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vendredi 4 août 2017

Colloque d'histoire du livre

Jahrestagung des Wolfenbütteler Arbeitskreises
für Bibliotheks-, Buch- und Mediengeschichte

Reformation und Bücher:
Zentren der Ideen, Zentren der Buchproduktion 

Wolfenbüttel, 25. bis 27. September 2017

Zahlreiche Konferenzen und Publikationen beschäftigten sich vor allem anlässlich des Luther-Jahres mit den Zentren der Reformation, mit den sie gestaltenden Persönlichkeiten und den Strategien der Zusammenarbeit zwischen den Akteuren und den Druckern/Verlegern. Die neue Kommunikationspolitik der Reformation wurde und wird intensiv diskutiert.
Doch wir haben bislang keine ausreichenden, die einstigen Grenzen übergreifenden Informationen darüber, welchen Einflüssen sich die thematische Ausrichtung der Bucheditionen in den jeweiligen Zentren verdankte, wann und wie sich die den humanistischen Ideen folgende Editionspraxis veränderte und auf eine neue, in Fragen der Konfession Stellung beziehende Richtung zusteuerte.
Wir wissen nicht, wie sich dieser Wandel in den produktiven Zentren (Wittenberg, Heidelberg, Zürich, Basel und in anderen Universitätsstädten) und in den die Einflüsse rezipierenden Kulturen vollzog (beispielsweise in Schlesien, im Baltikum, im Königreich Ungarn und in Siebenbürgen).
Wie hat die katholisch geprägte Welt auf diese Herausforderung reagiert? Was hat sie von der humanistischen Tradition erhalten, was von protestantischer Seite adaptiert? Worin blieb sie orthodox, veränderungsresistent? Wie hat sich die Buchproduktion zum Beispiel in Wien entwickelt, nach dem Tod dort agierender, in ihrem Leseverhalten als tolerant einzustufender Gelehrter und Theologen? Wie haben sich die Lesestoffe in der Umgebung des Hofes verändert? Wie wirken sich die Veränderungen, die Trident hervorrief, auf das jeweilige geistige Umfeld von Seiten der Buchproduktion und Rezeption aus?
Die rasche Rekatholisierung in Europa verdankte sich politischen Kräften: Wie zeigt sich dieses Machverhältnis nun in der Buchgeschichte?
Die Reaktion von protestantischer Seite auf die erstarkende, sich neu definierende katholische Kirche und deren Buchproduktion und Kulturpolitik entwickelte sich in zwei Richtungen: in eine tolerante und in eine orthodoxe. Es stellt sich die Frage, welchen der Wege die Zentren wählten. Wie verfuhr die tolerante Ausrichtung mit dem Erbe des Humanismus? Kam es zu einer Wiederbelebung? Wie ist es um späte humanistische Bewegungen bestellt?
Dies sind die Fragen, wie wir gerne in der zweitägigen, internationalen Konferenz erörtern würden.
La Bibelsaal, où se tiendra le colloque

Moderation und Tagungsorganisation:
Prof. Dr. Andrea Seidler (Wien) und Prof. Dr. István Monok (Budapest) 

Programm
Montag, 25.09.2017
13:30–14:00 Begrüßung (Dr. Sven Kuttner, München; Prof. Dr. Andrea Seidler, Wien)
14:00–14:45 Die Zürcher Buchkultur im 16. Jahrhundert (Urs Leu, Zürich)
14:45–15:30 Die Paratexte der frühreformatorischen Drucke am Oberrhein (1517- 1550) und deren Produktion und Rezeption in Humanistischen Kreisen (Valentina Sebastiani, Wolfenbüttel)
15:30–16:00 Kaffeepause
16:00–16:45 Buchstadt Straßburg im Spannungsfeld der Reformation, 1517- 1538/1541 (Frédéric Barbier, Paris)
18.00 Sitzung des Geschäftsausschusses (Leibnizhaus) 

Dienstag, 26.09.2017
09:00–09:45 „Like arms and weapons“. Jesuit book production in Catholic Reformation Age (Natale Vacalebre, Philadelphia)
09:45–10:30 Reformation in Wien und die damit zusammenhängenden Drucke (Karl Vocelka, Wien)
10:30–11:00 Kaffeepause
11:00–11:45 Ein Reformator aus Innerösterreich: Primus Truber und der südslawische Buchdruck (Karl Schwarz, Wien)
11:45–12:30 Blotius Digital: Skizzen einer digitalen Katalogedition zum Frühbestand der Hofbibliothek (Martin Krickl, Wien)
12:30–14:00 Mittagspause

14:00–14:45 Änderungen der thematischen Zusammenstellung ungarländischer Schulbibliotheken im ersten Jahrhundert der protestantischen Reformation (István Monok, Budapest)
14:45–15:30 Die Osmanen unterstützen die Evangelischen? Über die Reformation unter der Türkenherrschaft (von Melanchthon bis Bullinger) (Zoltán Csepregi, Budapest)
15:30–16:00 Kaffeepause
16:00–16:45 Schlesische Buchproduktion im Jahrhundert der Reformation (Detlef Haberland, Oldenburg)
ab 18:00 kleiner Empfang

Mittwoch, 27.09.2017
09:00–10:00 Nachwuchsforum: Ausgelesen, abgestempelt, aufgespürt. NS-Bestände in oberfränkischen Universitätsbibliotheken
(Tessa Sauerwein, Bamberg)
10:00–10:30 Kaffeepause
10:30–11:15 „Im Lichte des Evangeliums“ – Quellen zur Reformationsgeschichte in Livland aus der 1524 gegründeten Bibliotheca Rigensis (Aija Taimina, Riga)
11:15–12:00 Abschlussdiskussion

jeudi 20 juillet 2017

Une bibliothèque d'université aux XVIe-XVIIIe siècles (2)

Les membres des «nations germaniques» des différentes universités du Centre de la France (Orléans, Bourges et Poitiers) ont bénéficié de privilèges qui peuvent surprendre. En 1555, Conrad Marius, qui vient de Mayence, est étudiant à Poitiers quand il est  arrêté pour «avoir vescu selon la forme et religion qu’il dict estre gardée en son pays d’Allemaigne». Mais, à la requête qui lui est présentée lors de son séjour à Saint-Germain-en-Laye, le roi Henri II ordonne que Marius soit libéré, et cela pour des raisons éminemment politiques: il faut en effet préserver les «alliances, confédéracions et amytiez d’entre nous et les princes et estats dudict païs d’Allemagne et Saint Empire duquel ledict Marius est natif».
Bien plus tard, sous Louis XIV, la Nation Germanique d’Orléans publie chez Antoine Rousselet le catalogue des livres de sa bibliothèque (1664).
La page de titre en est ornée d’un petit bois représentant un aigle bicéphale. On sait par ailleurs que les exemplaires de la bibliothèque elle-mêmes ont souvent été reliés (avec estampage à chaud et marque d'appartenance sur les plats: Liber inclitae Nationis Germanicae in Academia Aurelianensi). Certains portent des ex dono manuscrits (Inclytae nationi germ. dono dedit Joannes De Cordes, Tornacensis pro tempore Procurator an. 1599, prim. decemb., par ex.). Pour un exemplaire en ligne, cliquer ici.
La bibliothèque possède quelques instruments scientifiques (des globes et une sphère armillaire) et, surtout, sa vocation s’est considérablement élargie depuis les origines. Alors qu'il s’agissait avant tout d’une collection juridique, nous sommes désormais devant un ensemble de 2626 titres, pratiquement tous des imprimés, répartis par grandes classes systématiques, puis par formats, avec un numéro d’ordre. La référence liminaire à Juste Lipse, plus encore la précision du sous-tri selon quatre formats (in folio, in quarto, in octavo, in duodecimo et decimo-sexto) laissent à penser que le rédacteur avait de bonnes connaissances de la science bibliographique dans son ensemble.
La tradition orléanaise s’impose toujours, et le droit représente, en 1664, la première série systématique, avec 780 titres (juridici). Parmi les classiques, on remarque les Expositiones de Sébastien Brant, données à Lyon par R. Odet en 1622, et achetées en quatre exemplaires par la bibliothèque (p. 24, n° 62).
Cependant, le droit est désormais suivi par les deux grandes sections de ce que nous pourrions appeler les sciences humaines :
- 569 titres relèvent en effet du domaine «géographie et histoire», qui constitue la série moderne par excellence. Cette section (où l’on trouve aussi un certain nombre d’historiens anciens, à commencer par César, Tacite, etc.) semble être la plus ouverte sur le plan de la géographie typographique et des langues d’impression.
- Les humanités s’inscrivent à un niveau de 504 titres (humaniores): il s’agit d’éditions des classiques de l’Antiquité (parfois acquis en plusieurs exemplaires), mais aussi de titres plus récents, comme les Essais de Montaigne dans la très belle édition d’Abel l’Angelier de 1595 (p. 35, n° 38. Deux exemplaires probablement d’une autre édition, p. 37, n° 44, et sept d’une troisième édition, p. 43, n° 217. Montaigne est déjà un classique).
Les trois sous-séries suivantes atteignent des niveaux plus faibles :
- 264 titres de théologie, dont un certain nombre d’exemplaires de la Bible, et surtout du Nouveau Testament en latin, en flamand, en italien et en français (par moins de quatorze exemplaires pour cette dernière édition: cf p. 7, n° 5). Les Loci communes de Mélanchthon, Bâle, 1561 (VD16, M 3664) sont classés dans la théologie.
- 184 titres de sciences politiques (politici). Cette section, dont le propos s’articule bien évidemment avec le domaine juridique mais qui intègre aussi la science militaire, est tout particulièrement signifiante pour l'historien, en ce qu’elle rend compte d'une théorie politique alors en pleine phase de modernisation. Parmi les points significatifs, le fait que la Nation Germanique ait acquis le texte de la République de Jean Bodin, en deux exemplaires, non pas dans l’original français, mais dans l’édition latine de 1586 (p. 47, n° 2).
Le catalogue se referme sur deux sections très intéressantes, qui relèvent du domaine littéraire au sens large. Les «romans» constituent un ensemble autonome, et ils sont dans leur grande majorité en français, mais aussi en italien. Il s’agit de titres bien connus (L’Astrée…), parfois aussi de titres plus négligés (comme Le Gascon extravagant, publié, de manière emblématique, l’année même de la sortie du Discours de la méthode). Nous serions volontiers disposés à voir dans cet ensemble de textes les prodromes d’un service de la «récréation» organisé en parallèle à la «bibliothèque d’études». La dernière section est ce que nous pourrions désigner comme celle des usuels: dictionnaires de la langue (dont un certain nombre de dictionnaires de l’allemand), puis dictionnaires juridiques et autres, et grammaires (des langues hébraïque, grecque, latine, française, italienne et flamande, cette dernière apparemment dans une édition de Londres, 1652).
Les deux domaines scientifiques des mathématiques (65 titres) et de la médecine (50 titres) s’inscrivent à des niveaux bien moindres.
Il serait très intéressant de rentrer dans le détail du catalogue, pour envisager, notamment, d'où les exemplaires peuvent venir, et pour essayer de retracer une conjoncture d’ensemble de la collection. Nous ne le ferons pas ici, mais ne pouvons que souligner le fait: il n’y a que peu de titres antérieurs à 1550. Dans la mesure où la bibliothèque en tant qu’institution n’a été mise en place que dans la seconde moitié du XVIe siècle, les ouvrages qui ont très certainement circulé à Orléans antérieurement appartenaient à titre privé à l’un ou à l’autre des membres de la Nation Germanique. En revanche, le catalogue de 1664 présente un certain nombre de titres a priori condamnés, et dont la publicité ne peut qu’étonner dans la France louis-quatorzienne. Citons un exemplaire de la Bible donnée par Froschauer à Zurich en 1543 (VD16, B 2619) à partir de la version d’Érasme et avec la collaboration de Bullinger; la concordance évangélique de Calvin, Genève, Conrad Badius, 1555, édition dédiée au Magistrat de Francfort; ou encore plusieurs Bibles allemandes de Luther, et la Hauspostilla du même auteur, Wittenberg, 1578 (VD16, ZV 10135).
Les lieux d’édition ne sont pas toujours indiqués mais, derrière Lyon et Paris figure en retrait un certain nombre de villes de province (Rouen, etc., voire Saumur) et de l’étranger (Anvers et Leyde, Francfort, Strasbourg, Helmstedt, Bâle, Genève, etc.). En définitive, il s'agit d'un ensemble remarquable, conçu et rassemblé dans le souci de remplir les services d'une véritable bibliothèque universitaire, dans laquelle les volumes les plus demandés seront acquis en plusieurs exemplaires. Un certain nombre de ces exemplaires est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque d'Orléans: on ne peut que regretter d'autant plus que le catalogue en ligne de celle-ci ne permette pas de les identifier, que le site Internet de l'établissement ne propose pas de commentaires sur les pièces les plus importantes qui y sont conservées, et que l'onglet renvoyant à l'histoire de la Bibliothèque ne fonctionne pas...

mercredi 5 juillet 2017

Une exposition à Orléans

Exposition
«Les débuts du protestantisme dans le Loiret»,
du 19 juin au 28 juillet 2017

Dans le cadre du 500e anniversaire de l'affichage des 95 thèses de Martin Luther en 1517, les Archives départementales du Loiret présentent du 19 juin au 28 juillet 2017, du lundi au vendredi, de 9 heures à 17 heures, l'exposition:
«Les débuts du protestantisme dans le Loiret».
À cette occasion, de nombreux documents, provenant des Archives départementales, de la Médiathèque d'Orléans et de l'association «Mémoire protestante en Orléanais», sont présentés:
-des plans anciens d'Orléans, des gravures anciennes, des portraits, la maquette du temple de Bionne, des livres rares, des documents administratifs du XVIe siècle et des manuscrits, dont les magnifiques enluminures des registres des procurateurs de la Nation germanique qui accueillit, au sein de l'Université d'Orléans au XVIe siècle, de nombreux étudiants luthériens.
Ces documents portent un éclairage original sur l'accueil des idées nouvelles dans l'Orléanais, favorisé notamment par le creuset d'humanisme qu'était alors l'Université, par le développement de la chose écrite, ainsi que par l'entrée de grandes familles nobles dans l’Église réformée.
L'exposition est présentée à l’occasion du 500e anniversaire de l’affichage des 95 Thèses de Martin Luther, le 31 octobre 1517 à Wittenberg. En quelques années cette volonté de réforme de la vie spirituelle et ecclésiastique, devenue la Réforme, parcourut toute l’Europe et eut des répercussions profondes sur la politique, la société et la culture, jusqu’à provoquer déchirements et guerres.
Plan d'Orléans, vers 1575
Dans le cadre de cette commémoration, le Département a souhaité jeter un éclairage particulier sur l’accueil des idées nouvelles dans l’Orléanais. On n'a pas cherché à évoquer la forme des nouvelles croyances, leur contenu et leur évolution, mais plutôt leur diffusion. Le propos de l’exposition vise précisément à s’interroger sur les facteurs qui ont favorisé un développement rapide et exceptionnel de la Réforme dans cette terre chérie par les «rois très chrétiens». Au travers de documents parfois prestigieux, parfois issus de la pratique administrative, l’exposition s’attache à mettre en valeur le rôle de l’Université et des étudiants germaniques qui la fréquentent, de l’élite cultivée et des grandes familles nobles, mais aussi des prédicateurs et des professionnels du livre.
Le propos s’arrête aux années 1560-1562, lorsque les tensions larvées entre catholiques et protestants se transforment brutalement en guerres civiles ouvertes: s’ouvre alors en effet une série de huit conflits qui ravagèrent le royaume jusqu’à la fin du XVIe siècle. Et encore, la paix chèrement gagnée en 1598 par la promulgation de l’Édit de Nantes n’apaisa-t-elle que peu les esprits, avant d’être balayée par la révocation de 1685.
Vous pouvez consulter le livret accompagnant l'exposition en cliquant ici [PDF - 2 Mo]
Retrouvez les magnifiques enluminures des registres des Procurateurs de la Nation germanique sur place et sur notre tableau Pinterest.
Communiqué par les Archives départementales du Loiret. 

mercredi 14 juin 2017

Journée d'études sur l'histoire de la Réforme

Aspekte der Reformationsforschung
Zur Wirkung der Reformation im deutsch-französischen Grenzgebiet 

Öffentliche Tagung in der
Stadtbibliothek Trier
Freitag, 23. Juni 2017

 
Vorträge:
10:00 Uhr
Prof. Dr. Claudine Moulin (Trier):
„Martinus Luther D – Zur Sprach- und Kulturgeschichte einer Unterschrift“

11:00 Uhr
Prof. Dr. Wolfgang Schmid:
„Katholiken und Protestanten in Trier: Alltag und Fest im Kulturkampf“

Mittagspause

14:30 Uhr
Prof. Fréderic Barbier (Paris):
„Die Anfänge der Reformation in Frankreich: kulturelle Transfers und Buchgeschichte, 1517 – 1523“

Führung
15:30 Uhr
Führung durch die Ausstellung „Caspar Olevian, die Reformation und Trier“
mit Prof. Dr. Gunther Franz

Ausstellung
Das Jahr 2017 steht im besonderen Fokus des 500-jährigen Reformations- festes. Dabei soll auch an das Wirken des aus Trier stammenden Reformators Caspar Olevian und an die Spuren der Reformation in Trier erinnert werden.
Die Ausstellung „Caspar Olevian, die Reformation und Trier“ ist eine Kooperation von Stadtbibliothek Trier, Universität Trier, Trier Center for Digital Humanities (TCDH) an der Universität Trier, Wissenschaftsallianz Trier e.V., Caspar-Olevian-Gesellschaft e.V. sowie Evangelischem Kirchenkreis Trier.
Begleitet und erweitert wird die analoge Ausstellung durch das virtuelle Caspar Olevian Portal (www.caspar-olevian-portal.de), auf dem sich neben den Exponaten umfangreiche weitere Informationen zum Leben und Wirken des Trierer Reformators finden.
Die Ausstellung im Foyer der Stadtbibliothek ist Montag bis Freitag von 9 bis 17 Uhr und Samstag bis Sonntag von 10 bis 17 Uhr geöffnet (Freitag, 7. April 2017, bis Dienstag, 4. Juli 2017). Der Eintritt ist frei. Der aufwendig gestaltete Begleitband zur Ausstellung Caspar Olevian, die Reformation und Trier – Katalog zur Ausstellung in der Stadtbibliothek Trier zum 500. Reformationsjubiläum 2017 und zur virtuellen Ausstellung im Rahmen des Caspar-Olevian-Portals, herausgegeben vom Evangelischen Kirchenkreis Trier, mit Beiträgen von Gunther Franz, Vera Hildenbrandt und Andreas Mühling, ist ab sofort über den Buch- handel zu beziehen und kostet 19,90 Euro. 

Performance
18:00 Uhr Liquid Penguin Ensemble:
DER FALL SOLA
Neueste Sendbriefe vom Dolmetschen
Martin Luther hat vor 500 Jahren die Bibel in verständliche deutsche Sprache übersetzt. Interpretation war dazu notwendig – die immer auch falsch liegen kann – und ein großer Vorrat an neuen Wörtern für Dinge und Zusammenhänge, die das Deutsche zuvor noch nicht hat ausdrücken können. Inspiriert von Luthers Sendbrief vom Dolmetschen hat das Liquid Penguin Ensemble eine Performance zum Reformationsjubiläum 2017 entwickelt und schlägt darin den Bogen bis in unsere vielsprachige europäische Gegenwart: vier Musikerinnen und Musiker, eine Sprecherin und n live-Zeichner erschaffen – unterstützt von einem Chor – ein vergnügliches sprachlich-musikalisch- bildliches Übersetzungsspiel, das viele der in Europa erklingenden Sprachen einbezieht.
mit Monika Bagdonaite (Viola), Julien Blondel (Violoncello), Stefan Scheib (Komposition, Kontrabass, Zuspiel), Kaori Nomura (Piano/Flügel), Katharina Bihler (Text, Stimme), Klaus Harth (live- Zeichnung) und Chorsängerinnen und -Sänger aus Trier; Holger Stedem (Sounddesign), Ulrich Schneider (Licht/Raum), Marcus Droß (dramaturgische Beratung)

Stadtbibliothek und Stadtarchiv Trier Weberbach 25
54290 Trier
Tel: 0651 718 1429
Fax:0651 718 1428
E-Mail: stadtbibliothek@trier.de  
www.stadtbibliothek-weberbach.de

vendredi 9 juin 2017

Conférence d'histoire du livre


École pratique des hautes études, IVe section
 
Conférence d'histoire et civilisation
du livre 

Lundi 12 juin 2017
16h-18h
Les origines de la Réforme en France:
transferts culturels et histoire du livre
(1517-1523)
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études 

NB: ATTENTION! voir ci-dessous la NOUVELLE ADRESSE DE LA CONFÉRENCE!

La conférence, la dernière de l'année universitaire, sera suivie du pot de fin d'année.
La conférence sera également l'occasion de présenter le programme  de la séance foraine de l'année universitaire 2016-2017, séance qui devrait se tenir à Strasbourg le mercredi 21 juin prochain (voir le programme ici).
 
Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a désormais lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (54 boulevard Raspail, 75006 Paris, salle 26, 1er sous-sol).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).



dimanche 4 juin 2017

1517-1521: le nouvel ordre des médias

Que la Réforme protestante constitue un phénomène étroitement lié à l’utilisation du nouveau média de la typographie en caractères mobiles est une caractéristique déjà reconnue par les contemporains eux-mêmes. Le point est repris par beaucoup d’auteurs sous l’Ancien Régime et au XIXe siècle, tandis que les travaux conduits par Elisabeth Eisenstein à partir de la décennie 1970 ont permis d’actualiser cette problématique (Elisabeth Eisenstein, The Printing Revolution in early modern Europe, Cambridge, 1983).
Aujourd’hui, le modèle développé par les historiens du livre articule deux axes principaux d’analyse: si le rôle déterminant du média de l’imprimé est effectivement reconnu, c'est dans une perspective qui met l'accent sur la dynamique de la transformation. De fait, l’irruption de la Réforme introduit dans une large mesure à l’instauration d’une nouvelle «économie des médias». Parmi les caractéristiques majeures de celle-ci, la plus importante réside dans la montée en puissance des Flugschriften, et dans l’émergence rapide d'un espace public que l'on pourrait à bien des égards dire moderne, en ce sens qu'il est articulé autour de l'imprimé. Encore une fois, les contemporains en prennent conscience très rapidement, qui entreprennent de mobiliser systématiquement les techniques de la médiatisation nouvelle, au service, d’abord, de la cause réformée –bientôt aussi au service de ses adversaires, tenant de l’orthodoxie romaine (on pense ici tout particulièrement à Thomas Murner).
Pour autant, un versant spécifique de la problématique est resté curieusement négligé par l'histoire du livre: il s’agit de la question des transferts culturels. Nous n’avons pas à revenir ici sur la problématique générale d’un modèle épistémologique qui, depuis quelques décennies, s’est imposé dans la recherche historique. Si l’écrit, l’imprimé et les médias jouent un rôle décisif dans le fonctionnement même des processus de transferts culturels, il n’en reste pas moins que la problématique de la diffusion des mouvements de Réforme apparus en Allemagne, mais aussi en Suisse, etc., au début du XVIe siècle, n’a pas été réellement envisagée à cette aune.
Le phénomène est pourtant au moins ambivalent. Reprenons la chronologie: nous sommes, d’abord, devant un projet de réforme conduit à l’intérieur de l’Église, par des clercs dont la principale langue d’expression est le latin. L'objet de la discussion, autrement dit les différentes thèses de Luther, n'est pas au sens propre un objet «étranger», lorsqu'il est soumis au tribunal de Sorbonne, en 1520-1521: les pièces en latin circulent sans difficultés dans le monde des universitaires et des clercs, et elles seront même le cas échéant reproduites par des imprimeurs parisiens. La controverse se développe pour la plus grande partie dans un cadre transnational.
La Detrminatio de 1521, éd. parisienne
Mais très rapidement, le glissement s’opère: non seulement les liens avec Rome sont désormais rompus, mais Luther et son entourage tendent à s’adresser directement à l’«homme du commun» et donc à s’exprimer en vernaculaire. Alors même que la primauté du siège de Rome est remise en cause, la dimension révolutionnaire du choix de la langue ne peut pas être sous-estimée: permettre à chacun de lire les textes sacrés revient à supprimer la médiation du clerc, donc implicitement à abandonner la tripartition traditionnelle de la société et à engager la disparition du clergé en tant que premier ordre. Dès lors, on comprend pourquoi la condamnation par la Faculté de Paris ne devrait pas faire de doute: en ce début du XVIe siècle, la Faculté n'est-elle pas toujours détentrice de l'autorité morale de la chrétienté, et ne constitue-t-elle pas une véritable école professionnelle supérieure, chargée de fournir à l'Église universelle des théologiens parfaitement formés? La condamnation ouvre bientôt le temps de la répression, et les premiers bûchers s'allument devant Notre-Dame dès 1523...
Arrêtons-nous ici simplement sur le seul problème linguistique posé dans le cadre des transferts: quel sera le retentissement possible de textes publiés en vernaculaire (en allemand), dès lors que l’on abordera une géographie extérieure au monde germanophone? La question vaut tout particulièrement pour la France, où l’allemand reste, en ce début du XVIe siècle, une langue  très peu répandue en dehors des cercles d’immigrés, lesquels sont surtout présents dans les milieux de l’université, du négoce et, bien sûr, de l’imprimerie et de la librairie…
Lorsque Pantagruel rencontre pour la première fois Panurge, sur la route du pont de Charenton, celui-ci lui semble être un mendiant et lui répond d’abord en allemand, qualifié de «barragouin» inintelligible: À quoy respondit Pantagruel: «Mon amy, je n'entens poinct ce barragouin; pour tant, si voulez qu'on vous entende, parlez aultre langaige…» À Wittenberg comme dans d'autres villes allemandes, et comme à Paris et à Lyon, l'élargissement du public des lecteurs et l'essor de la médiatisation moderne ouvrent désormais aussi le temps des traducteurs, d'une autre réflexion sur le fonctionnement de la langue –et de la mise en place de «librairies» qui deviendront progressivement des «librairies» nationales. On le voit, il est difficile de sous-estimer l'importance des conséquences induites par la nouvelle économie qui est celle du livre réformé.

vendredi 14 avril 2017

Une exposition commémorative à Strasbourg

Nous interrompons un instant notre série sur le «temps caractéristique» pour signaler la riche exposition présentée à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg sur «Le vent de la Réforme. Luther, 1517» (11 mars- 5 août 2017). L’exposition a été organisée en collaboration entre la BNU, la Faculté de Théologie protestante et les Archives de Strasbourg, la Württenbergische Landesbibliothek (Stuttgart) et la Bibliothèque nationale de Lettonie (Riga). Elle est accompagnée d’un catalogue imprimé, qui constitue un très bel instrument de références en notre année de commémoration:
Le Vent de la Réforme. Luther, 1517,
dir. Madeleine Zeller, Matthieu Arnold, Benoît Jordan,
Strasbourg, Bibliothèque nationale et universitaire, 2017,
191 p., ill.
ISBN : 978-2-8592307-0-8

L’exposition traite pour avant tout de la période conduisant de l’affichage des 95 thèses (1517) à la célébration de la dernière messe à Strasbourg (1560): on comprend par là que, même si ce n’est pas précisé au titre, l’attention sera avant tout portée sur la situation à Strasbourg et dans la région du Rhin supérieur. L’ouvrage s’ouvre, après les différentes préfaces officielles, par une série de documents qui permettent de fixer le paysage: une chronologie sommaire, la célébrissime vue de Strasbourg dans les Chroniques de 1493 (voir l'illustration), la carte du Rhin supérieur par Specklin en 1584, puis une vue de Riga et une carte de l’ancienne Livonie au XVIe siècle.
Les organisateurs ont fait le choix d’une organisation thématique en cinq parties, chacune introduite par un «chapeau» de présentation puis donnant les notices catalographiques elles-mêmes (notices signées, mais peut-être un petit peu brèves pour certaines…).
La première section, sous le titre «Croire et prier vers 1517», est introduite par Benoît Jordan («Contenus et expressions de la foi à la veille de la Réforme: Strasbourg et le Rhin supérieur») et présente dix-sept pièces ou reproductions, mettant surtout l’accent sur le sentiment de la piété individuelle, sur le rôle des intercesseurs (les saints et la Vierge), sur le déroulement de la messe et sur la question de la réforme de l’Église. La Bibliothèque du Grand Séminaire de Strasbourg conserve un document exceptionnel, en l’espèce de la plus ancienne image de pèlerinage imprimée produite en Alsace, image à l’effigie de la Vierge et l’Enfant, mais la notice (1.13) ne propose pas de datation. La section se referme par trois pièces relatives à la grande figure de Jean Geiler de Kaysersberg, prédicateur à la cathédrale de Strasbourg, mis en scène en tête de l’édition d’un sermon en 1513 (n° 1.15).
La deuxième partie présente «Les 95 thèses de Luther et leurs répercussions», et le texte de Matthieu Arnold rappelle la concomitance entre l’affichage (supposé) de ses Thèses par Luther, le 31 octobre 1517, et l’ouverture au public de l’incroyable collection de reliques par l’électeur Frédéric le Sage, le lendemain, jour de la Toussaint: si a posteriori, les choix et les positions des uns et des autres semblent tout naturellement tranchés, ce n’est certainement pas le cas sur le moment. Les pièces présentées s’ouvrent par l’évocation des nouveaux procédés de reproduction, la typographie et la xylographie (exceptionnel bois gravé de Jost Amman, ayant appartenu à la collection Heitz). L’exemplaire présenté des 95 thèses vient de Berlin et est celui d’une édition nurembergeoise (n° 2.6). Deux exemplaires très remarquables proviennent de la  Bibliothèque humaniste de Sélestat: le De libertate christiana (Wittenberg, 1520) porte des notes manuscrites de Beatus Rhenanus et de Luther (n° 2.22); et, dans la section consacrée à l’iconographie du Réformateur, le portrait figurant dans l’exemplaire du De captivitate babylonica ecclesiae (Strasbourg, 1520) est couvert d’insultes en latin (n° 2.35).
C’est peut-être dans la troisième partie, «Diffusion de la Réforme: Strasbourg et Riga», que le projet implicitement comparatiste fonctionne le mieux, même si le rôle des deux villes dans l’économie du média se situe à un niveau très différent: un coup d’œil sur le VD16 nous donne, par exemple, 294 éditions de Luther en 1520, dont 25 à Strasbourg, alors que Riga ne possède pas encore d’imprimerie. Le texte de Gustavs Strenga sur «Foi, politique, langues et livres: la Réforme à Riga (1522-1525)» offre aux lecteurs francophones une très bonne introduction à une histoire sur laquelle les usuels dans notre langue font largement défaut –il est vrai que Luther lui-même était mal informé sur la situation de la Livonie. La notice 3.10 présente un étonnant exemple de traité de théologie publié à Tübingen en 1578 et dont les tranches dorées sont décorées des deux portraits peints de Luther et de sa femme, Catharina von Bora. 
Bible de Luther, 1543 (WLB), la Création (Lucas Cranach)
La question de la musique est à juste titre au cœur de la quatrième partie, «Psaumes et cantiques de la Réforme», le chant en langue vernaculaire étant «une composante fondamentale» du mouvement lancé par Luther (Beat Föllmi): la parole sera rendue au peuple des fidèles, et celui-ci chantera dans sa langue, tandis que les imprimeurs innovent en publiant, à partir de 1523-1524, les premiers recueils de cantiques et de psaumes. Le document n° 4.3, emprunté à Saint-Gall, illustre à nouveau le fait que la rupture est antérieure, puisqu’il s’agit d’un manuscrit (antérieur à 1507) présentant une séquence mariale traduite en allemand par Sébastien Brant, et accompagnée de sa notation musicale. Le n° 4.12 met en scène, en 1562, le maître d’école en train de conduire le chant des Psaumes. Le n° 4.22 fait découvrir un ensemble exceptionnel de fontes typographiques du XVIe siècle destinées à l’impression musicale et conservées à Halle, tandis que le passage de Calvin à Strasbourg est marqué par la publication du premier recueil de Psaumes publié en français (1539: n° 4.25).
Enfin, la cinquième et dernière section se présente sous le titre «Traduire et enseigner la Bible» et fait notamment appel à des exemplaires de la magnifique collection de Bibles conservée à Stuttgart, dont une Bible à 42 lignes (n° 5.1) provenant d’Offenbourg, non loin de Strasbourg mais sur la rive droite du Rhin. La première Bible allemande imprimée est celle de Mentelin à Strasbourg (1466: n° 5.4), tandis que l’édition strasbourgeoise du September Testament (Nouveau Testament) de Luther en 1522 témoigne à la fois de la vigueur de la demande et de l’importance d’une activité que l’on pourrait assimiler à la contrefaçon dans l’économie générale du média (n° 5.10). L’exemplaire de la Bible latine donnée par Jacques Maréchal à Lyon en 1523 et lui aussi conservé à Stuttgart présente une reliure à la double effigie de Luther et de Mélanchthon et témoigne de la précocité de la diffusion des idées de Luther en France (n° 5.19, 32 et 33). L'exemplaire a été acquis par Josias Lorck (1723-1785), qui exerça comme pasteur à Copenhague et dont la collection de Bibles est achetée par le duc de Wurtemberg en 1784. 
L’ouvrage se ferme par une brève série de biographies, par quelques définitions («Empereur», «Réforme», «Indulgences»…) et par une bibliographie abrégée.

jeudi 30 mars 2017

Colloque d'histoire du livre

Appel à communication

«Les Articles d’Ilanz dans le contexte de la Réforme européenne»

Congrès scientifique international à Ilanz, ville de Réforme, 

du 4 au 6 septembre 2017

Ilanz (Glion) était à l’avant-garde du processus de démocratisation dans les Grisons.
La petite ville de la Surselva était, selon Diarmaid MacCulloch, professeur d’histoire ecclésiastique à Oxford, la «ville la plus importante des Trois Ligues» (Grisons), parce que c’était là que la Diète (assemblée de tous les délégués des Trois Ligues) prenait toutes les décisions fondamentales pour la formation de la République Grisonne.
Les Articles d’Ilanz ont mis un point final au transfert des droits seigneuriaux de l’évêque aux communes ou «voisinages». Ils marquent la fin d’une évolution: dès le milieu du XVe siècle, de plus en plus de paroisses furent créées, souvent sans attendre l’autorisation de l’évêque. Les «voisins» (habitants des «voisinages», ou paroisses) s’inquiétaient de leur salut éternel et voulaient donc avoir un curé sur place. Ils réclamaient aussi de plus en plus de droits démocratiques pour eux-mêmes sans en référer à un prince ou à l’évêque, bien que la seule corporation juridiquement légitime fût la «Jurisdiction» (commune).
La Réforme survient précisément dans cette période de démocratisation. Peu avant Noël 1525, une plainte est déposée contre le curé de Coire, Jean Comander, et quarante autres membres du clergé, parce qu’ils prêchaient «des doctrines contraires à l’Église catholique». La Diète convoqua donc une disputatio à Ilanz du 7 au 9 janvier 1526, ou Comander dut prouver que sa doctrine n’était pas hérétique. À la suite de quoi, il fit imprimer à Augsbourg ses Dix-neuf Thèses, en guise de base de discussion, thèses dans lesquelles il se prononçait, entre autres, contre le pouvoir temporel de l’évêque.
C’est ainsi que se forma une alliance entre les mouvements réformateurs et le développement du droit public. Finalement, la Diète publia le 25 juin 1526 les «Deuxièmes Articles d’Ilanz», qui accordaient aux voisinages (paroisses) des droits importants, dont celui  d’élire et de licencier le curé –un droit qui continue de nos jours à figurer dans la constitution du canton. Cet article est l’une des raisons principales expliquant la formation du «paysage confessionnel» singulier qui est celui des Grisons.

Le congrès prévu doit examiner l’importance des Articles d’Ilanz (1523-1526) pour le développement de l’Église, de la politique, de l’histoire sociale et de la politique confessionnelle des Trois Ligues dans le contexte européen. Les Articles d’Ilanz ont souvent été considérés par la recherche soit comme des «articles paysans», soit comme des lois fondamentales, un «mode d’emploi pour les communes» (Hitz), ou encore «l’expression d’un état indépendant et démocratique» (Bundi, Head). Les interprétations et raisonnements divers invitent à un débat interdisciplinaire. C’est  le but du congrès annoncé.
Sont invités à proposer et à présenter des exposés les historiennes ou historiens en Droit, les historiennes ou historiens de l’État et  de l’Église, et les théologiennes ou théologiens et historiennes ou historiens en théologie. Certains chercheurs d’Europe et d’Amérique ont d'ores et déjà confirmé leur participation en tant qu’intervenants principaux, dont le Prof. Dr. Herman J.Selderhuis (Apeldoorn/Emden) pour le cours inaugural, ainsi que les Prof. Dr. Ulrich Pfister (Münster), l Randolph C. Head (California, USA) et Andreas Thier (Zurich).
Les contributions au congrès sous forme de short papers doivent traiter de questions concernant les «thèmes d’Ilanz», notamment les «Articles», l’argumentation et les dépendances dans les thèses de la disputatio, le processus de démocratisation à l’époque moderne, ou encore l’histoire de la Réforme dans les Trois Ligues et leurs pays sujets.

Les exposés dureront 30 minutes (discussion comprise). Les langues de la conférence sont l’allemand, l’italien et le français. La nouvelle génération de chercheurs est particulièrement bienvenue.
Un programme cadre dans la ville d’Ilanz et environs sera proposé. Les organisateurs s’occuperont du financement du congrès public.
Les auteurs sont priés d’adresser leur propositions d’exposés (un précis de 500 à 1000 signes) à
Institut für Kulturforschung Graubünden, Reichsgasse 10, 7000 Chur info@kulturforschung.ch 

Pour les demandes de plus amples renseignements s’adresser à
PD Dr. Jan-Andrea Bernhard, Kirchgasse 9, 8001 Zürich
+41 81 544 54 57 et bernhard@theol.uzh.ch

mardi 21 mars 2017

Conférences d'histoire du livre

Frédéric Barbier,
directeur de recherche au CNRS
(École normale supérieure, Institut d’histoire moderne et contemporaine),
directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études
(conférence d’Histoire et civilisation du livre)

prononcera les deux conférences suivantes,
dans le cadre de 
l’Université du Québec à Montréal (UQAM):

 mardi 28 mars, 10h.
(cours de Madame Dominique Marquis, professeure à l’UQAM, département d’Histoire)
«La foi, le talent, le service:
l’éthique protestante et l’esthétique des bibliothèques (XVe-XVIIe siècle)»

mercredi 29 mars, 14h.
«Géographie et topographie du livre en Europe (vers 1450-vers 1820)».

Les informations complémentaires sont à prendre auprès des organisateurs.
La bibliothèque de l'université de Leyde, gravure de Willem van Swanenburgh, 1610

vendredi 17 mars 2017

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études,
IVe section 
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 20 mars 2017
16h-18h
Réguler le média: contrefaçon, censure et privilège
dans le Saint-Empire, de la «première révolution du livre»
à la Réforme luthérienne (1455-1522),
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études

L’expansion rapide de la typographie en caractères mobiles dans les villes allemandes à partir de 1455 marque le temps d’une «révolution du livre» dans laquelle l’innovation se propage successivement sur tous les différents plans. Revenons un moment sur sa typologie, en rappelant l’antériorité de l’innovation de procédé, à laquelle succède l’innovation de produit. Mais il apparaît peu à peu évident que c’est une nouvelle branche d’activités qui se met en place dans son ensemble, et qui bouleverse en profondeur les modes de fonctionnement des sociétés occidentales: l’innovation concerne aussi les pratiques du travail intellectuel et de la lecture, de même que celles des nouveaux professionnels du livre.
La production en nombre croissant de documents imprimés de toutes sortes, livres proprement dits, pièces, plaquettes, images, etc., implique à moyen terme la mise en place de structures adaptées de diffusion: à côté des foires, des pratiques de démarchage et autres, les librairies de détail apparaissent peu à peu dans les premières décennies du XVIe siècle. Bien évidemment, les pratiques de lecture sont modifiées en profondeur par ces phénomènes très complexes.
Mention de privilège octroyé par la ville de Leipzig, 1518

Un domaine particulier doit encore être pris en considération, souvent négligés des historiens du livre, et qui est celui de la régulation: l’invention du nouveau média se fait d’abord dans une logique de complète liberté, mais, bientôt, le besoin se fait sentir, d’encadrer la production –et la diffusion– des imprimés. Les contrefaçons sont rapidement légions, qui permettent de re-produire à moindres frais d’éventuelles publications à succès (l’exemple du Narrenschiff, la Nef des fous, est à cet égard bien connu). En réaction, les professionnels sont attentifs à renforcer la protection de leurs investissements, en cherchant à obtenir des privilèges qui leur assurent l’exclusivité pour un titre ou pour un ensemble de titres dans une géographie donnée et pendant un délai plus ou moins long.
Si les auteurs sont surtout sensibles à une forme de droit moral (certains auteurs à succès ne veulent pas se voir attribuer des textes qui ne sont pas d’eux), les intérêts de l’Église et des pouvoirs politiques interviennent aussi. Les autorités religieuses, à commencer par la papauté, mais aussi les prélats (archevêques et évêques) et certaines universités, cherchent à empêcher la production et la diffusion de textes qu’elles estiment subversifs, mais, pour appliquer leurs décisions, elles doivent généralement faire appel aux pouvoirs séculiers. Ces derniers, de leur côté, sont soumis à des concurrences complexes, tandis que le contrôle des publications est de plus en plus perçu comme un élément de la puissance territoriale.
La conférence se penchera sur le cas particulier qui est celui du Saint-Empire et des pays germanophones, comme constituant autour de 1500 la géographie de l’imprimé par excellence (celle où l’invention est née, et celle où la production est alors la plus importante), mais aussi la géographie où apparaissent d’abord les phénomènes liés à la Réforme luthérienne et à son articulation avec la «publicité» –entendons, avec la médiatisation moderne.

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

jeudi 9 mars 2017

Conférence d'histoire du livre: le chat-fou

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre 

Lundi 13 mars 2017
16h-18h
Le cordelier, le chat et le fou  :
introduction à la polémique imprimée
à l'aube de la Réforme (2),  
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études 

Au tournant de la deuxième décennie du XVIe siècle, alors que les polémiques religieuses montent violemment en puissance, le recours au média de l’imprimé leur donne des formes d’expression nouvelles. Parmi ces dernières, le jeu de mots et la mise en images occupent une place à tous égards stratégique.
C’est ainsi que, dans les années 1520, le cordelier Thomas Murner, à Strasbourg, est assimilé à un «chat-fou»  par ses adversaires partisans de la Réforme, par homophonie à partir de son nom (Murner / Murr- Narr). Il s’agit bien entendu, dans un contexte bien particulier, de s'attacher un lectorat le plus large possible en ridiculisant l’adversaire, que l’on assimile à un animal. Mais le jeu de mots prend une dimension et une efficacité accrues lorsqu’il est convoqué à l’appui des représentations iconiques: le titre du Karschans de l’hiver 1520 présente Murner, l’un des participants au dialogue constituant le traité, sous la forme d’un homme en robe de Franciscain, mais avec une tête de chat, ce qui est explicité dès le début du texte, quand Murner lui-même prend la parole («Murner: murmaw, murmaw, murmaw. // miaw, miaw»). 
Le choix du chat, pour déterminé qu’il soit (par l’homophonie du patronyme), suppose aussi un cadre de références généralement admises (le chat serait un animal familier des monastères, dont il apprécierait la discrétion), un ensemble de croyances largement reçues (le chat est regardé comme un animal maléfique) et une construction intellectuelle à partir des signifiants: il faut décomposer le mot (Mur / Narr), ce qui a pour effet de mettre en évidence l'essence cachée de celui qu’il désigne. Le calembour se présente ainsi comme une énigme susceptible de dévoiler la vraie nature du sujet, parce que le partage d’une partie de la forme implique celui d’une partie du contenu. Pour saint Augustin déjà, les «monstres»  (par ex. les monstres zoomorphes) ne signifient-ils pas quelque chose (mostrare) de ce qu'ils dévoilent en le montrant?
Ajoutons que, à côté de la «mise en image», la «mise en livre» souligne encore la présence du jeu de mots, en introduisant par ex. le nom de murrnarr en petites capitales au fil du texte. Pour autant, l’ambiguïté de la référence symbolique (le chat) joue bientôt a contrario, quand l’auteur, Murner, se réapproprie très vite cette figure (mais non pas celle du «chat-fou») en se mettant lui-même en scène dans son pamphlet du Grand fou luthérien de 1522 (cf cliché ci-dessus)...
À partir de l'exemple de Murner, la conférence s'attachera à préciser les conditions dans lesquelles fonctionne l'articulation entre la «seconde révolution du livre», l'essor de la polémique par l'imprimé et l'émergence d'une sphère publique de l'opinion et de la discussion en Allemagne dans les années 1520. 

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage).

Calendrier des conférences(attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).