samedi 18 mai 2013

Paris-Auxerre, ou l'historien en voyage

Comme annoncé précédemment, la séance foraine organisée à titre privé par la conférence d’Histoire et civilisation du livre de l’École pratique des Hautes Études, se déroulera le jeudi 6 juin prochain à Auxerre. Nous aurons la possibilité de découvrir la bibliothèque de cette ville et ses collections, grâce à l’obligeance de sa directrice, Madame Carine Ruiz. Cette journée est organisée en collaboration avec la conférence de Langue et littérature latines du Moyen-Âge.
La géographie, c’est de l’histoire, et l’excursion d’Auxerre nous en fera une fois de plus la démonstration. La capitale de la Basse-Bourgogne est accessible depuis Paris (gare de Bercy) par train direct, ou avec changement à Laroche-Migennes. Nous sommes sur l’ancienne «ligne impériale», qui reliait Paris à Lyon et à Marseille (Paris-Dijon dès 1851). Sous le Second Empire, la ligne impériale constitue un des maillons d'une mondialisation qui s'accélère, puisqu’elle donne à Marseille la correspondance des paquebots pour l’Afrique du Nord, la Méditerranée et le Proche-Orient, voire, après l’ouverture du canal de Suez (1869), pour Madagascar et pour l’Océan indien et ses au-delà, l’Asie du sud-est et l’Extrême-Orient.
Topographie de la région entre Seine et Rhône

Cette route, entre la Méditerranée et l’Europe du nord-ouest, est évidemment beaucoup plus ancienne: en remontant le Rhône, puis la Saône, et en traversant les contreforts des Monts Auxois, on bascule de la Méditerranée sur le bassin de la Seine, soit par la Seine elle-même (via Châtillon-s/Seine et Troyes), soit par ses affluents, l’Ozerain ou l’Armençon, puis l’Yonne. Rien de surprenant si les témoignages de l’ancienneté et de l'importance des échanges sont fréquents: la déesse Sequana, vénérée par les Celtes aux sources de la Seine, sera latinisée par les Romains avant d’être christianisée au VIe siècle sous le nom de l’ermite saint Seine. Un peu en aval, le célèbre «Trésor de Vix», à Châtillon-s/Seine, possède le plus grand vase métallique, en l’occurrence un cratère de bronze, qui nous soit parvenu de l’antiquité grecque...
Rien d’étonnant non plus si cette route est une route d'invasions. La Provence est romaine depuis la fin du IIe siècle avant notre ère, et elle sera la base arrière d’où César partira à la conquête de la «Gaule chevelue». Alors que le proconsul a été battu à Gergovie et qu’il cherche à se replier vers l’Italie, il rejoint son lieutenant Labienus à Sens, et entreprend de remonter la Seine, puis l’Armançon. Vercingétorix lui barre la route à hauteur d’Alésia (Alise-Ste-Reine), dont le siège décisif renverse le cours de la guerre et scelle le temps de la Gaule indépendante.
Rien d’étonnant enfin si cette géographie est celle de l’acculturation, avec d’abord les progrès de la civilisation gallo-romaine (dont l'écriture latine!). La construction de la route de Lyon, capitale des Gaules, à Boulogne, le grand port pour l’Angleterre, marque l’importance militaire, économique et politique d’un axe coupant l'un des isthmes majeurs de l’Europe. La ville de Sens (Agedincum) devient capitale d’une province romaine réellement stratégique, qui s’étend de Chartres et Orléans à Paris (Lutèce), Auxerre et Troyes. Dès les premiers siècles de notre ère, la nouvelle religion chrétienne, venu de la Méditerranée orientale, commence aussi à se diffuser sur le même axe –et Sens est bientôt siège d’un archevêché dont Paris dépendra jusqu’en 1622…
Saint-Germain d'Auxerre, sur la butte dominant la rivière.
Mais notre train est parti. Après la traversée de la banlieue, nous passons la Seine à hauteur de Melun (Metlosedum), et piquons à travers la superbe forêt de Fontainebleau (60km) –la ville elle-même est entrevue du haut d’un grand viaduc. Aujourd’hui, au petit matin (il est 8h, c’est-à-dire à peine 6h au soleil), des bancs de brume s’accrochent encore au haut des arbres. Un peu plus loin, c’est la bifurcation de la ligne du Bourbonnais (vers Nevers et Clermont-Ferrand), et la traversée de la charmante rivière du Loing. À hauteur de Montereau (78 km), nous abandonnons la Seine pour piquer au plus court par la rive gauche de l’Yonne, et entrer en Bourgogne. Le paysage devient différent, celui d’une large vallée cultivée égrenant ses petites villes (Champigny, Pont-s/Yonne) entre ses coteaux. Deux rideaux d’arbres longent la rivière, parfois visible depuis la voie. Une heure environ après le départ, le premier arrêt est à Sens (112km), dominée par la silhouette bien reconnaissable de sa cathédrale à tour unique. La ville mériterait évidemment une halte. Construite à partir de la décennie 1130, la cathédrale de Sens est la première des grandes cathédrales gothiques dont le modèle se diffuse bientôt dans toute la partie nord de la France.
Progressivement, la brume se fait plus dense, et masque une parte d’un paysage agreste et verdoyant: céréales, prairies, colza en fleurs, quelques cultures sous de grands serres, sans oublier les jardins, ni la calme rivière, toujours sur la gauche –les lieux-dits, tel ce «Petit-Port», rappellent le rôle capital de la voie d’eau, longtemps préférée à la route pour les voyages et pour les échanges. Après une brève halte dans la petite ville historique de Joigny, c’est l’entrée très progressive dans la Bourgogne du vignoble, qui se développera surtout autour d’Auxerre (Irancy, Chablis), en Tonnerrois et encore plus le long de la Côte dijonnaise… Nous traversons l'Yonne, qui me paraît très haute (rien de surprenant en ce moment!), et entrons à Laroche-Migennes (154 km).
Entrée de la bibliothèque
L'appellation désigne en réalité deux communes différentes (Laroche-St-Cydroine et Migennes), mais il s'agit surtout d'une étape ferroviaire de première importance, alors que la grande ligne de Dijon abandonne l’Yonne pour son affluent l’Armançon –vers Dijon, les hauteurs sont modestes (quelque 500m), mais le passage du seuil de Bourgogne reste difficile.
La petite ligne du Morvan se détache à Laroche vers le sud: nous allons la suivre jusqu’à Auxerre, à travers une belle campagne variée. À une demi-douzaine de kilomètres du rail, Seignelay est le siège d’une baronnie importante, célèbre pour avoir été acquise par Colbert dès 1657. Nous voici dans la préfecture de l’Yonne, 1h45 environ après avoir quitté Paris. La gare étant sur la rive droite, le coup d'œil du pont sur la vieille ville est vraiment pittoresque: «À la vue d'Auxerre, qui s'élève en amphithéâtre sur une colline, moi qui n'avais jamais vu que de chétifs villages, je fus frappé d'admiration», écrit Rétif de La Bretonne dans Monsieur Nicolas.

Un second billet sera consacré à Auxerre et à sa très riche bibliothèque, mais nous diffusons dès aujourd’hui l’horaire de la journée:
10h30 rendez-vous à la Bibliothèque municipale, rue d’Ardillière, 89000 Auxerre.
10h45 présentation de la Bibliothèque et de ses collections par Madame Carine Ruiz, directrice.
11h15 présentation de manuscrits, par Madame Anne-Marie Turcan Verkerk, directeur d’études
13h déjeuner. Comme à l’accoutumée, nous nous efforcerons de réserver une table à proximité de la bibliothèque.
14h15 suite de la présentation de manuscrits; puis présentation de livres imprimés, par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études, et Monsieur Dominique Varry, professeur d’histoire du livre à l’Enssib.
17h conclusion de la journée

Les horaires ferroviaires les plus commodes (donnés sous toutes réserves):
Paris (Bercy) 7h38 - Laroche-Migenne (changement) 8h58 / 9h05 – Auxerre 9h18
Paris (Bercy) 8h38 – Auxerre 10h13
Auxerre 17h46- Paris (Bercy) 19h22
Auxerre 18h37- Laroche-Migennes (changement) 18h55 / 19h01 – Paris (Bercy) 20h22

La participation est libre et gratuite, mais sur inscription nominative dont les modalités seront précisées sur notre prochain billet.

jeudi 9 mai 2013

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 13 mai 2013
 
16h-18h
La logistique des livres:
une histoire du catalogue de bibliothèque,
au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime(fin)

par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études

Nous terminerons ce jour l'étude des catalogues de bibliothèques, et envisagerons notamment celui de Cîteaux (Bib. Dijon, ms 610).

La Bourgogne est très riche en fondations religieuses, avec des diocèses très anciens (nous sommes sur la route au nord de Lyon…) et des maisons régulières particulièrement puissantes. Guillaume d’Aquitaine, comte de Mâcon, fonde ainsi Cluny en 910, et l’abbaye, qui jouit d’une totale indépendance, connaîtra un développement spectaculaire jusqu’à l’apogée du XIIe siècle. Sa richesse même est à l’origine de la réforme impulsée par saint Bernard, lorsqu’il vient à Cîteaux en 1112, avant d'être élu abbé de Clairvaux trois ans plus tard. Parmi les autres «filles» de Cîteaux figure Pontigny.
Même si les rénovateurs successifs de l’ordre bénédictin étaient d'abord réservés à l’égard du travail intellectuel, celui-ci s’impose bientôt dans les nouvelles fondations, tant chez les Clunisiens que chez les Cisterciens. Nous sommes, à Cîteaux, dans le diocèse de Chalon (Chalon-s/Saône). La bibliothèque est établie dans un cloître proche des cellules des copistes, avant qu’on ne la déplace dans une grande salle au premier étage.
Nous avons déjà eu l’occasion de rencontrer l’abbé Jean de Cirey, personnalité exceptionnelle, intellectuel et enseignant, élu à Cîteaux en 1476, et qui jouera aussi un rôle politique non négligeable. C’est sur son ordre que, en 1480, est dressé le catalogue des livres possédés par l’abbaye. Ce catalogue est copié sur parchemin, sur deux colonnes, avec des incipit rubriqués et des initiales alternant le rouge et le bleu. Mais s'agit-il réellement d'un catalogue? Le volume, qui identifie quelque 1200 manuscrits et imprimés, correspond plutôt à un inventaire, dans la mesure où il donne le détail des livres déposés dans tous les locaux de l’abbaye, voire en-dehors de celle-ci...

Et encore: une date à ne pas oublier, celle du 6 juin prochain, jour de notre séance foraine à la bibliothèque d'Auxerre.

lundi 6 mai 2013

Excursion d'histoire du livre: séance foraine 2013

Une date à noter, celle du 6 juin 2013. En effet, la traditionnelle séance foraine organisée à titre privé par la conférence d’Histoire et civilisation du livre de l’École pratique des Hautes Études (IVe Section), aura lieu le 6 juin 2013 à Auxerre.
Auxerre est très facile d’accès. Depuis Paris, le chemin de fer suit d'abord la Seine, traversée à Melun, puis il passe en forêt de Fontainebleau avant de remonter l’Yonne. Le paysage verdoyant est agréablement vallonné, la seule ville d'importance étant alors celle de Sens, avec sa célèbre cathédrale. Le trajet Paris-Auxerre se fait en deux heures environ, et il y a un train par heure. Sur place, nous aurons l’occasion de découvrir la bibliothèque, et la très riche tradition historique de cette ville à la fois agréable et pittoresque.
Sur la grande route du sud, Auxerre se situe aux portes du Parc naturel régional du Morvan et à une quarantaine de kilomètres de Vézelay. Par-delà les «côtes», c’est Dijon, la vallée de la Saône, le sillon rhodanien... et la Méditerranée: la voie romaine de Lyon à Boulogne-s/Mer et à la Bretagne (l’Angleterre) passait déjà par Autessiodurum (la forteresse d’Auxerre). C’est peu de dire que nous sommes aussi, entre Autun (Augustodunum) et Sens (Agedincum, longtemps métropole de Paris), dans l’une des géographies les plus précocement atteintes par le christianisme en Occident.
Comme il est souvent de règle au sein des nouvelles élites de la religion chrétienne, saint Amâtre est un gallo-romain fortuné, qui sera élu évêque d’Auxerre en 386. L’apôtre de la basse Bourgogne est cependant son successeur, saint Germain, sur le tombeau duquel est bientôt élevé un oratoire, puis une abbaye bénédictine financée par Clotilde et qui deviendra particulièrement célèbre pour ses écoles –et pour sa bibliothèque. À côté des évêques, les comtes d’Auxerre sont les principaux personnages de la cité, jusqu’à la cession du comté à Charles V en 1370. La ville connaîtra une période particulièrement favorable à la fin du XVe et dans la première moitié du XVIe siècle: beaucoup de bâtiments anciens datant de cette époque sont conservés.
Auxerre intéresse à plusieurs titres les historiens du livre. La bibliothèque de la ville est constituée, comme c’est l’usage, à partir des confiscations révolutionnaires, au premier rang desquelles les livres des abbayes de Saint-Germain, mais aussi de Pontigny, «seconde fille de Cîteaux», à quelques dizaines de kilomètres au nord. Le chapitre de la cathédrale possédait également une bibliothèque, dont nous avons un certain nombre de volumes. Les fonds anciens représentent aujourd’hui environ 500 manuscrits, 150 incunables, et plusieurs milliers d’éditions du XVIe au XIXe siècle.
Parmi les personnalités les plus notables ayant marqué l’histoire de la ville, on ne peut manquer de citer le nom de Nicolas Edme Rétif de la Bretonne, né en 1734, qui exercera comme apprenti typographe à Auxerre (1751) et à Dijon, et qui évoque longuement cette période de sa vie dans son autobiographie de Monsieur Nicolas. Le maître de Rétif, François Fournier, est l’un des libraires imprimeurs les plus en vue de l’époque des Lumières. La seconde grande figure d’Auxerre qui ait à voir avec l’histoire du livre est celle du Père François Xavier Laire (1738-1801), bibliothécaire du prince de Salm, puis du cardinal Loménie de Brienne alors que celui-ci, archevêque de Toulouse, est précisément nommé à Sens.
Laire sera nommé bibliothécaire du district de Sens en 1791, puis bibliothécaire de l’École centrale de l’Yonne: comme tel, il est le véritable fondateur de la bibliothèque d’Auxerre, mais aussi un bibliographe célèbre, notamment spécialiste des éditions du XVe siècle (voir cliché). Nous visiterons la bibliothèque et découvrirons ses collections grâce à l’obligeance de sa directrice Madame Carine Ruiz. Madame Anne-Marie Turcan, directeur d’études, et Monsieur Dominique Varry, professeur d’histoire du livre, interviendront, avec Monsieur Frédéric Barbier, pour commenter les manuscrits et pour évoquer la figure du Père Laire, la librairie du XVIIIe siècle et l’histoire des bibliothèques à l’époque de la Révolution.
Une excursion à Auxerre doit aussi être l’occasion de découvrir la cathédrale Saint-Étienne; les vestiges de l’abbaye de Saint-Germain (avec les plus anciennes fresques de France, milieu du IXe siècle); la ville ancienne (avec des immeubles remontant au XIVe siècle); le quartier «de la Marine», autrement dit du port sur l’Yonne; sans oublier le Musée… et son portrait du Père Laire. Si l’on est en voiture, on peut aussi en profiter pour découvrir le charme des villages, et du vignoble, de l’Auxerrois (Coulanges-la-Vineuse, Irancy, etc.). Un peu après Auxerre, nous serions à Montbard, la patrie de Monsieur de Buffon.
Peut-être le printemps sera-t-il de la partie? Quoi qu'il en soit, selon l’habitude, la participation à la séance foraine est libre et gratuite, sur inscription (une quinzaine de participants au maximum). Les détails de l’horaire seront publiés prochainement sur ce blog, mais vous pouvez d'ores et déjà retenir la date.

mardi 30 avril 2013

Histoire du livre (et des bibliothèques) aux États-Unis

Nos lecteurs habitués se sont à plusieurs reprises, et très gentiment (comme disent les Italiens), inquiétés de ce que ce blog avait quelque peu perdu de sa vivacité coutumière durant ces dernières semaines. La raison en est simple: l’administrateur a été extrêmement occupé par la rédaction d’une Nouvelle histoire des bibliothèques à remettre à l’éditeur Armand Colin, pour faire pendant à son Histoire du livre dont la troisième édition vient de sortir. Enfin, le travail est achevé aujourd’hui même.
L’immense avantage d’un projet tel que celui-là réside aussi dans le fait qu’il amène à découvrir une quantité de choses –en l’occurrence, de bibliothèques– dont on ignorait tout, et qui en définitive se révèlent extrêmement signifiantes. Chacun connaît la ville (et l’opéra!) de Manaus, au cœur de l’Amazonie. Nous ne savons rien de la bibliothèque de Manaus, mais la trajectoire de cette ville se rencontre en définitive ailleurs sur le continent américain.
Voici en effet Cairo, la localité la plus méridionale de l’Illinois. Cette ville, et l’histoire de sa bibliothèque, constituent presque un idéaltype de l’histoire des États-Unis entre 1830 et la seconde moitié du XXe siècle. Les treize États fondateurs de l’indépendance étaient ceux de la côte est (1776), mais la frontière de la colonisation progresse rapidement vers l’intérieur, au-delà des Appalaches, et vers le sud, le long de l’Ohio et du Mississipi. Dans les années 1830, le cours du Mississipi est à peu près atteint, et la mise en valeur des territoires peut commencer.
Cairo est fondée en 1837, à un emplacement réellement stratégique, à savoir le confluent de l’Ohio (à droite sur le cliché), descendant de la région des lacs Érié et Ontario, et du Mississipi (à gauche), dont la source est à la hauteur du Lac Supérieur. La ville devient rapidement l’entrepôt des grandes plaines, son activité pour le passage des fleuves est ininterrompue, et l’arrivé du chemin de fer elle-même la sert pendant un temps: c’est en effet à Cairo que les lignes parties de Chicago s’arrêtent, et que se fait le transbordement sur les célèbres vapeurs du Mississipi, vers la Nouvelle-Orléans.
Ironie de l’histoire, Cairo profite aussi de la Guerre de Sécession (1861-1865), en tant que l’un des principaux points d’appui des forces de l’Union (les Nordistes) dans leur action contre le sud. Après la paix, c’est le temps de l’apogée, quand la ville devient l’un des entrepôts pour la mise en valeur du territoire, mais aussi un nœud ferroviaire important. La bibliothèque publique date de cette époque, alors que plusieurs immeubles représentatifs sont élevés pour les négociants et hommes d’affaires nouvellement enrichis.
Une première bibliothèque est en effet fondée en 1877, à l’initiative du club féminin (Cairo Woman’s Club), sous la forme d’une institution fonctionnant sur abonnements. Mais, après la mort du négociant Alfred B. Safford, son épouse décide de consacrer une partie de sa fortune à l’établissement d’une bibliothèque élevée à la mémoire de son mari (A. B. Stafford Memorial Library).
L’immeuble est achevé en 1884, et offert à la ville: une construction indépendante, de style Quenn Ann, élevée sur deux niveaux, meublée et décorée d’un certain nombre de pièces remarquables, des vitraux aux sculptures, etc. L’institution possède une salle de consultation, une salle de lecture pour les adultes et une autre pour les jeunes, et une salle de réunion. Les collections aujourd’hui conservées (40 000 volumes) ont une dimension historique significative, s’agissant aussi bien de l’histoire du commerce et du fleuve, que de celle de la Guerre de sécession.

La ville de Cairo sera plus tristement connue, par la suite, comme l’un des points de tension du racisme, avec la montée d’une population noire venue du sud, et avec l’émergence de problèmes économiques dus au recul des vapeurs du Mississipi face au rail, et à la construction des ponts sur l’Ohio et sur le Mississipi. Des lynchages ont lieu en 1909, tandis que la ville entre peu à peu sur le déclin –d’autres violences raciales se produiront encore en 1967-1969. Cairo, de plus de 15 000 habitants en 1920, est retombée aujourd’hui à moins de 3000, et est désignée comme l’une des villes les plus tristes des Etats-Unis…
De la frontier à la lutte contre l’esclavage, à la Guerre de sécession, au rôle du mécénat, aux émeutes raciales et aux transformations économiques, peu de villes peuvent renvoyer comme Cairo aux mouvements économiques et sociaux qui ont marqué l’histoire contemporaine des Etats-Unis. Il n’est rien moins qu’indifférent, que la bibliothèque publique (Free Library) soit, depuis les années 1880, l’un des éléments les plus représentatifs de cette trajectoire.

vendredi 19 avril 2013

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 22 avril 2013
 
16h-17h
Le personnel des librairies et imprimeries parisiennes (XVIIe-XVIIIe siècle):
un cas typique, la famille d'Houry,
par
Madame Anne Boyer
 
17h-18h
Corporations du livre, vie des ateliers et main-d'oeuvre typographique sous l'Ancien Régime,
par
Monsieur Jean-Dominique Mellot
Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2012-2013.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).
Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

mercredi 3 avril 2013

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 8 avril 2013
16h-18h
La logistique des livres:
une histoire du catalogue de bibliothèque,
au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études

Catalogue de la bibliothèque de Saint-Victor de Paris (© Bibl. Mazarine)
Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2012-2013.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).
Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

samedi 23 mars 2013

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 25 mars 2013
16h-17h45 *
Les bibliothèques et la Guerre de Trente ans (fin)
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études
À Prague, la bibliothèque du Clementinum
* La conférence du 25 mars se terminera à 17h45, le directeur d'études devant se rendre à Grenoble le soir même.

Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2012-2013.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).
Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).