dimanche 5 février 2012

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 6 février 2012
16h-18h
Introduction à l’histoire des classifications

par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études

La conférence abordera le problème de l’histoire de la taxinomie et des classifications bibliographiques, en développant d’abord quelques considérations théoriques: la classification bibliographique relève de deux domaines largement disjoints l’un de l’autre, et qui sont, d’une part, la théorie du classement des connaissances, et de l’autre l’économie des livres. Cette dernière formule elle-même recouvre des réalités différentes : on pense naturellement au classement et au rangement des livres sur les rayons, mais il faut aussi penser à la nécessité économique qui est celle de produire et de faire circuler une information bibliographique permettant de diffuser les productions (d’où l’édition de catalogues, etc.).
Les logiques de classement sont d’une grande variété, mais elles peuvent se réduire à trois modèles théoriques fondamentaux:
1) Le premier, qui est longtemps le plus pratiqué, se réfère au contenu des livres (caractères internes des livres), et le classement se fait en général par sujets (c’est un classement systématique). Pourtant, on peut aussi classer en fonction de caractères particuliers: un classement relativement fréquent semble être celui par langues, notamment le latin et le grec à la Renaissance, puis les différentes langues modernes (avec l’opposition entre la langue vernaculaire principale et les langues dites «étrangères»). C’est évidemment à ce niveau que le rapport est le plus direct avec la théorie de la classification des connaissances –mais pas seulement : une catégorie spécifique concerne les livres interdits, voire ceux dont on estime que l’on ne pourra pas les mettre «entre toutes les mains» («l’Enfer»).
À Admont, une partie du rayons des "Écritures" (Scripturae)
2) Articulé avec le premier, le second modèle se fonde sur ce que nous avons appelé l’«étiquette», autrement dit la formule de référence permettant d’identifier le texte –et le livre. Cette étiquette peut se limiter à l’incipit, mais sa forme classique articulera les deux catégories fondamentales de l’auteur et du titre, complétées progressivement par des catégories secondaires, notamment l’adresse bibliographique. Dès lors que le classement est celui des étiquettes normalisées, il devient possible d’appliquer au corpus un modèle abstrait, celui de l’ordre alphabétique (classement par auteurs ou par titres): mais d’autres catégories peuvent être employées, avec par exemple le classement par ordre chronologique des éditions (cas des incunables), celui par villes d’édition, voire celui qui se cale sur les pratiques d'utilisation (avec les fonds d'usuels mis à disposition dans les bibliothèques, à commencer par les livres enchaînés: cf. cliché).
3) Le troisième modèle est celui qui privilégie les caractéristiques physiques externes des objets (des livres): il s’agit le plus souvent des formats, mais le classement peut aussi se faire selon d’autres critères, comme ceux de la fabrication du volume (les manuscrits sont classés à part), de la présence en nombre d’illustrations («livres illustrés»), ou encore du caractère particulièrement rare ou précieux des exemplaires (aboutissant à l’institution de «réserves des livres rares et précieux»). Ces indicateurs sont intéressants a posteriori, parce qu’ils informent éventuellement sur les objectifs des responsables, bibliothécaires ou libraires, et sur les conditions dans lesquelles s’exerce leur activité.
Bien entendu, les trois catégories ainsi définies ne se présentent en général pas comme des entités indépendantes: le classement principal est complété par des sous-classements spécifiques, tandis que d’autres instruments de travail sont mis à disposition en complément de la série principale. C’est ainsi qu’un catalogue systématique pourra être complété par des jeux d’index alphabétiques permettant de retrouver les textes ou les volumes que l’on cherche, tandis que la disposition des volumes sur les rayonnages d’une bibliothèque (classement topographique) suppose de disposer d'instruments de travail permettant à l’utilisateur de localiser lesdits volumes.
Différents exemples de catalogues et de bibliothèques des périodes médiévale et moderne (surtout jusqu’au XVIIe siècle et à Gabriel Naudé) seront donnés comme illustrations.

Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage). Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2011-2012.
Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterrand).


Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

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