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mardi 3 mars 2015

Les catalogues: un livre, une exposition double

De l’argile au nuage. Une archéologie des catalogues (IIe millénaire av. J.-C.-XXIe siècle),
Paris, Bibliothèque Mazarine, Bibliothèque de Genève, Éditions des Cendres, 2015,
429 p., ill.
ISBN 979 10 90853 05 8 / 978 2 86742 230 0
Ouvrage réalisé à l’occasion des expositions organisée par la Bibliothèque Mazarine et la Bibliothèque de Genève (…). Paris, 13 mars-13 mai 2015. Genève, 18 septembre-21 novembre 2015.
Commissariat: Frédéric Barbier, Thierry Dubois, Yann Sordet
Ouvrage publié avec le soutien du Labex TransferS

Sommaire
Préface (Gabriel de Broglie, chancelier de l’Institut de France)
Préface (Sami Kanaan, maire de Genève)
Le livre des livres. Introduction (Frédéric Barbier, Yann Sordet, Alexandre Vanautgaerden)
Pour une histoire des catalogues de livres: matérialités, formes, usages (Yann Sordet)
Accéder au livre et au texte dans l’Occident latin du Ve au XVe siècle (Anne-Marie Turcan-Verkerk)
Catalogues et classifications à l’âge de l’imprimé (Valérie Neveu)
La place des catalogues de bibliothèques dans la diffusion de l’information sur les livres (XVIe-XVIIIe siècle) (Isabelle Pantin)
Les réseaux de l’information bibliographique dans l’Italie des Lumières: normalisation et unification (Andrea De Pasquale)
Le fonctionnement des bibliothèques au miroir de leur catalogue: trois formes de sociabilité de la lecture dans la Suisse du Siècle des Lumières (Thierry Dubois)
Bibliographie et Historia litteraria (Jean-Pierre Vittu)
Catalogues et transferts culturels (Frédéric Barbier)
Fiches et fichiers à l’ère industrielle (Europe, États-Unis, XIXe-XXe siècle) (Mélanie Roche)
Le catalogue des temps modernes, entre discipline et dissémination (Françoise Bourdon, Gildas Illien, Mélanie Roche)

Un catalogue de catalogues: notices des 70 pièces exposées, par Renaud Adam, Michael I. Allen, Frédéric Barbier, Livia Castelli, Emmanuelle Chapron, Jean-Marc Chatelain, Marie-Luce Demonet, Andrea De Pasquale, Thierry Dubois, Max Engammare, Gilbert Fournier, Ernst Gamillscheg, Élaine Gilboy, John Goldfinch, Paule Hochuli Dubuis, André Jammes, Isabelle Jeger, Rémi Jimenes, Otto S. Lankhorst, Patrick Latour, Véronique Meyer, István Monok, Donatella Nebbiai, Ève Netchine, Valérie Neveu, Florent Palluault, Isabelle Pantin, Pierre Petitmengin, Goran Proot, Fabienne Queyroux, Ursula Rautenberg, Anne-Caroline Rendu-Loisel, Lucien Reynhout, Yann Sordet, Marie-Hélène Tesnière, Anne-Marie Turcan-Verkerk, Toshinori Uetani, Alexandre Vanautgaerden, Jérôme Van Wijland, Dominique Varry, Jean-Piere Vittu, Françoise Waquet, Nikolaus Weichselbaumer

Bibliographie, index nominum et locorum 


dimanche 9 novembre 2014

Histoire du livre et histoire de la civlisation: le legs d'Aby Warburg

On parle beaucoup, en ce moment (disons, on parle… dans certains cercles quelque peu spécialisés) de l’Institut Warburg de Londres, dont le sort paraissait indécis il y encore quelques mois (et dont le sort reste d’ailleurs incertain, une décision de justice pouvant toujours en remplacer une autre).
L’Institut Warburg intéresse bien entendu au premier chef les spécialistes d’histoire de l’art et d’histoire de la civilisation, mais il intéresse aussi les historiens du livre et des bibliothèques. Plusieurs plans peuvent être privilégiés pour une brève présentation du dossier. Le personnage, d’abord: comme très souvent, l’étude micro-historique (une famille, une biographie, etc.) construit comme le miroir d’une époque, et nous informe très puissamment sur des phénomènes beaucoup plus larges. À la naissance d’Aby Warburg, en 1866, nous sommes à Hambourg quelques années avant l’unification allemande sous l’égide de la Prusse. L’environnement est celui de la plus puissante «ville libre et hanséatique», politiquement autonome, d’orientation protestante libérale, tournée vers la modernité et enrichie par une situation géographique au débouché de l’Elbe qui en fera à la fin du XIXe siècle le grand port de la seconde puissance mondiale, l’Allemagne wilhelminienne.
À Hambourg, nous sommes aussi sur une frontière, aux portes du royaume de Danemark (jusqu’à la Guerre des duchés, Altona est au Danemark), et en relations constantes avec les Pays-Bas, avec les Îles britanniques, et avec l’outre-mer. Les liens de toutes sortes entre Hambourg et Londres sont tout particulièrement denses (comme les administrateurs français ont pu s’en rendre compte, sous le Premier Empire, lorsqu’ils se sont employés à imposer la stratégie du blocus continental à ce qui était pour un temps devenu la nouvelle préfecture du nouveau département des Bouches-de-l’Elbe). Rapidement, les États-Unis deviennent aussi un partenaire privilégié.
Le milieu des Warburg est pleinement intégré à cet environnement transnational et polyglotte. C’est celui d’une famille fortunée de la communauté juive, dont l’activité est traditionnellement celle de la «haute banque», mais au sein de laquelle le capital culturel jouit toujours d’un statut privilégié (on pourrait évoquer une autre famille de banquiers juifs hambourgeois du premier XIXe siècle, celle des Heine). La tradition rapportée veut que, alors qu’il a treize ans, en 1879, le jeune Aby propose à son cadet de prendre plus tard les rênes de la banque, pendant qu’il se consacrerait quant à lui à l’étude, et qu’il constituerait une collection de livres que la banque, précisément, permettra de financer.
Sept ans plus tard, voici Aby étudiant, d’abord à Bonn et à Munich, mais surtout, en 1889, à la nouvelle Université impériale de Strasbourg –une institution au statut très particulier, puisqu’elle constitue la seule fondation d’un établissement d’enseignement supérieur général en Allemagne depuis les premières décennies du XIXe siècle, et qu’elle bénéficie, comme Université du nouveau Reichsland et comme vitrine de la réussite allemande, de moyens financiers et humains exceptionnels. C’est à Strasbourg que le jeune homme soutient en 1892 son doctorat, avec une thèse consacrée aux «Représentations de l’Antiquité dans la première Renaissance italienne d’après l’exemple de Botticelli» (Sandro Botticellis Geburt der Venus und Frühling. Eine Untersuchung über die Vorstellungen von der Antike in der italienischen Frührenaissance). La thèse, très innovante de par sa réflexion entièrement tournée vers la problématique des influences, des transferts et de l’interdisciplinarité, sera soutenue sous la direction de Hubert Janitschek (en place de Carl Justi, professeur à Bonn), et publiée en 1893, alors que l'auteur va bientôt entreprendre une série de voyages d’étude, d’abord à Florence, puis aux États-Unis.
La méthode de Warburg est directement liée au livre et à la bibliothèque. Selon la bonne tradition classique, la bibliothèque constitue pour lui comme la matérialisation d’une «Histoire littéraire» (Historia litteraria) qui se donne elle-même à comprendre comme une histoire de la civilisation (alld: Kultur) et de la construction de la pensée. La bibliothèque est, au sens premier du terme, le laboratoire du chercheur, et c’est dans cette perspective que Warburg entreprend de constituer à Hambourg sa propre collections de livres, collection qui sera bientôt transmuée en institut de recherche… avant d’être mise à l’abri à Londres à l’époque de la montée du nazisme.
Mais l’accumulation des livres n’est pas tout, et c’est dans l’environnement spécifique de la Bibliothèque universitaire et régionale (Universitäts-und Landesbibliothek) de Strasbourg que Warburg élabore l’essentiel de sa méthode de travail, qui se fonde d'abord sur une méthode de classement des livres. Après la destruction des richissimes bibliothèques de Strasbourg dans le bombardement du Temple Neuf en 1870, on entreprend très vite de reconstituer des collections livresques les plus importantes possible. L’opération est conduite sous la direction de Karl August Barack, nommé à la tête de la nouvelle institution, et la bibliothèque est d’abord abritée dans une partie de l’ancien Palais-Rohan, où s’installe aussi l’Université. Le cadre de classement systématique a été mis au point par le «premier bibliothécaire», le philologue et orientaliste Julius Euting, sur le modèle de la Bibliothèque universitaire de Tübingen où lui-même a exercé pendant quelques années.
Dans le Palais-Rohan, les pièces disponibles sont souvent relativement petites (on parlera de «cellules»), de sorte que la mise en place d’une topographie des volumes suivant leur systématique aboutit à réunir, dans chaque pièce, de petites collections organisées autour d’un certain thème, mais qui se prêtent à toutes sortes de mises en relations inattendues. Comme il est de règle en Allemagne, un point décisif réside dans la possibilité pour les enseignants et pour les étudiants les plus avancés d’accéder directement aux exemplaires (donc aussi, de changer de salle de consultation): à chacun de partir à la découverte, de construire son propre itinéraire de recherche, et d’expérimenter des associations d’idées et des hypothèses auxquelles il n’aurait jamais pensé a priori
La mise en place de la systématique, sa superposition à la topographie, et surtout l’accès direct aux rayons, sont les trois éléments que Warburg mettra en œuvre dans sa propre bibliothèque, transformée en centre de recherche en 1926, sur quatre étages, avec le choix d’un dispositif architectural qui prend la forme d’une élégante ellipse (cf cliché). La bibliothèque de Warburg constitue «l’expression la plus vivante et convaincante» (Ernst Gombrich) du rêve de son créateur, d’une Kulturwissenschaft (science de la civilisation) unitaire. Mais le temps n’est bientôt plus à la liberté de recherche et, quatre années à peine après la mort de Warburg, la bibliothèque sera discrètement transportée à Londres (1933). Souhaitons lui bon vent, et qu’en nos débuts du XXIe siècle nous ne défassions pas ce que les nazis n’ont pas pu détruire. Signalons aussi que la tradition de Warburg se retrouve dans quelques autres (trop rares) institutions comparables, notamment dans la Bibliothèque de Wolfenbüttel telle qu'elle a été conçue comme centre d'histoire du livre et de la civilisation par celui qui l'a réellement fondée une seconde fois, à savoir Paul Raabe.

Aby Warburg, Sandro Botticellis »Geburt der Venus« und »Frühling«. Eine Untersuchung über die Vor- stellungen von der Antike in der italienischen Frührenaissance
Positions : Inaugural-Dissertation, [Frankfurt a./M.], [s. n.], [1892].
Édition complète : Hamburg, Leipzig, Voss 1893.

mardi 4 novembre 2014

Trois conférences d'histoire du livre

Frédéric Barbier
directeur d'études à l'École pratique des Hautes Études
(conférence d'Histoire et civilisation du livre)

Trois conférences d'histoire du livre

Montréal, Université de Montréal


Lundi 24 novembre, 17h
L'abbaye d’Elnone / Saint-Amand et sa bibliothèque, VIIe-XVIe siècle
Centre d'études médiévales / Carrefour des arts et des sciences

Mardi 25 novembre, 12h
La Nef des fous au XVe siècle:
programme éditorial, statut du texte et problématique de la réception
Bibliothèque des livres rares et des collections spéciales

Mercredi 26 novembre, 11h45
«De l'argile au nuage»: une archéologie du catalogue de bibliothèque
École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI)

mardi 14 février 2012

Histoire des classifications

Nous avons mis en ligne ce jour une note d'une dizaine de pages sur l'histoire des cadres de classement, tant sur le plan de l'épistémologie que sur celui de la bibliothéconomie (ci-contre, rubrique "pages", sous l'intitulé Esthétique de la taxinomie). Le lecteur trouvera ci-dessous quelques clichés susceptibles de servir d'illustrations. Rappelons que l'utilisation des textes présentés sur ce blog est libre, mais qu'elle suppose que l'on en indique la provenance. Rappelons aussi que nous recevons toujours avec reconnaissance les remarques, compléments, suggestions et autres qui nous sont faites. 
1- Supplément à la Bibliographie instructive de Debure (exemplaire de la Bibliothèque de Valenciennes).
2- À la cathédrale du Puy: la fresque de la Rhétorique.

3- Catalogue de vente de Peter Schoeffer (Bayerische Staatsbibliothek, Munich)
4- Incipit du catalogue.
5- Note manuscrite: le voyageur de Schoeffer loge à l'auberge de l'Homme sauvage, où l'on est prié de se rendre.
6- La Bibliotheca universalis de Gesner (page de titre).
7- Dans la Bibliotheca de Gesner, la table par noms d'auteurs.
8- Avertissement de la table.





dimanche 12 février 2012

Conférence EPHE


Nota. Nous nous excusons de ne publier le présent billet qu'avec retard. En déplacement à Bologne, à l'occasion de la fondation du Centre européen d'histoire du livre, le directeur d'études a en effet été quelque peu retardé par les intempéries. Le cliché, qui pour une fois ne se rapporte pas à l'histoire du livre, donne une vue réellement insolite de la charmante église de S. Stefano, en plein cœur de la ville ancienne.


École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 13 février 2012
16h-18h
1) Introduction à l’histoire des classifications (fin)
2) Glossaire de l'histoire du livre (fin)


par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études
Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2011-2012.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

mardi 7 février 2012

Colloque d'histoire du livre à Bologne

Projet "Bologna ville capitale du livre"
 
Colloque international
“D’une révolution du livre à l’autre:
le paradigme de la classification bibliographique ”
En collaboration avec la Bibliothèque de l’Archiginnasio de Bologne
Bibliothèque de l'Archiginnasio, salle du Stabat Mater
 10-11 février 2012
Bibliothèque de l’Archiginnasio, salle du “Stabat Mater”
Bibliothèque des Collections d’art et d’histoire
de la Fondazione Carisbo,
église de San Giorgio in Poggiale
 
Programme
10 février, 16h–19h
Bibliothèque de l’Archiginnasio,
salle du “Stabat Mater”
Interventions de:
Pierangelo Bellettini, directeur de la Bibliothèque de l’Archiginnasio
Frédéric Barbier, directeur d'études à l'École pratique des hautes études, Paris
Gilles Mandelbrote, directeur de la Lambeth Palace Library, London
Andrea De Pasquale, directeur de la Bibliothèque nationale Braidense, Milano
Istvan Monok, professeur à l'université de Szeged
Christine Lebeau, professeur à l'université de Paris I Panthéon-Sorbonne
Mario Infelise, professeur à l'université Ca’ Foscari, Venezia
 
11 février, 9h30
Biblioteca di San Giorgio in Poggiale
Rencontre de fondation du “Centre d’études d’histoire du livre”
sous l'égide de la Fondazione Cassa di Risparmio in Bologna
Débat avec les participants du colloque
coordonné par Daniela Gallingani,
présidente de la Faculté des langues et littératures étrangères,
membre du conseil de la Fondazione Carisbo
 
Visite de la Bibliothèque d’art et d’histoire de San Giorgio in Poggiale
et des palais de “Genius Bononiae – Musées de la ville”
 
13h Déjeuner conclusif

dimanche 5 février 2012

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 6 février 2012
16h-18h
Introduction à l’histoire des classifications

par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études

La conférence abordera le problème de l’histoire de la taxinomie et des classifications bibliographiques, en développant d’abord quelques considérations théoriques: la classification bibliographique relève de deux domaines largement disjoints l’un de l’autre, et qui sont, d’une part, la théorie du classement des connaissances, et de l’autre l’économie des livres. Cette dernière formule elle-même recouvre des réalités différentes : on pense naturellement au classement et au rangement des livres sur les rayons, mais il faut aussi penser à la nécessité économique qui est celle de produire et de faire circuler une information bibliographique permettant de diffuser les productions (d’où l’édition de catalogues, etc.).
Les logiques de classement sont d’une grande variété, mais elles peuvent se réduire à trois modèles théoriques fondamentaux:
1) Le premier, qui est longtemps le plus pratiqué, se réfère au contenu des livres (caractères internes des livres), et le classement se fait en général par sujets (c’est un classement systématique). Pourtant, on peut aussi classer en fonction de caractères particuliers: un classement relativement fréquent semble être celui par langues, notamment le latin et le grec à la Renaissance, puis les différentes langues modernes (avec l’opposition entre la langue vernaculaire principale et les langues dites «étrangères»). C’est évidemment à ce niveau que le rapport est le plus direct avec la théorie de la classification des connaissances –mais pas seulement : une catégorie spécifique concerne les livres interdits, voire ceux dont on estime que l’on ne pourra pas les mettre «entre toutes les mains» («l’Enfer»).
À Admont, une partie du rayons des "Écritures" (Scripturae)
2) Articulé avec le premier, le second modèle se fonde sur ce que nous avons appelé l’«étiquette», autrement dit la formule de référence permettant d’identifier le texte –et le livre. Cette étiquette peut se limiter à l’incipit, mais sa forme classique articulera les deux catégories fondamentales de l’auteur et du titre, complétées progressivement par des catégories secondaires, notamment l’adresse bibliographique. Dès lors que le classement est celui des étiquettes normalisées, il devient possible d’appliquer au corpus un modèle abstrait, celui de l’ordre alphabétique (classement par auteurs ou par titres): mais d’autres catégories peuvent être employées, avec par exemple le classement par ordre chronologique des éditions (cas des incunables), celui par villes d’édition, voire celui qui se cale sur les pratiques d'utilisation (avec les fonds d'usuels mis à disposition dans les bibliothèques, à commencer par les livres enchaînés: cf. cliché).
3) Le troisième modèle est celui qui privilégie les caractéristiques physiques externes des objets (des livres): il s’agit le plus souvent des formats, mais le classement peut aussi se faire selon d’autres critères, comme ceux de la fabrication du volume (les manuscrits sont classés à part), de la présence en nombre d’illustrations («livres illustrés»), ou encore du caractère particulièrement rare ou précieux des exemplaires (aboutissant à l’institution de «réserves des livres rares et précieux»). Ces indicateurs sont intéressants a posteriori, parce qu’ils informent éventuellement sur les objectifs des responsables, bibliothécaires ou libraires, et sur les conditions dans lesquelles s’exerce leur activité.
Bien entendu, les trois catégories ainsi définies ne se présentent en général pas comme des entités indépendantes: le classement principal est complété par des sous-classements spécifiques, tandis que d’autres instruments de travail sont mis à disposition en complément de la série principale. C’est ainsi qu’un catalogue systématique pourra être complété par des jeux d’index alphabétiques permettant de retrouver les textes ou les volumes que l’on cherche, tandis que la disposition des volumes sur les rayonnages d’une bibliothèque (classement topographique) suppose de disposer d'instruments de travail permettant à l’utilisateur de localiser lesdits volumes.
Différents exemples de catalogues et de bibliothèques des périodes médiévale et moderne (surtout jusqu’au XVIIe siècle et à Gabriel Naudé) seront donnés comme illustrations.

Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2011-2012.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).


Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).