Affichage des articles dont le libellé est Globalisation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Globalisation. Afficher tous les articles

mercredi 10 mai 2017

Le livre aux États-Unis

Dans le cadre du séminaire de Patrick Fridenson à l'EHESS

Daniel Raff,
historien des entreprises à l'University of Pennsylvania,
présentera sa recherche sur

L'infrastructure du commerce des livres aux États-Unis:
sa valeur changeante, ses dangers potentiels

le mercredi 24 mai de 11h à 13h
au 105 boulevard Raspail, salle 10

Vous y êtes cordialement invités
(communiqué par Patrick Friedenson)

jeudi 4 septembre 2014

Globalisation, langue anglaise et histoire du livre (congrès de l'ENIUGH)

À l'occasion du IVe congrès ENIUGH (European Congress on World and Global History), qui se tiendra à partir du 4 septembre à l'ENS, 45 rue d'Ulm à Paris, nous nous autorisons quelques remarques sur l'articulation entre globalisation, histoire du livre, et économie de l'édition. Un des souhaits de l'historien n'est-il pas que l'expérience du passé permette de mettre en perspective et éclaire certains des problèmes du présent?
De fait, la globalisation n’est pas chose nouvelle: du moins ce phénomène n’a-t-il rien de radicalement nouveau en ce qui concerne l’histoire de la «librairie» depuis la fin du Moyen Âge. Il en va de même de la problématique de la langue de publication, à laquelle Histoire et civilisation du livre avait il y a plusieurs années consacré un dossier spécial («Les langues d’impression», 2008, 4e livraison), alors même que le thème émergeait à peine dans le champ de l'historiographie générale. 
Sur le plan historique, la «librairie» est presque nécessairement une librairie intégrée, et cela dès le XVe siècle, ne serait-ce que parce qu’il s’agit d’une activité hautement capitalistique. Nous connaissons déjà à l'époque incunable des accords entre libraires résidant dans des villes parfois très éloignées (par ex. entre Nuremberg, voire Vienne, et Strasbourg), accords dont l'objet principal  est probablement de permettre aux professionnels de limiter les coûts de production tout en contrôlant plus efficacement une partie de leur diffusion.
La globalisation joue aussi à plein avec la diffusion des nouvelles techniques d’imprimerie, d’abord en Europe, puis dans l’Amérique espagnole: les premières universités et les premiers ateliers typographiques d'outre-mer sont fondés au XVIe siècle à Lima et à Mexico
La globalisation s’accentue, et c’est peut-être le premier temps d’une globalisation «en soi», avec l’intégration géographique qui se développe en Occident au XVIIIe siècle, et qui introduit la logique en partie nouvelle de la délocalisation en fonction des conditions de production et de diffusion (pour la librairie française, il s’agit notamment du système célèbre des «presses périphériques»). Un autre exemple idéaltypique pourrait être ici celui de l’intégration de Saint-Pétersbourg et de la Russie dans les réseaux des Lumières occidentales, donc aussi dans les réseaux de la librairie. Mais, toujours et partout, on observe, et jusqu'à aujourd'hui, une tension entre l’ouverture (la globalisation) et les efforts en vue d’instaurer un contrôle sur la production et sur la circulation des contenus.
Sur le fond, les axes d’analyse sont doubles. On se placera d'abord du point de vue de l’historien, pour envisager une histoire de la «librairie» dans le cadre de la globalisation et de la mondialisation. Mais on pourra aussi privilégier le point de vue du professionnel de l’édition, et voir comment la globalisation d’aujourd’hui influe sur une certaine manière de travailler de la part du chercheur scientifique. En fait, il conviendrait d’autant plus de nous situer à la rencontre des deux interrogations, que l’historien, comme l’auteur en général, a tendance, quand il prépare et rédige son texte, à prendre plus ou moins implicitement en considération les conditions de fonctionnement du marché éditorial susceptible de correspondre à ce texte: du fait que l’on vise a priori un certain public, le texte correspondra à un certain modèle sur le plan du contenu formel (y compris la langue) et intellectuel, et non pas sur le seul plan de la mise en livre.
Venons-en maintenant plus directement à la question de la langue.
1) La «librairie» médiévale était une librairie «globale», parce qu’elle correspondait surtout à une librairie en latin (donc, une langue transnationale), et parce qu'elle s’adressait principalement à une communauté elle-même transnationale, celle de l’Église catholique romaine. À tous les niveaux, les structures d’enseignement, jusqu’aux universités, sont en effet liées au monde des clercs et à l’Église. Cette caractéristique continue à fonctionner au XVIe siècle, quand la «grande librairie» se déploie autour d’un certain nombre de places commerciales, au premier rang desquelles vient Francfort, centre des foires de la librairie européenne en latin.
2) Mais cette structure initiale s’affaisse progressivement, le latin cédant peu à peu la place aux différentes langues vernaculaires. Le phénomène est très précoce en France où, pour des raisons politiques, le roi (à partir surtout de Charles V) et les grands appuient le développement d’une littérature et d’une production de livres en français (les «romans», mais aussi les traductions des classiques de l'Antiquité, comme Aristote, etc.). Le même processus se déploie dans les pays germanophones, mais sur la base d’une logique toute différente, dans laquelle le facteur clé serait sans doute à trouver du côté d’une alphabétisation plus largement répandue: lorsque, en 1494, Sébastien Brant cherche à toucher par son livre de morale un public le plus large possible, il rédige son Narrenschiff d’abord en allemand, ce qui semble alors une nouveauté très remarquable.
3) À partir du XVIe siècle et surtout à partir de la Réforme (dont les origines peuvent aussi se donner à comprendre dans cette perspective), le schéma change de plus en plus profondément. C’est la langue vernaculaire qui s’impose, et il se constitue, pour paraphraser Fernand Braudel, des «librairies-mondes», qui fonctionnent pour l’essentiel en autarcie, et qui se structurent autour de la langue «commune». Il existe ainsi, depuis le XVe siècle, une «librairie française», là où l’essor de la «librairie allemande» sera brisé par la catastrophe de la Guerre de Trente ans, et ne reprendra que très progressivement, dans la seconde moitié du XVIIe siècle.
Le fait que le glissement de la langue véhiculaire principale se poursuive, du latin au français, puis à d’autres langues européennes, et aujourd'hui à l’anglais, n’empêche nullement ces «librairies-mondes» de perdurer, et de se structurer comme des ensemble plus ou moins clos. La caractéristique de fond réside à nos yeux dans l’élargissement progressif de l’accès au média, élargissement qui entraîne une montée en puissance du vernaculaire (parlé par le plus grand nombre), la «librairie internationale» ne pouvant jamais toucher qu’une proportion  minime du public potentiel. L’organisation du marché et la chronologie jouent aussi un rôle discriminant. L’intégration géographique (qui fait que Saint-Pétersbourg devient une capitale européenne au tournant du XVIIIe siècle) introduit paradoxalement une diversité plus grande selon les géographies où l’on se trouve: on voit, par exemple, la librairie d’Europe centrale rester beaucoup plus attachée au latin comme langue véhiculaire, voire comme langue d’édition, que ne le sera au même moment une librairie occidentale bien plus avancée dans la modernité.
Un autre  point intéresse l’historien du livre: en dehors de l’histoire spécifique de la «librairie anglaise», l’anglais ne joue qu’un rôle très secondaire comme langue véhiculaire en Europe jusque dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, quand son apprentissage commence à progressivement se répandre au sein des catégories les plus privilégiées. En Bohème comme en Russie, comme dans le royaume de Hongrie, les romans anglais sont jusque dans les années 1800 lus d'abord dans leurs traductions françaises ou allemandes.
Entrons-nous aujourd’hui dans la logique d'une nouvel «librairie globalisée» dont l’anglais serait le principal vecteur? La réponse sera d’autant plus nettement positive, que nous sommes aussi face à une reconfiguration très profonde du système des médias (la «troisième révolution du livre»), et que le premier vecteur des NTIC est de très loin l’anglais. Et comme, en application du théorème de Mathieu, on ne prête qu’aux riches (ne serait-ce que par le poids relatif des différents marchés), le déséquilibre va s’accentuant: l’anglais est largement traduit dans d’autres langues, mais les œuvres rédigées dans ces langues ne font que beaucoup plus rarement l’objet de traductions en anglais.
Permettons-nous de conclure –et d’ouvrir la discussion éventuelle– sur une double réserve. D'abord, il existe toujours aujourd'hui des «librairies-mondes», qui fonctionnent de manière largement autonome, et dont le poids est très important, non seulement en Europe (à commencer par la librairie allemande), mais surtout en Asie, avec au premier chef les exemples du Japon et de la Chine.
D'autre part, dès lors que nous voulons aborder le champ de l’histoire comparée, du transnational et de la globalisation, la connaissance d’un certain nombre de langues est impérative pour le chercheur. Nous sommes tout particulièrement bien placés en Europe pour le savoir et, par exemple, en histoire du livre (mais aussi en histoire de l’art et en histoire des idées), la connaissance de la bibliographie italienne ou allemande reste, selon les époques où l’on se place (mais jusqu’au milieu du XXe siècle au moinsl), un impératif scientifique –pour ne rien dire d’autres géographies, celle des mondes hispaniques ou encore celle des mondes slaves.
Comme le latin au XVe siècle, l’anglais est aujourd’hui indispensable pour la communication scientifique, mais la compréhension historique des phénomènes suppose d'autant plus de disposer d’un certain bagage de connaissances et d’une certaine… connaissance des autres langues, et des autres cultures. La traduction est une commodité, mais elle reste un pis-aller, et elle ne remplacera jamais l'appropriation directe des textes dans leur langue et dans leur environnement d'origine. 

vendredi 20 septembre 2013

Mondialisation et histoire du livre 3/3

[Suite, et conclusion, de nos billets des 21 juillet et 4 août derniers]
C’est cet équilibre séculaire qui tend à se déplacer, surtout dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, jusqu’à se trouver complètement bouleversé avec la «seconde révolution du livre», celle de la librairie de masse et de l’industrialisation –quand nous sortons précisément peu à peu de la «librairie d’Ancien Régime».
Le facteur central concerne la progressive montée en puissance, dans les grandes nations occidentales, d’un marché de l’imprimé de plus en plus large sur le plan sociologique, et qui s’accompagne logiquement d’une domination appuyée, voire d’une omniprésence, des titres en vernaculaire –français, italien, anglais, allemand, espagnol, mais aussi les autres langues– par rapport au latin. Dans le même temps, la problématique de la nationalité et de l’identité pousse à la définition de langues et de littératures «nationales» qui renforcent ce phénomène d’autonomisation des différents marchés. Dans un grand nombre de pays, on fonde aussi des «bibliothèques nationales», dont l’un des objectifs majeurs sera celui de constituer le conservatoire de la tradition écrite et imprimée de la collectivité, donc de prendre en charge la gestion du dépôt légal, éventuellement la publication d’une bibliographie courante et rétrospective, etc. (voir l'exemple du Brésil).
La problématique de la mondialisation se trouve dès lors complètement reconfigurée, qu’il s’agisse du commerce international du livre, de l’économie de la traduction, ou encore de l’emploi de certaines langues plus usuelles au niveau international.
Nous assistons, d’abord, à la mise en place d’un cadre réglementaire de l’économie de l’imprimé: la protection des «œuvres de l’esprit» est portée à la fois par le milieu des professionnels et par celui des auteurs, et se traduit d’abord par des séries de conventions bilatérales, avant la signature de la Convention de Berne (1886) et des différents dispositifs qui suivront.
Cliché 1: cf légende infra
Le français joue longtemps le premier rôle, dans la tradition de l’«Europe française» et selon une logique qui se prolongera jusqu’à la Première Guerre mondiale, voire dans l’entre-deux-guerres. Certaines maisons françaises d’édition et de librairie se spécialisent dans le domaine international, souvent en mettant en place des réseaux de succursales. Dès le Premier Empire, Treuttel et Würtz est installée à Strasbourg, Paris et Londres, tandis que, plus tard, Baillière & fils essaime de New York à Melbourne –mais nous pourrions aussi penser au réseau des Garnier. On sait par ailleurs comment on publie à Paris dans un certain nombre de langues étrangères, comme l’espagnol, et le portugais/ brésilien.
Mais ce schéma n’est plus le seul. La réorganisation de la librairie allemande, à partir des décennies 1760-1770, avait d’abord pour objectif de barrer la contrefaçon à l’intérieur même de la géographie allemande et, plus largement, germanophone. Pourtant, la structure nouvelle se révélera particulièrement favorable au commerce international, par la mise en place d’un réseau de professionnels étendu au monde entier: des libraires allemands, membre de l’association professionnelle que constitue le Börsenverein, se rencontrent dans toute l’Europe, de Londres à Paris, à Athènes, à Istanbul et en Russie, mais aussi à New York et aux États-Unis, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, etc.
En définitive, le français ne concernera jamais, en dehors des pays francophones ou partiellement francophone, qu’une part de marché de plus en plus minoritaire au fur et à mesure que celui-ci s’élargit et s’approfondit. À moyen terme, les rapports de forces s’équilibrent toujours plus entre les langues principales tandis que, dès la fin du XVIIIe siècle, la première métropole européenne, aussi dans le domaine du livre et de la presse, est devenue celle de Londres. Au XIXe siècle, l’Angleterre est à la tête d’un empire mondial, et elle contrôle le principal mode de communication du temps, à savoir la navigation maritime. Rien d’étonnant si Londres est aussi le premier marché des nouvelles, et s les périodiques anglais, puis américains, s’imposent de plus en plus, comme l’illustre plaisamment Jules Verne dans un certain nombre de ses romans, par exemple Les 500 millions de la Bégum:
 -Ces journaux anglais sont vraiment bien faits! se dit à lui–même le bon docteur en se renversant dans un grand fauteuil de cuir (…). Sur le tapis, sur les meubles de sa chambre d'hôtel, à Brighton, s'étalaient le Times, le Daily Telegraph, le Daily News (…). – Oui, répétait-il, ces journaux du Royaume-Uni sont vraiment très bien faits, on ne peut pas dire le contraire.
Et plus loin, cette nouvelle d’un événement survenu à Brighton se répand d’abord en Angleterre, avant de toucher de proche en proche toute l’Europe, d’abord sous sa forme originale, puis sous forme de traductions et de retraductions:
Dès le 29 octobre au soir, cet entrefilet, textuellement reproduit par les journaux anglais, commençait à rayonner sur tous les cantons du Royaume-Uni. Il apparaissait notamment dans la Gazette de Hull et figurait en haut de la seconde page dans un numéro de cette feuille modeste que le Mary Queen, trois–mâts-barque chargé de charbon, apporta le 1er novembre à Rotterdam. Immédiatement coupé par les ciseaux diligents du rédacteur en chef et secrétaire unique de l'Écho néerlandais et traduit dans [cette] langue, le fait divers arriva, le 2 novembre, sur les ailes de la vapeur, au Mémorial de Brême. Là, il revêtit, sans changer de corps, un vêtement neuf, et ne tarda pas à se voir imprimer en allemand. (…) Devenue ainsi allemande par droit d'annexion, l'anecdote arriva à la rédaction de l'imposante Gazette du Nord, qui lui donna une place dans la seconde colonne de sa troisième page, en se contentant d'en supprimer le titre, trop charlatanesque pour une si grave personne…
Cliché 3
Nous restons sur la problématique de la mondialisation en disant que nous sommes alors entrés dans la logique contemporaine du «village global» chère à Marshall McLuhan, logique qui se prolonge et s’approfondit jusqu’à aujourd’hui, mais dont, s’agissant d’économie des médias, nous avons vu que les origines remontaient à plusieurs siècles en arrière. Il est possible, et nous conclurons sur cette hypothèse, que l’anglais triomphe surtout à la suite de la Première Guerre mondiale, alors que les anciennes puissances européennes sont ruinées et, pour certaines, démantelées, et que la nouvelle grande puissance est désormais, aux yeux de tous, constituée par les États-Unis.
Voir aussi le billet du 11 avril 2012.

Légendes des clichés : 1) Pour la première fois, le télégraphe permet de découpler la vitesse de circulation des nouvelles de celle de la circulation matérielle des hommes et des objets. Depuis le télégraphe Chappe, la technique est régulièrement affinée et améliorée : un échange se fait en cinq minutes, sur une distance de près de 2000km. 2) Dans les années 1860, le télégraphe de Wheatstone permet de s’affranchir du codage par morse. 3) L’invention du téléphone ouvre la voie à la quasi-instantanéité de la circulation de l’information (deux clichés F. Barbier, © Musée des sciences et de la technologie du Canada, Ottawa).

dimanche 21 juillet 2013

Mondialisation et histoire du livre (1)

L’exposition que la Bibliothèque Mazarine consacre en ce moment même à Raynal invite à revenir sur une thématique déjà abordée plusieurs fois dans ce blog, à savoir celle de la mondialisation et de la globalisation. C’est peu de dire que voilà deux concepts particulièrement à la mode aujourd’hui, et non pas seulement dans les domaines de la politique ou de l’économie. Histoire et civilisation du livre. Revue internationale aussi a sacrifié à la mode nouvelle, en publiant récemment un dossier dirigé par Jean-Yves Mollier et consacré à une «Histoire mondiale du livre». Pour autant, il ne peut pas s’agir simplement de «revisiter» une histoire du livre conçue traditionnellement selon la catégorie de la nation, et l’«histoire mondiale» du livre est nécessairement autre chose que la simple juxtaposition d’histoires nationales, même matinée d’un zeste de comparatisme.
Le principe de la mondialisation est bien sûr d’abord lié à l’espace. À ce titre, le phénomène est déjà ancien, puisque l’invention de l’imprimerie vers 1450 inaugure des processus d’ouverture dont l’un des effets est la véritable «conquête» du globe par le média nouveau: après l’Europe, l’Amérique espagnole s’inscrit en tête, avec les presses de Mexico et de Lima au XVIe siècle, tandis que le XVIIe siècle voit la première imprimerie en Amérique du nord (Harvard, 1640) . Le XVIIIe siècle marque, peut-être, le premier apogée d’un processus dont l’abbé Raynal se fait le théoricien dans son Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, publiée pour la première fois à l’adresse d’Amsterdam en 1770.
Articulé avec le concept de mondialisation, celui de globalisation renvoie plutôt à une logique de rapprochement et d’intégration de phénomènes complexes –et Raynal en est à nouveau le théoricien lorsqu’il ouvre son livre en montrant comment la dilatation d’un monde occidental étendu aux dimensions du globe s’accompagne d’une interdépendance nouvelle, notamment d’ordre économique (y compris l’économie de la consommation) entre les différents espaces et les différentes civilisations:
«C’est [avec le passage du cap de Bonne-Espérance] que les hommes des contrées plus éloignées se sont devenus nécessaires; les productions des climats placés sous l’équateur se consomment dans les climats voisins du pôle; l’industrie du nord s’est transportée au sud; les étoffes de l’Orient habillent l’Occident, et par-tout les hommes se sont communiqués leurs opinions, leurs lois, leurs usages, leurs remèdes, leurs maladies, leurs vertus et leurs vices».
À Irkoutsk, les "Débats" des décembristes
Le média du livre et de l’imprimé constitue à partir de la seconde moitié du XVe siècle un élément fondamental qui intervient dans ces différents phénomènes, qu’il s’agisse de circulation des nouvelles, mais aussi des connaissances, des contenus littéraires, voire des formes esthétiques ou autres. À la fin du XVIIIe siècle, le monde correspond déjà pour partie au modèle du «village global» cher à Marshall McLuhan, et l’on se souvient du vicomte de Chateaubriand voyageant dans la région des Grands Lacs sous la Révolution. C’est dans un bivouac complètement isolé qu’il apprend à l’improviste la nouvelle de la fuite et de l’arrestation du roi à la suite de l’affaire de Varennes:
«Tandis que les patates de mon souper ébouillaient sous ma garde, je m’amusai à lire à la lueur du feu, en baissant la tête, un journal anglais tombé à terre entre mes jambes: j’aperçus, écrits en grosses lettres, ces mots: Flight of the king (Fuite du Roi). C’était le récit de l’évasion de Louis XVI…» »Encore quelques décennies, et ces décembristes exilés à Irkoutsk seront abonnés au Journal des débats, qui constitue l’un de leurs liens privilégiés avec l’Europe».

Un second billet suivra.

samedi 2 février 2013

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 4 février 2013
16h-18h
La «librairie» brésilienne: d’une économie coloniale
à la problématique «transnationale» contemporaine (XVIe-début du XXe siècle) (1),
par
Madame Marisa Midori De Aecto,
professeur à l’université de São Paolo,
directeur d'études invitée étrangère
Atlas Miller, vers 1519, © BnF
Les séances suivantes consacrées à l'histoire du livre au Brésil auront lieu les
11 février, 16h-18h, à l'EPHE, ave de France
25 février, 16h-18h, à l'EPHE, ave de France
26 février, 14h30-17h30, à la Bibliothèque Mazarine (séance sur inscription)

Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2012-2013.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).
Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

dimanche 20 janvier 2013

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 21 janvier 2013
16h-18h
Introduction à l'histoire du (livre au) Brésil
par 
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études
Historia naturalis Brasiliae, Leiden, Amsterdam, Elzevier, 1648
Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2012-2013.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).
Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).