jeudi 30 octobre 2014

Cours inaugural d'histoire du livre

Cours inaugural de Christophe Gauthier
Christophe Gauthier, professeur d'histoire de l'édition et des médias à l'époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles) à l’École nationale des chartes, donne son cours inaugural intitulé
«Faire l’histoire des industries culturelles au temps de leur dématérialisation»
le mardi 4 novembre 2014, à 17 heures,
à l'École, 65 rue de Richelieu, 75002 Paris (salle Léopold-Delisle).
La chaire d’histoire de l’édition et des médias à l’époque contemporaine procède d’une tradition bien établie à l’École nationale des chartes. Ses enseignements associent non seulement l’histoire du livre, mais aussi de la presse et des médias sous toutes leurs formes, ainsi que l’histoire de la photographie et du cinéma, en somme la plus grande part des industries culturelles des deux derniers siècles. Au moment où triomphe non point tant le numérique que la dématérialisation des supports, l’histoire de ces objets culturels, qui sont aussi des biens de consommation, se trouve investie d’enjeux convergents.
En premier lieu, le terme d’industries culturelles constitue un dénominateur commun tendant à inscrire dans un processus d’industrialisation et de massification des agents (inventeurs, fabricants, producteurs), des objets et des usages, dont la photographie, le journal, le roman et le cinéma sont partie prenante à l’orée du XXe siècle. Cent ans plus tard, la disparition progressive du support –ou plutôt sa contingence– affecte l’ensemble des objets qui dominent le champ des industries culturelles. Alors que le siècle précédent avait vu triompher la représentation publique et le spectacle de masse, cet effacement a pour corrélat la dissémination des écrans, une proximité nouvelle avec des images désormais omniprésentes, mais inscrites dans un environnement domestique qui révolutionne les pratiques culturelles et leur appréhension.
Enfin, la dématérialisation des industries culturelles pose la question de leur collecte et de leur conservation; elle contribue à l’édification de nouveaux objets patrimoniaux qui, par contrecoup, interrogent la notion même de patrimoine.

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