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samedi 28 janvier 2017

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation
du livre 

Lundi 30 janvier 2017
16h-18h
Les Indiens du Nouveau Monde:
récits, fêtes, œuvres d'art (XVIe-XXe siècle) 
par
Madame Marisa Midori Deaecto,
professeur à l'Université de Sao Paulo,
professeur invitée à l'École normale supérieure (Labex TransferS)

Cf légende infra
La littérature sur les Grandes découvertes se développe tout au long du XVIe siècle: la conférence abordera la question de savoir dans quelle mesure l'élaboration et la réception d'une nouvelle conception du monde, mettant en cause tout un système de connaissances anciennes (géographiques, culturelles, religieuses, etc.), atteint effectivement les lecteurs européens. En d'autres termes, dans le cadre de la problématique des transferts: comment la masse de textes nouveaux, très rapidement imprimés et constitutifs  eux-mêmes de nouveaux genres éditoriaux –récits de voyage, descriptions de l'homme et de la nature, cartes géographiques, etc.– s'articule-t-elle avec la construction traditionnelle du savoir?
La présence d'Indiens brésiliens en France au XVIe siècle constitue pour les contemporains une preuve indiscutable de l'agrandissement du monde. Le contact de l'Indien avec l'homme européen fonctionne ainsi comme un procès d'acculturation se déroulant sous les yeux même de la cour et de l'Église, mais qui n'échappe pas non plus au monde savant.
D'une part, nous nous efforcerons de reprendre la littérature classique sur le sujet, depuis la première enquête conduite par Afonso Arinos de Melo Franco sur L'Indien brésilien et la Révolution française (Rio, José Olympio, 1937). D'autre part, nous poserons la question de la réception de cette production dans les différents contextes de l'histoire de l'indianisme, notamment aux XIXe et XXe siècles. Une figure comme celle de Ferdinand Denis a une très grande grande importance dans le dialogue entre les deux cultures.
Cliché: "Les Tangas", dans Légendes, croyances et talismans des Indiens de l'Amazone, adapt. de P. L. Ducharte, ill. de Victor de Rego Monteiro, Paris, Éditions Tolmer, 1923.

Nota: La conférence régulière d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. (190 avenue de France, 75013 Paris, 1er étage). 

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog. N'oubliez pas, comme disent les informaticiens, de «rafraîchir» la page du calendrier quand vous la consultez).

mardi 20 décembre 2016

Conférences d'histoire du livre

François Guizot, par Nadar (détail)
Les conférences du début de l’année 2017
en histoire du livre (9 janvier-2 février)


Lundi 9 janvier 2017, 16-18h
Conférence d’histoire et civilisation du livre, École pratique des Hautes études
Nouvelles recherches sur la Nef des fous (1),
par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études

Jeudi 12 janvier, 17-19h
Labex TransferS, École normale supérieure.
Lire et écrire la Révolution française au Brésil au XIXe siècle: le cas de François Guizot (1). La réception de la Révolution française dans l’historiographie brésilienne : problématiques, approches et perspectives d’investigation,
par Madame Marisa Midori Deaecto, professeur à l’Université de Sao Paulo, professeur invitée à l’École normale supérieure (Labex TransferS)
Attention: pour cette conférence, voir la note en bas de page

Lundi 16 janvier, 16-18h
Conférence d’histoire et civilisation du livre, École pratique des Hautes études
Nouvelles recherches sur la Nef des fous (2),
par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études

Jeudi 19 janvier, 17-19h
Labex TransferS, École normale supérieure, 
Lire et écrire la Révolution française au Brésil au XIXe siècle : le cas de François Guizot (2). Pour quoi le cas François Guizot ? Fortune éditoriale de De la démocratie en France dans le cadre des Révolutions de 1848,
par Madame Marisa Midori Deaecto, professeur à l’Université de Sao Paulo, professeur invitée à l’École normale supérieure (Labex TransferS)
Attention: pour cette conférence, voir la note en bas de page

Lundi 23 janvier, 16-18h
Conférence d’histoire et civilisation du livre, École pratique des Hautes études
Les Bibliothèques brésiliennes: une introduction historique,
par Madame Marisa Midori Deaecto, professeur à l’Université de Sao Paulo

Jeudi 26 janvier, 17-19h
Labex TransferS, École normale supérieure
Lire et écrire la Révolution française au Brésil au XIXe siècle: le cas de François Guizot (3). Lire et traduire François Guizot au Brésil: genres et paratextes éditoriaux,
par Madame Marisa Midori Deaecto, professeur à l’Université de Sao Paulo, professeur invitée à l’École normale supérieure (Labex TransferS)
Attention: pour cette conférence, voir la note en bas de page

Vendredi 27 janvier, 15h30
Institut de France, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
Réception de la Nef des fous (Das Narrenschiff) aux XVe et XVIe siècles,
par Monsieur Frédéric Barbier, directeur d’études à l’École pratique des Hautes Études, directeur de recherche au CNRS (IHMC/ENS Ulm) 

Lundi 30 janvier, 16-18h
Conférence d’histoire et civilisation du livre, École pratique des Hautes études
Les Indiens du Nouveau Monde : récits, fêtes, œuvres d’art (XVIe-XXe siècle),
par Madame Marisa Midori Deaecto, professeur à l’Université de Sao Paulo

Jeudi 2 février, 17-19h 
Labex TransferS, École normale supérieure
Lire et écrire la Révolution française au Brésil au XIXe siècle : le cas de François Guizot (4). Monarchie et Démocratie : les dialogues France-Brésil, d’après les considérations de François Guizot et de Justiniano José da Rocha,
par Madame Marisa Midori Deaecto, professeur à l’Université de Sao Paulo, professeur invitée à l’École normale supérieure (Labex TransferS)
Attention: pour cette conférence, voir la note en bas de page

Adresses des conférences
École pratique des Hautes Études, 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage).
École normale supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris (salle de l’IHMC, esc. C, 3e étage).
Institut de France, Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 23 quai de Conti, 75006 Paris.

Note importante. Pour des raisons de capacité de la salle et de sécurité des bâtiments de l’École normale supérieure, l’assistance aux conférences tenues par Madame Marisa Deaecto dans le cadre du Labex TransferS est soumise à inscription préalable.
Les auditeurs sont invités à s’inscrire pour chaque séance, exclusivement par courriel, à l’adresse Internet suivante: frederic.barbier@ens.fr. Un accusé de réception leur sera envoyé en retour, et les réservations seront prises dans l’ordre chronologique des inscriptions. Nous vous remercions de votre compréhension.

vendredi 16 décembre 2016

Nouvelle publication (Histoire et civilisation du livre. Revue internationale)

Histoire et civilisation du livre. Revue internationale,
Genève, Librairie Droz

XII (2016), 500 p., ill., index

ISBN 9 782600 047487 

Le Mascurat de 1649. Exemplaire en feuilles (© Bibliothèque Mazarine)
Mazarinades, nouvelles approches
Stéphane Haffemayer, Patrick Rebollar, Yann Sordet, «Introduction» 

Fonds et collections
Bruno Blasselle, Séverine Pascal, «Le fonds des Mazarinades de la Bibliothèque de l’Arsenal»
Anders Toftgaard, «La collection de Mazarinades de la Bibliothèque royale de Copenhague»
Christophe Vellet, «Les Mazarinades à l’affiche? Armand d’Artois et la collection de la Bibliothèque Mazarine»
Laurent Ferri, «Inter folia venenum. Les collections de Mazarinades aux États-Unis (1865-2014)»
Tadako Ichimaru, «Enjeux de la numérisation des Mazarinades» 

Production typographique, diffusion éditoriale
Fabienne Queyroux, «“Plumes bien taillées” contre “Livres très pernicieux à l’État”: Gabriel Naudé et les Mazarinades»
Chloé Kürschner, «Les imprimeurs rouennais et la Fronde: une étude des fonds normands de Mazarinades»
Jean-Dominique Mellot, Pierre Drouhin, «Les Mazarinades périodiques: floraison sans lendemain, ou tournant dans l’histoire de la presse française?» 

Approches littéraires et lexicologiques
Takeshi Matsumura, «Remarques lexicographiques sur le Mot “Mazarinade”»
Patrick Rebollar, «Mensonge et tromperie dans les Mazarinades»
Antonella Amatuzzi, «La politique au service de la langue: la valeur des Mazarinades pour l’étude du français classique»
Claudine Nédelec, «La Fronde, une guerre comique?»
Alain Génetiot, «Porter la parole des grands: les Mazarinades de Sarasin»
Myriam Tsimbidy, «Usages des Mazarinades dans les Mémoires de la Fronde» 

La bataille de l’imprimé: médiatisation et communication politique
Malte Griesse, «Les soleils de la Fronde: analogies stellaires dans les Mazarinades»
Stéphane Haffemayer, «Mazarin face à la Fronde des Mazarinades, ou Comment livrer la bataille de l’opinion en temps de révolte (1648-1653)»
Caroline Saal, «“Faire voir par l’histoire” dans les Mazarinades. Usages du passé, entre rhétorique et bagages culturels»
Francesco Benigno, «The fate of Goliath: uses of history in the Mazarinades»
Yann Rodier, «Les Mazarinades génovéfaines et la stratégie politique de l’odieux (avril-septembre 1652)»
Véronique Dorbe-Larcade, «Autour des ducs d’Épernon, l’école de la Mazarinade (1588-1655)»
Éric Avocat, «Les Mazarinades, une préface à la Révolution?»

Approches comparatives: les corpus pamphlétaires européens du XVIIe siècle
Sophie Nawrocki, «Les dynamiques de publication et la diffusion des pamphlets autour de Marie de Médicis en exil (1631-1642)»
Alain Hugon, Mathias Ledroit, «La bataille de l’imprimé en Catalogne à L’époque de la Guerre de séparation (1640-1652)»
Héloïse Hermant, «Les campagnes pamphlétaires de Don Juan José de Austria: des Mazarinades espagnoles? Politisation de l’écrit et système de communication dans l’Europe du XVIIe siècle» 

Études d’histoire du livre
Xavier Prévost, «Aux origines de l’impression des lois: les Actes royaux incunables»
Claire Gantet, «Amitiés, topographies et réseaux savants. Les Strasburgische Gelehrte Nachrichten (1782-1785) et la République des Lettres»
Daniel Baric, «La dualité nationale et universitaire des bibliothèques de Strasbourg et Zagreb : une histoire parallèle entre empires, nations et régions» 

Livres, travaux et rencontres
Jean Balsamo, L’Amorevolezza verso le cose italiche. Le livre italien à Paris au XVIe siècle (Amélie Ferrigno)
De l’argile au nuage : une archéologie des catalogues (IIe millénaire av. J.-C - XXIe siècle) (Claire Madl)
Michael Embach, Hundert Highlights. Kostbare Handschriften und Drucke der Stadtbibliothek Trier (Frédéric Barbier)
Claudia Fabian, dir., Die Handschriftliche Erbe der griechischen Welt [Actes du colloque de la BSB] (Matthieu Cassin)
Annika Haß, Der Verleger Johann Friedrich Cotta (1764-1832) als Kulturvermittler zwischen Deutschland und Frankreich (Claire Gantet)
Anthologie de documents à caractère biographique conservés à la Bibliothèque de Shanghai (Chen Jie)
Oberthür, imprimeurs à Rennes (Frédéric Barbier) 

Index (personnes, lieux, institutions) du dossier thématique «Mazarinades, nouvelles approches»
Table des illustrations.

samedi 19 novembre 2016

Soutenance d'habilitation à diriger des recherches

Emmanuelle Chapron,
ancienne élève de l’École normale supérieure,
agrégée de l’Université, docteur en Histoire,
maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille, 
membre de l'Institut universitaire de France (junior)
 
présentera son dossier d’habilitation à diriger des recherches
le samedi 26 novembre 2016 

à 14h,
à l’École normale supérieure,
45 rue d’Ulm, 75005 Paris, 
salle W.
Le dossier s’intitule: «Travailler avec les livres, XVIIIe-XXIe siècle», et il comprend un mémoire inédit sur Composer des bibliothèques pour les enfants. Catégories pratiques et ordre des livres au XVIIIe siècle.
"Sapientia aedificavit sibi domum" (bibl. de Strahov, détail)
Le jury est composé de Mmes et MM.
Frédéric Barbier (CNRS, EPHE),
Bruno Belhoste (Paris-I, garant),
Laurence Brockliss (Oxford),
Anne-Marie Chartier (LAHRA/ENS Lyon),
Brigitte Marin (AMU),
Philippe Martin (Lyon II)
et Françoise Waquet (CNRS).
La soutenance est publique. 


Spécialiste de l’histoire des pratiques savantes et de l’histoire du livre à l’époque moderne, avec une orientation particulière vers l’édition pour la jeunesse, Emmanuelle Chapron a soutenu en 2004 sa thèse de doctorat en histoire: «Des bibliothèques a pubblica utilità. Politique culturelle et pratiques du livre à Florence au XVIIIe siècle» (ouvrage publié chez Droz en 2009). Elle a participé ou collaboré à de nombreuses manifestations ou publications annoncées sur ce blog, et a pendant six ans assuré une charge de conférence dans le cadre de l’École pratique des Hautes Études, IVe section («Histoire et civilisation du livre»).
On consultera ici sa page personnelle publiée sur le site du laboratoire Telemme à l’Université d’Aix-Marseille (avec sa bibliographie).

dimanche 6 novembre 2016

Colloque international à Rome

Le Biblioteche anche come Musei: dal Rinascimento ad oggi 

Biblioteca nazionale centrale di Roma
16-17 novembre 2016



Negli ultimi decenni, grazie ad una mirata politica d'incremento dei suoi fondi, la Biblioteca Nazionale Centrale di Roma ha sempre più assunto la connotazione di archivio di raccolte degli autori contemporanei: è nata da qui l'idea di realizzare un vero e proprio museo della letteratura del Novecento, l'area espositiva permanente Spazi900, ideata e progettata dal Direttore della BNCR Andrea De Pasquale, inaugurata il 10 febbraio 2015 alla presenza del Ministro dei Beni e delle Attività culturali e del Turismo Dario Franceschini.
Spazi900 si compone di una Galleria degli scrittori, dove sono esposti manoscritti, prime edizioni, edizioni rare e libri d'artista di alcuni tra i più rilevanti autori della letteratura del Novecento (d'Annunzio, i Futuristi, Pirandello, Ungaretti, Montale, Bertolucci, Caproni e Penna, i Novissimi, Calvino) e trova il suo fulcro ne La stanza di Elsa - ricostruzione con arredi originali del laboratorio di scrittura di Elsa Morante, di cui la Biblioteca possiede un fondo straordinario per unicità e completezza -, cui si è aggiunta dal novembre 2015, in occasione dei quarant'anni dalla sua scomparsa, l'area «Ragazzi leggeri come stracci». Pier Paolo Pasolini dalla borgata al laboratorio di scrittura, uno spazio diviso per ambienti e raccontato attraverso le opere del poeta di Casarsa, di cui la Biblioteca conserva i dattiloscritti originali dei romanzi Ragazzi di vita e Una vita violenta, prime edizioni, saggi, testi teatrali e abbozzi cinematografici.
La progettazione di Spazi900 affonda, però, in una tradizione antica. Le biblioteche sono sempre state fin dalle origini luoghi da visitare non solo da parte di studiosi, ma anche di turisti, uomini di cultura e raffinati curiosi.
I viaggiatori colti del '700 inserivano abitualmente le visite alle biblioteche nei percorsi del Grand Tour: in biblioteca non si andava soltanto per consultare libri, ma anche per ammirare cimeli, libri rari e antichi, legature preziose, miniature ed incisioni. La presenza di spazi espositivi permanenti divenne così una caratteristica delle biblioteche italiane statali a partire dalla prima metà dell'800 e fino agli anni '40 del '900.
Traendo spunto da questo aspetto fondamentale delle biblioteche storiche e dalla significativa esperienza di Spazi900, la Biblioteca Nazionale Centrale di Roma promuove oggi le giornate internazionali di studio, a cura di Andrea De Pasquale, Le Biblioteche anche come Musei: dal Rinascimento ad oggi.
L'iniziativa si inserisce nell'alveo della recente riforma Franceschini del MiBACT, che ha sottolineato il ruolo strategico dei musei nella compagine dei beni culturali italiani e lo stretto legame tra essi e le biblioteche, ribadito anche dagli accorpamenti con i relativi poli museali, come è avvenuto per la Biblioteca Nazionale Braidense di Milano, la Biblioteca Reale di Torino, la Biblioteca Palatina di Parma, la Biblioteca di Archeologia e Storia dell'Arte di Roma, la Biblioteca dei Girolamini di Napoli.
In un momento di scarsa visibilità delle biblioteche e di necessità di valorizzare preziose collezioni troppo spesso sconosciute, l'appuntamento promosso da Le Biblioteche anche come Musei intende riproporre, anche grazie al sostegno delle tecnologie, il tema delle biblioteche come possibili luoghi museali, aperti ai visitatori, dotati di supporti multimediali e in grado di rendere fruibili gli ambienti monumentali, decorati e ricchi di opere d'arte, che spesso le biblioteche storiche ospitano, avanzando una riflessione in linea con il panorama internazionale, sul modello della Österreichische Nationalbibliothek di Vienna, della Trinity College Library di Dublino, della Sir John Ritblat Gallery nella British Library, della Biblioteca Nazionale di Madrid, e anche di biblioteche italiane non statali come l'Ambrosiana di Milano. 

16 Novembre 2016
Ore 9.00
Saluti istituzionali
Rossana Rummo, Direttore generale Biblioteche e istituti culturali
Andrea De Pasquale, Direttore Biblioteca Nazionale Centrale di Roma

Ore 9.30-13.00
I musei-biblioteche dal Rinascimento al XIX secolo
Modera Giuliano Volpe, Consiglio Superiore dei beni culturali, Università di Foggia

Frédéric Barbier, École Pratique des Hautes Études, Parigi
Biblioteche e musei: qualche riflessione in una prospettiva storica
István Monok, Università di Szeged, Ungheria
Le musée de la bibliothèque ou la bibliothèque du musée
Angela Adriana Cavarra, già Biblioteca Casanatense, Roma
I musei nelle biblioteche conventuali: il caso di Roma tra XVI e XVIII secolo
Rita Fioravanti, Biblioteca Casanatense, Roma
Il "museolum" della Biblioteca Casanatense: una ricostruzione virtuale
Doina Biro, Batthyaneum, Alba Iulia, Romania
Les collections de la Bibliothèque Batthyaneum d'Alba Iulia (Roumanie). Intégrer les livres avec les objets muséographiques
Fiammetta Sabba, Università di Bologna - Ravenna
Le biblioteche italiane negli 'itinera erudita et bibliothecaria': riflessioni su turismo e Grand Tour
Maria Luisa Lopez-Vidriero, Biblioteca Real, Madrid
Un museo del libro per sostenere un re: Alfonso XIII e la Real Biblioteca

Frédéric Barbier, Istvan Monok, Andrea De Pasquale, Marc Kopylov
Presentazione del volume Bibliothèques. Décors XVIII-XIX siècles, Paris, Budapest, Rome, Éditions des Cendres, 2016. 

Ore 14.30-18.30
I musei nelle biblioteche oggi
Modera Giovanni Solimine, Sapienza Università di Roma
Andrea De Pasquale, Biblioteca Nazionale Centrale di Roma

Jean-François Delmas, Bibliothèque-musée Inguimbertine, Carpentras
La bibliothèque-musée Inguimbertine de Carpentras: un concept ancien réactualisé au XXIe siècle
Christophe Didier, Bibliothèque nationale et universitaire, Strasburgo
Ibridismo, FabLab, terzo luogo... museale ?: Strasbourg alla ricerca di un'identità complessa
Eleonora Cardinale, Biblioteca Nazionale Centrale di Roma
I musei della letteratura nelle biblioteche italiane: Spazi900
Marisa Midori Deaecto, Universidade de São Paulo, Brasile
Un exemple outre-mer. Une "Brasiliane" pour le lecteur du XXe siècle. De la salle de lecture à un projet muséologique pour la Bibliothèque de Sao Paulo du Brésil
Jean-Michel Leniaud, École Nationale des Chartes, Parigi
Supputations sur l'avenir de la salle Labrouste, à la Bibliothèque nationale de France, rue de Richelieu, Paris
 

Presentazione della traduzione del volume
Frédéric Barbier, Storia delle biblioteche, Milano, Editrice Bibliografica, 2016 (traduzione italiana di: Histoire des Bibliothèques).

17 Novembre 2016
Ore 9.30-13.00
Le biblioteche e i Musei: quale integrazione dopo la Riforma Franceschini
Modera Andrea De Pasquale, Biblioteca Nazionale Centrale di Roma

 
Lorenzo Casini, IMT Alti studi Lucca; MiBACT
Le biblioteche nei Musei nella riforma Franceschini
James Bradburne, Pinacoteca di Brera, Milano
La Pinacoteca di Brera con la Biblioteca Braidense
Enrica Pagella, Musei Reali, Torino
La Biblioteca il Palazzo, il Museo: il caso di Torino
Martina Bagnoli, Gallerie Estensi, Modena
La biblioteca nel museo: una grande opportunità per le collezioni storiche. Il caso dell’Estense di Modena 

Anna Manfron, Biblioteca dell'Archiginnasio, Bologna
L'Archiginnasio: una biblioteca con vocazione museale
Mariella Guercio, ANAI Associazione Nazionale Archivistica Italiana, Roma
Le biblioteche e i musei. E gli archivi? 

 
Conclude on. Antimo Cesaro, Sottosegretario del Ministero dei Beni e delle Attività Culturali e del Turismo


Site officiel du colloque

 

jeudi 20 octobre 2016

Futurologie dans les années 1950

Avec ses Nouveaux discours du Dr O’Grady, André Maurois referme, chez Grasset en 1950, une aimable trilogie, commencée avec Les Silences du colonel Bramble dans les tranchées d’Artois et de Flandre pendant la Première Guerre mondiale, et poursuivie jusque dans les années d’après-guerre avec le personnage du docteur O’Grady. Le narrateur, Aurelle, se confond avec l’auteur lui-même: il a servi comme interprète auprès des troupes anglaises dans les années 1914-1918, et il s’y est fait un certain nombre d’amis très proches, pour lesquels il nous fait partager sa profonde sympathie. Le jeune docteur O’Grady est un médecin d’origine irlandaise, que nous retrouvons une génération plus tard comme un psychiatre reconnu, dont le cabinet est bien évidemment établi dans la célèbre Harley Street de Londres. Au fil des séjours du docteur à Paris, celui-ci apprécie de se retrouver avec son ami pour discuter confortablement sur les sujets les plus divers. La lecture, toujours agréable, ouvre à l’occasion des perspectives de futurologie qui intéressent aussi l’historien du livre, de l'informatique aux bibliothèques virtuelles et aux big data. Qu’on en juge: 
- Le docteur Vannevar Bush (…) a écrit un article révolutionnaire sur les procédés de travail du surhomme. Celui-ci aura demain à sa disposition des machines à calculer, et même à penser, si complexes, si parfaites, qu’elles le délivreront de tout le côté mécanique des mathématiques et de la logique. Elles seront les «femmes de ménage» du savant; elles résoudront en quelques minutes des équations comportant un nombre d’inconnues tel qu’une équipe humaine y passerait en vain des années. Le surhomme possédera des bibliothèques sur microfilm si réduites que tous les livres publiés depuis qu’il y a des hommes et [qu’ils] écrivent, tiendront (…) dans votre chambre. Le grand Larousse n’y sera pas aussi épais qu’une boîte d’allumettes. Chaque livre microfilmé aura son numéro de code. En formant ce numéro, vous ferez apparaître la page de titre sur un écran placé en face de votre bureau et, si vous désirez retrouver dans le volume un passage ou un renseignement, vous aurez devant vous des changements de vitesse qui vous permettront de faire passer une, dix ou cent pages à la minutes.
- Quelle horreur! (…).
- Ce n’est pas tout (…). Tous ces livres seront reliés entre eux par une machine à association d’idées qui mettra à votre disposition, en quelques secondes, si vous voulez faire, par exemple, une recherche sur le traitement du zona par les médecins tibétains ou sur le rôle de la pédérastie dans la fondation des empires, tout ce qui a jamais été écrit sur ces sujets capitaux (…).
- Êtes-vous sérieux, docteur? Et une telle machine est-elle concevable ?
- Mais naturellement. [Et] il y aura mieux. Le surhomme, quand il circulera dans son laboratoire, aura devant la bouche un (…) micro ambulant auquel il confiera ses observations; celles-ci seront, immédiatement et automatiquement, dactylographiées à distance, des cellules photo-électriques transformant les sons en signes; il aura sur le front un appareil photographique grand comme une olive, qui enregistrera sur des films minuscules ce que verra l’observateur. Ainsi, tout ce qui se dira et se passera dans le monde sera fixé et classé dans des bibliothèques de microfilms.
- De sorte que, docteur, rien ne se perdra plus; que le bienfaisant triage de l’oubli ne s’opérera plus; et que les archives de l’humanité iront s’enflant à un rythme accéléré, jusqu’au point où nul ne pourra plus les consulter utilement… 
Data center journaldugeek)

samedi 15 octobre 2016

Exposition à la Bibliothèque Mazarine

L'exposition
Des livres et des lettres: ouvrages épistolaires entre Italie et France
de la Renaissance à l'âge baroque
a été inaugurée dans le cadre du colloque L'Écriture épistolaire entre Renaissance et âge baroque: pratiques, enjeux, pistes de recherche (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle & Bibliothèque Mazarine, 13-14 octobre 2016).
 
Le genre épistolaire est un phénomène éditorial étroitement lié à la culture de la Renaissance italienne. Comme Montaigne l’avait déjà remarqué («Ce sont grandes imprimeurs de lettres que les Italiens!», Essais, I XL), dès la fin du XVe siècle, de nombreux « livres de lettres » sortirent des ateliers les plus importants de Venise, Rome et Florence. Des épistoliers en latin furent publiés, de Cicéron à saint Jérôme, sans oublier les Familiares de Pétrarque, véritable monument de l’écriture épistolaire de l’humanisme européen.
Toutefois, à côté de ces classiques et de plusieurs manuels d’écriture épistolaire proposés par les imprimeries, de nouveaux enjeux se dessinent autour du genre épistolaire au milieu du XVIe siècle. À partir des Lettres de l’Arétin (1538), le «livre de lettre» devient un objet complexe: rédigé en italien («in lingua volgare»), il est le le lieu où l’homme de lettres expose au public sa propre image et son réseau de connaissances –au prix de quelques corrections par rapport aux textes réellement envoyés. L’évolution de ce genre éditorial, qui touche toute l’Europe, entraîne aussi une diversification formelle: la lettre peut paraître en recueil ou seule, sous la forme d’un «canard» relatant des événements récents, ou comme un document officiel issu des chancelleries d’État, publié avec ou sans l’autorisation des intéressés et dévoilant les coulisses de l’histoire.
L’important fonds de littérature épistolaire de la Bibliothèque Mazarine a été enrichi récemment par la collection de Jeannine Basso (1927-2015), chercheuse en littérature italienne et auteure d’une thèse consacrée aux «Livres de lettres» à la Renaissance (1982). Le résultat le plus connu de ses recherches, Le genre épistolaire en langue italienne, 1538-1662 (Rome, Nancy, 1990), est un ouvrage de référence pour les études italiennes.

Exposition présentée à l’occasion du colloque international L’écriture épistolaire entre Renaissance et âge baroque: pratiques, enjeux, pistes de recherche (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 - Bibliothèque Mazarine, 13-14 octobre 2016).
Plus d'information: http://www.bibliotheque-mazarine.fr/fr/evenements/expositions/liste-des-expositions/des-livres-et-des-lettres-ouvrages-epistolaires-entre-italie-et-france-de-la-renaissance-a-l-age-baroque
(Communiqué par la Bibliothèque Mazarine)

jeudi 8 septembre 2016

Le format du livre

Tous les bibliographes, bibliothécaires et autres spécialistes du livre le savent: le format désigne précisément le mode de construction matérielle du livre à partir du support constitué par des feuilles de parchemin ou de papier. La feuille est pliée plus ou moins de fois (selon une progression arithmétique de raison 1) pour former un cahier, lequel est constitué de feuillets de chacun deux pages (le recto et le verso). En principe, le nombre de pliures donne le format: chacun a sa méthode pour se rappeler des concordances, mais la plus simple semble être de considérer que l’indication du format correspond au nombre de feuillets par cahier (selon une progression qui est cette fois une progression géométrique de raison 2). Par exemple, les cahiers de l’in-quarto (4°) seront, en principe, constitués de quatre feuillets.
Andrea del Sarto, La dame lisant Pétrarque (© Uffizi, Florence)
La technique d’identification la plus courante consiste en outre, si l’on se trouve devant du papier d’Ancien Régime (papier à la forme), à observer le sens des pontuseaux, lequel s’inverse à chaque fois de l’in-plano (0 pliure, pontuseaux verticaux) à l’in-folio (f°, ou 2°: 1 pliure, 2 feuillets, pontuseaux horizontaux), à l’in-quarto (4°: 2 pliures, 4 feuillets, pontuseaux verticaux), etc.
Nous venons d’écrire: «en principe», parce que, de fait, les identifications des formats réels ne répondent pas toujours à la théorie. On pense aux formats composites (l’in-douze est le plus courant, mais non pas le seul), on pense aussi à toutes les manipulations qui, dans l’atelier typographique, peuvent aboutir à modifier le résultat.
La grande majorité des incunables est ainsi constituée de folios (par ex. la Bible de Gutenberg) ou d’in-quarto, mais les cahiers sont souvent encartés, donc insérés les uns dans les autres de manière à renforcer la tenue de l’ensemble. Le nombre de feuillets dans le cahier tel qu’il se présente ne correspond donc pas au chiffre théorique qui est celui du cahier tel qu’il a été imprimé. En fait, toutes sortes de combinaisons sont toujours possibles (par ex. avec l’impression par demi-feuilles), qui viennent compliquer l’identification du format bibliographique. La consultation en ligne de notices catalographiques décrivant une seule et même édition en est la preuve, avec leurs indications de formats qui ne sont pas toujours les mêmes d’une notice à l’autre…
Le format, que l’on désignera plus précisément comme le format bibliographique, est logiquement corrélé avec la taille apparente du volume, puisque plus on pliera et repliera la feuille sur elle-même, plus la taille du feuillet s’en trouvera réduite. Mais l’étalon de base reste toujours celui du support, la feuille, et l’on sait que la taille des feuilles produites par les papeteries est d’abord limitée. Les in-folio incunables pourraient souvent paraître des in-quarto, parce que la taille de la feuille telle que fournie au XVe siècle est plus petite. Inversement, lorsque les papetiers deviennent en mesure de produire des feuilles plus grandes, les formats apparents tendent à se diversifier: à compter du XVIIe siècle, on ne saurait plus confondre, à première vue, un in-folio et un in-quarto. Dans le même temps, les petits formats se diffusent toujours plus: dès lors que la feuille est plus grande, il est possible de la plier et de la replier davantage, ce qui permet de jouer à la baisse sur les coûts de production, donc sur les prix. C’est le temps des in-douze, voire des in-dix-huit et des in-vingt-quatre.
Détail du recueil de sonnets (un très élégant manuscrit en format oblong)
Il paraît évident le choix du format est d’abord déterminé par des considérants matériels et par un champ de pratiques d’utilisation: par exemple, dans les bibliothèques des XVe et XVIe siècles, les exemplaires de grands formats correspondent d’abord aux usuels qui seront tenus à disposition le cas échéant sous la forme de livres enchaînés. Inversement, le format portatif, et le poche, engagent une problématique tout autre. Du coup, le format se trouve aussi investi d’une signification propre: les formats élevés, à commencer par l’in-folio, correspondent d’abord aussi aux textes jouissant du statut le plus élevé, à commencer par la Bible et ses différents livres, les commentaires sur la Bible et les textes des Pères de l’Église –sans oublier les grands «livres de chœur», dont la musique devait pouvoir être lue de loin. On relève 165 in-folio sur les 210 Bibles incunables signalées par l'ISTC, soit 79% du total...
Il resterait encore à s’arrêter sur les formats spécifiques. La première conférence du Deuxième congrès international sur l’histoire du livre médiéval et moderne, congrès qui vient de s’ouvrir à Saragosse, a été consacrée par notre collègue Caterina Tristano, de l’université de Sienne, au cas du «Manuscrit oblong: réalités et représentations». Ce format oblong, que nous désignons aussi en français comme «format à l’italienne», se trouve en charge d’un complexe de représentations qui sont souvent de l’ordre de la distinction –les beaux-arts, à commencer par la musique, mais aussi la poésie, etc., sans oublier les exemplaires plus personnels, comme les libri amicorum. On le voit, l’étude sérielle et systématique des formats forme un champ encore trop largement négligé aujourd’hui: l’étude du format ne relève pas du seul domaine de la bibliographie matérielle et de l’histoire technique du livre, mais il soulève aussi des problématique d’anthropologie et de sociologie historique.

mercredi 31 août 2016

Les origines du protestantisme français

Nous avons déjà évoqué le rôle de l’Orléanais et du Berry dans la première diffusion de la Réforme dans le royaume, en parlant des deux universités d’Orléans et de Bourges: dans les années 1520, les émigrés d’outre Rhin sont en nombre parmi les étudiants, voire parmi les enseignants, et la circulation des idées – et des livres – s’en trouve bien évidemment favorisée d’autant.
À côté de certains membres de la bourgeoisie urbaine, la présence du roi et de la cour dans les villes de la Loire, à commencer par Blois, a aussi pour effet de permettre le regroupement de privilégiés, nobles et autres officiers royaux. En ville et dans le plat pays, leurs familles, parfois originaires de la région, investissent hôtels et châteaux. Or, à côté du canal des clercs et des universités, les fidélités lignagères et les solidarités féodales jouent un rôle lui aussi décisif dans la diffusion du protestantisme.
Les petits seigneurs de Coligny se sont installés à Châtillon-s/Loing (Châtillon-Coligny) au milieu du XVe siècle. Leur fidélité au roi, notamment pendant la «Ligue du bien public», fait leur fortune: Gaspard Ier de Coligny († 1522) est chambellan de Charles VIII et de Louis XII, et François Ier le fera maréchal. Son mariage avec Louise de Montmorency l’apparente à l’une des plus puissantes familles du royaume. Leur fils aîné, Odet (1517-1571), est cardinal dès 1533, et archevêque de Toulouse en 1534… sans être jamais ordonné prêtre. Il se convertira au protestantisme au lendemain de la mort de Henri II, en partie sous l’influence de Théodore de Bèze. Le cadet du cardinal est l’amiral Gaspard (II) de Coligny, qui conduit la défense héroïque de Saint-Quentin contre les Espagnols en 1557. L’amiral passe à la Réforme à la suite apparemment des lectures par lui faites pendant ses deux années de captivité au château de l’Écluse.
Les seigneurs de moindre parage, voire les robins et autres administrateurs, passent parfois eux aussi à la Réforme. Chamerolles est une localité proche de la route de Pithiviers à Orléans, à proximité de l’une des sources de l’Essonne et, au milieu du XVe siècle, la seigneurie est aux mains des Dulac. Lancelot (on sent là l’influence des lectures de romans de chevalerie...) est l’un des compagnons du futur Louis XII en Italie, et il sera lui aussi nommé chambellan, et gouverneur d’Orléans. Il épouse en 1519 Louise, la sœur de Gaspard de Coligny. Son fils, Claude, lui succède comme gouverneur d’Orléans, tandis que son petit-fils, Lancelot (II), cousin de l’amiral de Coligny, se convertit au protestantisme (1562) et transforme la chapelle de son château en temple. Chamerolles constituera l’une des premières places-fortes des réformés dans la région d’Orléans.
Nous voici maintenant à Boiscommun, bourgade située à l’orée de la forêt d’Orléans. Le château de Chemault y est élevé autour de 1500, et passe en 1511 à la famille des Pot, eux aussi membres de l’entourage royal et dont un ancêtre avait été gouverneur du bailliage d’Orléans. Jean Pot a épousé en 1538 une descendante d’une autre famille de petits nobles proches la cour, Georgette de Balsac, souvent désignée sous son titre de dame de Chemault: les alliances familiales sont aussi destinées à favoriser ou à renforcer l’ascension sociale. Nous touchons ici aux descendants de l’amiral Mallet de Graville, notamment sa fille Anne, épouse de Pierre de Balsac. Cette proche de Marguerite d’Angoulême soutient les Réformés alors qu’elle est probablement retirée à Malesherbes, et il est possible que cette orientation ait influencé sa fille, Georgette (1).
Quoiqu’il en soit, la Réforme semble répandue à Boiscommun, comme le montre aussi le cas de Jean Arrault, procureur de la communauté, plus tard réfugié à Genève. Nous retrouvons le nom du prévôt Martial Marchant (Marchand) dans l’ex libris de deux exemplaires exceptionnels conservés aujourd’hui à Bourges: d’une part, le Liber chronicarum de Hartmann Schedel dans l’édition nurembergeoise de 1493, mais aussi la somptueuse Apocalypse de Dürer, dans l’édition sortie aussi des presses de Koberger en 1498…
La connexion avec la «librairie» allemande est directe, on le voit. C’est peu de dire que l’enquête devrait être systématisée, pour explorer quel a pu être le rôle de ces parentèles et de ces sociabilités dans la première diffusion de la Réforme protestante, au sein de la noblesse implantée dans notre petite région du nord-est d’Orléans. L'imprimé occupe une place décisive dans le processus.

(1) Signalons qu’une autre fille d’Anne de Balsac a épousé en 1532 Claude d’Urfé: on connaît la riche bibliothèque réunie par le couple.

samedi 23 juillet 2016

Géographie et généalogie de la culture

Le Polyhistor de Daniel Georg Morhof, publié à partir de 1688, est un ouvrage qui nous introduit dans un paysage culturel original, celui de l’Europe septentrionale, Allemagne du nord, espace de la Baltique et Scandinavie. Son exemple permet de présenter plusieurs cercles d’organisation. Notre objet sera, aujourd’hui, celui de proposer une introduction historique au Polyhistor, tout en montrant quelle place peut être tenue, dans les itinéraires individuels, par les strates d’une géologie culturelle remontant parfois à plusieurs siècles.
Le premier cercle est celui de la bourgeoisie urbaine. Morhof est né en 1639 dans l’ancienne ville hanséatique de Wismar, et dans un milieu dont le statut social est éminemment lié à l’écrit. Son père exerce en effet la charge de notaire, et de secrétaire du Magistrat. Il convient de souligner l’ancienneté d’une tradition qui lie la présence d’une puissante bourgeoisie négociante et la fondation d’institutions communautaires d’enseignement: les villes d’Allemagne du nord, de Hambourg à Brunswick, à Lubeck, à Wismar, à Rostock et surtout à Stralsund, sont parmi les premières à mettre en place, à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, des collèges urbains, pour la formation de leurs futures élites marchandes et administratives. Même si les conditions de développement varient en fonction des rapports entretenus par les villes avec les pouvoirs concurrents, l’Église (comme à Hambourg) ou les princes territoriaux, la tendance est partout la même, qui amènera les Magistrats urbains à prendre à terme pleinement le contrôle de ces institutions.
Bientôt, ces mêmes Magistrats interviennent dans la fondation des premières universités de l’Europe septentrionale: l’université de Rostock est fondée en 1419, sur l’initiative conjointe des ducs de Mecklembourg, de l'évêque de Schwerin et des villes hanséatiques de Hambourg, Lunebourg, Lubeck, Wismar et Rostock, tandis que l’université de Greifswald, en 1459, apparaît davantage comme une création de la bourgeoisie urbaine. Une quinzaine d’années plus tard, les royaumes du nord se dotent, eux aussi, d’universités, d’abord à Uppsala (1477), puis à Copenhague (1479). Enfin, la première université du Brandebourg sera celle fondée à Francfort-s/Oder au tournant du XVe siècle (1506): dans ces trois derniers cas, l’initiative est celle du prince, attentif à former des cadres compétents pour les services de son administration. Elle n’exclut évidemment pas l’appui des élites urbaines, notamment à Francfort-s/O.
Le royaume de Danemark dans la seconde moitié du XVIIe siècle, par Guillaume Sanson (détail) (© Gallica)
Le deuxième cercle est celui de la Réforme. Morhof étudie dans les écoles de Wismar et de Stettin, avant de venir à l’université de Rostock (1657), où il est maître es-artss en 1660. Il passera le doctorat en droit à Franeker l'année suivante. Sa carrière d’enseignant se déroulera quant à elle à Rostock, comme professeur de poésie (1660-1665), puis à Kiel à partir de 1665. Il meurt à Lubeck en 1691. Nous voici dans un espace bien déterminé, qui s’ouvre vers l’ouest jusqu’aux Provinces Unies et à l’Angleterre, pays que Morhof visite à deux reprises. Bien évidemment, cette géographie correspond pleinement, depuis le XVIe siècle, à celle de la Réforme.
Ne préjugeons pas du rôle des problématiques socio-politiques à l’absence du sentiment religieux: l’exemple du duc Julius de Brunswick démontrerait au contraire l’importance de choix personnels qui sont aussi des choix existentiels. Mais, pour en revenir à la question politique, le début du XVIe siècle est un temps de lutte entre le pouvoir impérial qui tente de se renforcer, et les multiples puissances locales et régionales constitutives du Saint-Empire. L’irruption de la Réforme constitue un facteur d’évolution décisif: l’empereur est, avec le pape, à la tête de la chrétienté, la lutte à son encontre sera donc renforcée dès lors que les opposants passeront à la Réforme. La géographie du nord est plus éloignée des pôles du pouvoir catholique tandis que, dans les villes hanséatiques, le choix de la Réforme facilite aussi l’indépendance par rapport aux seigneurs locaux, laïcs ou ecclésiastiques.
Des Églises luthériennes sont bientôt fondées à Hambourg (à partir de 1527), à Brunswick (1528) et à Lunebourg (1529/1530). Les princes territoriaux aussi penchent vers la Réforme: en Prusse (territoire extérieur à l’Empire) dès 1525, en Poméranie (1534/1535), dans les duchés de Mecklembourg (1534-1549) et dans ceux de Schleswig et de Holstein (1536), dans l’électorat de Brandebourg (1538/1539) et, enfin, en Brunswick-Wolfenbüttel (1568). Dans les royaumes du nord aussi, l’instauration de la Réforme a une dimension politique majeure: la Suède de Gustav Vasa passe à la Réforme en 1527/1529, tandis que le roi de Danemark fait le choix du luthéranisme en 1530. La diète de Copenhague, en 1537, prélude à la mise en place d’une Église nouvelle. Partout, la confiscation des biens du clergé renforce considérablement la richesse, donc la puissance, des pouvoirs en place.
Lunebourg et sa place du marché, nov. 2009 (© F. Barbier)
Le troisième cercle est lié à la conjoncture politique de la seconde moitié du XVIIe siècle: en Europe du nord, le rôle dominant va d'abord peu à peu passer du Danemark à la Suède, tandis que nous assistons à la montée en puissance des nouvelles «puissances du nord», le Brandebourg-Prusse, bientôt aussi la Russie. Christian IV, qui règne à Copenhague pratiquement durant toute la première moitié du XVIIe siècle (1588-1648), est le maître des détroits du Sund, et contrôle le commerce de la Baltique. Ses revenus lui permettent de conduire une politique étrangère indépendante de la diète, et son royaume intègre le Danemark proprement dit, le Holstein et le Schleswig, la Norvège et la Scanie, partie méridionale de la Suède, sans oublier les îles de l’Atlantique nord et le Groenland. Pourtant, la fin de son règne voit la montée en puissance de la Suède, tandis que la révolution de 1665 met en place au Danemark une monarchie absolue assez proche du modèle français. L’université de Dorpat/ Tartu est fondée dans le duché de Livonie par le roi de Suède en 1632, et celle de Kiel est une création du roi de Danemark et du duc de Holstein en 1665.
Donc, une conjoncture politique en plein bouleversement. Les puissances du nord apparaissent successivement comme des acteurs clés sur le champ politique européen, le Danemark, la Suède, bientôt le Brandebourg et la Russie: longtemps suédoise, la Poméranie passera en définitive sous la domination du Brandebourg-Prusse. Le modèle de l’absolutisme politique s’impose, et les princes sont attentifs à organiser leurs États selon les catégories de la rationalité politico-administrative moderne. Le rôle de l’imprimé est à tous égard regardé comme fondamental.
Au-delà des réseaux et des solidarités, il nous reste à revenir sur le Polyhistor lui-même, et sur son auteur: ce sera l’objet d’un prochain billet.

samedi 9 juillet 2016

Au XVe siècle: fabriquer des livres... et les vendre

L’expansion rapide de la typographie en caractères mobiles dans les villes allemandes au cours de la seconde moitié du XVe siècle marque le temps d’une «révolution du livre» dans laquelle l’innovation touche tous les domaines. Revenons un moment sur la typologie de l'innovation.
Certes, la production imprimée prend une extension absolument inédite par rapport à ce qu’a pu être l’économie du manuscrit. Mais la mise au point de la technique a mobilisé des capitaux certainement importants: dans une logique qui s’apparente à celle du capital-risque (pensons au terme allemand de Aventur, que l'on retrouve en français dans la formule de la «grosse aventure»), les investisseurs financent la mise au point de techniques innovantes, pour l’exploitation desquelles ils exigent le secret et dont ils attendent des retours considérables. L’activité même de l’imprimerie supposera aussi de disposer d’un vaste crédit, pour la gravure et la fonte, ou pour l’achat des caractères typographiques, pour les livraisons de papier, pour le paiement des ouvriers, etc.
Les dépenses sont encore accrues pour des éditions spectaculaires, comme celle dont le Nurembergeois Koberger se fait une spécialité, avec la Bible allemande de 1483, avec surtout les Chroniques (Liber chronicarum) de 1493. Un des facteurs clés qui permet à des villes comme Nuremberg, Venise, Lyon ou encore Paris de s’imposer au premier plan dans la branche nouvelle d’activités réside précisément dans la disponibilité de capitaux considérables pour les investissements, auxquels on devra joindre la présence d’une clientèle nombreuse et parfois aisée, voire fortunée, et le contrôle sur des réseaux de commerce et de négoce étendus: les principaux acteurs jouent au niveau international, comme un Johannes de Colonia (Johann von Köln) entre la région rhénane et l’Italie (Gênes et Venise) à compter des années 1456.
Nous savons, bien sûr, depuis les travaux pionniers d’Henri-Jean Martin, que l’innovation concerne aussi la «mise en livre» elle-même – et on connaît le rôle essentiel d’un entrepreneur comme Koberger pour l’invention du «livre imprimé». Elle inclut aussi la mise en œuvre de politiques éditoriales différenciées, avec tout le travail de logistique que cette activité suppose, et celle de pratiques et de réseaux de diffusion permettant d’écouler la production et de faire circuler les valeurs en paiement. Bien entendu, des copistes et des revendeurs assuraient la diffusion du manuscrit auprès d’une certaine partie du lectorat potentiel (pensons à l'exemple de Haguenau), mais le changement d’échelle induit par le passage à l’imprimé suppose d’autres structures: c’est par rapport au marché que se conquiert le succès de la technique nouvelle, donc par la mise en place de nouvelles pratiques et de nouveaux systèmes de diffusion.
La souscription est connue dès la Bible à 42 lignes de 1455, tandis que les premiers «voyageurs» démarcheurs apparaissent dans la décennie 1470, et que des placards publicitaires commencent parallèlement à être imprimés, à Mayence ou encore à Augsbourg, en vue de leur diffusion. 
Catalogue de Peter Schoeffer, vers 1470 (BSB, Ink 207).
Le fait que les imprimeurs / éditeurs (pour employer la désignation moderne) diffusent eux-mêmes leur production est évidemment logique : la juxtaposition d’une imprimerie et d’un comptoir de «librairie» sur la gravure de la célébrissime Danse macabre des imprimeurs nous le confirme. Le fait que les éditeurs vendent eux-mêmes directement (à la clientèle de la ville et de la région) est aussi attendu, mais ils agissent en outre comme négociants «en gros», et disposent pour ce faire de réseaux de représentants et de revendeurs (Buchführer), qui se déploient au tournant des XVe-XVIe siècles.
Bientôt, ces revendeurs ne limiteront plus leur activité à un seul fonds éditorial, mais travaillent en commission pour plusieurs entrepreneurs. Dans cette conjoncture, les entrepreneurs les plus novateurs, comme un Peter Drach à Spire, établissent en outre des magasins de leurs éditions dans les villes les mieux placées sur le plan de la géographie de l’édition (Francfort, Leipzig, Cologne et Strasbourg). Le passage à la librairie de détail, au sens moderne du terme, n’est dès lors plus éloigné: encore resterait-il à définir les pratiques selon lesquelles le fonds d’un éditeur se trouvera proposé à la vente par un diffuseur donné. La spécialisation des firmes et l’organisation de la branche de la «librairie» selon les structures qu’elle conservera durant tout l’Ancien Régime et jusqu’au début du XIXe siècle date, globalement, de la première moitié du XVIe siècle. Et nous comprenons aussi l'erreur qui consiste à mesurer la pénétration de la civilisation du livre sur le seul critère de la localisation des presses typographiques...