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dimanche 1 juin 2014

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études,
IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 2 juin 2014
16h-18h

Pierre Benoît et l'histoire du livre

par

Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études

La [bibliothèque] tient une place si considérable dans ce récit qu’il me semble impossible de ne pas lui consacrer quelques détails. [Elle] est installée (…) dans la chapelle désaffectée. (…) Au milieu, une immense vitrine, avec les plus curieux échantillons de numismatique. (…) Cinq ou six lutrins ont été transformés en bureaux roulants, fort pratiques pour le travail (…). N’attendez pas que je vous donne le plus léger aperçu des richesses amoncelées ici depuis Gutenberg… (Koenigsmark).

NB La conférence sera suivie du traditionnel "pot" de fin d'année

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2013-2014. Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg). Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

samedi 2 novembre 2013

Un manuel sur Gutenberg

Nous parlions, il y a déjà quelque temps, de l’organisation des études d’histoire du livre en Allemagne, et de la fondation de chaires universitaires de «sciences du livre» –à Leipzig, Munich, Erlangen et Mayence. Le titulaire de la chaire Gutenberg à Mayence est depuis 1992 Stephan Füssel, en même temps rédacteur en chef de la revue de référence Gutenberg Jahrbuch. Stephan Füssel avait consacré sa thèse d’habilitation à Georg Joachim Göschen, l’un des principaux libraires éditeurs de la période charnière de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle.
Or, l’année 2013 voit la réédition du Johannes Gutenberg de Füssel, dans l’agréable collection de poche dite «Rororo». Un petit mot permettra d'expliciter ce titre d'apparence quelque peu surprenante. Après la Seconde Guerre mondiale en effet, les principaux éditeurs généralement installés à Leipzig se replient vers l’ouest. C’est le cas de Rowohlt, qui fonde à Hambourg le périodique Story, dans lequel il publie notamment des romans en feuilletons (1946). Quatre ans plus tard, c’est le lancement, sur le modèle américain, de la première collection de livres de poche en Allemagne, les Rohwolt Rotations Romane, alias Rororo. Le premier titre de la série est Kleiner Mann, was nun? de Hans Falada, un roman déjà donné par Rowohlt en 1932, publié en français dès l’année suivante (Et puis après?), et traitant de l’odyssée d’un jeune couple à l’ère de la crise économique dans la République de Weimar.
La collection Rororo est un succès immédiat, un million d’exemplaires des différents titres proposés sont écoulés dès la première année, et le catalogue s’élève aujourd’hui à 16000 titres, dans plusieurs séries romans, encyclopédies, monographies, etc. Le Johannes Gutenberg de Füssel prend rang dans cette dernière série.
La première caractéristique qui saute aux yeux avec ces petits volumes (le format est le même que celui de la collection «Que sais-je?») réside dans leur très belle présentation matérielle: couverture en couleurs, papier de qualité, bonne typographie, très nombreuses illustrations, souvent  en couleurs.
Mais le plus intéressant est évidemment dans le contenu, qui fait du Gutenberg de Füssel un véritable ouvrage de références. La présentation est chronologique, en deux grandes parties: d’abord, la vie de l’inventeur et sa production, en très courts chapitres qui peuvent constituer autant de notices (par ex., sur la «Bible de Burgos» ou encore sur le «Livre de modèles» (Musterbuch) de Göttingen. Les chapitres qui suivent cette manière de bio-bibliographie tracent un tableau suggestif des prolongements et des conséquences de l’invention de la typographie en caractères mobiles à court et à moyen terme: l’atelier de Fust et Schöffer, la diffusion de l’imprimerie, l’humanisme et l’imprimerie, l’imprimerie et la Réforme, etc. La conclusion, en quatre pages, offre un coup d’œil rétrospectif sur le «temps de Gutenberg», soit les années 1400-2000, cette dernière date se justifiant par la désignation de Gutenberg comme «l’homme du millénaire» en l’an 2000.
L’ouvrage se referme avec les notes (p. 136-138); les «témoignages» (Zeugnisse: il s’agit d’une série de précieux extraits, traduits en allemand, et relatifs à l’invention de l’imprimerie, depuis la célèbre lettre de Piccolomini en 1455); une liste des exemplaires conservés de la Bible à 42 lignes et des exemplaires numérisés disponibles en ligne; une liste des principaux imprimeurs ayant exercé jusqu’à aujourd’hui (avouons qu’étant donnée sa brièveté, nous n’en voyons pas l’absolue nécessité); une chronologie de l’établissement de l’imprimerie dans un certain nombre de villes et de pays jusqu’au XIXe siècle; la carte des grands centres d’imprimerie au XVe siècle (1); une chronologie des principales inventions dans la branche; enfin, une orientation bibliographique (pratiquement limitée aux titres en allemand).
On ne peut qu’être frappé par la qualité de l’ensemble: un texte qui correspond aux standards de la recherche universitaire tout en restant facile d’accès, et un choix judicieux d’illustrations elles-mêmes accompagnées de leurs références. En définitive, un petit volume très agréable, et qui montre que le choix du poche et d’une politique de bas prix (en l’occurrence, 8,99 euros) n'est pas antinomique avec la qualité au niveau tant du contenu que de la forme. Une démonstration comme quoi le poche et le grand tirage ne sont pas nécessairement synonymes de culture dite «populaire», voire de l'objectif de fournir un «livre pour tous». Et, même si le marché du livre germanophone n'est pas plus important que celui du livre francophone, nous ne connaissons pas d'expérience comparable de ce côté-ci du Rhin.

(1) La présentation cartographique la plus exhaustive reste celle donnée par Philippe Nieto, « Géographie des impressions européennes du XVe siècle », dans Le Berceau du livre: autour des incunables. Études et essais offerts au Professeur Pierre Aquilon par ses élèves, ses collègues et ses amis, dir. Frédéric Barbier, Genève, Librairie Droz, 2003, p. 125-174, cartes, ill. (Revue française d’histoire du livre, 118-121).
 
Stephan Füssel, Johannes Gutenberg, 5e éd. revue et augm., Reinbeck, Rohwolt Taschenbuch Verlag, 2013, 159 p., ill. (1ère éd., 1999).

vendredi 12 octobre 2012

Histoire du livre et problématique de la censure

La question de la censure est omniprésente en histoire du livre, notamment depuis le milieu du XVe siècle et l’invention de la typographie en caractères mobiles: le système de la «librairie d’Ancien Régime» voit s’imposer, en France, le contrôle par l’administration royale, au contraire de ce qui se passe, par exemple, en Espagne. La logique est encore différente dans la géographie de la Réforme. S’agissant de la France, Daniel Roche écrit avec justesse, dans le tome II de l’Histoire de l’édition française:
L’université et surtout la Sorbonne, a perdu le monopole de la surveillance que lui avait délégué François Ier, par suite de la création des censeurs royaux (1623) et quand le Code Michaud (1629) a transféré au chancelier et à ses commissaires le droit de regard sur l’imprimerie (…). Seuls les livres de théologie et de piété sont soumis à une double autorisation, celle des autorités ecclésiastiques [et] celle des censeurs royaux. Dès la seconde moitié du XVIIe siècle, la mécanique du contrôle est laïcisée [peut-être aurait-il mieux valu écrire «sécularisée»?].
Pour autant, la censure ne concerne pas le seul monde «marchand» des imprimeries et des librairies: les bibliothèques aussi y sont soumises, et cela d’autant plus qu’elles seront ouvertes à un public élargi. On pourrait croire que cette problématique date du XVIIIe siècle, il n’en est rien: la question de la «lecture pour tous» hante, par définition, les partisans de la Réforme (elle se pose même antérieurement, comme le montre l’exemple du Narrenschiff). Rappelons ici que la bibliothèque de la nouvelle Haute école de Eger, en Hongrie, est décorée de fresques représentant le concile de Trente et, en particulier, le décret sur la censure...
La Révolution de la fin du XVIIIe siècle marque bien évidemment, pour l’historien du livre et des bibliothèques, un temps où la problématique de la lecture pour tous se pose réellement au premier plan, surtout en France, et où elle influe de manière très profonde le devenir des bibliothèques.
Notons, d'abord, que le changement de conjoncture est plus large: la «seconde révolution du livre», voit en effet se développer trois phénomènes fondamentaux, qui bouleversent radicalement l’économie de la branche (après l’invention de la typographie en caractères mobiles). Le principe de la participation, puis de la démocratie, s’impose peu à peu dans le monde occidental (même si sa mise en œuvre est l’enjeu de luttes politiques très longues), et il entraîne l’obligation pour chacun de pouvoir s’informer, donc de savoir et de pouvoir lire. Ensuite, l’instruction publique qui va se généraliser est à l’origine d’un marché de masse, celui du manuel scolaire, tandis que l’alphabétisation élargie dynamise au premier chef la presse périodique et la littérature générale –les romans, mais aussi la littérature pour les enfants, voire bientôt d’autres secteurs comme ceux des livres de voyage, des manuels de vulgarisation, etc. Interviennent enfin l’industrialisation des techniques de production et la réorganisation du système de distribution, grâce notamment à la révolution des transports et des communications: l’accroissement des tirages permet d’engager la course à la baisse du prix moyen des livres, et à l’élargissement progressif du public des lecteurs.
Le censeur... et ses grands ciseaux, dans l'"Histoire du roi de Bohème et de ses sept châteaux", Nodier, 1830.
Mais revenons aux bibliothèques. La question de l’Index influe certains aspects de leur gestion, qu’il s’agisse des achats de volumes ou de leur mise à disposition pour les lecteurs. Sur le premier point, voici l’exemple des Oratoriens de Beaune, qui possèdent une bibliothèque, pour laquelle ils souscrivent à l’Encyclopédie. Pourtant, ils interrompront la série au tome VII, à la suite de la condamnation de l’article consacré par d’Alembert à «Genève». Sur le second point, pensons aux procédés divers par lesquels les livres considérés comme possiblement dangereux ou inappropriés sont rendus plus ou moins indisponibles: les élèves des collèges d’Ancien Régime n’ont généralement pas accès à la bibliothèque, réservée aux professeurs; ailleurs (y compris dans les monastères), les livres interdits sont rangés dans une armoire fermée; ailleurs encore, on les indique comme tels dans les catalogues (comme à Saint-Vincent du Mans); récemment enfin, on réserve à certaines catégories une section particulière, comme l’«Enfer» pour les Erotica: il faut, pour y avoir accès, disposer d'autorisations spéciales. Dans La Bibliothèque, Monstrelet donne la parole aux livres de l’Enfer, qui se plaignent d’être emprisonnés:
Voix de l’Enfer. (L’Enfer est cette partie de la Bibliothèque qui contient les auteurs licencieux.) Ouvrez-nous les portes! Ouvrez-nous! Nous voulons aller passer nos vacances chez la Fillion, chez la Pâris, chez la Massé! Holà! Qu’on nous serve des coulis, des pastilles, des truffes, des diabolini, des liqueurs des îles, et qu’on nous ramène dans le boudoir d’Eliante-Cottyto!
Cette problématique est loin de disparaître à une époque plus récente. Pour nous limiter à deux exemples: la censure est toujours à l’œuvre, lorsque, en 1928, D. H. Lawrence doit publier en Italie son roman Lady’s Chatterley’s Lover (L’Amant de lady Chatterley). Une génération plus tard, l’éditeur D. H. Lane est attaqué en justice pour sortir ce même texte dans sa célèbre collection «Penguin» de livres de poche.
Quant à notre second exemple, il ne relève pas de la censure de contenu, mais il est peut-être encore d'autant plus pernicieux qu'il se répand plus largement dans le monde des collections patrimoniales contemporaines: s’il est normal de protéger des documents fragiles, manuscrits exceptionnels, exemplaires figurant dans des reliures particulièrement précieuses, etc., il l’est moins de refuser la communication de tel ou tel type d’ouvrages à un lecteur qui le souhaiterait, voire de la refuser systématiquement pour tout livre qui serait disponible sous une forme numérique. Le livre ancien n’est pas (ou pas encore…) un objet de musée, que l’on consulte sur un écran et que l’on regarde à travers une vitrine.
Nous nous rappelons de la formule-choc d’un collègue, directeur général d’une très importante bibliothèque nationale européenne, et qui parlait d’un livre rarissime conservé dans une reliure précieuse: «Un livre que tu ne peux pas ouvrir, tu peux le jeter». Bref, c’est peu de dire que, en nos début du XXIe siècle, le débat sur les conditions de l'accessibilité aux collections anciennes reste ouvert.

dimanche 12 août 2012

Kœnigsmark... une dernière fois

En complément de nos deux précédents billets, nous publions aujourd'hui la notice de la première édition de Kœnigsmark en poche.

Benoît, Pierre,
Kœnigsmark,
Paris, Albin Michel, 1952,
255 p., couv. ill. en coul., 165 x 110 mm.
(Le Livre de poche», 1).
(Impr. Brodart et Taupin, Paris-Coulommiers)

Édition 
Premier volume de la collection du «Livre de poche», à la date de création de celle-ci (3e trimestre 1952, date du dépôt légal).
Sur cette édition, voir Les Trois révolutions du livre [catal. expos. du CNAM], n° 125.
Observations
Titre sur la couverture dans un caractère gothique de fantaisie.
La page de titre est illustrée d’une petite vignette qui évoque le château de Neuschwanstein. En revanche, la Librairie générale française ne devant prendre la gestion de la collection que quelques mois plus tard, l’édition en poche se fait encore à l’adresse principale d’Albin Michel.
Le copyright d’Albin Michel, rappelé dans l'ouvrage, date de 1934, et il mentionne expressément les droits relatifs aux «représentations théâtrales» et aux «adaptations cinématographiques». De fait, une première adaptation du roman a été tournée par Léonce Perret dès 1923 (avec Huguette Duflos dans le rôle titre), et trois autres suivront, en 1935, 1953 (par suite du regain d'intérêt lié à la sortie en poche?) et 1968 (cette dernière réalisée pour l’ORTF).
L'achevé d'imprimer (avec la mention du dépôt légal) est à la date de septembre 1952, même si la collection ne sera effectivement lancée qu’en février 1953.
La quatrième de couverture donne la liste des treize autres titres prévus pour suivre Kœnigsmark dans la nouvelle collection.

NB: sur l'historique des collections de poche en France, et sur la controverse sur la «culture de poche» en  1964-1965, voir l'article de Bertrand Legendre.



jeudi 9 août 2012

Naissance du Livre de poche

Nous évoquions il y a quelques jours, à propos de Koenigsmark, la naissance du «Livre de proche», dont le roman de Pierre Benoit a constitué le numéro 1, en 1953. Il est curieux de constater qu’un épisode aussi important de l’histoire contemporaine du livre est resté jusqu’à présent très négligé par les spécialistes. À moins qu'il ne s'agisse, comme souvent, de la traditionnelle réaction initiale de repli des intellectuels mis en présence d'un nouveau mode de communication. Le fait que ce soit Beaubourg qui ait consacré une exposition à l'anniversaire de 2003 peut sans doute aussi, à cet égard, être regardé comme signifiant. Le projet de la collection vient de Henri Filipacchi (1900-1961), alors secrétaire général de la Librairie Hachette, et il s’inscrit dans la vague d’américanisation et de modernisation de la société française qui caractérise la période de l’après-guerre: proposer des ouvrages en réédition, en petit format, employant un papier médiocre et sous forme de volumes non plus en cahiers, mais massicotés et avec le dos collé. La couverture elle-même, illustrée et en quatre couleurs, est protégée par un verni de plastique. La combinaison de chiffres de tirage élevés et de coûts aussi bas que possible permet de vendre à très bon marché, en l’occurrence 150 «anciens francs», soit, rappelons-le, 1,50 «nouveaux francs».
Le livre «de poche» n’est pas certes une nouveauté dans l’édition occidentale, puisqu’on en fait souvent remonter le modèle à la collection de classiques d’Alde Manuce, sans parler, plus tard, des Elsevier et d’un certain nombre d’autres. Mais c’est au XIXe siècle, notamment avec le Français Charpentier, que les progrès de la technique permettent de coupler format de poche, baisse des coûts et tirages industriels, avec pour objectif de diminuer autant que possible les prix de vente. Le modèle de Charpentier est bientôt reproduit par toute la concurrence, jusqu’aux collections à très bon marché lancées par Arthème Fayard autour de 1900. La période de l’entre-deux-guerres est surtout marquée, dans cette perspective, par le lancement des «Penguins» en 1935, dont plus de trois millions d’exemplaires sont vendus en un an.
La quatrième de couverture de "Melle de la Ferté" dans la nouvelle collection
Il s’agit donc de quelque chose de connu, mais à quoi Filipacchi couple, dans son projet de 1952, une attention certaine pour le contenu: les textes sont des textes de qualité, et ils seront publiés in extenso, c’est-à-dire ni réduits, ni adaptés. Il s’agira «des œuvres les plus célèbres et les plus significatives des écrivains français et étrangers de notre époque». Dans le même temps, le principe d’employer des rotatives permet d’atteindre des chiffres de tirage très élevés (en l’occurrence, chez Brodart et Taupin à Coulommiers, près de Paris), de sorte que seront mis «à la portée de tous les lecteurs les chefs d’œuvre de la littérature contemporaine au prix le plus abordable».
La Librairie Hachette dépose la marque «Le Livre de poche», et le projet reçoit l’aval des principaux éditeurs français du temps, Gallimard et les autres, dont Albin Michel, qui lui confient un certain nombre de leurs titres: on l’a dit, Koenigsmark inaugurera la collection, lancée en février 1953, et la tradition veut que le volume ait été épuisé en moins d’une dizaine de jours et ait donc dû très rapidement faire l’objet d’une réimpression.D'où l'intérêt de distinguer les exemplaires effectivement issus du premier tirage.
Un exemplaire du numéro 15, Mademoiselle de La Ferté, toujours de Pierre Benoît, permet de faire un petit peu d’archéologie bibliographique. En regard du titre figure la liste des Œuvres de l’auteur, et le titre lui-même est illustré, de même que le début du texte. Au verso du titre, une note rappelle le Copyright pris par Albin Michel pour la première édition, en 1923 –Pierre Benoit était alors déjà l’auteur fétiche de la maison. À la fin du volume, quelques pages de catalogue présentent la nouvelle collection, dont quarante-six numéros sont prévus pour 1953. Le verso de la couverture donne la liste des quinze premiers volumes parus, et annonce les deux suivants, en l’occurrence des textes d’Hemingway et de Somerset Maugham.
Le succès du «Livre de poche» le fera bientôt passer sous la gestion d’une maison d’édition autonome, la Librairie générale française, établie par Hachette à Paris, dans le quartier de la Madeleine.

jeudi 30 septembre 2010

Histoire du livre: conférence sur Cazin

Conférence, le 30 septembre 2010 à Bouillon (B), Hôtel de la Poste, 20h.

Cazin, sa vie et ses éditions

Le 250e anniversaire de l’impression à Bouillon du Journal Encyclopédique de Pierre Rousseau est l’occasion de faire le point des connaissances sur Hubert-Martin Cazin (1724-1795), libraire éditeur à Reims et à Paris, qui fut en relation d’affaires avec Pierre Rousseau dès son installation à Bouillon en 1760 et qui fit appel aux presses de la Société Typographique de Bouillon en 1785
Connu notamment sur le marché du livre prohibé, mais pas uniquement, Cazin développa, bien qu’il n’en ait pas été le créateur, un format d’édition particulier, précurseur de notre livre de poche, le in-18. La conférence aborde cette caractéristique d’édition fascinante, et explique, à l’aide de nombreux exemples dont quelques inédits, la difficulté d’établir avec certitude l’attribution d’un ouvrage à une maison d’édition au XVIIIe siècle - celle de Cazin en particulier -, contrariée en cela par le règne de la contrefaçon.
Conférencier : Dr Jean-Paul Fontaine
Docteur en médecine, historien du livre, éditeur. Fondateur de la revue Le Bibliophile Rémois (1985-2004), actuellement rédacteur auprès de plusieurs revues littéraires, auteur du Livre des Livres (Hatier, 1994) et autres travaux sur l’histoire de l’imprimerie, co-éditeur de La Nouvelle Revue des livres anciens (depuis 2009). A paraître en 2011 un ouvrage sur Cazin et ses éditions authentiques.

(Communiqué par Jean-Paul Fontaine)