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vendredi 17 mars 2017

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études,
IVe section 
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 20 mars 2017
16h-18h
Réguler le média: contrefaçon, censure et privilège
dans le Saint-Empire, de la «première révolution du livre»
à la Réforme luthérienne (1455-1522),
par
Monsieur Frédéric Barbier,
directeur d'études

L’expansion rapide de la typographie en caractères mobiles dans les villes allemandes à partir de 1455 marque le temps d’une «révolution du livre» dans laquelle l’innovation se propage successivement sur tous les différents plans. Revenons un moment sur sa typologie, en rappelant l’antériorité de l’innovation de procédé, à laquelle succède l’innovation de produit. Mais il apparaît peu à peu évident que c’est une nouvelle branche d’activités qui se met en place dans son ensemble, et qui bouleverse en profondeur les modes de fonctionnement des sociétés occidentales: l’innovation concerne aussi les pratiques du travail intellectuel et de la lecture, de même que celles des nouveaux professionnels du livre.
La production en nombre croissant de documents imprimés de toutes sortes, livres proprement dits, pièces, plaquettes, images, etc., implique à moyen terme la mise en place de structures adaptées de diffusion: à côté des foires, des pratiques de démarchage et autres, les librairies de détail apparaissent peu à peu dans les premières décennies du XVIe siècle. Bien évidemment, les pratiques de lecture sont modifiées en profondeur par ces phénomènes très complexes.
Mention de privilège octroyé par la ville de Leipzig, 1518

Un domaine particulier doit encore être pris en considération, souvent négligés des historiens du livre, et qui est celui de la régulation: l’invention du nouveau média se fait d’abord dans une logique de complète liberté, mais, bientôt, le besoin se fait sentir, d’encadrer la production –et la diffusion– des imprimés. Les contrefaçons sont rapidement légions, qui permettent de re-produire à moindres frais d’éventuelles publications à succès (l’exemple du Narrenschiff, la Nef des fous, est à cet égard bien connu). En réaction, les professionnels sont attentifs à renforcer la protection de leurs investissements, en cherchant à obtenir des privilèges qui leur assurent l’exclusivité pour un titre ou pour un ensemble de titres dans une géographie donnée et pendant un délai plus ou moins long.
Si les auteurs sont surtout sensibles à une forme de droit moral (certains auteurs à succès ne veulent pas se voir attribuer des textes qui ne sont pas d’eux), les intérêts de l’Église et des pouvoirs politiques interviennent aussi. Les autorités religieuses, à commencer par la papauté, mais aussi les prélats (archevêques et évêques) et certaines universités, cherchent à empêcher la production et la diffusion de textes qu’elles estiment subversifs, mais, pour appliquer leurs décisions, elles doivent généralement faire appel aux pouvoirs séculiers. Ces derniers, de leur côté, sont soumis à des concurrences complexes, tandis que le contrôle des publications est de plus en plus perçu comme un élément de la puissance territoriale.
La conférence se penchera sur le cas particulier qui est celui du Saint-Empire et des pays germanophones, comme constituant autour de 1500 la géographie de l’imprimé par excellence (celle où l’invention est née, et celle où la production est alors la plus importante), mais aussi la géographie où apparaissent d’abord les phénomènes liés à la Réforme luthérienne et à son articulation avec la «publicité» –entendons, avec la médiatisation moderne.

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

mercredi 22 février 2017

Conférence d'histoire du livre


Catalogue Treuttel et Würtz, [circa 1830]
École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre


Lundi 27 janvier 2017
16h-18h
Une richissime collection de catalogues de libraires
et d'éditeurs (XVIe-XXIe siècle):
le fond Q10 de la Bibliothèque nationale de France
par
Monsieur Jean-Dominique Mellot,
conservateur général à la Bibliothèque nationale de France
avec la participation de Madame Marie Galvez,
conservateur à la Bibliothèque nationale de France
(Département Littérature et Arts) 

"Décidément, j'aime les catalogues. C'est presqu'aussi beau qu'un indicateur de chemin-de-fer, on y voyage. On y prend une vue assez juste de l'humanité, celle qui pense" (Gaston Gallimard). 

"Je ne sais pas de lecture plus facile, plus attrayante, plus douce, que celle d'un catalogue" (Anatole France, Le Crime de Sylvestre Bonnard).

Et toujours, le catalogue des catalogues (de bibliothèques, de libraires, de ventes, etc.)
 

 Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage).
 
Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

samedi 9 juillet 2016

Au XVe siècle: fabriquer des livres... et les vendre

L’expansion rapide de la typographie en caractères mobiles dans les villes allemandes au cours de la seconde moitié du XVe siècle marque le temps d’une «révolution du livre» dans laquelle l’innovation touche tous les domaines. Revenons un moment sur la typologie de l'innovation.
Certes, la production imprimée prend une extension absolument inédite par rapport à ce qu’a pu être l’économie du manuscrit. Mais la mise au point de la technique a mobilisé des capitaux certainement importants: dans une logique qui s’apparente à celle du capital-risque (pensons au terme allemand de Aventur, que l'on retrouve en français dans la formule de la «grosse aventure»), les investisseurs financent la mise au point de techniques innovantes, pour l’exploitation desquelles ils exigent le secret et dont ils attendent des retours considérables. L’activité même de l’imprimerie supposera aussi de disposer d’un vaste crédit, pour la gravure et la fonte, ou pour l’achat des caractères typographiques, pour les livraisons de papier, pour le paiement des ouvriers, etc.
Les dépenses sont encore accrues pour des éditions spectaculaires, comme celle dont le Nurembergeois Koberger se fait une spécialité, avec la Bible allemande de 1483, avec surtout les Chroniques (Liber chronicarum) de 1493. Un des facteurs clés qui permet à des villes comme Nuremberg, Venise, Lyon ou encore Paris de s’imposer au premier plan dans la branche nouvelle d’activités réside précisément dans la disponibilité de capitaux considérables pour les investissements, auxquels on devra joindre la présence d’une clientèle nombreuse et parfois aisée, voire fortunée, et le contrôle sur des réseaux de commerce et de négoce étendus: les principaux acteurs jouent au niveau international, comme un Johannes de Colonia (Johann von Köln) entre la région rhénane et l’Italie (Gênes et Venise) à compter des années 1456.
Nous savons, bien sûr, depuis les travaux pionniers d’Henri-Jean Martin, que l’innovation concerne aussi la «mise en livre» elle-même – et on connaît le rôle essentiel d’un entrepreneur comme Koberger pour l’invention du «livre imprimé». Elle inclut aussi la mise en œuvre de politiques éditoriales différenciées, avec tout le travail de logistique que cette activité suppose, et celle de pratiques et de réseaux de diffusion permettant d’écouler la production et de faire circuler les valeurs en paiement. Bien entendu, des copistes et des revendeurs assuraient la diffusion du manuscrit auprès d’une certaine partie du lectorat potentiel (pensons à l'exemple de Haguenau), mais le changement d’échelle induit par le passage à l’imprimé suppose d’autres structures: c’est par rapport au marché que se conquiert le succès de la technique nouvelle, donc par la mise en place de nouvelles pratiques et de nouveaux systèmes de diffusion.
La souscription est connue dès la Bible à 42 lignes de 1455, tandis que les premiers «voyageurs» démarcheurs apparaissent dans la décennie 1470, et que des placards publicitaires commencent parallèlement à être imprimés, à Mayence ou encore à Augsbourg, en vue de leur diffusion. 
Catalogue de Peter Schoeffer, vers 1470 (BSB, Ink 207).
Le fait que les imprimeurs / éditeurs (pour employer la désignation moderne) diffusent eux-mêmes leur production est évidemment logique : la juxtaposition d’une imprimerie et d’un comptoir de «librairie» sur la gravure de la célébrissime Danse macabre des imprimeurs nous le confirme. Le fait que les éditeurs vendent eux-mêmes directement (à la clientèle de la ville et de la région) est aussi attendu, mais ils agissent en outre comme négociants «en gros», et disposent pour ce faire de réseaux de représentants et de revendeurs (Buchführer), qui se déploient au tournant des XVe-XVIe siècles.
Bientôt, ces revendeurs ne limiteront plus leur activité à un seul fonds éditorial, mais travaillent en commission pour plusieurs entrepreneurs. Dans cette conjoncture, les entrepreneurs les plus novateurs, comme un Peter Drach à Spire, établissent en outre des magasins de leurs éditions dans les villes les mieux placées sur le plan de la géographie de l’édition (Francfort, Leipzig, Cologne et Strasbourg). Le passage à la librairie de détail, au sens moderne du terme, n’est dès lors plus éloigné: encore resterait-il à définir les pratiques selon lesquelles le fonds d’un éditeur se trouvera proposé à la vente par un diffuseur donné. La spécialisation des firmes et l’organisation de la branche de la «librairie» selon les structures qu’elle conservera durant tout l’Ancien Régime et jusqu’au début du XIXe siècle date, globalement, de la première moitié du XVIe siècle. Et nous comprenons aussi l'erreur qui consiste à mesurer la pénétration de la civilisation du livre sur le seul critère de la localisation des presses typographiques...

mardi 8 mars 2016

Imprimeurs et libraires: à propos de la géographie du livre

La publication de L’Apparition du livre, par Lucien Febvre et Henri-Jean Martin, en 1958, a imposé le fait que l’imprimé est aussi, et peut-être d’abord, une «marchandise». Avec l’invention de la typographie en caractères mobiles par Gutenberg au milieu du XVe siècle, se met en effet peu à peu en place une nouvelle logique de la production et de la diffusion. Parmi les catégories qui s’imposent au premier plan, celle de «marché» induit une reconfiguration radicale des rapports entre les différents acteurs de la nouvelle chaîne du livre: l’auteur et l’auteur secondaire, l’imprimeur (et ceux qu’il emploie), le capitaliste investisseur, le diffuseur et, in fine, le public des lecteurs, sans oublier les acteurs du pouvoir, dispensateurs de gratifications et de privilèges, instaurateurs aussi de dispositifs de surveillance et de contrôle –sans oublier non plus les acteurs d'autres branches conjointes d'activités, comme celle de la papeterie. 
Ces phénomènes se développent au sein de logiques spatiales dont les jeux imbriqués fonctionnent à la fois comme agents d’équilibre et comme facteurs de changement. L’Apparition du livre comprend deux cartes illustrant la distribution des ateliers d’imprimerie en Europe au XVe siècle, lesquelles deux cartes ont été largement reprises par d’autres auteurs, et ce jusqu’à aujourd’hui. Les données qu’elles compilent se trouvent pourtant être en partie dépassées, grâce en particulier aux apports provenant des nouvelles sources numériques massivement disponibles sous la forme de bases de données (comme les principaux catalogues collectifs d’incunables, l’ISTC, l’INKA et le GKW). Il y a quelques années, notre collègue Philippe Nieto a compilé les données relatives à la géographie des presses au XVe siècle, et présenté les principaux résultats de son travail dans un important article des Mélanges Pierre Aquilon (cf réf. infra).
Cet enrichissement massif de nos connaissances suggère un certain nombre d’observations, dont les premières abordent le problème de l’insertion d’une branche nouvelle d’activités –ce que l’on désignera plus tard comme les industries polygraphiques– dans une géographie donnée. Dans un premier temps, c’est la phase initiale de dissémination: observable d’abord jusqu’en 1470, elle est considérablement accélérée dans les décennies 1470 et 1480, quand «l’Europe entière se couvre d’ateliers». Dès la fin du XVe siècle, nous entrons pourtant dans une logique différente, marquée par un certain repli et par une concentration de plus en plus sensible (voir Niéto, carte n° 8, p. 153). Les ateliers qui ne peuvent se maintenir disparaissent, tandis que les principaux centres de production (rappelons que les quatre premiers centres sont, en 1500, Paris, Venise, Leipzig et Lyon) s’emparent d’une proportion croissante du marché (carte n° 11, p. 156).
Nous sommes dès lors devant une configuration géographique modernisée, marquée par trois caractéristiques majeures:
1) La «grande librairie» est aux mains d’un certain nombre d’ateliers de tout premier plan, lesquels sont installés dans des villes têtes de réseau(x).
2) Les différentes villes et les différents ateliers tendent dans une certaine mesure à se spécialiser. On remarquera, par ex., que les processus d’innovation se développent dans des villes qui doivent s’imposer dans une conjoncture éventuellement difficile: Lyon n’est pas ville d’université, et elle n’est pas le siège des organes de la monarchie, mais c’est à Lyon que l’on se lancera pour la première fois dans la production de livres imprimés en langue française et, s’agissant de la France, de livres imprimés intégrant des illustrations.
3) Les centres les moins importants auront tendance à n’abriter plus qu’une activité épisodique (comme celle d’un Jehan de Liège à Valenciennes), et surtout à s’orienter vers une production «de niche», ou vers une production que nous pourrions dire d’intérêt local ou régional.
Il serait bien sûr tout particulièrement précieux de poursuivre l’analyse à partir du XVIe siècle, sur la base des principaux catalogues collectifs aujourd’hui disponibles, à commencer par le VD16 et ses suites (VD17, VD18). Nous en restons pourtant à l’heure des desiderata, dans la mesure où les bases de données ne sont pas toujours compatibles entre elles, où des géographies entières ne font pas l’objet de catalogues collectifs suffisamment complets et fiables, et où, bien évidemment, la masse de la production à prendre en considération se trouve considérablement accrue par rapport au XVe siècle.
Pour autant, les trois caractéristiques qui tendent à s’imposer au tournant des années 1500 s’observent, peu ou prou et compte tenu des modifications de la conjoncture générale (on pense notamment aux effets induits par la géographie politique), tout au long de la «librairie d’Ancien Régime».
C’est ainsi par exemple que la géographie de l’imprimerie française au XVIIIe siècle se concentre dans la capitale, pour une part à cause de la politique mise en œuvre par la monarchie. Face à Paris la production provinciale sera en partie orientée vers des formes de spécialisation, ou vers la production intéressant la ville et sa région. Emmanuelle Chapron montrait, dans une récente conférence tenue à l’EPHE, comme une ville comme Limoges se spécialise, avec l’atelier des Barbou, dans la production de manuels scolaires diffusés dans la géographie relativement large du sud-ouest du royaume; de même, elle insistait sur le rôle cruciale du privilège d’imprimeur de l’intendance, de l’évêché, de l’université, du collège ou encore de la Ville, pour l’équilibre des petits ateliers typographiques locaux.
La «deuxième révolution du livre», marquée par la production de masse et par la mécanisation, puis par l’industrialisation, introduira de nouveaux et profonds bouleversements dans une géographie du livre dont le cadre de fonctionnement tend à s’élargir de plus en plus. Nulle doute que la «troisième révolution», celle actuelle des nouveaux médias, n’induise des changements encore plus radicaux, avec la reconfiguration de la chaîne de production, avec la mondialisation et avec la «transparence» nouvelle de l’espace.
Mais nous conclurons en insistant sur un autre point. Les historiens, surtout modernistes, étudiant la géographie du livre ont traditionnellement mis l’accent sur le rôle des ateliers typographiques. Sans vouloir en rien minimiser ce rôle, il n’en est pas moins évident qu'il faut prendre en considération les différentes fonctions remplies par les uns et par les autres. Dans les dernières décennies du XVe siècle, le pouvoir dans la branche passe déjà aux mains des capitalistes investisseurs, qui peuvent effectivement être des imprimeurs-libraires, souvent aussi de simples «libraires» (actifs dans la diffusion et dans l’édition), voire des personnages extérieurs au monde des professionnels proprement dit. Dans un nombre non négligeable de cas, le typographe est réduit à une forme de travail à façon, répondant à des commandes qui peuvent venir de géographies parfois relativement éloignées.
Colophon de Heinrich Gran, mentionnant que l'édition (ici, Pelbartus de Temeswar) a été commandée par Rynmann, 1504.
Même si Heinrich Gran jouit d’une aisance confortable à Haguenau à la fin du XVe et au début du XVIe siècle, ce n’est pas lui qui a l’initiative: comme imprimeur, il répond d’abord aux commandes qui lui sont passées depuis Augsbourg par Johann Rynmann (201 titres connus!). Rynmann, qui n’est pas lui-même imprimeur, passe d'ailleurs aussi des ordres à des ateliers de Strasbourg, de Bâle, de Nuremberg, et même de Venise.
Bref, la géographie économique de la «librairie d’Ancien Régime» ne recouvre certes pas la seule géographie typographique. L’accent doit aussi, sinon surtout, être mis sur les structures, sur les pratiques et sur les réseaux du financement et de la distribution, parce que ce sont ces derniers qui organisent le marché, et qui encadrent les conditions de la fabrication. Et, si nous nous placions du point de vue non pas de l’économie et du marché, mais de la réception et de la lecture, il conviendrait de prendre aussi en considération la présence ou non de bibliothèques et de collections de livres plus ou moins accessibles à un public élargi...

Philippe Niéto, «Géographie des impressions européennes du XVe siècle», dans Le Berceau du livre : autour des incunables. Études et essais offerts au Professeur Pierre Aquilon par ses élèves, ses collègues et ses amis, dir. Frédéric Barbier, Genève, Librairie Droz, 2004, p. 125-174 (RFHL, n° 118-121).
François-J. Himly, Atlas des villes médiévales d'Alsace, Strasbourg, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, 1970 (et en ligne ici).

vendredi 31 juillet 2015

Au pays des livres

Le Vieux pont, sur la Gartempe
Nous voici aujourd'hui en Poitou. Montmorillon est une sous-préfecture du département de la Vienne, dans un site encaissé de part et d’autre de l’ancien pont permettant de traverser la charmante rivière de la Gartempe. Sur le plan historique, la région est pourtant une région de frontière, avec les conséquences tragiques qui s’ensuivent du XIVe au XVIe siècle: Montmorillon est un temps anglaise, puis, reconquise par les troupes royales, elle est à nouveau détruite à plusieurs reprises par les Protestants, avant de se donner aux Ligueurs et d’être pillée par les «Royalistes» en 1591.
Ce petit centre agricole et industriel cherche aujourd’hui un nouvel élan dans le domaine du tourisme et des activités culturelles. Parmi celles-ci, Montmorillon a fait le choix du livre: elle est l’une des huit «villes, cités et villages du livre» que recense notre pays. Un salon du livre se tient chaque année à la mi-juin depuis 1990, et, dix ans plus tard, la ville prend le titre officiel de «Cité de l’écrit et des métiers du livre», favorisant l’installation et le développement de librairies et d’activités diverses autour du livre.
Pour décorer le pont,... un massicot
La «Cité du livre» est localisée dans l’ancien quartier au-delà du Vieux pont de 1404 (cliché). Elle est jalonnée de panneaux pédagogiques présentant (brièvement!) les différents aspects de l’histoire du livre, et s’ouvre par un point accueil abrité dans le bâtiment de «La Préface». Une exposition présente, en ce moment, l’histoire de la machine à écrire et de la machine à calculer. Puis le promeneur déambule agréablement dans les quelques rues du quartier joliment restauré, pour y découvrir les librairies d’ancien, ateliers spécialisés (calligraphie, restauration, etc.) et autres galeries d’art.
Il n’y a pas si longtemps, on s’inquiétait de la montée en puissance de l’informatique et d’Internet, et parallèlement, du déclin annoncé de la «galaxie Gutenberg». Il n’est pas question de remettre ici en cause l’importance de la «révolution informatique» pour l’imprimé, mais nous constatons aujourd’hui que ses contrecoups s’étendent bien au-delà de ce seul domaine, et dans des secteurs auxquels nous n’aurions pas pensé a priori (par ex.,… les taxis).
Les difficultés de nombreux libraires de détail sont évidentes, face à l’omniprésence des grandes centrales connectées qui ont investi le champ de la distribution. Pourtant, des possibilités certaines restent ouvertes, même dans des géographies qui ne sont pratiquement pas liées à une quelconque tradition livresque. Les facteurs de dislocation jouent aussi comme des agents de restructuration: les libraires installés à Montmorillon ne réalisent évidemment pas l’essentiel de leurs affaires avec la clientèle locale ou régionale, même quand, effet d'annonce oblige, les estivants se font un petit peu plus nombreux. Ce sont des libraires d’ancien (ou d’antiquariat moderne), auxquels Internet permet de s’informer sur les titres éventuellement disponibles, et surtout de faire connaître et d’écouler une partie de leur catalogue en France et à l'étranger.
Au pays des livres aussi, il est besoin d'une carte
Il serait pourtant dommage, pour ceux qui sont dans la région, de ne pas en profiter pour faire l’excursion de Montmorillon, et s’y adonner à l’agréable divertissement consistant à fouiller, au fil des rayonnages, dans une vraie librairie, qui plus est installée dans un pittoresque quartier, pour y découvrir ces titres que l’on ne cherchait pas, mais que l’on est d’autant plus content d’avoir trouvés. Ajoutons que l’excursion devrait se prolonger, au nord, le long de la pittoresque vallée de la Gartempe, jusqu’au site exceptionnel de Saint-Savin (avec ses peintures romanes), et jusqu’au charmant village d’Angles-s/Anglin, l’un des plus beaux villages de France (selon la formule consacrée).

dimanche 13 février 2011

Histoire du livre: souscription pour une monographie consacrée à Cazin


 Cazin, l’éponyme galvaudé

Un volume in-8° (14 x 22, 5 cm.), d’environ 360 pages, avec 1 frontispice, 1 tableau généalogique et 65 illustrations à pleine page, tiré à 300 exemplaires, dos carré, collé et cousu.
Fruit de plus de quinze années de recherches sur le célèbre libraire et éditeur parisien, d’origine rémoise, Hubert-Martin Cazin (1724-1795), cet ouvrage, préfacé par Christian Galantaris, libraire expert honoraire près la Cour d’appel de Paris, renouvelle la biographie et la bibliographie de Cazin pour lesquelles les bibliophiles, les libraires, les bibliothécaires et les universitaires ne disposent que d’un ouvrage fautif publié il y a un siècle et demi.

TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE
INTRODUCTION
CHAPITRE I. Les Bio-bibliographes de Cazin
1- Avant Brissart-Binet 
2- Brissart-Binet
3-  Après Brissart Binet
CHAPITRE II. Les Cazin à Reims avant Cazin (1673-1754)
CHAPITRE III. Cazin libraire à Reims (1755-1781)
1- Les Affaires bouillonnaises
2- Correspondance neuchâteloise
3- Débuts valadiens
CHAPITRE IV. Cazin libraire à Paris (1782-1795)
1- Associé de Valade (1782-1784)
2- Libraire rue des Noyers (1784-1785)
3- Libraire rue des Maçons (1786-1792)
4- Libraire rue du Coq (1792-1793)
5- Libraire rue Pavée (1793-1795)
CHAPITRE V. Les Cazin après Cazin
CHAPITRE VI. Identification des éditions in-18 de Cazin
1- Faux Cazins  
2- Reliure
3- Format.
4- Papier
5- Architecture de la page
6- Matériel typographique
7- Gravures
8- Catalogues et journaux contemporains
CHAPITRE VII. Les Éditions authentiques de Cazin
NOTES
SOURCES
REMERCIEMENTS
INDEX
LISTE DES SOUSCRIPTEURS

Jean-Paul Fontaine
Auteur :  Le Livre des livres (Paris, Hatier, 1994), Physiopathologie et terminologie médicale (Paris, Bertrand-Lacoste, 2005), Bibliolexique à l’usage de l’amateur de livres (Paris, Éditions des Cendres, 2007).
Coauteur : Jean Berque (1896-1954) illustrateur (Reims, Le Bibliophile rémois, 1992), Dictionnaire encyclopédique du livre (Paris, Cercle de la Librairie, 2002, A-D et 2005, E-M), Répertoire bibliographique des livres imprimés en France au xviie siècle (Baden-Baden & Bouxwiller, Valentin Koerner, 2005, t. XXVII, p. 73-171), Mélanges offerts à Christian Galantaris (Paris, Librairie Anne Lamort, 2009, p. 67-80).
Articles : Art & métiers du livre, Archives et bibliothèques de Belgique, Le Livre & l’estampe, Bulletin du bibliophile, Le Magazine du bibliophile, La Nouvelle Revue des livres anciens.
Éditeur : Le Bibliophile rémois (Reims, 1985-2004), Jacob (Max). Petite astrologie (Reims, Le Bibliophile rémois, 1989), Bidet (Nicolas). Traité sur la culture des vignes (Reims, Le Bibliophile rémois, 1991).
Coéditeur : La Nouvelle Revue des livres anciens (depuis 2009).

BULLETIN  DE  SOUSCRIPTION
(jusqu’au 31 mars 2011)

Nom, prénom, adresse postale
Paiement     1 exemplaire + port
France et Monaco : 29 + 6,80   = 35,80 €
Europe et Suisse   : 29 + 16,05 = 45,05 €
Canada et U.S.A.  : 29 + 22,50  = 51,50 €
Japon et Brésil      : 29 + 25,40  = 54,40 €  
¤ Par chèque : libellé au nom de La Nouvelle Revue des livres anciens, 3 B, rue des16e et 22e Dragons,  51100 Reims, France
¤ Par virement à la Société Générale :
- Titulaire du compte : La Nouvelle Revue des livres anciens, 3 B, rue des 16e et 22e Dragons, 51100 Reims, France
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- Guichet : 01690
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La Nouvelle Revue des livres anciens
3 B, rue des 16e et 22e Dragons, F- 51100 Reims
tél. : 03.26.47.89.21  courriel : nrlanciens@gmail.com

(Communiqué par Jean-Paul Fontaine)
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