le démon des copistes. Il est représenté lourdement chargé d’un sac plein des syllabes oubliées, des mots sautés, des versets dérobés, etc.  Titivillus note la moindre erreur commise par le scribe, pour la comptabiliser en vue du Jugement dernier. La formule «Titivillus in culpa est» reprend la fausse excuse du scribe qui vient de se tromper («C’est la faute de Titivillus»)

Poursuivons avec deux catalogues d'expositions présentées à Madrid et intéressant tout particulièrement les historiens du livre:
1) Preparando la Biblia Políglota Complutense. Los libros del saber,
Madrid, Universidad Complutense de Madrid, 2013.
255 p. ISBN: 978-84-96701-65.
Catalogue de la remarquable exposition présentée à et par la Biblioteca Complutense de Madrid à l’occasion du cinquième centenaire de la Bible Polyglotte.

2) La Fortuna de los libros, éd. Juan Antonio Yeves Andrés,
Madrid, Museo Lázaro Galdiano, 2015,
142 p. ISBN: 978-84-94-4471-05.
Catalogue de la très belle exposition présentée par la bibliothèque de la Fondation Lázaro Galdiano  à Madrid en 2015: une trentaine de pièces à peine, mais toutes exceptionnelles, et chacune accompagnée d’une longue notice de présentation par les meilleurs spécialistes. Plusieurs de ces exemplaires sont disponibles en ligne sous forme numérisée (par ex. le numéro 2, manuscrit du De Proprietatibus rerum de Barthélemy l’Anglais, datant du début du XVe siècle: http://www.bibliotecalazarogaldiano.es/mss/i15554m.html).

Los Paratextos y la edición en el libro medieval y moderno, éd. Helena Caravajal-González,
Zaragoza, Prenses de la Universidad de Zaragoza, 2016,
143 p. ISBN: 978-84-16515-73-8.
Actes d’une journée d’études organisée à Madrid en 2015. Plusieurs contributions traitent de l’illustration des manuscrits, par ex. avec l’article consacré par Helena Carvajal-González à «L’image de l’auteur dans le De laudibus sanctae crucis de Raban Maur» (pour mémoire, la conférence d’Histoire et civilisation du livre de l’EPHE avait pu en 2010 suivre la présentation par Monsieur Jean Vezin de l’exemplaire de l’œuvre de Raban Maur conservé à Amiens).

Bibliotecas y clase social en la España de Carlos V (1516-1556),
éd. José María Díez Borque, Isabel Díez Ménguez,
Somonte-Cenero, Ediciones Trea, 2016,
134 p. («Biblioteconomía y administración cultural»). ISBN: 978-84-9704-947-4.
L’ouvrage exploite les résultats de l’enquête «De la bibliothèque particulière au canon littéraire à l’époque du Siècle d’or», tout particulièrement avec l’exploitation d’une série de 103 inventaires de bibliothèques anciennes. Les détails sont donnés en ligne sur le site de l'éditeur. Nous en profitons aussi pour rappeler ici la publication toute récente (2015) de Culturas del escrito en el mundo occidental, del Renacimiento a la contemporaneidad, éd. Antonio Castilli Gómez, Madrid, Casa de Velázquez, 2015(«Collection de la Casa de Velázquez», 147).

jeudi 21 mai 2015

L'âge d'or de la Champagne comtale

En découvrant la Médiathèque de Troyes à l'occasion de notre prochaine séance foraine (cliquer ici pour consulter le programme), nous aurons l'occasion de nous familiariser avec la brillante cour des comtes de Champagne aux XIIe et XIIIe siècles. Les comtes entreprennent en effet très tôt de constituer leur principauté en un ensemble autonome et administré avec soin. Ils soutiennent les fondations religieuses et leurs écoles, ils ont une action importante comme commanditaires et comme mécènes de textes et d'œuvres d'art, et ils réunissent une bibliothèque remarquable. Dans cette perspective, une figure majeure est celle du comte Henri le Libéral: pourtant, la trajectoire du comté de Champagne sera en définitive précocement interrompue par les alliances successives avec la dynastie capétienne, et par l'intégration dans le domaine royal.

En 1152, les successeurs de Thibault II le Grand, comte de Blois-Champagne, se partagent seigneuries et charges. Henri Ier le Libéral, né en 1127, est comte de Troyes; son frère, Thibault, reçoit quant à lui le comté de Blois; le cadet, Guillaume aux Blanches-Mains, fait carrière dans l’Église, comme évêque de Chartres (1165), puis archevêque de Sens (1168) et de Reims (1176), et cardinal (1179). C’est à lui que Pierre Le Mangeur (Petrus Comestor) dédicace son Histoire ecclésiastique dans les années 1170. Quant à la sœur, Adèle († 1206), elle a épousé en troisièmes noces le roi Louis VII († 1180), et elle est la mère de Philippe Auguste.
La Champagne constitue alors une principauté très puissante, bien administrée et riche (c’est la grande époque des foires), mais elle est aussi un des pôles de la Chrétienté. Lorsque le pape Alexandre III (vers 1105-1181) se réfugie en France pour se mettre à l’abri de l’empereur et des antipapes Victor IV et ses successeurs, il s’établit en effet à Sens (1163-1165), et c’est à Sens et à Pontigny que l’archevêque de Cantorbéry Thomas Beckett se réfugiera aussi un temps, avec son entourage de clercs (1164-1170). On sait que Jean de Salisbury, secrétaire de l’archevêque et lui aussi un intellectuel de très haut vol, succédera à Guillaume aux Blanches Mains au siège de Chartres (1176).
Henri le Libéral a lui-même bénéficié au château de Troyes d’une bonne formation, apportée par des précepteurs privés. Il lit bien le latin, il entretiendra une correspondance active avec de nombreux clercs de son temps, et il constitue une bibliothèque personnelle que nous connaissons relativement bien. Attentif à former une classe d’administrateurs compétents, il fonde un certain nombre de collégiales avec des écoles. La principale, consacrée à saint Étienne et établie en 1157 dans le palais comtal lui-même, a vocation à servir de chapelle palatine, et à devenir la nécropole dynastique. Elle accueille en outre, au premier étage, les archives et la bibliothèque comtales.
Bible des comtes de Champagne, MAT, ms 2391 (prov.: St-Étienne)
On a pu estimer cette bibliothèque à une cinquantaine de manuscrits, d’abord des historiens de l’Antiquité latine (Valère Maxime, Quinte Curce, Flavius Josèphe, Aulu Gelle...) mais aussi les Pères et docteurs de l’Église (Augustin, Jérôme, Isidore, Grégoire, etc.), sans oublier des auteurs plus récents, comme Hugues de Saint-Victor ou encore Pierre Lombard. Patricia Stiernemann souligne que le comte a été conseillé précisément pour faire recopier les versions les meilleures et les plus complètes des textes qu’il souhaitait, d’après des manuscrits figurant notamment dans des bibliothèques de Champagne méridionale. Les Anglais de l’entourage de Thomas Becket ont ici un rôle important.
Henri le Libéral a épousé Marie de France (1145-1198), fille aînée de Louis VII et d’Aliénor d’Aquitaine. La comtesse, qui pratique la lecture, goûte elle aussi aux textes et aux livres, mais avec des préférences autres, peut-être plus «modernes», que celles de son mari. Elle s’intéresse en effet à la «matière de Bretagne», entendons aux romans du cycle arthurien, et c’est elle qui commande à son clerc Chrétien de Troyes l'un au moins des grands romans de la Table ronde, le Chevalier à la charrette (Lancelot). Elle fait aussi traduire la Genèse en langue romane, et possède un certain nombre de manuscrits à caractère religieux, l’ensemble étant rangé, au château, dans une «armaire» (armoire).
Dans les faits, une partie des manuscrits du comte passera dans le trésor de la collégiale, ce qui a assuré leur conservation lors de la Révolution, et ce qui explique qu’ils soient, aujourd’hui encore, conservés dans les fonds de la Médiathèque de Troyes. Parallèlement, la ville est le siège d’une activité de copie et de peinture de manuscrits destinés à la clientèle de la cour. Une autre importante collection de livres y est celle du chapitre cathédral, qui fera reconstruire sa bibliothèque en 1477-1480: cette salle de la «Théologale» (parce que l’on y dispensait aussi les cours de théologie) accueille les manuscrits enchaînée, et elle est décorée de vitraux dont le célèbre «rondel de Nicolas de Lyre» aujourd’hui présenté au Musée du vitrail. 
Le "Rondel de Nicolas de Lyre" (Troyes, Musée du vitrail)

Alors que les alliances se sont multipliées entre la dynastie des comtes de Champagne et celle des rois Capétiens, alors aussi que les comtes sont devenus par héritage rois de Navarre (1199), la Champagne indépendante disparaît définitivement à la suite du mariage de la reine Jeanne de Navarre († 1305) avec le futur Philippe le Bel en 1284… Quant au palais comtal et à la collégiale Saint-Étienne, ils seront détruits au début du XIXe siècle.

lundi 7 octobre 2013

Colloque d'histoire des bibliothèques

LA BIBLIOTHÈQUE DU CHAPITRE DE BAYEUX

Colloque organisé par la Direction régionale des Affaires culturelles de Basse-Normandie
et la Ville de Bayeux

7-8 novembre 2013

PROGRAMME

Jeudi 7 novembre
Matin
9 heures – Accueil des participants
9 h 30 – Ouverture du colloque par Kléber Arhoul, directeur régional des Affaires culturelles de Basse Normandie, en présence du maire de Bayeux
10 heures – Introduction François Arnaud, Sylvette Lemagnen, François Neveux

1ère partie – Le cadre historique et architectural
10 h 30 – François Neveux, Le contexte historique de la construction de la bibliothèque (XIIIe-XVe siècle)
11 heures – Pierre Bouet, Le contenu d’une bibliothèque médiévale
11 h 30 – Jérôme Beaunay et Frédéric Henriot, Historique et description architecturale du bâtiment de la bibliothèque du chapitre de Bayeux
12 heures – Discussion générale

Après-midi
2e partie – Les collections
14 heures – Monique Peyrafort-Huin, La bibliothèque de Bayeux au XVe siècle reflet d’une collectioncapitulaire médiévale
14 h 30 – Julie Deslondes, Histoire et nature du fonds de manuscrits conservé aux Archives départementales du Calvados
15 heures – Cécile Fouquet-Arnal, Un exemple de Bible portative du XIII° siècle : le manuscrit 49 déposé à la médiathèque municipale de Bayeux
15 h 30 – Discussion

16 heures – Pause
16 h 30 – Jean-Dominique Mellot, L'édition normande à travers les collections de la bibliothèque du chapitre de Bayeux
17 heures – Geneviève Mauger, Simien Despréaux, La commission des Arts et le sort de la bibliothèque du chapitre pendant la Révolution
17 h 30 – Discussion
18 heures – Fin de la séance

Vendredi 8 novembre
Matin
3e partie – Les livres et les hommes
9 heures – Nicolas Trotin, Les bibliothèques des chapitres cathédraux de Normandie sous l'Ancien Régime
9 h 30 – Ian Maxted, Informer et s’informer : un évêque de Bayeux et les imprimeurs au XVIIIe siècle
10 heures – Discussion

10 h 15 – Départ vers la cathédrale
10 h 30 – Visite de la Bibliothèque du chapitre (par Marie-Claude Pasquet). Visite de la Salle du Chapitre et du Trésor. Visite des parties hautes de la cathédrale (visites par groupe de 19, guide compris, sur inscription préalable)
12 h 30 – Réception par la mairie de Bayeux

Après-midi
14 heures – Visite de l'exposition « Merveilleux manuscrits de la bibliothèque du chapitre » au MAHB
15 heures – Dominique Varry, Une histoire millénaire: les bibliothèques de cathédrales en France et en Angleterre
15 h 30 – François Arnaud, La bibliothèque sans bibliothécaire? L'exposition au public, nouvelle destinée au XXIe siècle
16 heures – Nicolas Georges, Le livre de demain (non confirmé)
16 h 30 – Discussion et Conclusion par François Neveux
17 h 00 – Fin du colloque

Merci de bien vouloir prévenir de votre participation.
Direction régionale des affaires culturelles de Basse-Normandie 02 31 38 39 61 – guylene.fauq@culture.gouv.fr

(Communiqué par Ian Maxted)

mercredi 4 janvier 2012

Histoire du livre à Rome au Moyen Âge

Maria Alessandra Bilotta, I Libri dei Papi. La Curia, il Laterano e la produzione manoscritta ad uso del Papato nel Medioevo (secoli VI-XIII), Città del Vaticano, Biblioteca Vaticana, 2011 («Studi e testi», 465).
Voir le Site de l'éditeur 
L’ouvrage porte essentiellement sur l’analyse historique et historico-artistique des manuscrits réalisés à l’usage de la cour pontificale et du Latran entre le VIe et le XIe siècle. La recherche développe trois axes principaux:
1) La description des modalités selon lesquelles, dans les siècles centraux du Moyen-Âge, s’est développée et institutionnalisée une activité de copie et de conservation des livres dans l’environnement de la papauté.
2) L’identification systématique des manuscrits conservés, qui sont les témoignages de cette activité.
3) Enfin, l’analyse des exemplaires, selon les diverses approches méthodologiques (histoire et histoire de l’art, paléographie, codicologie, philologie, histoire de la liturgie, etc.).
On restitue ainsi une composante très significative mais jusqu’à présent peu étudiée dans son ensemble, de l’histoire de la miniature médiévale, grâce aussi à la réunion, conduite dans ce travail pour la première fois, de tout ce qui subsiste de la production manuscrite, et en particulier enluminée, liée au Latran et à la cour pontificale (résumé de l’éditeur, trad. FB).
 
Table générale 
Prefazione di S. Em. Card. Raffaele Farina (pp. XI-XII) 
Presentazione di Agostino Paravicini Bagliani (pp. XIII-XVII) 
Introduzione di Mario D’Onforio (pp. XIX-XXI) Ringraziamenti (pp. XXIII-XXV) 
Premessa (pp. XXVII-XXXII)
Capitolo 1: La Biblioteca nell’antica residenza pontificia del Laterano dal primo insediamento dei pontefici a Bonifacio VIII (1294-1303): ipotesi di localizzazione e vicende storiche del patrimonio librario pontificio (pp. 1-42)
1.1 La Biblioteca del Laterano dalla fondazione della Basilica Salvatoris all’affermazione del Laterano come residenza del papa.
1.2 La Biblioteca papale in Laterano tra X e XII secolo.
1.3 La raccolta libraria papale e la mobilità della Curia nel secolo XIII e all’inizio del XIV. 

Capitolo 2: I primi manoscritti, dalla fondazione della basilica Salvatoris all’affermazione del Laterano come residenza del papa (pp. 43-69) 
2.1 Troyes, Médiathèque de l’Agglomération Troyenne, ms 504.
2.2 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 10696, Vat. lat. 14586.
2.3 Monaco di Baviera, Bayerische Staatsbibliothek, Clm 14008.
2.4 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 4965. 

Capitolo 3: Codici, riforma canonicale e canonici di San Frediano in Laterano tra XI e XII secolo (pp. 71-117) 
3.1 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Ottob. lat. 38.
3.2 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 5319.
3.3 Firenze, Biblioteca Riccardiana, Ricc. 299.
3.4 Firenze, Biblioteca Riccardiana, Ricc. 300.
3.5 Roma, Archivio Capitolare Lateranense, A. 80.
3.6 Firenze Biblioteca Medicea Laurenziana, San Marco 356.
3.7 Roma, Archivio di Stato, ex-Santissimo Salvatore 997.
3.8 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 1192.
3.9 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 4406. 

Capitolo 4: I libri liturgici secundum consuetudinem et usum romanae Curiae: il Duecento (pp. 119-175) 
4.1 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 12989.
4.2 Madrid, Biblioteca Nacional de España, lat. 730.
4.3 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Ottob. lat. 356.
4.4 Avignone, Bibliothèque municipale, ms 100.
4.5 New York, Pierpont Morgan Library, M. 976 / Philadelphia, Morgan Free Library Lewis EM 008.12.
4.6 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 1155.
4.7 Parigi, Bibliothèque nationale de France, ms lat. 960.
4.8 Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 4747.
4.9 Avignone, Bibliothèque municipale, ms 203.
4.10 Lione, Bibliothèque municipale, lat. 5132.
4.11 Roma, Biblioteca dell’Accademia Nazionale dei Lincei e Corsiniana, 55. K.3.
 
Conclusioni (pp. 177-188)
Bibliografia (pp. 189-270) Fonti (pp. 189-191) Lavori critici (pp. 191-270) Indice dei manoscritti citati (pp. 271-274) Indice dei nomi e dei luoghi (pp. 275-284) 
(Communiqué par l'auteur)