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lundi 30 septembre 2019

Calendrier des conférences

 
ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES
IVe Section, Sciences historiques et philologiques 

Conférence d’«Histoire et civilisation du livre» 

Madame Emmanuelle Chapron,
professeur d’histoire moderne à l’Université d’Aix-Marseille,
directrice d’études cumulante 

Anciens catalogues de la BNU de Strasbourg, époque wilhelminienne
Nota- Les conférences ont lieu le 4e vendredi du mois (sauf en décembre et en mai, où elles ont lieu plus tôt dans le mois), de 14h à 18h, à la Maison des sciences de l’homme (54 boulevard Raspail, 75005 Paris, premier sous-sol, salle 26).
(voir aussi https://www.ephe.fr/formations/conferences/histoire-et-civilisation-du-livre-0

25 octobre 2019: Archives en bibliothèques – Introduction
(attention, cette séance aura lieu en salle 21) 

22 novembre 2019: Archives en bibliothèques – L’époque moderne 

13 décembre 2019: Archives en bibliothèques – L’époque moderne 

24 janvier 2020: Archives en bibliothèques – L’époque moderne 

28 février 2020: Archives en bibliothèques – Le XIXe siècle: l’affaire Libri 

27 mars 2020: Nouveaux chantiers en histoire du livre – Bibliothèque et travail intellectuel. Avec la participation de Jonathan Barbier (chercheur associé à la BnF), Les bibliothèques des historiens. 


24 avril 2020 : Nouveaux chantiers en histoire du livre – La circulation des savoirs par le livre. Séance commune avec Émilie d’Orgeix (EPHE), et avec la participation des doctorants. 

15 mai 2020 : Nouveaux chantiers en histoire du livre – Bibliothèques et livre religieux. Avec la participation de Fabienne Henryot (ENSSIB), De l’oratoire privé à la bibliothèque publique. Histoire du livre d’heures.

mercredi 25 septembre 2019

Excursion en Italie du nord (3)

Le trajet vers Mantoue suit la vallée du Po, en traversant plusieurs villes historiques que, bien sûr, il faudrait aussi découvrir: citons Lodi, où l’on passe l’Adda, puis Crémone, sur le Po. On rappellera ici que Mantoue est, quant à elle, sur le Mincio (lat. Mincius), cette rivière qui, grâce à Virgile, a accédé au statut de type même du paysage idyllique. Même un latiniste médiocre goûte le plaisir des Bucoliques (Bucoliques, 7):
Siquid cessare potes, requiesce sub umbra. / Huc ipsi potum venient per prata juvenci
hic virides tenera praetexit harundine ripas / Mincius, eque sacra resonant examina quercu (1).
La situation de Mantoue, dans un large méandre de la rivière, a été très tôt exploitée pour assurer à la ville une position militaire forte: vue de la rive face au palais ducal, Mantoue apparaît presque comme une île… Nous ne nous attarderons pas sur les détails de la politique urbaine jusqu’à l’entrée en scène de la dynastie de Gonzague, en 1328 (avec l’aide des Della Scala, une famille que nous retrouverons à Vérone).
Une des librairies temporaires du "Festivlaettetratura", face à la cathédrale de Mantoue
Nous voici donc à Mantoue, mais notre arrivée a précisément lieu alors même que se déroule une grande manifestation autour du livre, le Festivaletteratura (cette année, du 9 au 13 septembre). À côté des multiples événements, rencontres et autres débats organisés dans les bâtiments historiques les plus remarquables (dont le charmant théâtre Bibiena), le festival est l’occasion d’ouvrir plusieurs grandes librairies temporaires, qui ne désemplissent pratiquement pas. Le Festivaletteratura est organisé par des bénévoles, il se tient depuis 1997, et plus de 135 000 visiteur y sont venus pour l’édition du vingtième anniversaire (2017). 
Mais le héros de Mantoue est évidemment Virgile, dont l’effigie en marbre rose de Vérone trônait depuis le début du XIIIe siècle sur une façade, puis à l’intérieur du Palazzo della Ragione, l’ancien palais communal devenu palais de justice (2). Le poète est représenté de face, en train d’écrire sur ce qui semble une tablette. Son buste couronné de laurier figure aussi dans les armoiries de la commune de Mantoue, et sur un certain nombre de ses médailles.
Virgile
Baptista Mantuanus

Parmi les autres bustes, signalons celui de Battista Spagnoli, prieur général des Carmes, décédé en 1516 à Mantoue, et tout particulièrement connu des spécialistes de la Renaissance (Baptista Mantuanus) non seulement comme auteur prolifique dans le domaine religieux, mais aussi pour certaines pièces de circonstances. Son très beau monument est en terre cuite, et a été réalisé au début du XVIe siècle (inv. 11699). 
La famille de Gonzague s’est donc imposée à Mantoue au début du XIVe siècle, et le moins que l'on puisse dire est qu'elle reste trèst attentive à conforter son pouvoir et à l'étendre. Les Gonzague s’allient d’une part aux plus grandes familles du Saint-Empire, mais aussi à la dynastie régnante de Ferrare –ville éloignée seulement de quelque quatre-vingts kilomètres: François II de Gonzague († 1502) épouse Isabelle d’Este († 1533), l'une des grandes figures de la Renaissance.
L’activité de la dynastie régnante sur le plan du mécénat est à tous égards exceptionnelle. Le palais ducal est un ensemble impressionnant construite du XIIIe au XVIe siècle, tandis que le Palazzo Te constitue un exemple exceptionnel de grande villa suburbaine élevée au début du XVIe siècle.Tout proche du Palazzo Te, la maison de Mantegna.
Après la disparition de la ligne directe des Gonzague (1627), puis de celle des Gonzague-Nevers, la ville et le duché passent en 1707-1708 aux Habsbourg, et se trouvent réunis à Milan. Marie-Thérèse y mène une politique analogue à celle conduite à Brera, en installant dans deux salles de l’ancienne résidence libérée par les Jésuites en 1773, une bibliothèque publique, dite Biblioteca Teresiana. La bibliothèque, liée à l’Académie des sciences et des belles lettres, rassemble un certain nombre de fonds spécifiques (ceux des Jésuites, de l’Académie, des Carmélites, etc.), des doubles de Vienne et de la Braidense, mais aussi des dons et des acquisitions. Les collections en seront encore notablement accrues à la suite de la fermeture d’un certain nombre de maisons religieuses. Elle est confiée, des origines à 1823, à la direction du préfet Leopoldo Volta, dont la bibliothèque personnelle est intégrée après son décès.
Salle ancienne de la Biblioteca Teresiana
De fait, la Lombardie possède un certain nombre de bibliothèques historiques, dont certaines des plus belles font l’objet d’un site Internet.Mais, après quelques jours passés à Mantoue, un agréable petit train omnibus nous amène à quelques dizaines de kilomètres au nord: c’est Vérone, et nous avons quitté la région Lombardie pour celle de Vénétie.

Au teatro Bibiena, une touriste admirative
Notes
(1) Notre cliché est tiré de l’édition donnée par Sweynheim et Pannartz à Rome en 1469 (GW M 49932), dans le superbe exemplaire de la Bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris. L’ISTC ne signale que huit exemplaires connus à travers le monde, dont trois en France et deux en Italie (Florence et le Vatican).Le texte ici reproduit figure en réalité sur deux pages.
(2) L’original est aujourd’hui conservé au Palazzo di S. Sebastiano, dans les collections du Museo della città (inv. 11605).

Bibliographie
La Biblioteca Comunale Teresiana fra storia e futuro, réd. Cesare Guerra, Mantova, Publi Paolini, 2014.
La Tipografia a Mantova nel Quattrocento [catalogue d’exposition], réd. Andrea Canova, Pasquale Di Viesti, Mantova, Publi Paolini, 2014.
Le Materie dei libri. Le legature storiche della Biblioteca Teresiana [catalogue d’exposition], réd. Carlo Federici, Federico Macchi, Mantova, Publi Paolini, 2014.

samedi 21 septembre 2019

Excursion en Italie du nord (2)


La fortune de Milan ne provient pas, comme c’est souvent le cas, de sa position sur une grande voie d’eau, mais du contrôle exercé sur une plaine agricole particulièrement fertile, sur l’activité de la soie… et sur les débouchés de plusieurs itinéraires alpins majeurs –donc, des échanges commerciaux et financiers engageant toute l'Europe. À une cinquantaine de kilomètres au nord de la ville, le lac Majeur et le lac de Côme marquent en effet le terme des routes du Simplon (vers la vallée du Rhône), du Saint-Gothard (vers la Suisse centrale, Zurich et Bâle) et du Splügen (vers le Rhin supérieur).
Mais la beauté de leurs paysages et la douceur de leur climat ont aussi, dès l’époque romaine, fait de ces lacs un lieu privilégié de villégiature.
Cette position a des conséquences intéressantes pour l’historien du livre. À quelques kilomètres de la frontière, Lugano est la première ville de Suisse italienne à accueillir une imprimerie, en l’occurrence celle des Agnelli, dont l’activité est essentiellement tournée vers la diffusion en Lombardie (1746-1799). Le mouvement se poursuivra en s’amplifiant: c’est ainsi que, en 1817, Stendhal nous explique que la société milanaise –entendons, la «bonne société»– lit les nouveautés françaises directement en français, et que par suite les éventuelles traductions italiennes ne rencontrent qu’un succès médiocre. Comme le nouveau canton du Tessin appartient à la Confédération helvétique et qu’il ne connaît pas la censure, les imprimeurs de Lugano ne se font pas faute de contrefaire les titres parisiens, pour les diffuser en Lombardie autrichienne:
Illustration 2
On a traduit le Congrès de Vienne [de Dufour de Pradt, Paris, 1815], duquel l’on n’a pas vendu vingt exemplaire ; tout le monde achetait la contrefaçon française de Lugano…
Cette dernière est publiée sous la fausse adresse de Paris, mais avec l’indication de la véritable adresse (À Paris et à Lugan, chez François Veladini et Comp., 1816), et elle semble relativement rare. Signalons encore que Lugano est aussi adopté comme adresse fictive par des imprimeurs-libraires vénitiens… et revenons en notre début du XXIe siècle.
La magnifique ligne ferroviaire de la Bernina gagne la Valteline et les Alpes en desservant d’abord toute la rive orientale du lac de Côme, où le charmant bourg de Varenna constitue un centre très commode pour rayonner (ill. 2). Une simple traversée du lac amène à Bellagio, qui occupe un site mondialement connu. Le village de pêcheurs est devenu depuis le XVIIIe siècle un centre de villégiature et de tourisme. La présence de grandes familles très fortunées, entourées d’intellectuels et d’artistes, explique la construction à Bellagio d’une élégante bibliothèque municipale, aujourd’hui parfaitement restaurée (ill. 3).
Illustration 3
Au tout début du XIXe siècle, le comte Francesco Melzi d’Eril fait construire à Bellagio une villa, au-dessus du lac, avec un superbe parc: Melzi est successivement vice-président de la République italienne, puis chancelier du royaume, mais il comprend bientôt que l’unité de la péninsule ne figure pas à l’agenda de Paris, et il se tient de plus en plus volontiers en retrait jusqu’à son décès (1816). Stendhal le dira quelques mois plus tard: «Melzi vint pleurer la patrie dans la belle villa où j’écris» (1817). La bibliothèque Melzi sera plus tard dispersée à Milan.
Une deuxième brève traversée nous amène sur la rive ouest du lac, à Tremezzo, pour y visiter la Villa Carlotta: nous allons y retrouver une problématique inattendue en ces lieux, et qui intéresse aussi l’historien du livre, à savoir le rôle des petites capitales princières d’Allemagne au XIXe siècle. La villa en effet, après avoir appartenu à la famille milanaise des Clerici, est donnée par Marianne d’Orange-Nassau à sa fille, Charlotte de Prusse, à l’occasion du mariage de celle-ci avec le duc Georges (Georg) II de Saxe-Meiningen-Hildburghausen (1850). Le jeune homme a reçu une excellente formation, il est ancien étudiant des universités de Bonn et de Leipzig, et il se passionne pour l’histoire et l’histoire de l’art, pour le théâtre et pour la musique, ainsi que pour la botanique. Le théâtre de la cour de Meiningen jouit alors d’une renommée européenne. L'absence de rôle politique réel que peuvent désormais avoir ces petites principautés explique en partie l'investissement des élites dans les domaines artistiques et intellectuels.
Illustration 4
Après le décès précoce de sa jeune épouse, le duc séjourne volontiers dans son palais de la Villa Carlotta, dont il a supervisé les aménagements et où il invite artistes, écrivains et savants (1). La Villa conserve aujourd’hui une très belle collection de sculptures et d’objets d’art néo-classiques, mais on y découvre aussi les pièces où résidait le duc, notamment son bureau (ill. 4). Le mobilier, d’une élégante sobriété, est Jugendstil: il comprend entre autres un remarquable petit bureau (éclairé par une lampe à pétrole), et plusieurs meubles pour le rangement des usuels (ouvrages de botanique, et littérature allemande), dont le Konversations-Lexicon de Meyer. Rappelons que Joseph Meyer ouvre en 1828 à Hildburghausen sa maison d’édition du Bibliographisches Institut, et inaugure bientôt un programme orienté en partie vers les contrefaçons; dont le célèbre titre du Konversations Lexicon lancé par son collègue Brockhaus à Leipzig. Rien que de normal si le duc régnant utilise de préférence le titre du Bibliographisches Institut, même après le transfert de ce dernier à Leipzig.
C’est peu de dire, on le voit, que les lacs d’Italie du nord s’insèrent dans une géographie transnationale européenne...
[À suivre: Mantoue].

Note bibliographique
Herzog Georg II. von Sachsen-Meiningen und die Villa Carlotta [réd. Axel Schneider], Meiningen, Staatliche Museen, 1992. 

mercredi 18 septembre 2019

Excursion en Italie du nord (1)

Même si l’objet premier du voyage n’était pas celui de l’histoire du livre et des bibliothèques, le livre se rencontre souvent au cours de ces quelques jours de pérégrinations en Italie du Nord, en une agréable fin d’été. Notre première étape sera celle de Milan, où le savant libraire Antoine Augustin Renouard avait déjà, au début du XIXe siècle, exploité les richesses d’un certain nombre de bibliothèques, publiques ou non: l’Ambrosienne et la Braidense, mais aussi les collections de Francesco Reina, du comte Gaetano Melzi, du marquis Gian Giacomo Trivulzio, des comtes Fagnani Arese et Étienne de Méjan, ce dernier comme représentant du vice-roi d’Italie, Eugène de Beauharnais (1).
Nous commencerons notre promenade par la vénérable Bibliothèque Ambrosienne, toute proche de l’hôtel où nous sommes descendus, et dont le bâtiment ancien a été pour partie conservé (2). Nous sommes dans la perspective post-tridentine, lorsque le cardinal-archevêque Federico Borromeo (1564-1631) entreprend la construction d’un bâtiment (1602) pour abriter une bibliothèque publique (fondée en 1607), laquelle constituera l'un des premiers exemples de dispositif en «grande salle» observé en Europe après celui de l'Escorial. L’institution, inaugurée en 1609, est dédiée à la figure emblématique de l’Église milanaise, à savoir saint Ambroise: elle s’insère dans un ensemble constituant un véritable centre d’études et de recherches, avec le Collège des docteurs (1604), la Pinacothèque (1618) et l’Académie de dessin (1620). Les pièces les plus célèbres conservées à l’Ambrosienne le manuscrit de Virgile ayant appartenu à Pétrarque (et un temps déplacé à la Bibliothèque impériale de Paris), et le Codice atlantico de Léonard de Vinci…
Plus au nord, mais sans quitter le centre ancien, nous voici devant le complexe de Brera. L’ancien couvent est passé aux Jésuites en 1572, et le bâtiment est complètement restructuré en 1627-1628. Lorsque les Jésuites seront «détruits», en 1773, le complexe abritera conjointement l’Académie des Beaux Arts et celle des Sciences et Lettres, un observatoire, un jardin botanique… et une bibliothèque. Cette dernière avait été fondée en tant que bibliothèque publique trois années avant son déplacement à Brera: la grande salle dédiée à l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche est aménagée sur deux niveaux par Giuseppe Piermarini, l’architecte du théâtre de La Scala. Quant aux collections elles-mêmes, elles ont été considérablement enrichies à la suite des sécularisations opérées en Lombardie au tournant des XVIIIe et XIXe siècles.
Le bâtiment de Brera abrite aussi une très célèbre Pinacothèque, dont les origines sont liées à l’Académie –il s’agissait de réunir des modèles pour les élèves–, mais qui connaît un développement spectaculaire à l’époque napoléonienne. L’ensemble est ouvert au public à compter de 1809. Nous y rencontrons à plusieurs reprises une thématique touchant à l’histoire du livre, comme l’illustre la fresque de Bramante représentant «Héraclite et Démocrite» et réalisée en 1477 pour Gaspare Ambrogio Visconti, à la casa Panigarola
L'œuvre met en scène deux personnages emblématiques, l’un qui pleure (Héraclite) et l’autre qui sourit (Démocrite, qui serait dans le même temps un autoportrait de l’artiste). Devant les deux philosophes, sur une table, quelques livres ouverts, et une mappemonde, dont le dessin précis reflète l’état des connaissances une quinzaine d’années avant le voyage de Colomb. L’interprétation aujourd’hui admise serait que la fresque fait partie d’un ensemble plus vaste, illustrant les quatre éléments, et qu’elle symbolise la terre. Quant aux deux philosophes, ils mettraient en scène les deux attitudes contraires devant les vicissitudes de la vie, dans l’optique de s’en défendre et de recommander à l’homme la «Tempérance» (3).
Enfin, nous gagnons le Castello Sforzesco (la château des Sforza): l’imposante forteresse a été édifiée entre le XIIIe et la seconde moitié du XVe siècle, et elle devient la résidence des ducs de Milan à l’époque de Galéas Maria Sforza. Le Musée d’art ancien qui y est aujourd’hui abrité (avec d’autres institutions, dont la Biblioteca Trivulziana) conserve le monument funéraire sculpté par Bonino da Campione pour Bernabò Visconti († 1385). La figure du cavalier de marbre qui domine le monument est impressionnante, mais nous nous arrêterons à un détail du sarcophage, soit, sur l’un des petits côtés, la représentation des quatre évangélistes identifiables chacun par son animal symbolique. Les personnages se présentent de face, dans la position classique du maître à son pupitre, et ils sont en train d’écrire chacun sur un rotulus. Peut-être est-ce par souci de la symétrie que les positions se présentent en miroir, avec un scripteur droitier et un gaucher? 
Même s’il resterait beaucoup d’autres exemples à évoquer, qui mettent en scène le monde de l’écrit et du livre dans la capitale de la Lombardie (à la Pinacothèque ambrosienne, mais aussi à la basilique Saint-Ambroise, et dans nombre d'autres lieux), le séjour milanais s’achève, et il est temps de gagner les rives du lac de Côme, d’où nous irons ensuite à Mantoue.
[Billet suivant: le lac de Côme]

Notes
(1) A. A. Renouard, Annales de l'imprimerie des Alde, ou l'histoire des trois Manuce et de leurs éditions, tome III, À Paris, chez A.-A. Renouard, 1812. A. Coletto, «Vicende milanesi degli annali dei Manuzio di Renouard», dans Le Edizioni aldine della Biblioteca Nazionale Braidense, Milano, 1995, p. 27-30.
(2) Marie Lezowski, L’Abrégé du monde. Une histoire sociale de la bibliothèque Ambrosienne (v. 1590-v. 1660), Paris, Classiques Garnier, 2015 («Bibliothèque d’histoire de la Renaissance», 9).
(3) Marisa Dalai, Germano Mulazzani, «L’espace impossible de Bramante: étude sur le Cycle des hommes d’armes», dans Actes de la recherche en sciences sociales, 23 (1978), p. 37-50 (disponible en ligne sur Persée).

samedi 25 mai 2019

La modélisation par les globes

Il y a déjà un certain temps, nous rappelions ici-même tout l’intérêt qu’il y aurait à articuler une histoire des idées et des processus de connaissance, avec une histoire des pratiques et, surtout, avec une histoire d’un certain nombre de dispositifs formels et matériels grpace auxquels et à travers lesquels les constructions intellectuelles peuvent être élaborées. Henri-Jean Martin ne dit pas autre chose, lorsqu’il développe sa théorie de la «mise en texte» des imprimés: le texte sera plus ou moins adapté aux caractéristiques (matérielles, économiques, etc.) du support qui sera le sien, mais surtout, il ne peut se donner à lire qu’à travers ce support même. De même, Georges Duby explique-t-il qu’il y a une matérialité de l’écriture –entendons, que le processus d’écriture est pour partie le produit de ses propres conditions matérielles d’émergence et de fonctionnement.
Cette problématique, familière aux historiens du livre, peut être élargie, comme l’a montré l’exposition De l’argile au nuage: l’organisation, non pas seulement abstraite (logique de classement, etc.), mais surtout matérielle des catalogues, témoigne de ce que ceux-ci sont susceptibles d’un certain type d’interrogations ou de pratiques d’interrogation, à l’exclusion des autres. On pensera aussi à la pratique qui consiste à «fourrer» les exemplaires de feuillets blancs permettant de noter les futurs enrichissements ou corrections et répondant ainsi au besoin de renforcer l’efficacité du volume imprimé.
D’autres dispositifs sont bientôt en œuvre, dans lesquels l’outil de la virtualité apparaît dans toute sa puissance. De plus en plus, à la fin du Moyen Âge, on raisonne dans l’abstrait et en dehors des catégories transcendantes, de sorte que le monde peut se refléter dans un «monde de papier» qui permet de connaître et de manipuler le monde réel. Le travail sur la cartographie, l’astronomie, les sciences naturelles, etc., montre comment les propriétés du réel sont perçues comme apparentes, quand ses catégories véritables sont à la fois rationnelles et cachées.
Le globe de Behaim, qui reprend la vision du monde par Ptolémée (GNM, Nuremberg)
Lorsque Galilée (1564-1642) écrit que «la nature est écrite en langage mathématique», il pousse le raisonnement à son terme: la pensée s’organise sur la base de représentations qui permettent de faire fonctionner l’univers sensible à la manière d’un système de signes, en l’occurrence une modélisation mathématique. le concept de «monde de papier» désigne l’ensemble des catégories, modèles et artefacts liés à l’écrit et à l’aide desquels se pense le monde extérieur.
Des modèles sont alors construits, et l’on rappellera ici que le premier globe terrestre est fabriqué à Nuremberg, par Martin Behaim (lui-même élève de Regiomontanus) en 1492, l’année de la traversée transatlantique par le Gênois. Les applications de la représentation (de la modélisation) abstraite peuvent être d’une immense importance pratique: reprenant l’exemple de Behaim, on pensera à la découverte de Ptolémée par le biais de l’Imago mundi de Pierre d’Ailly (publiée par Johannes de Westfalia), et à la réflexion sur le modèle ptolémaïque de l’univers, laquelle aurait poussé les navigateurs à gagner les Indes orientales précisément en leur tournant le dos et en s’embarquant vers l’Ouest.
Instruments de connaissance, les globes fonctionnent aussi très tôt comme des symboles de pouvoir –l’orbe crucigère tenue par le Christ manifeste l’universalité de son règne. Dans les plus spectaculaires comme dans les plus modestes collections, les globes apparaissent à la fois en tant qu’instruments de la connaissance, en tant que témoignages du projet encyclopédique qui est celui de la bibliothèque «moderne», et en tant que signes du pouvoir: ainsi à l’Escorial, à la bibliothèque du Klementinum de Prague, au monastère de Saint-Gall, à la Bibliothèque nationale de France (les globes de Coronelli), ou encore, à l’autre extrémité du spectre, à la bibliothèque de la Natio Germanica de l’université d’Orléans. Le catalogue de celle-ci ne s’ouvre-t-il pas, en 1664, par la mention des globes (Globus cœlestis & terrestris) et de la sphère armillaire?

dimanche 21 avril 2019

Appel à contributions

Appel à contributions

Maison méditerranéenne des sciences de l’homme, Aix-en-Provence,

14-15 novembre 2019

Programme Pépinière d’excellence «Archives en bibliothèques», Aix-Marseille Université UMR 7303 Telemme (AMU-CNRS)
École nationale supérieure des Sciences de l’information et des bibliothèques Centre Gabriel Naudé

 
Depuis les débuts de l’époque moderne, on trouve beaucoup de non-livres dans les bibliothèques, et en particulier des ensembles de papiers que l’on peut considérer comme des archives, parce qu’ils ont été rassemblés dans le cadre des activités ordinaires, savantes ou professionnelles, d’un individu ou d’une institution. L’étude de ces «papiers entre les livres» permet d’éclairer d’une manière nouvelle ce qui lie archives et bibliothèques, en mettant à distance le récit du «grand partage» des fonctions et des fonds documentaires entre les deux types d’institutions, hérité du XIXe siècle.
Le premier aspect de la réflexion concerne la manière dont ces ensembles ont été constitués, organisés et conservés du vivant de leur producteur. De l’humanisme tardif au collectionnisme du XIXe siècle, les pratiques intellectuelles et matérielles de la collecte, de la copie, du rangement, du classement et de l’inventaire se sont lentement transformées ; l’invention du fichier au tournant du XIXe siècle, puis de la photocopieuse, ont introduit des ruptures plus nettes dans l’allure des archives savantes. Le regard devra porter sur les formes de «mise en archive» opérées par les savants ou les administrateurs pour soustraire ces papiers au quotidien des activités, permettre leur mobilisation en cas de besoin ou leur conservation pérenne. On devra aussi s’intéresser aux relations entre ces ensembles de papier et la bibliothèque des livres, à partir des manipulations dont ils font l’objet, ou de la disposition matérielle des lieux et du mobilier. Le livre est lui-même un objet-frontière entre l’archive et la bibliothèque : on pense aux phénomènes d’incorporation de l’archive au manuscrit médiéval, à la confection des registres, ou aux livres parfois abondamment annotés ou interfoliés.

– Esprit malin, qu'exiges-tu de moi? Airain, marbre, parchemin, papier ? Faut-il écrire avec un style [stylet], un burin ou une plume ? Je t’en laisse le choix libre. 
– A quoi bon tout ce bavardage ? Pourquoi t’emporter avec tant de chaleur ? Il suffira du premier papier venu… (Goethe, Faust )
Le second aspect renvoie à la manière dont ces ensembles ont été traités à la mort de leur producteur. Dans les testaments, la transmission des papiers est souvent pensée indépendamment de celle des livres. Dès l’époque moderne, la question de leur devenir a été l’occasion de réfléchir aux fonctions respectives des dépôts d’archives et des bibliothèques «centrales» des États. On considèrera la manière dont les bibliothèques ont accueilli ces ensembles, les ont traités et éventuellement dissociés en fonction de critères extérieurs à la logique du recueil (séparation des pièces imprimées et manuscrites, des pièces authentiques et des copies), dont elles les ont catalogués et communiqués aux lecteurs. Il s’agit de se demander comment les bibliothèques pensent (ou ne pensent pas) ces archives comme telles, à l’intérieur d’un cadre politique ou réglementaire qui fixe progressivement les prérogatives des uns et des autres. La terminologie employée pour les désigner n’est pas indifférente : appelés «recueils» à l’époque moderne,«collections» au XIXe siècle, ces ensembles sont aujourd’hui souvent désignés comme des «fonds particuliers» ou des «archives». Il faudra aussi mesurer l’incidence qu’a pu avoir la mise en place de deux professions distinctes, de bibliothécaire et d’archiviste, sur l’appréciation de ces fonds documentaires.
Enfin, le troisième aspect intéresse les usages auxquels se prêtent ces fonds : usages historiens, mais aussi probatoires ou administratifs. Il pose la question du statut intellectuel et juridique des documents conservés hors des dépôts d’actes institués par la puissance publique, alors qu’ils en ont parfois été extraits.
Le colloque envisage donc l’histoire des relations entre archives et bibliothèques du point de vue du rôle para- ou quasi-archivistique joué par les bibliothèques sur le long terme, de la fin du Moyen Âge à nos jours. Il invite à ouvrir la réflexion vers d’autres types d’institutions qui gardent des archives au milieu d’artéfacts jugés dignes d’être conservés, cabinets et trésors, bureaux, musées ou maisons d’écrivains. Il vise à mettre à l’épreuve le schéma français en le confrontant à d’autres réalités européennes. Il s’interroge enfin sur la manière dont les mutations récentes, le développement des infrastructures numériques et des exigences d’interopérabilité des langages de description des documents écrits, ont permis de repenser le statut de ces papiers et de dépasser certains clivages.

 
Organisation: Emmanuelle Chapron (Aix Marseille Université), Véronique Ginouvès (MMSH), Fabienne Henryot (ENSSIB). 

 
Comité scientifique: Jean-François Bert (Université de Lausanne), Pierre Chastang (UVSQ), Maria Pia Donato (CNRS-IHMC), Olivier Poncet (École nationale des chartes), Yann Potin (Archives nationales-Université Paris-Nord-CERAL)

 
Date limite de soumission des propositions : 1er juin 2019

 
Les propositions (1 page), accompagnées d’un court CV, doivent être adressées à Emmanuelle Chapron (emmanuelle.chapron@univ-amu.fr) et Fabienne Henryot (fabienne.henryot@enssib.fr).
Les frais de transport et de séjour des participants seront pris en charge. Une publication des actes est prévue sous la forme d’un volume collectif.

jeudi 4 avril 2019

Colloque d'histoire du livre et des bibliothèques

Un colloque d'histoire du livre et des bibliothèques à Sárospatak (Hongrie):
cliquez sur le lien ci-dessous pour télécharger le fichier en PDF
https://drive.google.com/file/d/19XnCyJ-9IBrDEfFFmrR1tGKu3S3Xk3vK/view?usp=sharing

Bibliothèque de la Haute École calviniste de Sárospatak
 

dimanche 13 janvier 2019

Histoire des bibliothèques

Savoir/Pouvoir. Les bibliothèques, de l’Antiquité à la modernité,
Dir. Yves Lehmann,
Turnhout, Brepols, 2018,
VIII+306 p., ill.
ISBN: 978-2-503-58380-8 

Le volume intitulé Savoir/pouvoir. Les bibliothèques, de l’Antiquité à la modernité se présente comme un ouvrage construit – résultat d’une enquête plurielle qui s’attache à examiner un phénomène majeur de culture et de civilisation: l’essor des bibliothèques en Orient comme en Occident, depuis les origines jusqu’à nos jours.
Ce volume d’actes réunit les textes de seize communications prononcées à l’occasion d’un colloque strasbourgeois et mulhousien consacré à l’étude des fonctions de la bibliothèque dans la cité et des conditions de transmission du savoir auprès d’un large public. C’est ainsi que les regards croisés de bibliothécaires expérimentés, d’enseignants-chercheurs chevronnés et de savants de haute réputation –français et étrangers– ont mis en évidence les raisons politiques, intellectuelles ou morales qui ont présidé à l’élaboration, à la conservation et à la diffusion des connaissances humaines aussi bien profanes que sacrées.
Issu d’un colloque international organisé par la Bibliothèque nationale et universitaire rénovée de Strasbourg, par le LabEx Hastec de l’École Pratique des Hautes Études (Paris), par les responsables du programme IdEx « TRANSLATIO » de l’Université de Strasbourg et par le laboratoire de recherches ILLE/ EA 4363 de l’Université de Mulhouse.

La bibliothèque de la Haute Ecole de Debrecen
Table 
I- Bâtiment-symbole, bâtiment-repère: la bibliothèque dans la cité. Son environnement urbain, son décor, son aménagement
Christophe Didier, Métamorphoses d’un lieu de savoir: l’exemple de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg
María Luisa E. López-Vidriero Abelló, Las bibliotecas palaciegas de la monarquía hispánica: de los Reyes Católicos a Alfonso XIII
Andrea De Pasquale, La Biblioteca nazionale centrale di Roma a quarant’anni dall’inaugurazione della sede al Castro Pretorio: dalla scelta del sito ai progetti attuali 

II- Le pouvoire intellectuel des bibliothèques. L'évolution du lectorat et des pratiques, les usages du lieu
Dominique Charpin, Les bibliothèques en Mésopotamie: des fonds de manuscrits privés aux bibliothèques royales
Yves Lehmann, Encyclopédisme documentaire et impérialisme planétaire dans l’Antiquité gréco-romaine
Robert Bedon, Les bibliothèques privées dans la Gaule du IVe et du Ve siècle de notre ère
Stavros Lazaris, Manuels d’enseignement dans une bibliothèque monastique du nord de la Grèce: le cas d’un livre illustré d’histoire naturelle et de morale chrétienne
Gilbert Fournier, Une bibliothèque en temps de crise. Lecteurs étrangers et désenchaînements de manuscrits au collège de Sorbonne dans le second quart du XVe siècle

III- La bibliothèque perçue comme fondement d'un pouvoir ou d'un contre-pouvoir: aspects juridiques ou religieux, patrimoine et collections, hommes de savoir/ pouvoir...
Aude Lehmann, Autour du De bibliothecis de Varron: politique et culture dans la Rome césarienne
Marilina Gianico, D’une bibliothèque l’autre: réflexions sur l’histoire de la Bibliothèque universitaire Estense de Modène
István Monok, Économie et politique de la bibliothèque: la Hongrie et la Transylvanie d’Ancien Régime
Doina Hendre Biro, Bibliothèque, confession et identité collective: le Batthyaneum de Karlsburg/Alba Iulia
Frédéric Barbier, La foi, le talent, le service: l’éthique protestante et l’esthétique des bibliothèques (XVe-XVIIe siècle)
Pierre Casselle, La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville de Paris
Yann Sordet, Information, politique et bibliothéconomie dans l’Europe du XVIIe siècle: aux origines de la Bibliothèque Mazarine

lundi 3 décembre 2018

Soutenance de thèse de doctorat en histoire du livre

Avis de soutenance de thèse


Dom d'Inguimbert et J.-F. Delmas
Le vendredi 7 décembre 2018 à 9h,
Monsieur Jean-François Delmas,
archiviste-paléographe,
conservateur général des bibliothèques,
directeur de la Bibliothèque-Musée Inguimbertine (Carprentras)
soutiendra sa thèse de doctorat en histoire sur le sujet suivant:

Des collections de dom Malachie d’Inguimbert
à l’Inguimbertine: transferts et héritage culturel dans le Comtat Venaissin (XVIIIe-XXIe siècle)


Les travaux ont été dirigés par Madame Christine Bénévent,
professeur d’Histoire du livre et de bibliographie à l’École nationale des chartes

Le jury sera composé de Mmes et MM
Frédéric Barbier, directeur d’études honoraire à l’École pratique des Hautes Études (IVe Section), Christine Bénévent, directrice de la thèse,
Andrea De Pasquale, directeur général de la Bibliothèque nationale centrale de Rome, docteur de l’EPHE,
Véronique Meyer, professeur d’histoire de l’art à l’Université de Poitiers,
Didier Repellin, architecte en chef des Monuments historiques,
Gennaro Toscano, conseiller scientifique et culturel pour le projet Richelieu à la Bibliothèque nationale de France

La soutenance se tiendra à l’École nationale des chartes, 65 rue de Richelieu, 75002 Paris,
salle Léopold Delisle.
La soutenance est publique, dans la limite des places disponibles.

NB- Le cliché ci-dessus met en scène la rencontre entre le fondateur de l'Inguimbertine et son dernier successeur. Il a été pris au cours de la visite de l'abbaye de Casamari (Latium).

samedi 3 novembre 2018

Nouvelle publication


Histoire et civilisation du livre. Revue internationale, n° 14
Genève, Droz, 2018
408 p., ill.

ISBN : 9782600059183.

PRÉSENTATION
Histoire et civilisation du livre. Revue internationale, fondée en 2005, couvre l’ensemble des problématiques de l’histoire du livre, du Moyen Âge à l’époque contemporaine: histoire sociale et économique de l’édition, histoire des médias et de la communication écrite, bibliographie matérielle, histoire des arts du livre, histoire des bibliothèques, de la lecture et des usages du livre, etc. Chaque numéro comprend une partie thématique, une partie de varia, et une partie de comptes rendus critiques.

Rédacteur en chef: Yann Sordet
Comité de rédaction: Mmes et MM. Frédéric Barbier (CNRS/EPHE), Christine Bénévent (École nationale des chartes), Emmanuelle Chapron (Aix-Marseille Université), Jean-Marc Chatelain (BNF), François Déroche (Institut de France / EPHE), Christophe Gauthier (École nationale des chartes), Sabine Juratic (CNRS), Jean-Dominique Mellot (BNF), Raphaële Mouren (Institut Warburg), Yann Sordet (Bibliothèque Mazarine), Marie-Hélène Tesnière (BNF), Dominique Varry (ENSSIB), Françoise Waquet (CNRS), Hanno Wijsman (IRHT).

Sommaire du n° XIV (2018)
BRUXELLES ET LE LIVRE (XVIe-XXe s.),
dossier éd. par Renaud Adam et Claude Sorgeloos
- Bruxelles et le livre: regards sur cinq siècles d’histoire (XVIe-XXe siècle) / Renaud Adam et Claude Sorgeloos
- Bruxelles dans l’historiographie du livre / Claude Sorgeloos
- Le commerce du livre à Bruxelles au XVIe siècle / Renaud Adam
- Une enquête de police dans les milieux du livre à Bruxelles en avril 1689 / Renaud Adam et Laurence Meunier
- La contrefaçon belge sans frontières: les imprimeurs bruxellois à l’assaut des marchés italiens et québécois / Jacques Hellemans
- Sur les traces des imprimeurs bruxellois dans l’entre-deux-guerres: l’imprimerie J. Felix et fils / Bruno Liesen
- Les Éditions Ysaÿe / Marie Cornaz
- Aperçu du champ éditorial bruxellois durant la seconde occupation allemande (1940-1944) / Michel Fincoeur

LA MÉDIATISATION DES RÉVOLTES EN EUROPE (XVe-XVIIIe s.),
dossier éd. par Stéphane Haffemayer
- Diffuser des lettres pour contracter des alliances: la communication des rebelles en Flandre et en Brabant au bas Moyen Âge / Jelle Haemers
- Rébellions et gazettes. La médiatisation des guerres des paysans en Autriche (1626) et en Suisse (1653) / Andreas Würgler
- «Great Conspiracy» et «Bloody Plot»: la médiatisation de la révolte irlandaise et le déclenchement de la guerre civile anglaise (1641-1642) / Stéphane Haffemayer
- La diplomatie d’une révolte entre information et publication: le cas des ambassades portugaises en France, 1642-1649 / Daniel Pimenta Oliveira de Carvalho
- Texts, publics, and networks of the Neapolitan Revolution of 1647-1648 / Davide Boerio
- For the True Religion and the Common Cause: Transnational Publicity for the War of the Camisards (1702-1705) / David de Boer
- «Rebelle malgré lui» – récits de réconciliation et de réintégration dans les biographies politiques britanniques du XVIIIe siècle / Monika Barget

ÉTUDES D’HISTOIRE DU LIVRE
- Observations sur le livre illustré imprimé à Bucarest (XVIe-XIXe siècle) / Anca Elisabeta Tatay et Cornel Tatai-Balta
- Damned usury, «Cologne», «1715» : Delusion or bona fide? Typographical evolution on title pages in the Southern Netherlands in the 18th century and its potential as a means of identification / Goran Proot
- L’affectation des bibliothèques confisquées à Rochefort, ville-arsenal de la Marine (1790-1803) / Olivier Desgranges
- Le livre à Strasbourg sous le Premier Empire / Nicolas Bourguinat

LIVRES, TRAVAUX ET RENCONTRES
Comptes rendus de:
Les Arts du texte (Lyon, 2016), El Libro españo en Londres (Valéncia, 2016), L’Industria del libro a Venezia durante la restaurazione (Firenze, 2016), Nundinarium Francofordiensium encomium (Genève, 2017), Humanisten edieren (Stuttgart, 2014), Images et révoltes dans le livre et dans l’estampe (Paris, 2016), Lesen. Ein interdisziplinärisches Handbuch (Berlin, 2015), Les Livres des maîtres de Sorbonne (Paris, 2017), Die Macht des Wortes. Reformation und Medienwandel (Regensburg, 2016), NON. Pamphlets, brûlots et autres textes polémiques (Besançon, 2016), Grundriss der Inkunabelkunde (Stuttgart, 2018), Strange bird. The Albatros Press and the Third Reich (New Haven, 2017), Wissensspeicher der Reformation (Halle, 2016).

dimanche 21 octobre 2018

Une remarquable exposition d'histoire du livre

«Ex bibliotheca.
Les livres retrouvés de l’Académie protestante de Saumur»

Exposition organisée par
Le Mans, 19 oct. 2018-19 janv. 2019

L’exposition retrace l’histoire de l’une des plus importantes institutions intellectuelles et éducatives du XVIIe siècle, l’Académie protestante de Saumur.
Fondée en 1599 par Philippe Duplessis-Mornay, l’Académie fut un haut lieu des Églises réformées de France et le principal centre de formation des pasteurs du nord du royaume. Foyer théologique novateur, elle rayonna à travers l’Europe par l’influence de ses professeurs et élèves mais fut aussi à l’origine de violentes controverses. Supprimée par Louis XIV en 1685, dix mois avant la révocation de l’Édit de Nantes, elle voit sa bibliothèque saisie puis vendue: celle-ci sombre alors dans un oubli séculaire.
Une découverte capitale
La découverte fortuite d’un livre conservé à la Médiathèque du Mans, provenant du fonds de l'abbaye Saint-Vincent mais ayant appartenu à Louis Cappel, professeur à l’Académie, est à l’origine de la vaste enquête menée par Thomas Guillemin, chercheur associé au laboratoire TEMOS (Université d’Angers-CNRS). Réalisée dans les principaux fonds de la région, à la Médiathèque du Mans pour l’ensemble le plus significatif, et à la Médiathèque de Saumur-Val de Loire notamment, cette recherche a permis de mettre au jour les fragments des bibliothèques de plusieurs professeurs mais aussi de celle de l’Académie, tous d’un intérêt primordial pour la compréhension de l’histoire de l’institution.
Un ensemble exceptionnel
Sont réunis pour la première fois depuis le XVIIe siècle, cahiers d’étudiants, livres de prix, pièces d’archives, ouvrages pour certains très annotés comportant les ex-libris ou ex-dono des plus illustres professeurs de l’Académie – John Cameron, Louis Cappel, Moïse Amyraut, Tanneguy Le Fèvre, William Doull. Cet ensemble est enrichi par le prêt de pièces de premier plan issues de collections publiques et privées, comme l’inventaire original de la bibliothèque de l’Académie (Archives nationales de France), un portrait de Philippe Duplessis-Mornay (Château-Musée de Saumur), et l’exceptionnel midrash vénitien du xvie siècle qui a appartenu à Louis Cappel (Médiathèque de Saumur).
Une grande figure: Louis Cappel
L’exposition explore en six sections les méthodes d’enseignement et les spécificités de l’Académie, lieu de formation et foyer d’innovations théologiques. Elle évoque également l’«École de Saumur», courant théologique original du calvinisme européen qui jouera un rôle fondamental dans l’évolution du protestantisme moderne. De cette passionnante aventure intellectuelle se dégage en particulier la figure de Louis Cappel, théologien majeur de la première moitié du XVIIe siècle. La présentation de trois ouvrages inédits entrés en sa possession permet de découvrir la démarche par laquelle il révolutionne l’exégèse biblique.
De la naissance au déclin d’une institution phare de l’histoire du protestantisme français, se dessinent les contours de plusieurs bibliothèques qui réapparaissent après une éclipse de trois siècles et demi.

Du 19 octobre 2018 au 19 janvier 2019
Médiathèque Louis-Aragon
54 Rue du Port, 72000 Le Mans. Tél. 02 43 47 48 74
Ouverture : Mardi, mercredi et vendredi : 10h-18h30. Jeudi : 13h30-18h30. Samedi : 10h-17h. Entrée gratuite.
Inbformation communiquée par Madame Sophie Renaudin, conservateur des bibliothèques, responsable des fonds patrimoniaux de la Médiathèque du Mans.

lundi 10 septembre 2018

Près de Paris: un vestige d'une ancienne bibliothèque

Au nord de Paris au tournant du XIe au XIIe siècle, Chaalis est situé dans un environnement de bois et de cours d’eau, auquel fait d'ailleurs référence le nom de la commune actuelle, Fontaine-Chaalis. Mais Chaalis est aussi à proximité de plusieurs possessions royales, des domaines ruraux, et surtout la ville de Senlis et son palais royal (rappelons que Senlis voit l’accession d’Hugues Capet au trône royal, en 987).
Vue générale (cliché Institut de France): à gauche, la chapelle de l'abbé; au centre, les vestiges de l'église et du cloître; à droite, le château-musée
Un moulin y est d’abord exploité, avant la fondation d’un prieuré bénédictin, lequel est rattaché à l’ordre de Cîteaux en 1127, puis érigé en abbaye indépendante dix ans plus tard. La nouvelle maison est protégée par le roi, et elle reçoit des dons nombreux et importants de la part de la famille et de l’entourage du capétien, et des seigneurs locaux (comme les Bouteillier de Senlis), au point de devenir rapidement une puissance: près d’une vingtaine de «granges» (dont certaines, très belles, conservées aujourd’hui), correspondant à des exploitations agricoles incluant des activités artisanales (pressoirs, moulins, etc.), et plusieurs hôtels en ville, dont l'un à Paris.
C’est l’abbé Guillaume du Donjeon, ancien prieur de Pontigny et futur archevêque de Bourges, qui lance à la fin du XIIe siècle un vaste chantier de construction, avec divers bâtiments organisés autour de la nouvelle église, Celle-ci est élevée en style gothique, et consacrée dès 1219 (peut-être avant même l'achèvement du chantier). Le grand cloître lui est adossé au nord, avec ses quatre galeries et, au premier étage, le vaste dortoir donnant directement sur le bras nord du transept.
L'armarium de Chaalis
Chaalis est le siège d’une activité intellectuelle très importante, comme en témoignent le catalogue du XIIe siècle (Bibliothèque de l’Arsenal, ms. 351, f. 123-127) et nombre de manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale de France et dans un certain nombre d’autres établissements, notamment par le biais du fonds de Saint-Martin-des-Champs. Plusieurs moines, prieurs ou abbés ont par ailleurs laissé un nom, dont le plus célèbre est probablement Guillaume de Diguleville, auteur du Pèlerinage de la vie humaine.
Ce n’est pas ici le lieu de résumer l’histoire de l’abbaye de Chaalis, mais de signaler un vestige archéologique rare, et qui intéresse l’historien du livre. En effet, alors que ne subsistent que des ruines de l’ancienne abbaye, les vestiges du grand cloître présentent, au début de la galerie est, une double niche jumelle en plein cintre. Cette niche correspond à l’ancien armarium destiné à abriter les livres liturgiques et ceux servant à la lectio divina: il s’agit d’une sorte de placard ménagé dans l’épaisseur du mur, et dont les vestiges présentent les rainures destinées à accueillir deux tablettes supportant les manuscrits (il y a donc trois niveaux de rangement), et les traces des anciens gonds des volets permettant la fermeture (à gauche sur le cliché). La localisation de l'armarium entre la salle capitulaire et l'église est évidemment la plus commode.
Outre celui de Chaalis, plusieurs autres armariums sont aujourd’hui connus en France (Bonport, l’Escale-Dieu / Escaladieu, Fontenay, prieuré Saint-Maurice de Senlis, etc.), et à l’étranger. Rappelons pour finir que Chaalis est une propriété de l'Institut de France, à qui le domaine, les bâtiments et les collections du Musée ont été légués par Madame Jacquemart-André à sa mort en 1912.

lundi 20 août 2018

Au fond de la forêt de Loches,... des livres (2)

Les changements induits par les décisions prises dans les deux premières années de la Révolution sont absolument considérables s’agissant des bibliothèques religieuses dans le royaume: après la nuit du 4 août, les biens des maisons régulières sont mis à la disposition de la Nation par les lois des 2-4 novembre 1789, tandis que les vœux monastiques viennent d’être suspendus et que les religieux seront autorisés à partir le 13 février 1790 (première partie de ce billet: voir ici).
Il n’est pas de notre propos d’envisager la question des biens immobiliers pour elle-même: bornons-nous à dire que les inventaires réalisés consécutivement fournissent souvent des éléments importants sur les bibliothèques et collections éventuelles de livres, et que celles-ci devront être mises à l’abri dès lors que les bâtiments qui les abritent sont proposés à la vente.
La nouvelle organisation territoriale est fondée, depuis 1790, sur 83 départements eux-mêmes plus tard subdivisés en 545 districts, et il est établi que chaque district devra disposer d’un dépôt littéraire –ce qui ne sera pas absolument le cas. Ces «dépôts» sont souvent localisés dans une église désaffectée, où l’on rassemblera les collections de livres, qui proviennent des communautés supprimées et autres établissements ayant fait l’objet de confiscations dans la ville même, mais aussi dans le plat-pays environnant: c’est le cas pour les livres de la chartreuse du Liget
Dans l'immédiat, les plans conservés nous apprennent que la bibliothèque du Liget était établie dans un bâtiment proche de la cellule du prieur: nous reviendrons sur ce dispositif (1). Le 10 mai 1790, des représentants de la municipalité de Chemillé-sur-Indrois, conduits par le maire, l’abbé Jean-Baptiste Bruneau, se rendent à la chartreuse pour en dresser un état sommaire. Bruneau est une personnalité singulière: né en 1732, il est d’abord curé de Sennevières (fin de l’année 1762), puis il vient à Chemillé (juillet 1784), et sera maire du village (1791). Il prête le serment constitutionnel, mais est appelé à Tours comme vicaire du nouvel évêque, Pierre Suzor. Maussabré prend alors sa suite à la cure de Chemillé. Bruneau se retirera dès 1794 à Gouard, une ancienne métairie du Liget qu’il a rachetée. Nommé agent national en l’an IV, puis à nouveau maire de Chemillé, il est décédé en 1810…
Mais revenons à la chartreuse. Le travail d’inventaire durera trois jours, et le document nous informe:
Dans [la] seconde cour est l’entrée par où on va dans le cloître des religieux. Il y a environ vingt cellules bâties à neuf (…). Auprès de la cellule du prieur est la bibliothèque, qui est un grand vaisseau abondamment pourvu de bons livres. Au bout se trouve une petite chapelle, et plus loin, le cabinet des archives (2).
Dans les jours qui suivent, le district de Loches dépêche à son tour des inspecteurs chargés d’effectuer un inventaire plus précis, prélude à la vente des bâtiments. Une attention particulière est portée à la bibliothèque, riche de 6900 volumes (1500 in-folio, 1180 in-quarto, 600 formats plus petits),
parmi lesquels il se trouve beaucoup de bouquins, livres dépareillés, méventes, journaux, vieux bréviaires, diurnaux, etc.
Parmi les titres, dont «le plus grand nombre traitait de matières ecclésiastiques»,
plusieurs ont paru précieux [aux inspecteurs], tels que la Polyglotte de Le Jay (3), une collection des conciles, édition du Louvre (4), de bonnes éditions de SS PP, la Byzantine grecque et latine, un atlas en dix volumes grand in-folio avec des cartes coloriées (5), les Fables de La Fontaine, deux volumes in-folio avec figures, etc.
Avons trouvé dans une armoire de la bibliothèque 35 manuscrits peu intéressants, dont quinze sur vélin et le reste sur papier.
Enfin, ce sont les estampes et tableaux, dont «quelques recueils d’estampes de peu d’importance, quelques petits tableaux», une série de portraits royaux (6) et surtout
un grand portrait du cardinal de La Roche-Aymon, qui nous a paru mériter le plus d’attention… (7)
Un inventaire plus détaillé du mobilier, établi le 9 novembre 1790, nous permet d’avoir quelques précisions sur l’installation de la bibliothèque. Celle-ci comprend en effet
tous les rayons en 182 tablettes de 80 pieds de long, entièrement garnies de livres, quelques rayons même doubles et plusieurs livres au-dessus des autres dans les mêmes rayons, cent quinze tableaux tant peints que gravés, onze médaillons, une statue de la sainte vierge, cinq tables, quelques cartes géographiques et estampes, trois fauteuils, vingt chaises et un étau, une échelle, une vache [coffre recouvert de peau de vache].
On trouve aussi des livres chez les religieux eux-mêmes: dom Vézac a treize in-octavo et quatre-vingts «petits volumes»; dom de Saint-Jean, une centaine de volumes et trois cartes géographiques…
En définitive, le district se propose de mettre les volumes sous scellés et de vendre le mobilier – dans l’intervalle, la garde sera assurée par six hommes du régiment Royal-Roussillon. Au début de l’année 1791, les chartreux quittent les lieux, et la vente est effectivement organisée (5-21 juin) (8), mais les livres restent sur place, d’abord confiés au docteur Droulin, puis à Jean Ondet, l’un des nouveaux propriétaires, lequel ne quittera son poste que le 12 octobre 1793. Une fois les volumes transportés à Loches (sur décision du 10 février précédent), et d’abord déposés dans les deux salles du prétoire de la commune, quatre délégués sont chargés d’en faire l’inventaire (9). Le 4 mai 1794, la bibliothèque est transportée à l’Hôtel de ville, où elle demeurera jusqu’en… 1983.
Une partie importante du fonds du Liget est aujourd’hui toujours conservée à la bibliothèque de Loches (10) tandis que, dans l’intervalle, les bâtiments de la chartreuse ont été vendus à deux notables de cette ville, Louis Pottier, président du Tribunal (11), et Jean Ondet, que nous venons de rencontrer, pour être exploités en carrière de pierres (19 août 1791)… (12) 

Notes
1) Christophe Meunier, La Chartreuse du Liget, Chemillé-s/Indrois, Éditions Hugues de Chivré, 2007, p. 120-121.
2) Archives départementales d’Indre-et-Loire (ci-après Ad37), 1Q-215. 3) Cette édition de la Bible de Guy Michel Le Jay ne semble pas conservée à Loches.
4) Conciliorum omnium generalum et provincialium collectio regia, Parisiis, E typographia Regia, 1644, 37 vol., 2°. Loches, Inv. 144. Rel. veau brun moucheté, dos à six nerfs, fleurons dans les compartiments, tr. mouchetée en rouge.
5) L’Atlas de Blaeu est aujourd’hui toujours conservé à la Bibliothèque de Loches.
6) Dont celui de Louis XI, aujourd’hui au Musée du Plessis.
7) Charles Antoine de La Roche-Aymon (1697-1777). Ad37, 1Q-179, 192 et 215. L’inventaire établi par la municipalité est contrôlé par le district de Loches, qui le complètera les 9 et 10 novembre 1790. On notera qu’Antoine Charles de La Roche-Aymon a été reçu novice au Liget en 1742 (Ad37, 6NUM6 069/077): il est possible que le portrait lui ait appartenu.
8) Ad37, Q 171.
9) André Montoux, « Un manuscrit du XVe siècle de la Bibliothèque de Loches », dans Bulletin de la Société archéologique de Touraine [ci-après BSAT], 1971, p. 391-401.
10) Sur l’inventaire de 1494, cf Christophe Meunier, La Chartreuse du Liget, ouvr. cité, p. 148.
Certains parmi les plus remarquables sont cependant envoyés à Paris, notamment la grande Bible en cinq volumes, exécutée au XIIe siècle et aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France (ms lat. 11506-11510). Albert Philippon, « La liquidation de la Chartreuse du Liget par la Révolution », dans BSAT, 1941 (XXVIII), p. 100-128, et 1942 (XXIX), p. 236-256. L’auteur (1896-1970) a été pendant seize ans instituteur à Chemillé-s/Indrois.
11) Sur les Pottier, voir : Grands notables du Premier Empire, 8, p. 133-134.
12) Ad37, L 132 f. 6 et L 178.