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vendredi 21 mars 2014

Journée d'études: "Fonder une bibliothèque sous l'Ancien Régime"

UNIVERSITE DE STRASBOURG, INSTITUT D’ETUDES AVANCES (USIAS)
BIBLIOTHEQUE NATIONALE ET UNIVERSITAIRE DE STRASBOURG

26 mars 2014
Journée d’études
FONDER UNE BIBLIOTHEQUE SOUS L'ANCIEN REGIME

Fonder une bibliothèque «publique» reste en Occident, depuis trois millénaires, un acte hautement symbolique, dont la dimension principale est d’ordre certes culturel et intellectuel, mais aussi politique.
Le modèle premier est celui du Musée d’Alexandrie (alias la demeure des Muses), que crée Ptolémée Ier Sôter au tournant du IIIe siècle av. J.-C. Nous sommes dans l’environnement très particulier des héritiers de l’empire d’Alexandre: Alexandrie devra être la capitale du monde, elle accueillera la dépouille du conquérant et elle abritera, dans son Musée, tous les instruments de culture alors disponibles, à commencer par les textes. A l’époque hellénistique, la ville est le grand emporium de la Méditerranée.
Il est inutile de s’arrêter sur le rôle du Musée dans la construction de la philologie –et de la pensée– occidentales, y compris pour la tradition chrétienne, avec le travail de la Septante. Avec Alexandrie, l’institution de la bibliothèque est d’emblée liée à une problématique d’acculturation et de transfert: le prince veut imposer le modèle grec comme modèle universel, mais aussi intégrer toutes les traditions provenant d’autres cultures. Plus tard, à Rome comme dans les autres villes de l’Empire, la fondation d’une bibliothèque en principe «ouverte» relève toujours d’un objectif d’évergétisme dont on sait les liens avec le champ du politique.
Mais, avec l’effondrement radical de la culture livresque qui accompagne la disparition de l’Empire romain, avec aussi la religion nouvelle du christianisme, nous voici devant un tout autre modèle: celui d’îlots, constitués autour de l’Eglise et assurant seuls la conservation de la tradition écrite. Pourtant, le schéma politique ancien se retrouve sous l’empire carolingien: scriptoria et bibliothèques des abbayes et des chapitres seront les vecteurs de la renovatio imperii, à travers la diffusion des textes et le renouvellement des formes matérielles de leur support (la Renaissance carolingienne).
Le rapport entre la fonction de la bibliothèque et l’économie générale des médias, pour rester souvent implicite, n’en est pas moins toujours présent. Dès lors que le livre n’est plus chose exclusive de l’Eglise c’est-à-dire à partir du XIe siècle, il devient ce vecteur de formation et de culture qui permettra éventuellement de construire la réussite sociale. Donner accès au livre à tous ceux qui en ont besoin est un acte de foi: on fera des dons de livres à telle ou telle institution entretenant une bibliothèque, voire on fondera un établissement (un collège) qui permettra à ceux qui n’en ont pas a priori les moyens de poursuivre des études, et qui, notamment, tiendra à disposition une collection de livres aussi riche que possible –le meilleur exemple en est la Sorbonne.
Pour autant, l’objectif premier, celui de la politique, perdure à travers les siècles, et ce jusqu’à aujourd’hui: avec la bibliothèque, il s’agit de documenter la réflexion et l’action politiques (cas de Charles V comme de Mazarin), voire de se poser comme le prince des lettres, et donc comme l’héritier de la tradition de l’empire universel antique. Bien évidemment, le politique n’épuise pas l’éventail des objectifs, mais même lorsque celui-ci est de promouvoir les Lumières et de construire une république européenne des lettres, c’est le rôle du prince ou du grand comme médiateur et comme passeur, qui est toujours en jeu.
Si le schéma bouge en profondeur à l’époque de la Révolution française, la dimension politique reste au premier plan dans le domaine de bibliothèques désormais devenues «nationales». Il faudra une longue expérience pour constater que tous les citoyens n’ont pas un accès égal au principal média de culture, le livre, et qu’il conviendrait, en bonne logique démocratique, de fonder un autre modèle de bibliothèque, celui des «bibliothèques de lecture publique»: cette question reste, jusqu’à aujourd’hui, l’un des enjeux-clés dans le domaine des bibliothèques, alors même que celui-ci est profondément reconfiguré par l’irruption de la «troisième révolution du livre», celle des nouveaux médias.
De l’acte de foi à l’investissement politique et aux formes changeantes de cet investissement en fonction de la déclinaison du paradigme, il y a encore beaucoup à dire sur l’acte de fonder une bibliothèque, et sur les dispositions matérielles prises pour assurer cette fondation. La journée d’étude organisée à Strasbourg le 26 mars prochain a précisément pour objectif d’éclairer ces phénomènes à travers une série d’exemples, des bibliothèques alsaciennes de la première modernité (XVe-XVIe siècles) aux bibliothèques du baroque et des Lumières, pour terminer avec l’émergence de la problématique de l’identité collective et des nationalités au sens moderne du terme.

PROGRAMME
Séance placée sous la présidence de Monsieur Yves Lehmann,
professeur à l’Université de Strasbourg

14h Ouverture de la séance
14h15 Livres et bibliothèques à Strasbourg et dans sa région du milieu du XVe siècle à la veille de la Réforme, par Monsieur Georges Bischoff, professeur à l’Université de Strasbourg
14h45 Fideicommis, mécénat, vocation publique: la fondation de la Bibliothèque Mazarine au XVIIe siècle, par Monsieur Yann Sordet, directeur de la Bibliothèque Mazarine
15h15 Discussion
15h30 Pause

15h45 Fonder des bibliothèques à l’époque les Lumières en Italie du Nord: les cas de Turin, de Parme et de Milan par Monsieur Andrea De Pasquale, directeur général des Bibliothèques nationales de Milan (Braidense) et de Turin
16h15 Jean-Daniel Schoepflin et les origines de la Bibliothèque publique de Strasbourg, par Madame Magali Jacquinez, étudiante à l’Université de Strasbourg
16h45 Fonder une bibliothèque «nationale» dans un pays sans monarchie autonome: Transylvanie et Hongrie, 1798-1803, par Monsieur Istvan Monok, professeur à l’Université de Szeged, directeur général de la Bibliothèque de l’Académie des sciences de Hongrie
17h15 Discussion et conclusion

Bibliothèque nationale et universitaire,
5 rue Joffre, salles des Conseils
Entrée libre, dans la limite des places disponibles

mercredi 29 janvier 2014

Conférences dhistoire du livre

 École pratique des hautes études,
IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre


Lundi 3 février 2014 

14h-16h
La librairie scolaire et l'espace urbain
à Paris au XVIIIe siècle
 par
Madame Emmanuelle Chapron,
maître de conférences à l'Université de Provence,
 membre de l'Institut universitaire de France,
chargée de conférences à l'EPHE 

16h-18h  
Du nouveau sur les bibliothèques Mazarine(s):
localisations, aménagement, décor (1642-1974)

par
Monsieur Yann Sordet,
directeur de la Bibliothèque Mazarine

 
 Une relecture des sources de l’histoire du palais Mazarin et l’examen de nombreux documents inédits permettent aujourd’hui de proposer une chronologie précise des localisations successives des bibliothèques parisiennes de Mazarin, de l’hôtel de Clèves au site actuel, en passant par l’hôtel de Chevry-Tubeuf (devenu le siège historique de la Bibliothèque nationale de France). Cette enquête renouvelle la connaissance du décor de la grande «bibliothèque des colonnes» et identifie les acteurs responsables de sa mise en place (1648) et de son transfert, désormais daté en toute certitude de mai à août 1668.
Le rôle des architectes Pierre le Muet et Maurizio Valperga est discuté. On révèle la part prise par plusieurs artisans, notamment les menuisiers de talent Pierre Dionys, collaborateur du peintre Charles Errard dans les années 1640-1660, et Jean Charon, qui réajusta le décor dans le palais conçu par Le Vau pour le nouveau Collège Mazarin. Les résultats de cette enquête conduite par Yann Sordet ont récemment fait l’objet d’une publication dans le cadre d’un colloque international consacré au décor des bibliothèques de l’âge classique (Actes sous presse). 
On revient à cette occasion sur l’interprétation classique selon laquelle la Mazarine introduit en France le modèle architectonique de la bibliothèque moderne, on interroge les principes qui ont présidé à son aménagement, et on la confronte aux modèles qui ont inspiré son dessin: l’Escorial (1563-1584), l’Ambrosiana (1609), la Barberiniana (1630), la bibliothèque inachevée de Richelieu (1642). 
On évoque également les circonstances qui auraient pu entraîner soit sa disparition, soit une modification significative de son décor. Certaines sont connues (périls sur les structures dès le XVIIe siècle, projets haussmaniens à partir de 1853), mais la plupart sont inédites (proposition de supprimer les colonnes en 1666, volonté d’acquisition par le duc de Nevers en 1668, ou projets de mise en peinture à partir de 1966). La séquence continue des transformations ou destructions auxquelles, depuis le XVIIe siècle, la Mazarine a échappé parfois in extremis, tend à montrer que les décors des bibliothèques sont peut-être plus vulnérables que les livres. 

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2013-2014. Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg). Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand). 
Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

jeudi 10 octobre 2013

Le jansénisme et l'histoire du livre

On excusera ce petit mot d’égo-histoire, pour introduire une note relative à une exposition récemment inaugurée à Paris: un choix en apparence d'autant plus paradoxal que le jansénisme a, certes, beaucoup à faire avec l'histoire du livre.
C’est pourtant en classe de seconde, dans un de ces grands lycées parisiens qui sont en eux-mêmes de véritables monuments historiques (en l’occurrence, à Charlemagne, au cœur du quartier du Marais), que nous avons eu l’occasion de découvrir Pascal, ses Provinciales… et le jansénisme. On imagine mal, quarante ans plus tard, comment il serait  aujourd'hui possible d’intéresser directement des jeunes gens d’une quinzaine d’années à des problématiques aussi particulières: moins celles de la Contre-Réforme, de la construction de l’absolutisme monarchique ou de la pédagogie jésuite, que la question centrale, celle de la grâce.
Pourtant, le fait est là: d’abord fascinés par la langue magnifique de Pascal et par la rhétorique des Provinciales, nous étions aussi touchés par la discussion sur la grâce, parce qu’elle nous interpellait sur les problèmes éternels, de la nature de l’homme, de son rapport à la divinité et de la manière pour chacun de conduire sa propre vie. C’était là, on le comprend, un idéal de curiosité qui permettait bientôt de s’embarquer pour la grande traversée des Pensées, dans laquelle nous nous lancions.
On a beaucoup dit, en partie à juste titre, que le manuel de français alors utilisé le plus couramment, celui de la collection «Lagarde et Michard» (sous titré «Les grands auteurs français du programme»), était médiocre. Il est certain qu’à un niveau d’études plus élevé, c’était un manuel insuffisant, fondé sur une succession d’extraits parfois très courts, et qui privilégiait précisément la théorie des «grands auteurs». Un petit coup d’œil dans le troisième volume («Le XVIIe siècle»), aujourd’hui toujours disponible dans notre bibliothèque, incite pourtant à plus d’indulgence.
L’ouvrage, sous sa couverture entoilée (et solide!) est resté familier, avec ses cahiers d’illustrations en couleurs que nous mémorisions à force de les avoir sous les yeux: le buste du Grand Condé par Coysevox et le portrait hollandais de Descartes, la Galerie du palais et ses libraires (déjà!), parfois aussi des images spectaculaires, mais hors de leur chronologie –le Serment des Horaces de David convoqué pour accompagner Corneille. Parmi ces images, deux étaient pour nous particulièrement frappantes: le portrait de Pascal, homme jeune, mais déjà un petit peu chauve et dont le teint jauni signifiait à nos yeux la maladie et la mort prochaine, et la reproduction du Mémorial, témoignage direct de la nuit d’extase où Pascal reçut une certitude que la plupart cherchent toujours. Se faire offrir, probablement pour Noël, le Pascal de «La Pléiade» a constitué l’étape suivante de cette découverte.
En somme, cette année scolaire 1966-1967 est aujourd'hui devenue une autre époque, celle où les enseignants fumaient en classe –notamment pendant les cours de lettres: français, latin, grec–, mais où il y avait des programmes assez cohérents pour être intelligibles et pour toucher les élèves. Grâce à eux, nous savions que Pascal était toujours notre contemporain, qui avait directement quelque chose à nous dire sur sa recherche la plus intime, et sur ces questions essentielles que nous nous posions nous aussi.
Par une claire après-midi d'hiver, le vallon de Port-Royal
Nous devions retrouver le jansénisme quelques années plus tard, mais dans le contexte complètement différent des études d’histoire, en classe de préparation, et dans le cadre d’une forme d’objectivité scientifique qui, en réalité, nous touchait moins que la découverte immédiate de textes aussi riches. Le jansénisme était devenu un phénomène à démonter, chose difficile dès lors qu'elle supposait une connaissance certaine en matière de théologie (une matière quelque peu négligée dans l’enseignement secondaire…). Elle supposait aussi une certaine familiarité à l’égard de l’environnement social et des rapports de forces à l’œuvre dans un monde, celui des XVIIe et XVIIIe siècles, pour nous à peu près étranger. La croyance au genius loci soutenait pourtant toujours l'empathie, et une visite à Port-Royal marquait une précieuse expérience. Bien plus récemment, nous avons d’ailleurs retrouvé le jansénisme, la politique –et l’histoire du livre– à l’occasion de la séance foraine d’Auxerre (juin 2013).
Il est surprenant que, dans un pays dans l’histoire duquel le jansénisme a tenu une telle place, son souvenir soit aujourd’hui relégué au rang de curiosité plus ou moins secondaire et inintelligible, qui en tous les cas n’a rien de réel à nous dire. On doit d’autant plus se féliciter de l’exposition que lui  consacre la Bibliothèque Mazarine, et qui se concentre sur les événements –et les publications– qui ont suivi la bulle Unigenitus de 1713. On y découvrira une soixantaine de pièces, de l’Augustinus (mais dans une édition rouennaise de 1643, trois ans après l’originale de Louvain) à la bulle de 1713, à l’affaire des convulsionnaires, sans oublier les célèbres et rarissimes Sarcellades, ou Harangues des habitans du village de Sarcelles
Ce billet aura sans doute pris une forme trop personnelle. On y verra une forme de piété et de reconnaissance, et surtout on se consolera en allant découvrir l’exposition présentée pour plusieurs semaines encore dans la salle historique de la Mazarine.

Communiqué- Le 3 octobre 1713 était officiellement présenté à Louis XIV un document qui allait déclencher en France une crise de vaste ampleur (…) La diffusion et la réception de la bulle Unigenitus s’accompagnèrent d’une production éditoriale massive et diversifiée. Textes officiels, défenses et contestations, disputes théologiques, pamphlets et libelles, gravures satiriques, récits de scandales… la production imprimée du temps, soigneusement collectée par certains de ses contemporains, témoigne aujourd’hui de l’ampleur de cette affaire. Elle constitue en cela un moment singulier de l’histoire de l’opinion et des médias en France.

Exposition organisée par la Bibliothèque Mazarine, en collaboration avec la Bibliothèque de la Société de Port-Royal. Commissaire: Stéphanie Rambaud
4 octobre – 20 décembre 2013, du lundi au vendredi, de 10h à 18h.
Entrée libre et gratuite
Bibliothèque Mazarine, 23 quai de Conti, 75006 Paris. Tel. : 01 44 41 44 66

dimanche 21 juillet 2013

Mondialisation et histoire du livre (1)

L’exposition que la Bibliothèque Mazarine consacre en ce moment même à Raynal invite à revenir sur une thématique déjà abordée plusieurs fois dans ce blog, à savoir celle de la mondialisation et de la globalisation. C’est peu de dire que voilà deux concepts particulièrement à la mode aujourd’hui, et non pas seulement dans les domaines de la politique ou de l’économie. Histoire et civilisation du livre. Revue internationale aussi a sacrifié à la mode nouvelle, en publiant récemment un dossier dirigé par Jean-Yves Mollier et consacré à une «Histoire mondiale du livre». Pour autant, il ne peut pas s’agir simplement de «revisiter» une histoire du livre conçue traditionnellement selon la catégorie de la nation, et l’«histoire mondiale» du livre est nécessairement autre chose que la simple juxtaposition d’histoires nationales, même matinée d’un zeste de comparatisme.
Le principe de la mondialisation est bien sûr d’abord lié à l’espace. À ce titre, le phénomène est déjà ancien, puisque l’invention de l’imprimerie vers 1450 inaugure des processus d’ouverture dont l’un des effets est la véritable «conquête» du globe par le média nouveau: après l’Europe, l’Amérique espagnole s’inscrit en tête, avec les presses de Mexico et de Lima au XVIe siècle, tandis que le XVIIe siècle voit la première imprimerie en Amérique du nord (Harvard, 1640) . Le XVIIIe siècle marque, peut-être, le premier apogée d’un processus dont l’abbé Raynal se fait le théoricien dans son Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, publiée pour la première fois à l’adresse d’Amsterdam en 1770.
Articulé avec le concept de mondialisation, celui de globalisation renvoie plutôt à une logique de rapprochement et d’intégration de phénomènes complexes –et Raynal en est à nouveau le théoricien lorsqu’il ouvre son livre en montrant comment la dilatation d’un monde occidental étendu aux dimensions du globe s’accompagne d’une interdépendance nouvelle, notamment d’ordre économique (y compris l’économie de la consommation) entre les différents espaces et les différentes civilisations:
«C’est [avec le passage du cap de Bonne-Espérance] que les hommes des contrées plus éloignées se sont devenus nécessaires; les productions des climats placés sous l’équateur se consomment dans les climats voisins du pôle; l’industrie du nord s’est transportée au sud; les étoffes de l’Orient habillent l’Occident, et par-tout les hommes se sont communiqués leurs opinions, leurs lois, leurs usages, leurs remèdes, leurs maladies, leurs vertus et leurs vices».
À Irkoutsk, les "Débats" des décembristes
Le média du livre et de l’imprimé constitue à partir de la seconde moitié du XVe siècle un élément fondamental qui intervient dans ces différents phénomènes, qu’il s’agisse de circulation des nouvelles, mais aussi des connaissances, des contenus littéraires, voire des formes esthétiques ou autres. À la fin du XVIIIe siècle, le monde correspond déjà pour partie au modèle du «village global» cher à Marshall McLuhan, et l’on se souvient du vicomte de Chateaubriand voyageant dans la région des Grands Lacs sous la Révolution. C’est dans un bivouac complètement isolé qu’il apprend à l’improviste la nouvelle de la fuite et de l’arrestation du roi à la suite de l’affaire de Varennes:
«Tandis que les patates de mon souper ébouillaient sous ma garde, je m’amusai à lire à la lueur du feu, en baissant la tête, un journal anglais tombé à terre entre mes jambes: j’aperçus, écrits en grosses lettres, ces mots: Flight of the king (Fuite du Roi). C’était le récit de l’évasion de Louis XVI…» »Encore quelques décennies, et ces décembristes exilés à Irkoutsk seront abonnés au Journal des débats, qui constitue l’un de leurs liens privilégiés avec l’Europe».

Un second billet suivra.

dimanche 14 juillet 2013

«L’Amérique est une invention éditoriale européenne»: à propos d’une exposition sur l’abbé Raynal

Raynal. Un regard vers l’Amérique,
Paris, Bibliothèque Mazarine, Éditions des cendres, 2013,
187 p., ill.
ISBN 979 10 90853 03 4 / 978 2 86742 212 6`

Guillaume Thomas Raynal, plus connu sous le nom de «l’abbé Raynal», est né en 1713, et la Bibliothèque Mazarine commémore l’événement en organisant une exposition sur «l’Amérique de Raynal», et en publiant un catalogue qui est en même temps un instrument de travail et de réflexion. Le sommaire (cf infra) permet de saisir à quel point la figure de Raynal est l’occasion de reprendre un certain nombre de problématiques particulièrement actuelles, comme celles de la mondialisation et de la globalisation, des rapports de l’ancien monde et de ses colonies, du droit naturel (l’esclavage!), du rôle de l’économie dans le devenir des sociétés, sans oublier ni l’indépendance américaine, ni la problématique de la médiatisation (qu’il s’agisse de la carrière même de Raynal comme publiciste, de la diffusion de l’Histoire des deux Indes, ou encore de phénomènes annexes, mais très caractéristiques des Lumières, comme la politique des prix académiques). Bref, c’est peu de dire qu’il y a une actualité de Raynal, et que l’exposition du quai Conti en rend tout particulièrement bien  compte.
L’exposition, qui réunit soixante-dix-neuf pièces, est répartie en six grandes sections, chacune ouverte dans le catalogue par une introduction spécifique. Il n’est pas inutile de souligner le fait que ll'ouvrage fait une large place à une illustration choisie, à la fois élégante et signifiante, et que certaines notices de pièces plus particulièrement intéressantes prennent la forme de véritable contributions autonomes (par ex. la notice de ce manuscrit du baron de Montyon sur L’influence de l’Amérique sur la politique, le commerce et les mœurs de l’Europe, n° 71).
Il ne saurait  être question de revenir ici sur tous les documents, et sur tous les aperçus présentés par l'exposition et son catalogue. Bornons-nous à dire que nous avons beaucoup aimé l’«Amérique de papier», et que la problématique relative aux idées des Lumières nous a tout particulièrement arrêtés. Mais nous reviendrons un instant sur cet exemplaire des Constitutions des treize États-Unis de l’Amérique (1783, n° 51). Voici en effet un ouvrage particulièrement emblématique.
D'abord, il témoigne de l'application des idées des Lumières dans une géographie nouvelle et de la mise en œuvre d'une expérience politique originale (un régime républicain). Ensuite, il constitue une opération de propagande politique, puisqu'il s'agit de la part des responsables de Philadelphie de faire connaître leurs positions auprès des puissances de l'Europe.
Enfin, il s'agit d'un ouvrage particulièrement apprécié des plus hautes élites réformatrices, tant en France qu'à l'étranger –ce dont témoigne l’exemplaire de Vergennes ici présenté.
Personne, parmi les personnalités «qui comptent» à Paris et à Versailles, ne peut en effet se permettre d’ignorer les Constitutions. La traduction, peut-être réalisée sur la suggestion de Franklin, aurait été l’œuvre d’un américanophile par excellence, en la personne du duc de La Rochefoucauld, cette personnalité dont on connaît le cursus très remarquable…
L’ouvrage est publié en 1783 par Philippe Denis Pierres, «imprimeur ordinaire du roi», et par Pissot Père et Fils, pour Franklin lui-même. Ce dernier a donné cinquante notes, et le tirage est réalisé à 500 exemplaires pour l’in-octavo, et à cent pour l’in-quarto (nous sommes bien éloignés de la problématique d’une diffusion élargie). L'édition est annoncée dans l’Esprit des journaux en novembre 1783. Le duc de la Rochefoucauld a retenu un exemplaire sur grand papier, somptueusement relié en maroquin rouge estampé à chaud (triple encadrement de filets sur les plats, quatre fleurons dans les coins, armoiries au centre ; dos à cinq nerfs, les caissons décorés de fleurons, avec pièce de titre). L’exemplaire de Vergennes, celui présenté dans la manifestation, n’est pas moins représentatif étant donnée la position de son propriétaire dans l’administration monarchique.
Bref, à quand une thèse sur le sujet particulièrement spectaculaire, et qui intéresse au premier chef les historiens du livre, de L’Atlantique des Lumières? Nous avions essayé d'en suggérer le sujet il y a longtemps, sans recueillir, il faut l'admettre, beaucoup de succès.
Un dernier mot pour dire que l’exposition reste ouverte jusqu’au 15 septembre prochain, et qu’elle offre une excellente occasion de voir ou de revoir la superbe salle de la «seconde Bibliothèque Mazarine», où elle se trouve présentée. L’accès est libre et gratuit pendant les heures d’ouverture de la Bibliothèque.`

Cf. Philippe Vaugelade, Franklin des deux mondes [Correspondance avec le duc de La Rochefoucauld], Paris, Éd. de l’Amandier, 2007.

SOMMAIRE
Préface, par Yann Sordet
Des Amériques de papier, par Patrick Latour
Raynal, L’Histoire des deux Indes et l’Amérique, par Gilles Bancarel
Catalogue : 1- America. Images et perceptions d’une découverte (introd. par François Moureau, et notices n° 1 à 15)
2- De la relation de voyage à l’histoire globale (introd. par Ottmar Ette, et notices n° 16 à 34)
3- L’Histoire des deux Indes : impact et réception (introd. par Daniel Droixhe, et notices n° 35 à 43)
4- Raynal et la guerre d’Indépendance (introd. par Marie-Jeanne Rossignol, et notices n° 44 à 52)
5- Raynal, les droits de l’homme et l’esclavage (introd. par Marcel Dorigny, et notices n° 53 à 60)
6- Prix académiques : la découverte de l’Amérique au prisme des Lumières (introd. par Bernard Van Ruymbeke, et notices n° 61 à 71)
7- Postérité de Raynal (introd. par Hans Jürgen Lüsebrink, et notices n° 72 à 79)
Bibliographie sommaire
Remerciements
Index

jeudi 21 février 2013

Conférences d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 25 février 2013
16h-18h
La «librairie» brésilienne: d’une économie coloniale
à la problématique «transnationale» contemporaine (XVIe-début du XXe siècle) (3),
par
Madame Marisa Midori De Aecto
professeur à l’université de São Paolo
directeur d'études invitée étrangère

Mardi 26 février 2013
14h30-17h30 
Le Brésil dans les collections d'une grande bibliothèque,
par
Madame Marisa Midori De Aecto
avec la participation de MM. Patrick Latour, conservateur en chef à la Bibliothèque Mazarine, l'un des commissaires de l'exposition « Raynal: un regard vers l'Amérique »; Hans-Jürgen Lüsebrink, professeur à l'université de Sarrebruck; et Yann Sordet, directeur de la Bibliothèque Mazarine

(cf. note importante ci-après)
NB. La conférence du 26 se tiendra à la Bibliothèque Mazarine, salle Franklin. Pour des raisons de sécurité, la participation se fait exclusivement sur inscription nominative préalable au numéro suivant: 01 44 32 31 52 (heures de bureau, jusqu'au 22 février à midi).

Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2012-2013.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).
Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

mardi 30 octobre 2012

Exposition et catalogue sur le livre arménien

La commémoration, en 2012, du cinquième centenaire de l’imprimerie en arménien est l’occasion de plusieurs publications et manifestations scientifiques, parmi lesquelles l’exposition présentée par la Bibliothèque Mazarine occupe l’une des premières places –le catalogue vient d’en être publié, sous forme d’un très élégant volume:
Le Livre arménien de la Renaissance aux Lumières: une culture en diaspora, dir. Mikaël Nikanian, Yann Sordet,
Paris, Bibliothèque Mazarine & Éditions des Cendres, 2012,
189 p., ill. ISBN 979 10 90853 02 7 et 978 2 86742 203 4.

Dans sa Préface, Yann Sordet, directeur de la Bibliothèque Mazarine, rappelle que, si la production manuscrite arménienne est «abondante et brillante», l’essor de la production imprimée dans cette langue se heurte à des difficultés matérielles qui expliquent la relative modestie de ses débuts: il se pose, d’une part, la question des caractères typographiques, puisque l’arménien a un alphabet spécifique, pour lequel la gravure et la fonte supposent des investissements lourds. Cet impératif est rendu plus contraignant encore par la difficulté de rentabiliser ces investissements, dans un marché quantitativement limité, et surtout très dispersé. Moins d’une vingtaine d’éditions en arménien sont connues pour le XVIe siècle, sortant de presses de Venise, de Rome ou de Constantinople.
Le XVIIe siècle est marqué par un certain essor, surtout grâce aux imprimeurs d’Amsterdam à partir de 1658 (mais Paris joue aussi un rôle, avec Antoine Vitré). Le XVIIIe siècle est dominé quant à lui par la production de Constantinople, où la communauté arménienne compte alors quelque 80 000 membres, où est implanté le patriarcat, et où une vingtaine d’ateliers spécialisés sont connus. Dans le même temps, les Mékhitaristes de S. Lazzaro s’attachent à publier les textes des classiques. Les premières presses ayant fonctionné en Arménie «historique» apparaissent enfin à Etchmiadzin dans la décennie 1770.
Yann Sordet poursuit en présentant le fonds arménien de la Bibliothèque Mazarine, lequel, «bien que modeste en volume (…), comprend des exemplaires remarquables, pour certains jamais encore décrits, [et] qui témoignent par leurs provenances de la présence du livre arménien dans les grandes bibliothèques princières, conventuelles ou savantes de l’Ancien Régime» (plusieurs exemplaires présentés à l'exposition sont prêtés par d’autres établissemens, la Bibliothèque de l’Institut et surtout la BULAC, ou par des particuliers).
Ce tableau général nécessairement bref est précisé par deux contributions particulièrement précieuses: Jean-Pierre Mahé, membre de l’Institut, fait le point sur «La piété de Yakob, premier imprimeur arménien», connu par cinq ouvrages publiés à Venise en 1512-1514. Mikaël Nikanian, conservateur à la Bibliothèque nationale de France, donne ensuite un article «De la Renaissance aux Lumières: les origines du livre arménien (1512-1800)». Le lecteur francophone dispose ainsi, avec ces trois contributions, d’un tableau d’ensemble de l’édition arménienne d’Ancien Régime, tableau proposé par les meilleurs spécialistes à ce jour.
Le catalogue des pièces exposées s’ouvre par le premier livre imprimé en arménien, le [Saint livre du vendredi], dont l’exemplaire vient de Mazarin. Ajoutons que nous approuvons pleinement le principe d’avoir limité le nombre des pièces à quarante-neuf, ce qui permet au visiteur de les découvrir plus précisément, et ce qui permet aussi de leur consacrer des notices plus longues et systématiquement illustrées. Le catalogue est suivi d’une bibliographie (p. 183-185) et d’un index nominum (avec cependant une entrée à «Paris»).

vendredi 15 juin 2012

Cinq clichés de la conférence de la Mazarine le 4 juin dernier


 

  
(Clichés communiqués par Monsieur Paul Gary, que nous remercions ici)

mercredi 4 avril 2012

Histoire du livre à la Bibliothèque Mazarine

Un succès de librairie européen : l’Imitatio Christi, 1470-1850,
préf. Gabriel de Broglie, introduction Yann Sordet, 
Paris, Éditions des Cendres, Bibliothèque Mazarine, 2012,
195 p., ill. 35 euros. 
ISBN 979-10-90853-01-0 / 978-2-86742-194-5 

Il y a quelques semaines sortait le Catalogue des Imitatio Christi conservées dans les principales bibliothèques parisiennes. L’exposition inaugurée hier soir à la Bibliothèque Mazarine présente une série d'exemplaires remarquables de l'Imitatio, et elle est accompagnée d’un catalogue co-édité par la Bibliothèque Mazarine et par les Éditions des Cendres.
Le titre du catalogue peut surprendre, en ce qu’il met l’accent sur la perspective d’histoire économique du livre: l’Imitatio est d’abord envisagée comme «un succès de librairie européen», voire mondial. Elle a été constituée en tant que recueil de quatre textes vers 1427, et nous en conservons quelque 800 manuscrits. Mais la typographie en caractères mobiles fait passer sa diffusion à un autre niveau, à partir de la première édition, à Augsbourg probablement en 1470 (édition princeps, réalisée du vivant de l’auteur): nous sommes à 74 éditions connues pour le XVe siècle, mais à 329 pour le XVIe, à 810 pour le XVIIe et à 1084 pour le XVIIIe… 
Même si les chiffres de tirage moyen sont nécessairement de l’ordre de l’hypothèse et même si ceux retenus par Yann Sordet paraissent très (trop?) prudents, ce sont bien évidemment plusieurs millions (peut-être quatre à cinq millions) d’exemplaires du texte qui sont mis en circulation au cours de la période. Le tableau de la p. 107 donne des éléments tangibles sur lesquels appuyer les évaluations (tirage des Imitatio de Plantin entre 1598 et 1645).
Mais l’exposition ne se borne pas à souligner le rôle de l’Imitatio comme idéaltype du succès de librairie: l’essentiel réside bien évidemment ailleurs, dans l’histoire des sensibilités religieuses (à commencer par la devotio moderna), dans la réception du texte (largement diffusé dans les différentes langues vernaculaires), dans la problématique de son attribution (cf. p. 13 et suiv. du catalogue, mais aussi la notice 17, p. 101 et suiv.), dans l’étude de sa mise en livre, et notamment de son illustration. 
Imitatio Christi en breton, Quimper, 1743 (notice n° 30, exemplaire de l'Arsenal)
L’exposition présente 35 numéros, par ordre chronologique de publication: deux manuscrits, puis l’exemplaire de l’édition princeps conservé à Sainte-Geneviève (n° 3) et celui de la première édition en français (Toulouse, 1488 : n° 5, exemplaire de la collection Dutuit). Cette édition est en grande partie reprise dans celle de Jean Lambert à Paris en 1493 (n° 9)… Parmi les autres éditions présentées, nous remarquons celle de Plantin en 1599 (n° 14), celle des presses du Collège anglais de Saint-Omer en 1613 (n° 15), sans oublier celle donnée par l’Imprimerie royale à Paris en 1640 (n° 22). C'est peu de dire que nous sommes alors dans la conjoncture de la reconquête catholique...
La notice consacrée à l’adaptation de l’Imitatio par Pierre Corneille en 1656 (n° 24 a et b) effectue un rapprochement avec un remarquable manuscrit réalisé pour le duc de Bourgogne Philippe le Bon en 1462 et aujourd’hui conservé à Valenciennes. Mentionnons encore une édition en arabe sortie de presses de la Congrégation De Propaganda Fide en 1663 (n° 27), celle donnée par l’Imprimerie de Monsieur à Paris en 1788 (n° 32) et celle de Bodoni à Parme cinq ans plus tard (n° 33).
La série se referme avec la seconde Imitatio de Curmer (1856, n° 35), qui fonctionne comme une proclamation des capacités techniques des «arts du livre» sous le Second Empire. Ajoutons que les exemplaires présentés sont tous exceptionnels non seulement du point de vue de l'histoire éditoriale et de la trajectoire du texte, mais aussi par leurs particularités, notamment s’agissant des reliures. 
Le catalogue est à la fois un modèle d’érudition par ses notices savantes établies par les meilleurs spécialistes, et une belle démonstration de pédagogie, par les analyses plus générales et les tableaux d’ensemble permettant de contextualiser un certain nombre de phénomènes important. Il est enfin un livre parfaitement réussi sur le plan matériel, et remarquablement illustré. Il se referme sur la bibliographie et sur l’index.

jeudi 5 janvier 2012

Conférences d'histoire du livre

École pratique des hautes études,
IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 9 janvier 2012
16h-17h30
Gabriel Naudé
par
M. Frédéric Barbier,
directeur d’études

17h45-19h (environ)
  Gabriel Naudé et la bibliothèque de Mazarin:
visite de la Bibliothèque Mazarine
et présentation d’ouvrages
par
M. Yann Sordet,
directeur de la Bibliothèque Mazarine


Avis important
Cette conférence se tiendra dans les locaux de la Bibliothèque Mazarine, 23 quai de Conti, 75006 Paris.
De 16h à 17h30, salle de conférences de la Bibliothèque, dite «salle Alfred Franklin» (entrée au 23 quai Conti, puis au fond de la deuxième cour, dernière porte à droite, 1er étage).
À partir de 17h45, à la Bibliothèque Mazarine elle-même.
Le nombre de participants est limité à 24. Pour éviter les déplacements inutiles, on est prié de s’inscrire par téléphone au 01 44 32 31 52 (du lundi au vendredi à midi).

(Cliché: portrait de Gabriel Naudé par Nicolas Régnier, vers 1633. BNF).

Nota:
La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h.
Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage, salle 115 à 14h et salle 123 à 16h).
Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2011-2012.

Transports en commun: Métro, ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare ((250 m. à pied). Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Un petit peu plus éloignés: Métro, ligne 14, station Bibliothèque François Mitterrand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterrand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterand).
Calendrier complet des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).