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vendredi 24 juillet 2020

Histoire et civilisation du livre. Index des noms de lieux. 2005-2020

INDEX LOCORUM
Tomes I à XV (Genève, Librairie Droz)

Afrique
VIII, Book history in Africa: A historiography, par Élizabeth le Roux
voir aussi Soudan
 

Allemagne
V, 1958-2008: cinquante ans de recherche en histoire allemande du livre, par Ursula Rautenberg; VII, Les almanachs francophones dans l’aire culturelle allemande au XVIIIe et au début du XIXe siècle: contexte socio-culturel, évolution, structures, par Hans Jürgen Lüsebrink; IX, De la France, de l'Allemagne: les relations transnationales de librairie à Strasbourg dans la première moitié du XIXe siècle, par Frédéric Barbier; XIII, Les risques du métier: être conservateur de bibliothèque dans une ville annexée par l’Allemagne national-socialiste, par Catherine Maurer; XIV, Aperçu du champ éditorial bruxellois durant la seconde occupation allemande (1940-1944), par Michel Fincœur
voir aussi BERLIN

 
Amérique latine

IV, Le Dictionnaire de l’Académie espagnole, sa réception critique et la norme linguistique d’Espagne et d’Amérique, par Rafael Rodriguez Marín; VIII, L’Espace atlantique et la civilisation mondialisée: histoire et évolution du livre en Amérique latine, par Eliana Regina De Freitas Dutra; VIII, Paris et la présence lusophone dans la première moitié du XIXe siècle, par Diana Cooper-Richet
 
AMIENS

VII, Lire par dessus l’épaule de Manon Phlipon: livres et lectures au fil de ses lettres aux demoiselles Cannet (1772-1780), par Martine Sonnet
 
Angleterre voir Grande-Bretagne

 
Arabo-musulman (monde –)

VIII, Le livre dans l’espace arabe: dimensions transnationales, par Franck Mermier
 
Autriche

XIV, Rébellions et gazettes. La médiatisation des guerres des paysans en Autriche (1626) et en Suisse (1653), par Andreas Würgler
voir aussi VIENNE

 
AVIGNON

XIII, Les contrefaçons du Dictionnaire de l’Académie française au XVIIIe siècle: Nîmes et Avignon, par Isabelle Turcan
 
BEAUCAIRE

VII, Commerce et police du livre prohibé aux foires de Beaucaire, par Dominique Varry
 
Belgique (après 1830)

VIII, Le monde du livre face aux lois de copyright international au XIXe siècle: Grande-Bretagne, France, Belgique, États-Unis, par Marie-François Cachin et Claire Parfait
voir aussi (également pour la période antérieure à 1830) Brabant; BRUXELLES; Flandres; LIEGE; PAYS-BAS DU SUD
 

BELLEY
I, Traductions et traducteurs italiens de Jean-Pierre Camus, évêque de Belley et romancier du XVIIe siècle, par Daniela Camurri
 
BERLIN

V, La librairie française à Berlin: le rôle de la diaspora huguenote et de la librairie hollandaise, par Christiane Berkvens

Bohême

I, Un «Art de mourir» du siècle des Lumières, par Claire Madl; III, Le début de la guerre de Trente ans en Bohême d’après les imprimés de la Bibliothèque Mazarine à Paris, par Veronika Prochazkova; IV, La vernacularisation comme alternative au concept d’«éveil national»? L’exemple de la Bohême, par Michael Wögerbauer; V, Reconstruction des pratiques plurilingues d’un aristocrate des Lumières à partir de sa bibliothèque et de ses écrits, par Claire Madl
 
BOLOGNE (Bologna)

VI, Il tipografo nel paratesto: identità, pubblicità, celebrità, par Anna Giulia Cavagna

Brabant

XIV, Diffuser des lettres pour contracter des alliances: la communication des rebelles en Flandre et en Brabant au bas Moyen Âge, par Jelle Haemers
 
Brésil

III, L’Almanaque Abril (Almanach Avril), 1974-2004: histoire d’un best-seller brésilien, par Mateus H. F. Pereira; VIII, Romans et commerce de librairie à Rio de Janeiro au XIXe siècle, par Sandra Guardini Teixeira Vasconcelos; XI, Arthur de Gobineau et l’Interrègne brésilien (mars 1869-mai 1870), par Marisa Midori Deaecto
voir aussi
RIO DE JANEIRO; SÃO PAULO
 
BRUXELLES

XIV, Dossier: Bruxelles et le livre (XVIe-XXe siècle)
 
Canada

III, Le livre en Nouvelle-France et au début du régime britannique au Canada (XVIIe et XVIIIe siècles), par Marcel Lajeunesse; VIII, L’histoire du livre en Amérique du Nord, par Jacques Michon; XIII, La Bibliothèque enfantine francophone d’Hochelaga (1925-1945), par Marie-Hélène Grivel; XIV, La contrefaçon belge sans frontières: les imprimeurs bruxellois à l’assaut des marchés italiens et québécois, par Jacques Hellemans
voir aussi MONTREAL (Québec)

 
Carniole (Krain)

III, Le commerce de livres en Carniole (XVIe-début du XIXe siècle), par Anja Dular; V, Sprachen in Büchern und Bücher in Sprachen auf slowenischem Gebiet, par Anja Dular
 
CHAMBERY

X, Chambéry, Torino o Ginevra? Le (s)fortune editoriali di un criminalista del primo Seicento, par Rodolfo Savelli

Chine

III, Dossier: Chine-Europe: histoires de livres; VIII, Considérations brèves sur l’histoire du livre chinois dans une perspective transculturelle, par Jean-Pierre Drège
voir aussi SHANGHAI


Confédération helvétique voir Suisse

 
Corse

IV, L’imprimé et l’affirmation du statut linguistique de la langue corse (1750-1919), par Vanessa Alberti 

Croatie
XI, La dualité nationale et universitaire des bibliothèques de Strasbourg et Zagreb: une histoire parallèle entre empires, nations et régions, par Daniel Baric

DIJON
XIII, L’estampillage des contrefaçons en 1777 et l’édition juridique, d’après les archives des chambres syndicales d’Orléans, de Dijon et de Nancy, par Sébastien Évrard; XIV, Un imprimeur dijonnais à la Bastille: 
Louis Hucherot et l’affaire du Parlement outragé (1761), par Anthony Béhin

Espagne
IV, La «Biblioteca de Autores Españoles»(1846-1878), ou la difficile construction d’un panthéon des lettres espagnoles, par Jean-François Botrel; IV, Le Dictionnaire de l’Académie espagnole, sa réception critique et la norme linguistique d’Espagne et d’Amérique, par Rafael Rodriguez Marín; VI, Pages arrachées du livre de Satan… Quelques réflexions sur le combat des bibliophobes et des bibliophiles dans l’Espagne du XVIe siècle, par François Géal; IX, L’âme des royaumes: l’opinion à l’époque moderne et la polémique autour de la bataille de Montijo (1644-1645), par Daniel Saraiva; XII, Les campagnes pamphlétaires de don Juan José de Austria : des mazarinades espagnoles?; XII, La bataille de l’imprimé en Catalogne à l’époque de la Guerre de Séparation (1640-1652), par Alain Hugon et Mathias Ledroit 

États-Unis d’Amérique du Nord
VIII, L’histoire du livre en Amérique du Nord, par Jacques Michon; VIII, Le monde du livre face aux lois de copyright international au XIXe siècle: Grande-Bretagne, France, Belgique, États-Unis, par Marie-François Cachin et Claire Parfait; XII, Inter folia venenum: les collections de mazarinades aux États-Unis (1865-2014), par Laurent Ferri; XIII, La contrefaçon «légale» dans le livre et l’estampe aux États-Unis (1831-1891), par Alexandre Page

Europe

II, Géographie européenne des incunables lyonnais: deux approches cartographiques, par Philippe Nieto; IV, L’invention de l’imprimerie et l’économie des langues au XVe siècle, par Frédéric Barbier; IV, Un siècle de publication de la Bible en Europe: la langue des éditions des Textes sacrés (1455-1555), par Max Engammare; VIII, Pour une histoire européenne du livre et de l’édition : enseignements et perspectives, par François Vallotton; XII, Politisation de l’écrit et système de communication dans l’Europe du XVIIe siècle, par Héloïse Hermant; XIV, Dosssier: La médiatisation des révoltes en Europe (XVe-XVIIIe s.)

Europe centrale et orientale

I, Livres et réseaux jansénistes en France et en Europe centrale aux XVIIe-XVIIIe siècles, par Juliette Guilbaud; VIII, Le livre parisien en Hongrie et en Europe centrale (XVe-XVIIIe siècle), par István Monok; IX, L’édition vénitienne et l’Europe centrale, XVe-XVIe siècles, par István Monok; XI, Strasbourg et l’exportation des livres vers l’Est de l’Europe au XVIIIe siècle, par Claire Madl
voir aussi Bohême; Carniole; Croatie; Hongrie historique; Roumanie; Russie

 
Flandres

XIV, Diffuser des lettres pour contracter des alliances: la communication des rebelles en Flandre et en Brabant au bas Moyen Âge, par Jelle Haemers
 

Franche-Comté
VII, La lecture féminine en Franche-Comté au XVIIIe siècle, par Michel Vernus

GENEVE
X, Chambéry, Torino o Ginevra? Le (s)fortune editoriali di un criminalista del primo Seicento, par Rodolfo Savelli

Grande-Bretagne

VI, Une comparaison Trans-Manche: les gens du livre en Basse-Normandie et dans le sud-ouest de l’Angleterre au XVIIIe siècle, par Ian Maxted; VI, Le livre idéal dans l’Europe de 1900: essais préraphaélites autour de l’Ut pictura poesis, par Florence Alibert; VII, Le monde du livre face aux lois de copyright international au XIXe siècle: Grande-Bretagne, France, Belgique, États-Unis, par Marie-François Cachin et Claire Parfait; XIV, «Rebelle malgré lui» – récits de réconciliation et de réintégration dans les biographies politiques britanniques du XVIIIe siècle, par Monika Barget; XIV, «Great Conspiracy» et «Bloody Plot»: la médiatisation de la révolte irlandaise et le déclenchement de la guerre civile anglaise (1641-1642), par Stéphane Haffemayer 

Hollande voir Pays-Bas

Hongrie historique (jusq. 1918)

I, Mélanges: Histoire du livre en Hongrie; III, Qu’est-ce qu’un bibliothécaire en Hongrie à l’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècle)?, par István Monok; IV, Les langues de lecture dans la Hongrie moderne (1526-milieu du XVIIIe siècle), par István Monok; VII, Le livre français dans les lectures hongroises à l’époque moderne, par István Monok; X, Diffusion du livre en français en Hongrie: bilan et perspectives des recherches sur les bibliothèques privées de l’aristocratie (1770-1810), par Olga Granasztói; XI, La Hongrie et l’édition alsacienne, 1482-1621. Conjoncture éditoriale et évolution des représentations d’un pays, par István Monok 

Inde
VIII, Book history in India, par Abhijit Gupta
 

Indes néerlandaises
VIII, Le livre dans les Indes néerlandaises: un marché nouveau pour les Pays-Bas, par Lisa Kuitert

Indonésie voir Indes néerlandaises


Irlande

XIV, «Great Conspiracy» et «Bloody Plot»: la médiatisation de la révolte irlandaise et le déclenchement de la guerre civile anglaise (1641-1642), par Stéphane Haffemayer

Italie
I, Traductions et traducteurs italiens de Jean-Pierre Camus, évêque de Belley et romancier du XVIIe siècle, par Daniela Camurri; VI, L’Apparition du livre et l’histoire du livre en Italie, par Mario Infelise; IX, L’histoire du livre en Italie: entre histoire de la bibliographie, histoire sociale et histoire de la culture écrite, par Lodovica Braida; X, Des musées dans les bibliothèques: le cas des bibliothèques d’État en Italie, XIXe-XXe siècle, par Andrea De Pasquale; XIV, La contrefaçon belge sans frontières: les imprimeurs bruxellois à l’assaut des marchés italiens et québécois, par Jacques Hellemans
voir aussi BOLOGNE; NAPLES; PARME; ROME; THUN; TURIN; VENISE


Japon
III, La réception au Japon des albums de peintures chinois du XVIIe siècle, par Christophe Marquet 

Languedoc
IX, Les États de Languedoc, éditeurs des Lumières?, par Henri Michel 

LIEGE
IV, La diffusion du livre romantique à Liège: quelques glanes, par Anthony Glinoër; VII, Images de livres: Raynal, Buffon, Mercier, dans une «Visite à l’imprimerie» perdue et retrouvée, par Daniel Droixhe

LYON

II, Dossier: Lyon et les livres; IV, Édition et traduction à Paris et à Lyon, 1500-1550: la chose et le mot, par William Kemp et Mathilde Thorel; X, «Le rameau d’or et de science». La bibliothèque humaniste de l’architecte Joseph-Jean-Pascal Gay (1775-1832), par Philippe Dufieux; XIII, L’origine lyonnaise de la fausse édition Bassompierre du Bélisaire de Marmontel (1777), par Daniel Droixhe; XIII, Une réponse aux contrefaçons. Le privilège partagé: le cas d’Antoine Dezallier à Paris et Thomas Amaulry à Lyon, par Henriette Pommier

MAESTRICHT (Maastricht)

XIII, Des beaux ornements aux belles bibliothèques. À propos de l’édition clandestine des Œuvres de Brantôme par Jean-Edme Dufour (Maastricht, 1779), par Muriel Collart 

MONTREAL
III, Une analyse des livres anglais du XVIIe siècle conservés à la bibliothèque de l’université de Montréal, par Joyce Boro

NANCY

XIII, L’estampillage des contrefaçons en 1777 et l’édition juridique, d’après les archives des chambres syndicales d’Orléans, de Dijon et de Nancy, par Sébastien Évrard 

NAPLES (Napoli)
XIV, Texts, publics, and networks of the Neapolitan Revolution of 1647-1648, par Davide Boerio

NEUCHATEL

VIII, Les réseaux commerciaux d'une presse périphérique à l'aube de la Révolution : la Société typographique de Neuchâtel, par Frédéric Inderwildi

NIMES
XIII, Les contrefaçons du Dictionnaire de l’Académie française au XVIIIe siècle: Nîmes et Avignon, par Isabelle Turcan; XIII, Un Lyonnais pris en flagrant délit d’impression du Contrat social (1762), par Dominique Varry
Nord-Pas-de-Calais (région)

V, Une entreprise éditoriale improbable: publier en picard au Pays noir au début du XXe siècle, par Jacques Landrecies

Normandie (région)

VI, Une comparaison Trans-Manche: les gens du livre en Basse-Normandie et dans le sud-ouest de l’Angleterre au XVIIIe siècle, par Ian Maxted

ORLEANS
XIII, L’estampillage des contrefaçons en 1777 et l’édition juridique, d’après les archives des chambres syndicales d’Orléans, de Dijon et de Nancy, par Sébastien Évrard
Plan de Paris, dit Plan de Turgot. Le quartier de Saint-Germain-des-Prés (© Quelleriana)

PARIS
V, Dossier: Une capitale internationale du livre: Paris, XVIIe-XXe s.

PARME
V, La formazione della Regia Biblioteca di Parma, par Andrea De Pasquale
 

Pays-Bas
III, «Le miracle hollandais»: le rôle des libraires hollandais aux XVIIe et XVIIIe siècles, par Otto S. Lankhorst; V, La librairie française à Berlin: le rôle de la diaspora huguenote et de la librairie hollandaise, par Christiane Berkvens; VIII, Le monde du livre face aux lois de copyright international au XIXe siècle: Grande-Bretagne, France, Belgique, États-Unis, par Marie-François Cachin et Claire Parfait
voir aussi Flandres; Indes néerlandaises; MAESTRICHT
 

Pays-Bas du sud
XIV, Damned usury, «Cologne», «1715»: Delusion or bona fide? Typographical evolution on title pages in the Southern Netherlands in the 18th century and its potential as a means of identification, par Goran Proot
voir aussi Belgique (après 1830);
Brabant; BRUXELLES; Flandres; LIEGE

Portugal
IX, L’âme des royaumes: l’opinion à l’époque moderne et la polémique autour de la bataille de Montijo (1644-1645), par Daniel Saraiva; X, La création de la Bibliothèque royale publique de la Cour de Portugal: une responsabilité partagée, 1796-1803, par Maria Luísa Cabral; XIV, La diplomatie d’une révolte entre information et publication: le cas des ambassades portugaises en France, 1642-1649, par Daniel Pimenta Oliyeira de Caryalho
 

Provinces-Unies voir Pays-Bas

RIO DE JANEIRO
X, La création de la Bibliothèque royale publique de la Cour de Portugal: une responsabilité partagée, 1796-1803, par Maria Luísa Cabral

ROCHEFORT
XIV, L’affectation des bibliothèques confisquées à Rochefort, ville-arsenal de la Marine (1790-1803), par Olivier Desgranges 

ROME (Roma)
IX, La censura ecclesiastica romana e la cultura dei «semplici», par Gigliola Fragnito

ROUEN
XII, Les imprimeurs rouennais et la Fronde: une étude des fonds normands de mazarinades, par Chloé Kürschner
 

Roumanie
XIV, Observations sur le livre illustré imprimé à Bucarest (XVIe-XIXe siècle), par Anca Elisabeta Tatay, Cornel Tatai-Baltӑ
voir aussi BUCAREST; Transylvanie 


Russie
VIII, Les libraires français en Russie au Siècle des Lumières, par Vladislav Rjeoutski; XI, Strasbourg et l’exportation des livres vers l’Est de l’Europe au XVIIIe siècle, par Claire Madl
voir aussi SAINT-PETERSBOURG
 

SAINT-PETERSBOURG
III, Le comte de Choiseul-Gouffier, premier directeur de la Bibliothèque impériale publique de Russie, par Ludmila Wolfzun
 

SÃO PAULO
La ville et les livres, ou comment former une bibliothèque? Notes historiques sur la formation et sur le catalogue de la première bibliothèque publique de São Paulo (1825-1887), par Marisa Midori Deaecto
 

SHANGHAI
III, Le livre, une marchandise? Les conceptions du livre aux Presses commerciales de Shanghai (1903-1937), par Jean-Pierre Drège
 

Slovénie voir Carniole
 
Soudan
V, «Reliures soudanaises», par Natalia Viola
 

STRASBOURG
IX, De la France, de l'Allemagne: les relations transnationales de librairie à Strasbourg dans la première moitié du XIXe siècle, par Frédéric Barbier; X, Schoepflin et les origines de la Bibliothèque de la Ville de Strasbourg, par Magali Jacquinez; X, Livres et bibliothèques à Strasbourg et dans sa région du milieu du XVe siècle à la veille de la Réforme, par Georges Bischoff; XI, Dossier: Strasbourg, le livre et l’Europe, XVe-XXIe siècle; XII, La dualité nationale et universitaire des bibliothèques de Strasbourg et Zagreb: une histoire parallèle entre empires, nations et régions, par Daniel Baric; XIII, Dans la tourmente révolutionnaire: Les bibliothèques de Strasbourg et leurs catalogues, par Marie-Claire Boscq; XIII, Les risques du métier: être conservateur de bibliothèque dans une ville annexée par l’Allemagne national-socialiste, par Catherine Maurer; XIV, Libreria publica:
 la bibliothèque de Saint-Jean de Strasbourg 
au berceau de l’humanisme rhénan, par Georges Bischoff; XIV, Le livre à Strasbourg sous le Premier Empire, par Nicolas Bourguinat
 
Suisse

VII, De l’image de la Suisse aux réseaux commerciaux: les livres suisses en pays tchèques à l’époque des Lumières, par Claire Madl; XIV, Rébellions et gazettes. La médiatisation des guerres des paysans en Autriche (1626) et en Suisse (1653), par Andreas Würgler
voir aussi GENEVE; NEUCHATEL; YVERDON
 

Tchèque, République – voir Bohême
 

THUN
X, Una biblioteca nobiliare ai piedi delle Alpi. La raccolta libraria dei conti di Castel Thun tra XV e XIX secolo: un primo sguardo, par Giancarlo Petrella
 

Transylvanie voir Hongrie historique
 

TROYES
VI, Aux sources iconographiques des Figures de la Bible troyenne, par Marie-Dominique Leclerc; VII, Un livre fugitif, par Carla Hesse; XV, Pierre de Provence dans le papier bleu, par Marie-Dominique Leclerc
 

TURIN (Torino)
X, Chambéry, Torino o Ginevra? Le (s)fortune editoriali di un criminalista del primo Seicento, par Rodolfo Savelli
 
VENISE (Venezia)

VII, La riflessione di Saverio Bettinelli sull’uomo di lettere (Le «Lettere inglesi» e «Dell’Entusiasmo delle belle arti»), par Lodovica Braida; IX, IX, Le traité de Sebastiano Serlio: œuvre d’une vie et chantier éditorial magistral du XVIe siècle, par Sabine Frommel; IX, L’édition vénitienne et l’Europe centrale, XVe-XVIe siècles, par István Monok; X, De la bibliothèque savante à la bibliothèque publique: collections et lecteurs à Venise au XVIIIe siècle, par Antonella Barzazi
 

VIENNE (Wien)
XI, Ni Gessner ni Possevino: Hugo Blotius et la réorganisation de la bibliothèque impériale de Vienne à la fin du XVIe siècle, par Paola Molino
 

YVERDON
X, La diffusion des connaissances utiles au XVIIIe siècle: Élie Bertrand, la Société économique d'Yverdon, sa bibliothèque et son cabinet de curiosités, par Thierry Dubois

Note: les toponymes retenus dans la table ci-dessus sont pour l’essentiel ceux qui apparaissent explicitement (ou parfois implicitement) dans les intitulés des contributions (le détail des contenus textuels n’a pas été indexé). Le rédacteur s’est efforcé de rendre compte des modifications de la géographie politique européenne depuis plusieurs siècles. Les noms de ville sont portés en petites capitales. La vedette «France» n'a pas été retenue.
Cliché: détail du Plan de Paris, dit Plan de Turgot, 1734-1739 (le quartier de Saint-Germain-des-Prés). © Collectio Quelleriana.

mardi 12 septembre 2017

À travers l'Archipel grec

Une visite dans ce qu’il est convenu d’appeler l’«Archipel», autrement dit les îles grecques de la mer Égée et notamment les Cyclades, attire l’attention du voyageur sur plusieurs points.
D’abord, la facilité apparente de communications. Il est bien évident que le cadre physique, les produits éventuellement disponibles (bois, pierre, etc.), déterminent nombre d’aspects de la vie matérielle des habitants. Il est moins évident de considérer que ce même cadre peut orienter des dispositions intellectuelles et favoriser ou non la curiosité, les capacités d’invention, etc. Dans cette «mer semée d’îles» (Choiseul), où l’on n’est pratiquement jamais hors de vue d’une côte, les échanges et les transferts sont de longue date tout particulièrement nombreux. On prendra d’autant plus facilement la mer qu’il s’agit toujours de pratiquer une forme de cabotage, et que la circulation par voie de terre est rendue très difficile par le relief complexe qui est celui de la plupart des îles. Même si le vent est défavorable, on trouve facilement à se mettre à l’abri en attendant qu’il tombe, ou qu’il tourne.
Sous Oia, l'échelle d'Amoudi... et sa route d'accès
Ces îles sont peuplées dès l’époque néolithique (bon nombre de noms ont une origine antéhellénique). Jusqu’au IIIe millénaire, la navigation se fait par pirogues ou par radeaux, mais la civilisation cycladique innove, avec le travail du cuivre et de la poterie, avec un nouveau type d’embarcations, à une douzaine de bancs de rameurs… et avec les débuts de l’écriture pictographique. Les navires plus importants seront, en revanche, une innovation continentale (mycénienne), tout comme le sera le Linéaire A.
Mais les oppositions sont là: certaines îles sont favorisées, et d’autres non. Santorin est la plus proche de la Crète. Si la rade est évidemment très calme, la présence de la falaise abrupte de la caldera complique considérablement les échanges entre le niveau de la mer et celui des habitations. Les «échelles» (scala) effectivement accessibles y sont très rares, à l’image de celle de la ville préhistorique d’Akrotíri, plus encore de la crique d’Amoudi, en-dessous du bourg d’Oia. Amoudi a joué un rôle majeur dans le commerce des Cyclades, comme en témoignent les maisons des armateurs aujourd’hui encore préservées. Si l’on ajoute que Santorin n’a pratiquement pas de ressources propres en eau potable (elle était en partie fournie, jusque dans les années 1960, par des bateaux-citernes expédiés d’îles plus fortunées), on comprend que l’île soit, en fait, assez peu hospitalière.
Ancien chemin creux près de Melanès
Remontons vers le nord. À Naxos, la plus grande des Cyclades (412 km2), c’est un paysage tout différent devant lequel nous sommes: bien située au centre de l’Archipel, toute proche de l’île de Paros (à 5 km à peine) et des Petites Cyclades, l’île bénéficie de rades abritées, notamment à l’ouest. L’essor de l’activité commerciale explique que Naxos et, même si dans une moindre mesure, Paros, prennent rang parmi les cités grecques ayant connu le monnayage le plus précoce. Elle possède aussi des ruisseaux, certes pour la plupart asséchés pendant l’été, mais qui favorisent l’implantation humaine: on estime que le quart de la surface de l’île est effectivement cultivable, et encore nombre d’anciennes terrasses sont aujourd’hui à l’abandon. Choiseul, lorsqu’il pénètre à l’intérieur de l’île, admire
des vallées délicieuses arrosées de mille ruisseaux, et des forêts d’orangers, de figuiers et de grenadiers. La terre par sa fécondité semble prévenir tous les besoins de ses habitans; elle nourrit une infinité de bestiaux, de gibier. Le blé, l’huile, les figues et le vin y sont toujours abondans. On y recueille aussi la soie. Tant d’avantages l’avoient fait nommer par les anciens la petite Sicile (Voyage pittoresque, I, p. 41-42).
Le culte de Demeter, la déesse des récoltes, est d’ailleurs répandu à Naxos comme à Paros, les olivier sont omniprésents, tandis que le vin de Naxos est effectivement réputé depuis l’Antiquité –Dionysos / Bacchus lui-même n’a-t-il pas été élevé dans l’île? Naxos possède du bois, denrée bien rare dans les îles: la vallée de Melanès, c'est étymologiquement l'équivalent de Vallombreuse. Mais Naxos a aussi de belles carrières de marbre, même si celui-ci est moins réputé que celui extrait de Paros.
L’histoire de Naxos est tout particulièrement marquée par la domination vénitienne: à la suite de la Quatrième Croisade, en effet, l’Archipel est dévolu à la Sérénissime et constitué par l’empereur en duché, dont Naxos devient la capitale. Les dynasties des Sanudo (Marco Sanudo) et de leurs successeurs y règnent du début du XIIIe siècle jusqu’à la conquête de l’île par les Ottomans en 1537, tandis que Naxos est devenue siège d’un archevêché catholique après la chute de Rhodes, et qu’elle possède un collège de Jésuites en 1626 –avec une bibliothèque. Un couvent de Capucins est aussi bientôt fondé, où descendront en 1835 Ludwig Ross et ses compagnons, lorsqu’ils parviennent dans l'île après une traversée de trois heures à peine depuis Delos.
La vieille ville de Naxos est dominée par le castro vénitien, résidence du duc, et elle conserve un certain nombre de belles maisons patriciennes, mais les seigneurs feudataires ont aussi élevé des «tours vénitiennes», comme sièges de leur pouvoir, dans les localités de l’intérieur. On sait que l’essentiel de cette structure féodale se perpétue en effet à l’époque ottomane. Pour Ross, en 1835, la colline du castro est le «Faubourg Saint-Germain» de Naxos, où sont établis les descendants de la «noblesse latine» et le clergé catholique –même si le nombre des fidèles est alors considérablement diminué. C’est un ancien dragon italien, entré dans les ordre, qui tient alors le couvent capucin (mais il reçoit aussi pour ses services 800 francs par an du Gouvernement français). Quant aux grecs orthodoxes, ils sont installés entre le pied de la colline et le port.
Voyage pittoresque de la Grèce, Vue de la ville de Naxia
La présence du catholicisme n’est pas non plus sans faciliter les échanges avec l’Europe occidentale, tandis que les escales régulières des navires favorisent encore les transferts et rétrotransferts, dont le vocabulaire vient témoigner (par ex. καστέλι, pour castello, etc.). Que conclure, en définitive, face à un paysage culturel aussi complexe? D’une part, la possibilité de naviguer assez facilement, à la rencontre des continents asiatique, africain et européen, et les ouvertures et autres échanges qui peuvent s’ensuivre. Mais, à l’inverse, la tension toujours présente: l’insularité est aussi vecteur d'isolement et d’identité, et Naxos a été des années durant, pendant l’Antiquité, l’adversaire résolue de Paros…

B. Slot, Archipelagus turbatus. Les Cyclades entre colonisation latine et occupation ottomane, c. 1500‐1718, Istanbul 1982.
Vitalien Laurent, «La Mission des jésuites à Naxos de 1627 à 1643», dans Échos d’Orient, 33 (1934), p. 218-226 et 354-375; 34 (1935), p. 97-105, 179-204, 350-367 et 472-487 (donne une bibliographie complémentaire).

jeudi 27 avril 2017

Le temps caractéristique (4)

Poursuivons un instant sur le «temps caractéristique», pour attirer l’attention sur un phénomène apparemment contradictoire: le raccourcissement du temps caractéristique a pour effet, paradoxalement, de renforcer les inégalités spatiales –et sociales.
Nous avons évoqué dans le dernier billet les transformations qui se produisent dans l’Allemagne de la Réforme où, en quelques semaine, il est devenu possible non seulement de rédiger et de diffuser un texte imprimé, mais aussi d’y répondre et d’engager éventuellement une polémique par le biais du média. Lorsque le libraire-imprimeur de Bâle, Adam Petri, publie, sans doute dans les premiers mois de 1518, une édition des 95 Thèses innovant radicalement sur la forme (il s’agit non plus d’un placard, comme à Leipzig et à Nuremberg, mais d’un petit quarto de quelques feuillets), il précise, en tête du texte, l’objet qui est le sien :
Quare petit ut qui non possunt verbis praesentes nobiscum disceptare, agant id literis absentes [= C’est pourquoi il demande à ceux qui ne peuvent pas discuter directement en paroles avec nous, de le faire de loin, par le biais de l’écrit].
La circulation est très facilitée dans deux cas de figures et, d’abord, par la proximité des grands routes et des principaux itinéraires: c’est par leur biais que transitent les voyageurs, diplomates, négociants, étudiants et autres, c'est eux que suivent les correspondances et les nouvelles, mais aussi les marchandises (dont les livres) à travers l’Europe, par voie de terre ou de mer. Au début du XVIe siècle, la traversée de la côte espagnole à Naples peut ne demander que quatre jours, et les 600 km de la route postale de Malines à Augsbourg représentent vingt-trois relais, soit une distance qui peut être parcourue en moins d’une semaine.
Le second dispositif, évidemment lié au premier, distingue les géographies les plus avancées, celles où la densité de population est supérieure, où la richesse est plus grande et où le maillage du réseau des petites villes et des villes moyennes est plus serré –au premier chef, la géographie de la grande dorsale européenne conduisant des Pays-Bas à l’Italie du Nord par la vallée du Rhin et les cols des Alpes. Les échanges y sont renforcées, de nouvelles pratiques sont rendues possible, par ex. le développement des correspondances privées.
La nouvelle de la mort de Claude de France à Blois le 26 juillet 1524 arrive à Paris dès le 28 (190km: 95km/jour). De même, le désastre de Pavie (24 février 1525) est-il connu dans la capitale dès le 7 mars, soit onze jours après l’événement, pour un peu moins de 900km (82km/jour, malgré la traversée des Alpes).
A contrario, nous voici dans la géographie de l’écart, un mot digne d'être médité: la distance Paris-Cherbourg représente quelque 350km, qui peuvent être parcourus en quatre jours. Le sire de Gouberville, dans son manoir du Mesnil-au-Val, n’est guère éloigné que d’une douzaine de kilomètres de la capitale du Cotentin: pourtant, lorsque Henri II meurt brutalement à Paris, le 30 juin 1559, il n’apprend la nouvelle que fortuitement, par un proche allé à Cherbourg, le 17 juillet (les 350km ont donc été parcourus en 17 jours, soit à peine une vingtaine de kilomètres par jour, et un décrochage radical entre la ville centre et le plat-pays).
Bien évidemment, il faut prendre en considération le décalage entre le courrier le plus rapide (un courrier annonçant la défaite et la capture eu roi…) et le rythme des échanges ordinaires: pour autant, l’opposition entre géographies plus ou moins favorisées n’en reste pas moins très profonde. Cette opposition reste encore d’actualité en France à partir des années 1740, lorsque s’engage la «grande mutation» des routes avec la construction du réseau des nouvelles routes royales: en 1776, on a construit 14 000km de «nouvelles chaussées», qui rejoignent la capitale aux frontières du royaume et aux chefs-lieux des différentes généralités, mais aussi entre elles les grandes villes de province.
Le résultat est une accélération et une densification très sensibles des échanges, phénomène qui accompagne, pour Guy Arbellot, «le processus de libération physique et intellectuelle qui devait amener les Français au seuil de la Révolution». Si les échanges ordinaires suivent les rythmes anciens, soit au plus une cinquantaine de kilomètres par jour, les cartes isochrones publiées par Guy Arbellot montrent que, sur une période de quinze ans, les nouvelles diligences ont divisé par deux les durées des grands trajets et abouti à une intégration bien plus grande de la géographie du royaume (cf cliché).
Cartes isochrones des grandes routes du royaume, 1765 et 1780 (© Guy Arbellot, sur le site Persée)
Les changements sont immenses. Dans sa bourgade de La Fontaine-Saint-Martin, Louis Simon date la mutation du moment où il a «vu aligner la grande route du Mans à La Flèche à travers les champs les prés et les landes». Et d’ajouter :
Avant que les routes fussent faites, le peuple n’était habillé que de serge sur fil, encore les plus aisés. Les autres n’étaient habillés que de toile barrée noir et blanc et quelques uns de breluche. Ce sont les grandes routes qui ont facilité le commerce et qui nous ont procuré les marchandises étrangères attendu, que les transports n’étaient [plus] si chers…
P. A. Demachy, Vue de Tours depuis le pont de la Loire, 1787 (© Musée des Beaux-Arts)
La rupture est encore plus sensible dans les centre principaux, dont la configuration est fréquemment bouleversée par l’arrivée de la route. Celle-ci déboule en tranchée au-dessus de Tours, sur la rive droite de la Loire, en 1757, le pont sur le fleuve est achevé en 1779, et le nouvel axe majeur de la ville, la rue Royale, a été ouvert dans son prolongement dès 1777. En quelques années, l’urbanisation, jusque-là orientée sur le quai de Loire, pivote de 90°, l’axe de référence devenant celui de la route de Paris. On entre désormais en ville par le nord, où une  place monumentale est aménagée, avec le nouvel Hôtel-de-Ville élevé en 1776.
Pourtant, dès que l’on s’écarte des grands itinéraires, la situation change du tout au tout, quand nous quittons l’espace des échanges et de l’information modernes pour celui de l’oralité, de la rumeur, des fake news et des «peurs». La rupture est celle de la géographie: même si Arthur Young s'étonnera du «manque de circulation» qu'il observe en France par rapport à l'Angleterre, l'espace moderne fonctionne d'abord comme un système en réseau, quand l'espace traditionnel reste constitué par un emboîtement de surfaces plus ou moins fermées.

Guy Arbellot, « La grande mutation des routes de France au XVIIIe siècle », dans AESC, 1973 (28), p. 765-791.

mardi 21 mars 2017

Conférences d'histoire du livre

Frédéric Barbier,
directeur de recherche au CNRS
(École normale supérieure, Institut d’histoire moderne et contemporaine),
directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études
(conférence d’Histoire et civilisation du livre)

prononcera les deux conférences suivantes,
dans le cadre de 
l’Université du Québec à Montréal (UQAM):

 mardi 28 mars, 10h.
(cours de Madame Dominique Marquis, professeure à l’UQAM, département d’Histoire)
«La foi, le talent, le service:
l’éthique protestante et l’esthétique des bibliothèques (XVe-XVIIe siècle)»

mercredi 29 mars, 14h.
«Géographie et topographie du livre en Europe (vers 1450-vers 1820)».

Les informations complémentaires sont à prendre auprès des organisateurs.
La bibliothèque de l'université de Leyde, gravure de Willem van Swanenburgh, 1610

dimanche 7 août 2016

Nom de pays: le nom. À propos du politiquement correct

L’été est la saison des promesses, tout au moins s’agissant de la lecture: nous allons relire tel ou tel «classique» que nous n’avons jamais pris le temps de –relire (plutôt, notre manière de vivre fait que nous n’en avons pas le temps). Bref, nous voici à nouveau devant La Recherche, où nous grapillons des passages aimés sous le titre «Nom de pays: le nom» (dans Du côté de chez Swann, en 1913), et «Nom de pays: le pays» (dans À l’ombre des jeunes filles en fleur). Le «nom», c’est le pays inconnu mais rêvé à travers sa désignation, et à travers ce que celle-ci peut évoquer. Restons avec Proust: Parme est un lieu d’autant plus magique qu’on ne le visite pas: son nom est compact et lourd, aucun air ne peut y circuler, mais le mot fait surgir quelque chose imprégné de la «douceur stendhalienne» et du «reflet des violettes». On sait comment le narrateur rêvant d’un séjour à Balbec mais ne pouvant se rendre dans cette station balnéaire, trouve, peut-être, dans la lecture de l’horaire du chemin-de-fer et dans la litanie des noms des gares plus de satisfactions que dans le voyage lui-même. Quant à «nom de pays: le pays», c’est le souvenir toujours prégnant de certains lieux que nous avons visités, et auxquels nous restons attachés.
Mais laissons de côté la dimension littéraire de la toponymie, pour revenir à la problématique qui est celle du livre imprimé. La préparation d’un prochain ouvrage, Bibliothèques, Décor, XVIe-XIX siècle, lequel doit être officiellement présenté à Rome à la mi-novembre 2016, nous pose des problèmes très difficiles lorsque nous abordons la question de l’index. En effet, l’ouvrage accueille des contributions en trois langues, l’allemand, le français et l’italien, et il traite entre autres d’une géographie linguistique et culturelle particulièrement compliquée, celle de l’ancienne Europe germanophone, ainsi que de l’Europe centrale et orientale.
Comment, dès lors que nous devons produire un index cohérent et unifié, faire le choix d’un toponyme de référence, là où la tradition historique juxtapose jusqu’à cinq désignations pour un seul lieu? Voici Kaliningrad, l’ancienne Königsberg, «ville de résidence» du royaume de Prusse –nous ne rappelons pas ici le nom de la ville dans les différents langues baltes, ni en polonais, en tchèque ou en slovaque. Brasov est le nom roumain de Kronstadt,  ville fondée par les Saxons de Transylvanie, mais aussi connue sous son nom hongrois de Brassó et surtout, dans les adresses typographiques, sous la désignation étymologique de Corona. Le choix des vedettes pose des problèmes d’autant plus difficiles qu'il a une dimension éminemment symbolique. Si nous descendons vers le Sud-Est européen, nous entrons dans les anciennes possessions ottomanes, dont les toponymes font le cas échéant se succéder des versions grecques, turques, puis slaves (par exemple en Bulgarie) –pour ne rien dire des éventuelles déclinaisons françaises.
Il est pourtant inutile de se livrer à des anachronismes, sous couvert de respecter un «politiquement correct» hors de propos. Le nom de Danzig a laissé en français le souvenir consternant du «couloir de Danzig» et des débuts de la Seconde Guerre mondiale: ce souvenir ne justifie en rien de qualifier Daniel Nikolaus Chodowiecki (1726-1801) de «peintre et graveur polonais», comme le fait la Bibliothèque nationale de France, fût-ce en ajoutant en codicille «de l’école allemande». Chodoviecky ou Chodowiecki) était évidemment d’ascendance slave, mais il a fait toute sa carrière dans le royaume de Prusse (auquel Danzig appartenait, comme préfecture de la province de Prusse occidentale), notamment en tant que directeur de l’Académie royale de Berlin, et il a notamment illustré les grands classiques allemands, dont le Werther de Goethe. Pour avoir passé toute sa vie dans sa ville natale de Königsberg, Kant n’est pas pour autant pourvu par la BnF de l’appellation, il vrai dans son cas potentiellement ridicule, de «philosophe russe de l’école allemande»...
L’observation étroite de ce que l’on suppose être le «politiquement correct» débouche souvent sur l’absurde, voire sur le «politiquement incorrect» et sur un nationalisme à la petite semaine. A contrario, le souci de la réalité historique est aux antipodes d’un quelconque projet de révisionnisme: ne surimposons pas au passé des cadres géopolitiques qui sont ceux d’aujourd’hui et qui, à l’époque, n’avaient pratiquement aucune signification. Avoir une idée de la géographie ancienne constitue un type de connaissance très supérieure sur le plan scientifique, donc plus sécurisante, que le choix borné du «correct» a priori.
Pour l’historien, le départ n'en reste pas moins difficile, qui amène parfois à privilégier une formulation quelque peu alourdie: nous pensons ici à l’excellent travail d’Anne Rouzet, le Dictionnaire des imprimeurs, libraires et éditeurs des XVe et XVIe siècles dans les limites géographiques de la Belgique actuelle (Nieuwkoop, 1975), puisqu’aussi bien la Belgique en tant qu’entité politique n’existe pas avant 1830.
Mais revenons à notre index, qui pose en outre le problème de sa lisibilité: il faut en effet non seulement rendre compte d’une réalité historique difficile, mais aussi permettre à des lecteurs dont l’environnement historique et linguistique est différent, de retrouver assez facilement ce qu’ils cherchent. Nous avons donc fait le choix de donner les toponymes dans la langue du texte où ils se trouvent cités: par ex., pour un texte en allemand, on donnera Ofen pour Buda, la partie de la ville actuelle de Budapest située sur la rive droite du Danube, avec la colline historique du château royal. Si le toponyme n’existe pas, on a décidé de le donner dans la langue officielle du temps, le français, l’allemand et l’italien dans les géographies correspondantes, mais le latin dans le royaume de la Hongrie historique… et le hongrois en Transylvanie.
Dans tous les cas, des vedettes secondaires permettent de retrouver les références recherchées: la capitale de l’actuelle Slovaquie, Bratislava, succède à l’ancienne capitale de la Hongrie royale à l’époque de la domination ottomane (Pozsony), mais elle a aussi reçu au fil des siècles la désignation allemande de Preßburg, francisée en Presbourg –une rue proche de la place de l’Étoile conserve le souvenir du traité de Presbourg, conclusion de la triomphale campagne d’Austerlitz (1805). La ville sert traditionnellement de place de repli pour la cour de Vienne en cas de menace d'invasion à l'ouest. Quant au toponyme figurant sur les adresses typographiques en latin, c’est celui de Posonium. 
Tout ce qui relève des mentions complémentaires est porté dans l'index en latin: imperator (empereur), rex (roi de France, etc.),  vide (voir), etc.
Autant de choix parfois difficiles, mais qui permettent de traduire, sans aucun a priori, des situations particulièrement complexes, et largement méconnues, en même temps que de mettre en œuvre l’ordre rationnel que nous impose la science historique: rendre compte de manière neutre du passé, tout en en permettant le décodage le plus assuré sur le plan scientifique (par ex.: pourquoi les auteurs ou éditeurs ont-ils privilégié à l’adresse typographique telle ou telle désignation?). Jamais les choix qui auront été faits ne devront rien présenter d’arbitraire ni de déséquilibré par rapport à l’une quelconque des collectivités historiques ayant occupé l’espace présenté dans les études: tel est la ligne directrice de notre index.

PS- La problématique évoquée ci-dessus rejoint les difficultés soulevées par l'ignorance croissante en matière de géographie. Dernier avatar en date, celui dont nous avons constaté l'existence en gare d'Amboise. Attendant le passage d'un train pour Paris, nous avons eu la surprise d'entendre l'automate annoncer, parmi les prochaines gares d'arrêt, celle de «Aubrais, Les», sic pour «Les Aubrais». Rappelons que Les Aubrais est une commune de France (Fleury-lès Aubrais), et accessoirement la première ou la deuxième gare, pour le trafic, de la région Centre Val-de-Loire. La généralisation de cette politique pour le moins hasardeuse de la part des responsables de la SNCF conduirait à annoncer des gares aussi invraisemblables que «Sables d'Olonne, Les», voire (il n'y a pas de raison de limiter l'exercice au seul article défini pluriel) «Mans, Le» ou encore «Rochelle, La». Sans parler de la possibilité, qui intéressera les Lyonnais, d'annexer un nouveau quartier, en l'espèce de «Guillotière, La», pour «La Guillottière».
Comme quoi la classification écrite ne doit pas nécessairement être suivie pour une annonce orale, et comme quoi aussi il ne faut pas lire sans un minimum d'esprit critique les séries générées automatiquement par les ordinateurs.