mardi 3 avril 2018

Un recueil d'hommages

Nous sommes heureux et honorés de pouvoir nous associer le plus chaleureusement à l’hommage rendu par un petit groupe de collègues au souvenir d’une bibliothécaire qui nous avait fait l’honneur de son amitié:
Études bibliographiques à la mémoire de Jeanne Veyrin-Forrer, éd. Wallace Kirsop,
Melbourne, Monash University, Ancora Press, 2017,
79 p., ill.

Table des matières:
Préface, par Wallace Kirsop.
Publications de Jeanne Veyrin-Forrer.
La question des styles en France pour les livres imprimés, par Jeanne Veyrin-Forrer.
Le partage de l’impression dans les ateliers parisiens du XVIIe siècle, par Alain Riffaud.
Rotrou et ses épîtres dédicatoires, deux nouveaux exemples, par Wallace Kirsop.
Dorat cartonné: Mes nouveaux torts de 1775, par Wallace Kirsop.

Nous avions, en son temps (2010), vivement regretté que la disparition d’une éminente collègue, aussi savante que dévouée, n’ait pas suscité davantage d’hommages ni de marques de reconnaissance. La brève préface que notre collègue Wallace Kirsop donne à la publication dont il est l’initiateur rappelle la figure admirable qui reste dans notre souvenir: Madame Veyrin-Forrer fut en effet une grande figure de notre discipline, à laquelle elle a apporté non seulement sa science, sa connaissance des recherches conduites dans le monde anglophone et sa disponibilité sans failles, mais aussi sa gentillesse. On le sait, son domaine de prédilection concernait ce que l’on allait bientôt appeler la «bibliographie matérielle», mais ses connaissances ne se limitaient certes pas à cette seule problématique –tous les anciens habitués de la Réserve de la rue de Richelieu le savent.

La diffusion de l’élégant petit volume nouvellement paru est assurée, en France, par les Éditions des Cendres, 8 rue des Cendriers, 75020 Paris (editionsdescendres@gmail com). Il offre en outre un complément de 76 numéros à la Bibliographie des travaux de Jeanne Veyrin-Forrer donnée en 1987 dans le cadre du recueil à elle offert par ses collègues et amis, La Lettre et le texte, aux éditions de l’École normale supérieure de jeunes filles.


Un cliché inédit: Jeanne Veyrin-Forrer préside la séance du colloque de Reggio (déc. 1979 ) au cours de laquelle le signataire du présent billet donne l'une de ses premières interventions à l'étranger.

dimanche 25 mars 2018

Conférence d'histoire du livre

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 26 mars 2018
16h-18h
L'auteur et la première révolution
du livre
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études


Si l’histoire du livre elle aussi est désormais devenue une «histoire à part entière», sa pratique soulève deux problèmes difficiles. D’abord, elle n’a pas toujours réussi à regrouper le faisceau des compétences nécessaires, entre «historiens» et «littéraires», sociologues, sémiologues ou encore spécialistes des communications, voire entre médiévistes et modernistes ou contemporanéistes –sans oublier les responsables en charge des collections patrimoniales de livres, qui sont de fait les premiers à être informés directement sur le sujet.
Ensuite, l’histoire du livre constitue une partie de l’étude des médias et des systèmes de médiatisation, mais la configuration nouvelle prise progressivement par ceux-ci amène à des analyses elles aussi renouvelées (il se pose la question de la chronologie, des transferts culturels, et surtout celle de la pérennité de paradigmes comme texte, littérature, auteur, etc.).
Jusqu’à présent, le problème de l’auteur a sans doute été abordé par les historiens du livre, mais de manière peut-être relativement marginale, ce que peut pour partie expliquer le détour de l’historiographie. Avec les libraires érudits, les savants amateurs et les philologues, qui ont de fait été les premier «historiens du livre», on a d’abord privilégié l’histoire de la production imprimée, puis celle des professionnels du livre (les imprimeurs et leurs ateliers). Dans un second temps, l’histoire du livre a intégré les problématiques d’histoire économique (Febvre et Martin: «le livre, cette marchandise»), avant, enfin, d’envisager la question de la lecture et de ses pratiques, mais selon des catégories qui ne sont pas toujours absolument convaincantes pour l'historien du livre.
Malgré des travaux importants, l’étude historique du champ littéraire est donc restée relativement négligée, surtout dans une perspective comparative. L’enjeu central de la conférence consistera à évaluer les conditions de changement de la catégorie de l’auteur en Europe dans les années 1450-1520, soit sur un délai de deux générations environ.

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

samedi 17 mars 2018

Conférence d'histoire du livre

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 19 mars 2018
16h-18h
La bibliothèque de la "Nation Germanique"
de l'université d'Orléans (fin)
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études

Reliure aux armes de la Nation Gemanique d'Orléans (© Médiathèque d'Orléans)

La conférence donnera aussi l’occasion d’évoquer la figure d’un intermédiaire culturel appartenant au petit monde du livre : Pierre Trepperel, lequel exerce comme libraire juré de l'université d'Orléans.
Fils du libraire parisien et marchand grossier en soie Jean (II) Trepperel, il est apparenté aux familles de libraires Janot, Le Noir et de Marnef. En 1545, Trepperel exerce à Angers, cette adresse apparaissant sur une édition à son nom du Théâtre des bons engins de Guillaume de La Perrière. Mais, dès avant le 3 août 1547, il est établi libraire à Orléans, où il succède en 1558 au libraire François Gueiard en qualité de receveur général de l'université. Trepperel travaille aussi de manière occasionnelle en association avec l'imprimeur orléanais Éloi Gibier.
Calviniste, il signe un acte de soumission au roi le 8 août 1570, mais, d'après le témoignage du juriste strasbourgeois Johann Wilhelm Botzheim, il est massacré lors de la Saint-Barthélemy (fin août 1572), alors même qu'il entre dans une église pour abjurer. Les actes de l'université confirment son décès à la date du 8 oct. 1572. Sa veuve se remarie avec le libraire Jean Courtin.

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

dimanche 11 mars 2018

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 12 mars 2018
16h-18h
La bibliothèque de la "Nation Germanique"
de l'université d'Orléans
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études

Par suite du retard pris au fil de la discussion de la semaine dernière, la conférence qui devait initialement avoir lieu le 5 sera en définitive présentée le 12 mars. 
Orléans avant 1568 (Bibliothèque d'Orléans, ICO G 144)

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

jeudi 1 mars 2018

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 5 mars 2018
16h-18h
La bibliothèque de la "Nation Germanique"
de l'université d'Orléans
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études

Plan d'Orléans (détail), vers 1575.

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

vendredi 9 février 2018

Conférence d'histoire du livre

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 12 février 2018
16h-18h
Une ville du livre: Strasbourg face à la Réforme
par
Monsieur Frédéric Barbier
directeur d'études

Johann Sturm, De literarum recte aperiendis..., Strasbourg, Wendelin Rihel, 1538.
Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

jeudi 1 février 2018

Conférence d'histoire du livre

 
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre

  Lundi 5 février 2018
16h-18h
Le patrimoine livresque et les musées du livre
dans les bibliothèques italiennes depuis le XIXe siècle
par
Monsieur Andrea De Pasquale, directeur général
de la Bibliothèque nationale centrale de Rome,
docteur de l'EPHE


Alors que les nouveaux médias sont en plein essor, une présentation pédagogique, intelligible par le plus grand nombre, du monde des «anciens médias» –et notamment de l’imprimé – s’impose comme une nécessité d’ordre également politique –une nécessité pour le «vivre ensemble».
On ne saurait en effet surestimer de rôle du média, le livre imprimé, dans l’élaboration du mode de pensée et dans la distinction des écritures en Occident. L’imprimé dispose le texte sous une forme linéaire normalisée (une succession de feuillets et de pages), il encadre une organisation des contenus qui détermine elle-même le mode de raisonnement et les fondements de l’outillage mental. Dans les premières décennies du XVIIe siècle, donc à échéance de cinq ou six générations après Gutenberg, c’est le temps du «miracle», la publication des travaux de Kepler et de Galilée sur la structure du cosmos en même temps que l’instauration de la pensée moderne symbolisée par les traités de Bacon et de Descartes. Pierre Chaunu peut décrire l’époque comme celle 
sur [laquelle] la civilisation de l’Europe classique organise ses pensées (...). Le miracle européen de la civilisation mécaniste (...) se place désormais en facteur commun de toute périodisation (...). Voilà le môle temporel sur lequel l’Europe des Lumières (…) et la civilisation scientifique du XXe siècle même (…) prennent extension et appui...
Parme, Biblioteca Palatina, Galleria Petitot
Nous compléterons: «le môle temporel» englobe aussi la logistique pour laquelle et par le biais de laquelle les connaissances sont élaborées, diffusées, transmises et constamment reprises, réorganisées et réactualisées. La logistique, ce sont les supports d’information, livres, périodiques et imprimés de toutes sortes, et les institutions mises en place pour en permettre l’utilisation: système de distribution, bibliothèques, mais aussi les écoles et les universités, plus tard aussi les cercles de la sociabilité savante et les académies. Les mutations dans le domaine des idées et des sciences sont ainsi étroitement liées à la «logistique matérielle» –au média–, et il en va de même, notamment en France, avec l’essor d’une littérature moderne en langue vernaculaire, au sein de laquelle le genre du roman occupe une place prépondérante.
Ne nous étendons pas sur la révolution de la librairie de masse et de l’industrialisation, mais bornons-nous pour résumer à souligner deux points. Le premier concerne la chronologie du changement, toujours beaucoup plus ample que ce que l’on aurait attendu a priori: de même que l’invention du livre imprimé ne correspond pas à celle de l’imprimerie, de même les utilisateurs actuels ne s’approprient que lentement les nouveaux médias électroniques (apparus dans le grand public dans les années 1980, donc voici déjà plus d’une génération). Le «livre électronique» commence seulement à s’émanciper, dans ses formes et ses contenus, des formes et des contenus qui étaient ceux du livre imprimé.
Cette réorganisation induit des changements radicaux, qui concernent non seulement les pratiques de lecture, mais aussi le système des savoirs et des textes, les genres de littérature, et, très probablement, les modes mêmes de raisonner et de penser, même indépendamment de l’essor de l’intelligence artificielle. La progression linéaire se fait moins prégnante, au profit du «butinage» ou du «saut» d’une information à l’autre qu’induit l’utilisation d’Internet. Le délai de latence –et de liberté– qui pouvait exister entre l’événement, l’élaboration de l’information comme texte, sa diffusion par l’imprimé et son appropriation par les lecteurs, ce délai tend à se réduire, voire à disparaître dans une société dominée par les logiques de l’instantanéité, de l’immédiateté et de la mondialisation...
Le changement radical aujourd’hui engagé est effectivement très rapide, mais il n’en reste pas moins étonnamment progressif –l’unité de mesure se compte toujours en terme de générations. D’où le second point. La gestion et la conduite des sociétés humaines et des individus sont une science, en ce sens qu’elles s’appuient, ou qu’elles devraient s’appuyer, sur l’expérience pour déterminer les directions éventuellement les meilleures à prendre. Or l’expérience, dans les sciences humaine, c’est l’histoire: la connaissance du passé est l’une des conditions nécessaires à une conduite rationnelle des affaires du présent et, s’agissant d’histoire des idées, des représentations abstraites et des pratiques culturelles, une certaine connaissance des écrits et des imprimés constitue une voie privilégiée pour la compréhension des processus auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés.
Les bibliothèques et les musées du livre et de l’écrit ont ainsi une mission pédagogique d’autant plus importante que le changement semble omniprésent, que les mutations paraissent se succéder à un rythme plus soutenu, que la modernité en cours de redéfinition reste incertaine, voire inquiétante, et que le privilège est toujours donné à la mutation brutale par rapport aux systèmes historiques plus subtiles et plus profonds: visiter les bibliothèques et les musées du livre, c’est aussi, pour chacun, se donner les moyens d’articuler à plus long terme les logiques de la continuité et du patrimoine pour mieux comprendre le présent du monde complexe dans lequel il vit. 

Lieu: École pratique des Hautes Études, IVe section, 54 boulevard Raspail, 75005 Paris (premier sous-sol, salle 26).
Métro Sèvres-Babylone, ou Saint-Sulpice.

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).