mercredi 10 juin 2020

Nouvelle publication

Nouvelle publication
Ex bibliotheca. Les livres retrouvés de l’Académie réformée de Saumur. Catalogue raisonné de l’exposition présentée à la Médiathèque Louis Aragon du Mans du 19 octobre 2018 au 19 janvier 2019, puis au Château-Musée de Saumur du 6 juillet au 30 novembre 2019,
réd. Thomas Guillemin, collab. Kévin Tréhuédic,
Gand, Snoeck, 2020,
160 p., ill., couv. ill.
ISBN 9461615841

L’exposition Ex Bibliotheca était consacrée à un corpus d’ouvrages liés à l’Académie réformée fondée dans la cité ligérienne à la toute fin du XVIe siècle par Philippe Duplessis-Mornay: au total, l’Académie réformée a fonctionné pendant un peu moins de un siècle (1599-1685).
Dispersés entre les fonds anciens des villes de Saumur et du Mans, les «livres retrouvés» sont le reliquat de plusieurs bibliothèques saumuroises du XVIIe siècle: celle de Mornay lui-même, celle de l’Académie, et les bibliothèques personnelles de certains professeurs. Leur identification a pour origine la découverte fortuite d’un ouvrage ayant appartenu à Louis Cappel (professeur d’hébreu entre 1613 et 1657) dans le fonds ancien du Mans.
L’enquête s’est déroulée en plusieurs étapes: d’abord une recherche thématique, rapidement suivie par un dépouillement semi-systématique (les collections mancelles réunissant plus de soixante mille volumes) des marques de provenance qui a permis d’identifier plusieurs exemplaires dont certains provenant de la bibliothèque académique elle-même; ensuite une enquête à l’échelle régionale, puisque la bibliothèque académique était réputée dispersée; enfin, un dépouillement systématique du fonds ancien de Saumur, où un second ensemble de reliquats issus des mêmes bibliothèques réformées a été localisé.
In fine, ce sont une cinquantaine d’ouvrages issus de bibliothèques calvinistes saumuroises qui ont pu être retrouvés à Saumur et au Mans, auxquels viennent s’ajouter une quarantaine de livres provenant très probablement de la bibliothèque académique, pour laquelle n’existe pas de marque d’appartenance spécifique. En outre, l’enquête régionale a permis d’identifier des pièces éparses liées au corpus dans deux fonds angevins. Enfin, quelques exemplaires ayant appartenu à la figure centrale du corpus saumuro-manceau, Louis Cappel, ont pu être localisés à l’échelle européenne, tant en collections publiques que privées. 
Fermée en janvier 1685, l’Académie voit sa bibliothèque inventoriée par un libraire catholique de Saumur puis confiée à l’hôtel-Dieu de la ville qui, six mois plus tard, revend la bibliothèque au libraire qui l’avait cataloguée. À partir de l’été 1685, les livres de l’ancienne bibliothèque académique sont donc dispersés au fil des ventes. Cette dissémination est confirmée par la présence d’ouvrages issus de cette bibliothèque mais provenant initialement de celle de Duplessis-Mornay (portant soit des notes autographes soit des envois à lui adressés) dans les fonds anciens saumurois et manceaux, mais passés entre temps par des bibliothèques de congrégations catholiques (Oratoriens et Mauristes à Saumur, Mauristes au Mans).
La présence d’un corpus saumurois en Sarthe s’explique par une acquisition massive (2500 ouvrages) réalisée en 1717 par dom Maur Audren, alors à la tête de Saint-Vincent du Mans et actif responsable de la bibliothèque de l’abbaye. Un érudit du XIXe siècle donnait cette information sans la sourcer: elle est confirmée par la date d’inscription au catalogue de la bibliothèque de l’abbaye (1718) de la quasi-totalité des livres provenant de bibliothèques saumuroises. Est ainsi dévoilé l’un des lieux d’approvisionnement de l’ambitieux bibliothécaire de Saint-Vincent en 1717. Outre les bibliothèques réformées précédemment évoquées, figurent dans le fonds manceau plusieurs reliquats de bibliothèques catholiques saumuroises, dont celle de Jean Phélippeau, secrétaire de l’abbesse de Fontevraud dans la seconde moitié du XVIIe siècle (ces différentes bibliothèques catholiques sont représentées par plus d’une vingtaine d’ouvrages). Cette présence confirme l’achat massif réalisé à Saumur en 1717, probablement auprès de plusieurs libraires de la ville. Les saisies révolutionnaires sont bien sûr l’étape intermédiaire entre l’abbaye mancelle et le fonds public du Mans. 

(Communiqué par Monsieur Thomas Guillemin).

NB- Pour une présentation des ex-libris de professeurs identifiés entre Saumur et Le Mans, voir Thomas Guillemin, «Ex bibliotheca salmuriensi – Avis de recherche» (7 juin2018).

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