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lundi 23 février 2015

La rentrée littéraire

Les Ateliers du livre
Le phénomène de la "rentrée littéraire"
Bibliothèque nationale de France - site François Mitterrand,
Petit auditorium

En partenariat avec l'Université de Paris-Ouest Nanterre-La-Défense

Mardi 10 mars 2015, 14h-20h
Entrée libre
Dans le cadre de ses Ateliers du livre, inaugurés en 2002, la Bibliothèque nationale de France consacre une session annuelle à l'histoire du livre et son univers contemporain.
L'après-midi d'étude du 10 mars, organisé en partenariat avec l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, sera consacré au phénomène de la rentrée littéraire. Comment ce phénomène s'est-il imposé dans le monde de l'édition et de la librairie au point de devenir un événement incontournable, objet de promotions médiatiques de grande ampleur ? Quelles espérances collectives porte-t-il ? Et en quoi est-il au service de l'écrivain et de la littérature contemporaine ? Telles sont quelques-unes des questions qui seront abordées au cours de cette demi-journée qui mêlera communications, présentations interactives et table ronde animée par des universitaires et des professionnels du monde du livre.
 

14h Ouverture

14h10 La rentrée littéraire : origines et développement d’un phénomène (XIXe-XXe siècles)
Aux origines du phénomène de la rentrée littéraire
Jean-Yves Mollier, professeur d’histoire contemporaine, Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
L'intensification de la vie du livre au XXe siècle
Olivier Bessard-Banquy, professeur à l'Université de Bordeaux-Montaigne, en charge des cours de bibliologie et d'édition au sein du Pôle des métiers du livre

15h La rentrée littéraire : approche socio-économique
Bertrand Legendre, professeur en sciences de l’information et de la communication, Université de Paris XIII (Sorbonne Paris Cité), responsable du master Politiques éditoriales et directeur du LabSIC/Labex ICCA

15h30 Questions

15h45 Rentrée littéraire : quand le marketing éditorial raconte des histoires et rêve de grands écrivains
Sylvie Ducas, maître de conférences HDR en Littérature française et en Sciences de l'Information-Communication, chercheuse au Centre des Sciences de la Littérature française (CSLF) de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense et directrice du master Métiers du livre de Saint-Cloud

16h15 Quelques rentrées littéraires emblématiques
Pierre Jourde, écrivain, critique littéraire, professeur à l'Université Grenoble III

16h45 Intervention des étudiantes du master des Métiers du livre de l’Université Paris-Ouest Nanterre-La-Défense

17h00 Questions 

17h30 Table ronde : la rentrée littéraire de septembre 2014 et janvier 2015
Animation : Olivier Bessard-Banquy
Avec Joy Sorman, écrivain, auteur de La Peau de l’Ours paru en septembre 2014 aux éditions Gallimard ; Jean-Noël Orengo, romancier, auteur de La Fleur du Capital paru en janvier 2015 aux Éditions Grasset, co-fondateur de la plateforme en ligne D-Fiction ; Thomas Simmonet, éditeur de l'Arbalète/Gallimard ; Anaïs Massola, co-gérante de la librairie «Le Rideau rouge» ; Marie-Christine Jacquinet, conservateur, directrice de la bibliothèque départementale des Yvelines, professeur associé à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense ; Oriane Jeancourt, rédactrice en chef Littérature au magazine Transfuge ; Silvana Bergonzi, chargée de communication Éditions J’ai lu

Communiqué par Marie Galvez, chargée de collections en Histoire du livre (Département Littérature et art).

jeudi 30 octobre 2014

Cours inaugural d'histoire du livre

Cours inaugural de Christophe Gauthier
Christophe Gauthier, professeur d'histoire de l'édition et des médias à l'époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles) à l’École nationale des chartes, donne son cours inaugural intitulé
«Faire l’histoire des industries culturelles au temps de leur dématérialisation»
le mardi 4 novembre 2014, à 17 heures,
à l'École, 65 rue de Richelieu, 75002 Paris (salle Léopold-Delisle).
La chaire d’histoire de l’édition et des médias à l’époque contemporaine procède d’une tradition bien établie à l’École nationale des chartes. Ses enseignements associent non seulement l’histoire du livre, mais aussi de la presse et des médias sous toutes leurs formes, ainsi que l’histoire de la photographie et du cinéma, en somme la plus grande part des industries culturelles des deux derniers siècles. Au moment où triomphe non point tant le numérique que la dématérialisation des supports, l’histoire de ces objets culturels, qui sont aussi des biens de consommation, se trouve investie d’enjeux convergents.
En premier lieu, le terme d’industries culturelles constitue un dénominateur commun tendant à inscrire dans un processus d’industrialisation et de massification des agents (inventeurs, fabricants, producteurs), des objets et des usages, dont la photographie, le journal, le roman et le cinéma sont partie prenante à l’orée du XXe siècle. Cent ans plus tard, la disparition progressive du support –ou plutôt sa contingence– affecte l’ensemble des objets qui dominent le champ des industries culturelles. Alors que le siècle précédent avait vu triompher la représentation publique et le spectacle de masse, cet effacement a pour corrélat la dissémination des écrans, une proximité nouvelle avec des images désormais omniprésentes, mais inscrites dans un environnement domestique qui révolutionne les pratiques culturelles et leur appréhension.
Enfin, la dématérialisation des industries culturelles pose la question de leur collecte et de leur conservation; elle contribue à l’édification de nouveaux objets patrimoniaux qui, par contrecoup, interrogent la notion même de patrimoine.

dimanche 12 octobre 2014

Colloque: "Ouvrir les bibliothèques au public"

16-18 octobre 2014, Orléans
Ouvrir les bibliothèques au public
Colloque international à l’occasion du Tricentenaire de l’ouverture
de la Bibliothèque publique d’Orléans

Une bibliothèque "publique" qui se présente sous une autre appellation: la grille de la Bibliotheca Palatina, bibliothèque publique ouverte dans les murs de la Hofburg de Vienne
Jeudi 16 octobre 2014, au Studium, rue Dupanloup

9h30. Accueil des participants.
10h. Ouverture du colloque
1ère session. Le temps des lettrés (1)
10h45.Isabelle Pantin (ENS) «La Bodléienne d’Oxford, parangon des bibliothèques publiques?»
11h15. Dominique Varry (ENSSIB) «Trois bibliothécaires du XVIIIe siècle et leurs livres»
11h45-12h30. Discussion
12h30-14h30 Pause

14h30 Conférence d’Olivier Rey (CNRS/Paris 1) «Métamorphoses de la lecture»
15h30. Andrea De Pasquale (Biblioteca Nazionale Centrale, Rome) «L’ouverture au public des bibliothèques des anciens États italiens au siècles des Lumières»
16h. Frédéric Barbier (CNRS/EPHE) «L'esprit protestant et la bibliothèque: le cas de Strasbourg, 1789-1870» (cf résumé infra)
16h30.Thierry Dubois (Bibliothèque de Genève) «Le système de souscription de la bibliothèque publique de Morges»
17h-17h45. Discussion

Vendredi 17 octobre 2014, à la Médiathèque, place Gambetta

2e session. Le temps des lettrés (2)
9h30. Lecture du Livre de sable de Jorge Luis Borgès
10h. Emmanuelle Chapron (Université d'Aix) «Le catalogue imprimé: un surcroît de publicité?»
10h30-10h45. Pause
10h45-11h15. Yann Sordet (Bibliothèque Mazarine) «Comment Mazarin a "donné sa bibliothèque au public" : les étapes méconnues du projet mazarino-naudéen»
11h15-11h45. Jean-Pierre Vittu (Université d'Orléans) «Du répertoire à l’instrument bibliographique: les catalogues imprimés de la bibliothèque d’Orléans au XVIIIe siècle»
11h45-12h30. Discussion
12h30-14h30. Pause

3e session. Vers la lecture pour tous
14h30. Patrick Latour (Bibliothèque Mazarine) «Un exemple de darwinisme bibliothéconomique : la Bibliothèque Mazarine au XIXe siècle»
15h. Jean-François Dubos (Service Historique de la Défense) «Quand la "Grande Muette" ouvre ses portes : le cas de la bibliothèque du Service Historique de la Défense»
15h30-15h45. Pause
15h45. Kmar Ben Dana (Université de la Manouba-Tunis) «D’un centre d’étude des Pères blancs à une bibliothèque de recherche: IBLA, Tunis»
16h15. Marie-Cécile Bouju (Université de Paris 8) «Du militant à l’usager: le PCF, les bibliothèques et leur public, 1920-1955»
16h45-17h30. Discussion

Samedi 18 octobre 2014, au Studium, rue Dupanloup
4è session. La lecture publique
9h30. Pierre Allorant (Université d'Orléans) «La bibliothèque d'Orléans au XIXe siècle entre la municipalité et l'État»
10h. Agnès Sandras (BNF) «Que se cache-t-il derrière les statuts des bibliothèques populaires?»
10h30-10h45. Pause
10h45-11h15. Hind Bouchareb (BNF) «Une lente conversion à la lecture publique: disparités et évolution des discours politiques locaux sur les bibliothèques dans l’entre-deux-guerres»
11h15-11h45. Antoine Prost (Université de Paris I) «De la bibliothèque à la Médiathèque» 11h45-12h30. Discussion

Organisation
Jean-Pierre VITTU, Université d’Orléans POLEN EA 4710
Corinne LEGOY, Université d’Orléans POLEN EA 4710
Olivier MORAND, Médiathèque d’Orléans

Lieux du colloque
Studium, 1 rue Dupanloup, Orléans;
Médiathèque, 1 place Gambetta, Orléans

Renseignements: Michelle Randimbiarison, Secrétariat recherche, Collegium LLSH
michelle.randimbiarison@univ-orleans.fr
00 33 (0)2 38 41 73 51

Résumé. Les analyses de Max Weber sur L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme ont marqué une avancée décisive dans la construction d’une théorie de la modernité: les principaux éléments présentés par l’auteur comme caractéristiques étaient le sens de la responsabilité, le privilège donné au service de la communauté ou de la collectivité, et le primat qui est celui de la formation et de la professionnalisation (éthique de la Beruf).
L’objet de la communication sera de montrer que ces caractéristiques s’appliquent non seulement à la problématique de la genèse du capitalisme, mais aussi à celle des bibliothèques. L’exemple de Strasbourg permettra de mettre en évidence les grandes étapes d’une politique inspirée par le protestantisme, de la saisie des biens d’Église par la Ville (1524) à la fondation de la Haute École et à l’organisation d’une bibliothèque publique modèle (1538). À la Révolution, les biens des Églises protestantes ne sont pas confisqués en Alsace, de sorte que le développement de la «Bibliothèque de Strasbourg», devenue la plus riche de province, peut se poursuivre sur les mêmes bases au fil du XIXe siècle... jusqu’à sa destruction complète lors du bombardement du 24 août 1870.

vendredi 19 septembre 2014

Colloque d'histoire du livre et des bibliothèques à Strasbourg

COLLOQUE INTERNATIONAL 
STRASBOURG, LE LIVRE ET LES BIBLIOTHEQUES, XVe-XXIe SIECLE

 
 
Lundi 13 octobre 2014
Maison interuniversitaire des Sciences de l’homme- Alsace
allée du Général Rouvillois, Strasbourg
Salle des conférences 

À partir de 9h Accueil des participants
 
9h30 Ouverture du colloque, par Madame Christine Maillard, directrice de la MISHA), Monsieur Alain Béretz, président de l’Université de Strasbourg, et Monsieur Albert Poirot, administrateur de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (sous réserves) 

Première séance, sous la présidence de Monsieur István Monok, professeur à l’Université de Szeged, directeur général des Archives et Bibliothèques de l’Académie des sciences de Hongrie
10h Rémy Casin, conservateur de la Bibliothèque des Dominicains (Colmar) La bibliothèque de Ludwig Ber (1479-1554), théologien bâlois et ami d'Érasme
10h30 Georges Bischoff, professeur à l’Université de Strasbourg
La commanderie Saint-Jean de l'Ile verte et sa bibliothèque, une « maison des sciences humaines » (et divines) à la veille de la Réforme
11h Jonas Kurscheidt, doctorant, Centre d’études supérieures de la Renaissance (Tours)
Une nouvelle Nef des folz à Strasbourg ? Réflexions autour de la version strasbourgeoise du Narrenschiff de 1494/95
11h30 Ursula Rautenberg, professeur, titulaire de la chaire de Buchwissenschaft à l’Université d’Erlangen-Nuremberg
Straßburger Buchhändler und Straßburger Buchhandel von Johann Mentelin bis um 1550

Deuxième séance, sous la présidence de Monsieur Hans-Jürgen Lüsebrink, professeur à l’Université de Saarbrücken
14h30 Edoardo Barbieri, professeur à l’Université catholique de Milan et directeur de La Bibliofilia
Francesco Negri à Strasbourg et sa traduction du Turcicarum rerum commentarius de Paolo Giovio (1537)
15h István Monok, professeur à l’Université de Szeged, directeur général des Archives et Bibliothèques de l’Académie des sciences de Hongrie
L'édition en Alsace et le royaume de Hongrie, 1480-1620
15h30 Sabine Juratic, chargée de recherche au CNRS, docteur de l’EPHE
La librairie strasbourgeoise et Paris à l’époque des Lumières
16h Pause
16h15 Emmanuelle Chapron, maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille, membre de l’Institut universitaire de France
Strasbourg et la librairie scolaire au XVIIIe siècle
16h45 Claire Madl, bibliothécaire du CEFRES (Prague), docteur de l’EPHE
Strasbourg et l’exportation des livres vers l’est de l’Europe au XVIIIe siècle

17h30 Frédéric Barbier (USIAS), Florence de Peyronnet-Dryden (Berger-Levrault), Christophe Pouthier (Berger-Levrault)
Conférence publique : Berger-Levrault, un libraire éditeur strasbourgeois, entre hier, aujourd’hui et demain


Mardi 14 octobre 2014
Bibliothèque nationale et universitaire
6, Place de la République, Strasbourg
Auditorium

Troisième séance, sous la présidence de Monsieur Albert Poirot, administrateur de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg
9h Dorothée Rusque, doctorante de l’Université de Strasbourg, EA 3400 ARCHE La collection de livres de Jean Hermann : construire et organiser le savoir naturaliste au XVIIIe siècle
9h30 Hans-Jürgen Lüsebrink, professeur à l’Université de Saarbrücken
Les Œuvres (Strasbourg 1784) de Valentin Jamerey-Duval – une édition strasbourgeoise à la croisée des cultures
10h Marie-Claire Boscq, docteur de l’UVSQ
Les bibliothèques de Strasbourg et leurs catalogues à travers la tourmente révolutionnaire
10h30 Pause
10h45 Nicolas Bourguinat, professeur à l’Université de Strasbourg, directeur de l’équipe ARCHE
Le livre à Strasbourg sous le Premier Empire
11h15 Annika Haß, doctorante de l’Université de Saarbrücken et de l’EPHE, attachée de recherche à l’Université de Saarbrücken
Un libraire fournisseur des grandes bibliothèques européennes: Treuttel et Würtz

 Quatrième séance, sous la présidence de Monsieur Yann Sordet, directeur de la Bibliothèque Mazarine
14h Andrea De Pasquale, directeur général de la Bibliothèque nationale centrale de Rome
Gloire à Gutenberg : fêtes et commémorations à Strasbourg et en Europe pour commémorer l’invention de l'imprimerie
14h30 Laurence Buchholzer, maître de conférences à l’Université de Strasbourg
La Kaiserliche Universitäts-und Landesbibliothek de Strasbourg : dons et échanges avec les bibliothèques allemandes (1871-1918)
15h Pause
15h15 Daniel Baric, maître de conférences à l’Université François Rabelais de Tours
Naissance et développement d'une dualité fonctionnelle nationale et universitaire dans le contexte européen : une comparaison entre la BNU de Strasbourg et la Bibliothèque nationale et universitaire de Zagreb
15h45 Marisa Midori Deaecto, professeur à l’Université fédérale de Sao Paulo
Arthur de Gobineau et l'Interrègne brésilien (avril 1869 - mars 1870)
16h30 Visite de la Bibliothèque nationale et universitaire


Mercredi 15 octobre 2014
Médiathèque André Malraux
1, Presqu’île André Malraux, Strasbourg
Salle des conférences

Cinquième séance, sous la présidence de Monsieur Gérard Boismenu, doyen de la Faculté des Arts et Sciences, Université de Montréa
9h Catherine Maurer, professeur à l’Université de Strasbourg
Les bibliothèques de Strasbourg pendant la deuxième annexion allemande (1941-1944)
9h30 Agnès Callu, chercheur associé permanent au CNRS-Institut d'histoire du temps présent
Paul Hartmann : histoire intellectuelle d'un itinéraire éditorial
10h Pause
10h15 Guylaine Beaudry, directrice et bibliothécaire en chef, Bibliothèques, Université Concordia (Montréal)
D’un monde à l’autre : état et avenir des bibliothèques à l’aube du XXIe siècle
10h45 Yves Lehmann, professeur à l’Université de Strasbourg
Le réseau des bibliothèques EUCOR : avènement, développement, prolongements
11h15 Frédéric Barbier, membre de l’USIAS
Conclusions du colloque
11h45 Visite du fonds ancien de la Médiathèque André Malraux

 Colloque organisé par l’Université de Strasbourg, Institut d’études avancées (USIAS),
avec la participation de
Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg
École nationale des chartes (Paris) Université de Strasbourg, équipe ARCHE
Fondation Berger-Levrault (Paris)
Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche du Brésil (Brasilia)
Université de Strasbourg

Participation ouverte à tous, dans la limite des places disponibles.
Les informations figurant sur cet avant-programme sont données sous toutes réserves.

jeudi 4 septembre 2014

Globalisation, langue anglaise et histoire du livre (congrès de l'ENIUGH)

À l'occasion du IVe congrès ENIUGH (European Congress on World and Global History), qui se tiendra à partir du 4 septembre à l'ENS, 45 rue d'Ulm à Paris, nous nous autorisons quelques remarques sur l'articulation entre globalisation, histoire du livre, et économie de l'édition. Un des souhaits de l'historien n'est-il pas que l'expérience du passé permette de mettre en perspective et éclaire certains des problèmes du présent?
De fait, la globalisation n’est pas chose nouvelle: du moins ce phénomène n’a-t-il rien de radicalement nouveau en ce qui concerne l’histoire de la «librairie» depuis la fin du Moyen Âge. Il en va de même de la problématique de la langue de publication, à laquelle Histoire et civilisation du livre avait il y a plusieurs années consacré un dossier spécial («Les langues d’impression», 2008, 4e livraison), alors même que le thème émergeait à peine dans le champ de l'historiographie générale. 
Sur le plan historique, la «librairie» est presque nécessairement une librairie intégrée, et cela dès le XVe siècle, ne serait-ce que parce qu’il s’agit d’une activité hautement capitalistique. Nous connaissons déjà à l'époque incunable des accords entre libraires résidant dans des villes parfois très éloignées (par ex. entre Nuremberg, voire Vienne, et Strasbourg), accords dont l'objet principal  est probablement de permettre aux professionnels de limiter les coûts de production tout en contrôlant plus efficacement une partie de leur diffusion.
La globalisation joue aussi à plein avec la diffusion des nouvelles techniques d’imprimerie, d’abord en Europe, puis dans l’Amérique espagnole: les premières universités et les premiers ateliers typographiques d'outre-mer sont fondés au XVIe siècle à Lima et à Mexico
La globalisation s’accentue, et c’est peut-être le premier temps d’une globalisation «en soi», avec l’intégration géographique qui se développe en Occident au XVIIIe siècle, et qui introduit la logique en partie nouvelle de la délocalisation en fonction des conditions de production et de diffusion (pour la librairie française, il s’agit notamment du système célèbre des «presses périphériques»). Un autre exemple idéaltypique pourrait être ici celui de l’intégration de Saint-Pétersbourg et de la Russie dans les réseaux des Lumières occidentales, donc aussi dans les réseaux de la librairie. Mais, toujours et partout, on observe, et jusqu'à aujourd'hui, une tension entre l’ouverture (la globalisation) et les efforts en vue d’instaurer un contrôle sur la production et sur la circulation des contenus.
Sur le fond, les axes d’analyse sont doubles. On se placera d'abord du point de vue de l’historien, pour envisager une histoire de la «librairie» dans le cadre de la globalisation et de la mondialisation. Mais on pourra aussi privilégier le point de vue du professionnel de l’édition, et voir comment la globalisation d’aujourd’hui influe sur une certaine manière de travailler de la part du chercheur scientifique. En fait, il conviendrait d’autant plus de nous situer à la rencontre des deux interrogations, que l’historien, comme l’auteur en général, a tendance, quand il prépare et rédige son texte, à prendre plus ou moins implicitement en considération les conditions de fonctionnement du marché éditorial susceptible de correspondre à ce texte: du fait que l’on vise a priori un certain public, le texte correspondra à un certain modèle sur le plan du contenu formel (y compris la langue) et intellectuel, et non pas sur le seul plan de la mise en livre.
Venons-en maintenant plus directement à la question de la langue.
1) La «librairie» médiévale était une librairie «globale», parce qu’elle correspondait surtout à une librairie en latin (donc, une langue transnationale), et parce qu'elle s’adressait principalement à une communauté elle-même transnationale, celle de l’Église catholique romaine. À tous les niveaux, les structures d’enseignement, jusqu’aux universités, sont en effet liées au monde des clercs et à l’Église. Cette caractéristique continue à fonctionner au XVIe siècle, quand la «grande librairie» se déploie autour d’un certain nombre de places commerciales, au premier rang desquelles vient Francfort, centre des foires de la librairie européenne en latin.
2) Mais cette structure initiale s’affaisse progressivement, le latin cédant peu à peu la place aux différentes langues vernaculaires. Le phénomène est très précoce en France où, pour des raisons politiques, le roi (à partir surtout de Charles V) et les grands appuient le développement d’une littérature et d’une production de livres en français (les «romans», mais aussi les traductions des classiques de l'Antiquité, comme Aristote, etc.). Le même processus se déploie dans les pays germanophones, mais sur la base d’une logique toute différente, dans laquelle le facteur clé serait sans doute à trouver du côté d’une alphabétisation plus largement répandue: lorsque, en 1494, Sébastien Brant cherche à toucher par son livre de morale un public le plus large possible, il rédige son Narrenschiff d’abord en allemand, ce qui semble alors une nouveauté très remarquable.
3) À partir du XVIe siècle et surtout à partir de la Réforme (dont les origines peuvent aussi se donner à comprendre dans cette perspective), le schéma change de plus en plus profondément. C’est la langue vernaculaire qui s’impose, et il se constitue, pour paraphraser Fernand Braudel, des «librairies-mondes», qui fonctionnent pour l’essentiel en autarcie, et qui se structurent autour de la langue «commune». Il existe ainsi, depuis le XVe siècle, une «librairie française», là où l’essor de la «librairie allemande» sera brisé par la catastrophe de la Guerre de Trente ans, et ne reprendra que très progressivement, dans la seconde moitié du XVIIe siècle.
Le fait que le glissement de la langue véhiculaire principale se poursuive, du latin au français, puis à d’autres langues européennes, et aujourd'hui à l’anglais, n’empêche nullement ces «librairies-mondes» de perdurer, et de se structurer comme des ensemble plus ou moins clos. La caractéristique de fond réside à nos yeux dans l’élargissement progressif de l’accès au média, élargissement qui entraîne une montée en puissance du vernaculaire (parlé par le plus grand nombre), la «librairie internationale» ne pouvant jamais toucher qu’une proportion  minime du public potentiel. L’organisation du marché et la chronologie jouent aussi un rôle discriminant. L’intégration géographique (qui fait que Saint-Pétersbourg devient une capitale européenne au tournant du XVIIIe siècle) introduit paradoxalement une diversité plus grande selon les géographies où l’on se trouve: on voit, par exemple, la librairie d’Europe centrale rester beaucoup plus attachée au latin comme langue véhiculaire, voire comme langue d’édition, que ne le sera au même moment une librairie occidentale bien plus avancée dans la modernité.
Un autre  point intéresse l’historien du livre: en dehors de l’histoire spécifique de la «librairie anglaise», l’anglais ne joue qu’un rôle très secondaire comme langue véhiculaire en Europe jusque dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, quand son apprentissage commence à progressivement se répandre au sein des catégories les plus privilégiées. En Bohème comme en Russie, comme dans le royaume de Hongrie, les romans anglais sont jusque dans les années 1800 lus d'abord dans leurs traductions françaises ou allemandes.
Entrons-nous aujourd’hui dans la logique d'une nouvel «librairie globalisée» dont l’anglais serait le principal vecteur? La réponse sera d’autant plus nettement positive, que nous sommes aussi face à une reconfiguration très profonde du système des médias (la «troisième révolution du livre»), et que le premier vecteur des NTIC est de très loin l’anglais. Et comme, en application du théorème de Mathieu, on ne prête qu’aux riches (ne serait-ce que par le poids relatif des différents marchés), le déséquilibre va s’accentuant: l’anglais est largement traduit dans d’autres langues, mais les œuvres rédigées dans ces langues ne font que beaucoup plus rarement l’objet de traductions en anglais.
Permettons-nous de conclure –et d’ouvrir la discussion éventuelle– sur une double réserve. D'abord, il existe toujours aujourd'hui des «librairies-mondes», qui fonctionnent de manière largement autonome, et dont le poids est très important, non seulement en Europe (à commencer par la librairie allemande), mais surtout en Asie, avec au premier chef les exemples du Japon et de la Chine.
D'autre part, dès lors que nous voulons aborder le champ de l’histoire comparée, du transnational et de la globalisation, la connaissance d’un certain nombre de langues est impérative pour le chercheur. Nous sommes tout particulièrement bien placés en Europe pour le savoir et, par exemple, en histoire du livre (mais aussi en histoire de l’art et en histoire des idées), la connaissance de la bibliographie italienne ou allemande reste, selon les époques où l’on se place (mais jusqu’au milieu du XXe siècle au moinsl), un impératif scientifique –pour ne rien dire d’autres géographies, celle des mondes hispaniques ou encore celle des mondes slaves.
Comme le latin au XVe siècle, l’anglais est aujourd’hui indispensable pour la communication scientifique, mais la compréhension historique des phénomènes suppose d'autant plus de disposer d’un certain bagage de connaissances et d’une certaine… connaissance des autres langues, et des autres cultures. La traduction est une commodité, mais elle reste un pis-aller, et elle ne remplacera jamais l'appropriation directe des textes dans leur langue et dans leur environnement d'origine. 

lundi 9 juin 2014

Une enquête sur la librairie italienne de la Renaissance

Projet de recherche ANR n° 13-BSH3-0010-01
L’Édition Italienne dans l’espace francophone à la première modernité (EDITEF)
Centre d’Études Supérieures de la Renaissance - Tours

Le livre italien fait l’objet, depuis des décennies, de recherches ponctuelles ou d’une certaine ampleur portant trop souvent sur des aspects particuliers, sur certains acteurs de la «chaine du livre» ou encore sur des fonds locaux peu accessibles. L’entité même des fonds italiens conservés dans des établissements publics de l’espace francophone reste inconnue du grand public et de la communauté scientifique, en raison du retard avéré dans la rétroconversion des catalogues en ligne de nombreuses bibliothèques. De même, la documentation manuscrite sur la production, la transmission et les collections d’ouvrages italiens conservée dans les archives reste en grande partie inexplorée, et les rares études sur ces documents datent essentiellement du XIXe siècle.

Le projet EDITEF (L’Edition Italienne dans l’Espace Francophone à la première modernité) naît de la nécessité de renouveler les connaissances sur la production, la diffusion et la conservation d’ouvrages en italien dans les régions francophones à la première modernité, ouvrages qui ont fondé les corpus indispensables à l’essor de l’humanisme et de la Renaissance dans l’Europe continentale.
Ce projet est le fruit de la collaboration préalable de nombreux chercheurs français et étrangers. La coordination entre spécialistes de provenances disciplinaires et géographiques diverses a été possible, dans un premier temps, grâce au soutien scientifique et financier de plusieurs institutions: le Centre d’études supérieures de la Renaissance de Tours (UMR 7323, CNRS / Université de Tours), la Maison des sciences de l’homme Val de Loire, les laboratoires LASLAR (Lettres, arts du spectacle, langues romanes: EA 4256) et LLS (Langages, littératures, sociétés) de l’Université de Savoie, la Maison de la recherche en sciences humaines (USR 3486) de l’Université de Caen Basse-Normandie et la Bibliothèque Mazarine (Paris).
Le projet vise à coordonner des recherches innovantes sur les acteurs de la production, de la commercialisation et de la conservation du livre italien et de ses traductions françaises, tout en proposant une approche originale de l’étude de la circulation de ces ouvrages d’une région à l’autre, explorant les principales voies commerciales et de transport, le colportage et les grandes foires. Une attention particulière sera consacrée aux ressortissants italiens installés dans l’espace francophone (marchands, imprimeurs-libraires, polygraphes, etc.), qui témoignent, tout en l’alimentant, d’une culture de l’exil dont on a souvent sous-évalué les retombées économiques. Le projet prévoit aussi la mise en place de plusieurs outils numériques permettant l’exploitation des données collectées et leur divulgation tout au long du travail. Il s’agira en effet de constituer un portail multifonctionnel qui donnera accès à deux bases de données, l’une biographique portant sur les acteurs de l’édition italienne dans l’espace francophone (EDITEF), l’autre bibliographique consacrée aux collections (COLLECT-IT).
L’aspect novateur du projet EDITEF réside dans l’approche interdisciplinaire et plurilingue des recherches, qui impliquent des compétences relevant de l’analyse des fonds manuscrits (codicologie, paléographie, etc.), de la bibliographie matérielle et de la bibliologie, de l’histoire du livre et de la lecture, ainsi que du traitement numérique des données textuelles, biographiques et typographiques.
(Communiqué par Chiara Lastraioli)

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le blog d’EDITEF
http://editef.hypotheses.org/http://editef.hypotheses.org/
et sur le site
http://umr6576.cesr.univ-tours.fr/editionitalienne/ 

Coordinateur du projet:
Chiara Lastraioli (Centre d'Études Supérieures de la Renaissance - Tours)
Contact: editef@univ-tours.fr

mercredi 7 mai 2014

Ecrire rapidement

Un très joli colloque doit se tenir à Rovereto (Italie), du 22 au 24 main prochain, consacré au sujet de l’«écriture rapide», alias la tachygraphie:
Rovereto, 22-24 maggio 2014
Accademia Roveretana degli Agiati e Biblioteca Civica G. Tartarotti
con la collaborazione del Centro di Ricerca Europeo Libro Editoria Biblioteca (CRELEB)

L’articulation de l’oral et de l’écrit est fondamentale dans les développements de la pensée occidentale depuis les premiers siècles avant l’ère chrétienne.
Laissons ici de côté deux problèmes. D’abord, celui de la logique de l’écriture : le système alphabétique, fondée sur une analyse abstraite du rapport entre le son et sa transcription, est tout naturellement plus gourmand en graphèmes –et, peut-être, en temps –que des systèmes fondés sur les idéogrammes. Du coup, l'abréviation y sera le cas échéant plus utile. La seconde remarque porte sur la typologie de la graphie: les modes d’abréviation ne sont bien évidemment pas les mêmes (et les abréviations ne rempliront pas les mêmes fonctions), entre l’écriture cursive et les formes d’écriture «à main levée». Nous ne disons rien ici de l’épigraphie, et de son emploi obligé de l’abréviation.
Dès lors que nous sommes dans le monde de l’écriture alphabétique, la copie du texte demande beaucoup plus de temps que sa simple énonciation orale, et la tradition veut que les célèbres notes tironiennes, qui constituent un premier exemple de sténographie, aient été inventées par l’esclave secrétaire de Cicéron, Marcus Tullius Tiro, chargé de prendre à la volée les discours de son maître.
Mais, avec la disparition définitive de la Romania, au milieu du Ve siècle, nous voici dans un monde qui, dans son immense majorité, est devenu analphabète, et au sein duquel la démonstration de l’engagement et de la preuve est d’abord d’ordre oral: ce sont les «témoins» qui, par leur présence physique (attestée par leur seing), authentifient telle ou telle disposition prise, acte de fondation ou autre. La série des marques personnelles en bas de l’acte (les «souscriptions») authentifie celui-ci, et en engage la valeur.
L’émergence d’une pratique de plus en plus large de l’abréviation se manifeste surtout à partir du moment où l’écrit lui-même se répand davantage, entendons, à partir du tournant de l’an mille, et d’abord dans les villes de négoce et dans les villes universitaires. Là où l’écriture est de plus en plus intimement liée à l’activité professionnelle, il convient d’aller vite, et les minutes notariales, les notes de cours ou encore les documents administratifs de toutes sortes utilisent des systèmes d’abréviation parfois très sophistiqués.Une conséquence moins attendue de cette tendance concernera le retour à un statut ancien: dès lors en effet que l’écriture s’abrège et se mue en technique, elle perd en lisibilité pour le commun des mortels (même s'ils sont alphabétisés), et sa maîtrise se fait l’exclusivité d’une caste, analogue à la caste des scribes de l’Antiquité.
Terminons sur trois points, que nous ne faisons que brièvement évoquer.
1) D’abord, l’abréviation est affaire de spécialistes, c’est-à-dire de clercs qui, ispso facto, sont des latinistes. L’élargissement des pratiques de lecture et la diffusion croissante de textes dans les différentes langues vernaculaires, s’accompagne d’une quasi-disparition des abréviations, qui rendraient précisément lesdits textes inintelligibles à ces nouveaux lecteurs.
2) Ensuite, et nous l’avons déjà dit, on aurait grand tort de croire que l’irruption de la typographie s’accompagne de la disparition des abréviations (et des autres signes relevant de la pratique de l’écriture cursive, comme au premier chef ces lettres liées si chères, encore aujourd’hui, à la collection de La Pléiade. Bien au contraire, l'articulation entre les médias reste longtemps favorable à l’écrit par rapport à l’imprimé, et la pratique de la signature autographe des exemplaires imprimés rend d'ailleurs compte de ce que nous avons appelé l’«esthétique de la trace».
3) Enfin, ne croyons pas que ces problématiques soient seulement des objets d’histoire. Le rapport de l’oral à l’écrit est bien d’actualité, aujourd’hui plus qu’hier, comme le prouvent la fonction «Mémo vocal» de nos portables ou encore la possibilité d’intégrer dans un texte Word des séquences enregistrées sur l’ordinateur même sur lequel nous travaillons. Et concluons avec Alphonse Allais, lequel préfigure même la langue actuelle des SMS. Il explique qu'il est à la recherche de procédés pour économiser le papier:
« Je me garde bien de mettre : « Hélène a eu des bébés ». Combien plus court, grâce à mon procédé : L.N.A.U.D.B.B.» (Ancor la réform de l’ortograf, Le Journal, 20 sept. 1900).
Bref, un colloque novateur, qui plus est dans une superbe ville historique, Rovereto –pour ne rien dire de la région, au débouché du val de Trente, aux portes de Vérone et à proximité immédiate du lac de Garde... au printemps.

lundi 14 avril 2014

Colloque d'histoire des bibliothèques à Prague

Bibliothèques, bibliothécaires, lecteurs 
Colloque international en commémoration
du 95e anniversaire de la loi
sur les Bibliothèques publiques
et en l’honneur de Jan Thon

17-18 avril 2014

Programme (programme détaillé en tchèque)
Jeudi, 17 Avril 2014 Lieu: Archives littéraires du Musée de la littérature nationale
 
9:00-9:30 Enregistrement des participants
9:30-9:45 Cérémonie d'ouverture
9:45-10:45 Bibliothèques et transferts culturels: l'exemple de Strasbourg, 1538-1918, par Monsieur Frédéric Barbier (EPHE/CNRS)
10:45-11:00 Discussion
11:00-11:15 Pause
 
11:15-12 :45 L’institution de la bibliothèque (I) (Président: T. Pavlicek). Interventions de J. Pokorny, C. Madl, M. Fapšo, V. Brožová, M. Ducháček
12:45-13:05 Discussion
13h05-14h15 Pause déjeuner

14:15-15:50 L’institution de la bibliothèque (II) (Modérateur: T. Rehak). Interventions de J. Hnilica, A. Míšková, P. Čáslavová, A. Petruželková
15:35-15:50 Discussion
15h50-16h05 Pause 

16h05-17h25 Les bibliothécaires et leurs destins (Modérateur M. Sekera). Interventions de Renata Ferklová, L. Nivnická, R. Jančar, Miloš Sládek
17:25-17:40 Discussion
17h45 Clôture

Vendredi 18 Avril 2014
Lieu: Bibliothèque municipale de Prague, petite salle 


8:30-9:00 Enregistrement des participants
9:00-9:20 Mot de bienvenue et d'ouverture (T. Rehak, M. Losíková)
9:25-10:15 Education et lecture (Modérateur: J. Štěrbová). Interventions de Jiří Trávníček, E. Mikulášek, Z. Houšková
10:15-10:30 Pause 

10:30-12:35 Bibliothèques et éducation: aujourd'hui et demain (Modérateur: J. Štěrbová). Interventions de I. Mikulášek, E. Měřínská, T. Rehak, Z. Houšková, M. Krčál, J. Skládaná, K. Rovná
12:20-12:35 Discussion
12:35-13:30 Pause déjeuner

13:30-14:50 Bibliothèques et bibliothécaires aujourd'hui et demain (Modérateur: J. Pokorny) . Interventions de V. Richter, P. Škyřík, V. Peslerová, M. Hache
14h50-15h00 Discussion
15h00 Clôture 

Faculté de pédagogie de l'Université Charles de Prague
Archives littéraires de la Littérature nationale
Bibliothèque municipale
Centre de recherche français en sciences sociales (CEFRES) 

lundi 7 avril 2014

Journée d'études d'histoire du livre


Séminaire « Strasbourg et ses bibliothèques »
Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg
Institut d'études avancées de l’Université de Strasbourg

 9 avril 2014
«La BNU et ses collections spécialisées»

Journée d’études, sous la présidence de
M. Frédéric Barbier,
directeur de recherche au CNRS,
directeur d’études à l’EPHE,
membre de l’Institut d’études avancées de l’Université de Strasbourg

Le cabinet de curiosités dans la bibliothèque
Le syntagme de « bibliothèque » désigne d’abord une réalité physique, qu’il s’agisse du meuble, du local ou, par extension, de l’institution abritant, pour le sens commun, des livres, qui aujourd’hui sont en général des livres imprimés. On pourrait par conséquent penser qu’il est possible de définir la bibliothèque par ce qu’elle renferme.
Oui, certes, les bibliothèques conservent évidemment des collections de livres imprimés: mais elles existent bien avant l’imprimerie, tandis que, inveresement, les bibliothèques contemporaines conservent toujours des manuscrits plus ou moins anciens, qui font en général partie de leurs collections les plus précieuses. Les manuscrits sont le plus souvent classés par langues, et les fonds non-occidentaux occupent une place d’autant plus notable que les bibliothèques sont plus riches, comme le montre l’exemple de la BNU.
Mais on conservera aussi dans les bibliothèques toutes sortes d’objets qui ne sont pas des livres, ni même parfois des documents écrits, du document d’archives aux cartes géographiques, à l’objet de curiosités, aux peintures, bustes et sculptures, aux collections de numismatique, aux globes et autres instruments scientifiques, sans parler des nouveaux supports (DVD, etc.) et des nouveaux médias.
En fait, la bibliothèque a longtemps été considérée comme rassemblant une sorte d’inventaire du monde, dans la tradition du Musée ptolémaïque d’Alexandrie. Au XVIIe siècle, la Bibliothèque de l’abbaye de Sainte-Geneviève possède un cabinet de curiosités renommé, tandis que la Bibliothèque du roi devient, au XVIIIe siècle, un véritable centre de recherches, réunissant des savants aux compétences rares (hébraïsants, hellénistes, linguistes, historiens, numismates et autres «antiquaires»), accueillant des cours publics et étroitement liée aux Académies, notamment les Inscriptions et Belles Lettres.
C’est ce projet universaliste que le régime wilhelminien entreprend de mettre en œuvre à travers la reconstitution des collections de la nouvelle Bibliothèque de l’Université de Strasbourg après 1870. La journée d’études du 9 avril 2014 vise à explorer un certain nombre de ces fonds spéciaux, et des instruments de travail mis à la disposition des utilisateurs. 

14h-18h
Programme
14 h : Ouverture de la séance
14h15 : La collection papyrologique, par M. Paul Heilporn (professeur et directeur de l’Institut de payrologie, Université de Strasbourg)
14h45 : La collection de tablettes cunéiformes, par Mme Anne-Caroline Rendu-Loisel (chargée de cours, Université de Strasbourg ; collaboratrice de recherche FNS, Université de Genève)
15h15 : La collection orientaliste constituée par Julius Euting, par M. Daniel Bornemann (Direction de la conservation et du patrimoine, BNU)
15h45 : Discussion
16h : Pause
16h15 : Estampilles et poids musulmans en verre, par M. Claude Lorentz (Direction de la conservation et du patrimoine, BNU)
16h30 : Monnaies, médailles et sceaux, par M. Daniel Bornemann (Direction de la conservation et du patrimoine, BNU)
16h50 : Les collections iconographiques et cartographiques: Le fonds cartographique, par M. Gwenaël Citerin (Direction de la conservation et du patrimoine, BNU); Les affiches alsaciennes des 19e et 20e siècles, par M. Jérôme Schweitzer (Direction du développement des collections, BNU); Les affiches sur l’Europe, par M. Geoffrey Girost (Direction du développement des collections, BNU)
17h20 : Quelques autres fonds particuliers : Arthur de Gobineau, Marie Jaëll, Richard Wagner, Johann Wolfgang von Goethe, par M. Christophe Didier (adjoint de l’administrateur, BNU)
17h40 : Discussion et conclusion 

BNU, salle du conseil

Entrée libre dans la limite des places disponibles

jeudi 3 avril 2014

Le concile de Constance comme foire du livre (1414-1418)

Il est des anniversaires que l’on commémore (le début de la Première Guerre mondiale…) et d’autres qu’on néglige voire qu’on oublie, même si les événements dont il s'agit ont marqué leur époque. L’ouverture du concile de Constance, en 1414, prend certainement rang parmi ces derniers.
Le Konzilgebäude sur la rive du lac de Constance

Georges Bischoff a parfaitement raison de voir dans les grands conciles de la fin du Moyen Âge de véritables «foires du livre», à une époque où le commerce de librairie reste embryonnaire, où les communications sont difficiles et où les techniques de reproduction des textes n’existent pas: les deux conciles majeurs de Constance et de Bâle intéressent très puissamment, à ce titre, l’historien du livre.
Nous n’avons pas à aborder ici les objectifs du concile de Constance (1414-1418), avant tout mettre un terme au schisme de l’Église, et travailler à sa réforme. Ce qui nous intéresse, c’est le rôle du concile du point de vue de l’histoire des idées et de celle de l’écrit. Car ce sont non seulement des prélats qui se réunissent à Constance, mais aussi, derrière l’empereur, nombre de princes et de grands. Tous sont accompagnés d’une suite de proches, de fonctionnaires, de secrétaires et autres intellectuels et savants. D’autres personnalités se joignent à eux à titre privé, parce que le concile donne l’occasion d’approcher les grands, de travailler à faire avancer une certaine affaire, d’obtenir une certaine charge ou tout simplement de se faire connaître et de se «lancer». On y traite par exemple, entre autres, de l’arrestation de l’évêque de Strasbourg à la demande du chapitre cathédral et du Magistrat, et les différentes parties délèguent leurs avocats à Constance pour plaider leur cause.
Plusieurs années durant, la ville (qui compte alors quelque 8000 habitants) se peuple donc de clercs –entendons, de titulaires de tel ou tel grade universitaire, titulaires qui sont très généralement eux-mêmes des gens d’Église–, mais aussi de techniciens de l’écriture: il faut évidemment disposer des fournitures indispensables (parchemin, papier, matériel d’écriture), et il faut copier les correspondances, mémoires, décisions de toutes sortes que produit le travail du concile et de ceux qui y participent…
Certains des participants partent en outre à la recherche des manuscrits qui leur permettront d’étayer leur argumentation, ou d’enrichir leurs connaissances. Parmi ces derniers, les Italiens occupent tout naturellement la première place: on se rencontre, on discute, on travaille, on donne des cours publics, et on s'enquiert des manuscrits éventuellement inconnus. A Constance, devenue un temps une annexe de la Florence des humanistes, séjourneront entre autres Leonardo Bruni († 1444) et Poggio Braciolini († 1459), mais aussi un personnage comme le Grec Manuel Chrysoloras (décédé chez les Dominicains de Constance en 1415), ou encore les Français Pierre d’Ailly (1420), chancelier de l’Université de Paris et maître de Gerson, et Guillaume Fillastre († 1428), doyen du chapitre de Reims. Pratiquement, le concile constitue réellement une manière d’université.
Chronique de Richental: condamnation de Jean Huss
Une figure essentielle est celle de Poggio, qui profite de son séjour sur les rives du lac pour écumer les bibliothèques plus ou moins lointaines, et pour y redécouvrir les textes de l’Antiquité classique copiés à l’époque de la Renaissance carolingienne. Le voici successivement à Saint-Gall (à partir de 1416), puis à Einsiedeln, à Fulda et à Murbach, outre un certain nombre d’autres maisons non identifiées, et il aurait peut-être visité la bibliothèque de Cluny. Ses enquêtes les plus lointaines l’amèneront jusqu’à Langres et à Cologne.
Capitale de la chrétienté en même temps que, grâce au concile, capitale européenne du livre et de l’écrit, Constance se signale aussi par un texte exceptionnel: un bourgeois de la ville, Ulrich von Richental († 1437), rédige en effet à titre privé, vers 1420, une chronique du concile en vernaculaire. Le succès remarquable explique la diffusion déjà sous forme de manuscrits, mais aussi sous forme d’imprimés. Le texte de Richental donne la mesure de ce que l’événement a pu représenter aux différents niveaux, pour l’Europe et pour les principaux protagonistes, mais aussi pour la ville même de Constance.
L’année 2014 est ainsi l’occasion de revenir dans une perspective largement renouvelée sur l’histoire du concile, et de bientôt découvrir l’exposition qui lui est consacrée (du 27 avril au 21 septembre), dans l’ancien bâtiment même du concile (Konzilgebäude), directement sur le port. Ajoutons que le séjour à Constance, outre l’agrément d’un site exceptionnel et d'une ville très plaisante, permet d'explorer un paysage historique et culturel de premier intérêt, avec l’île de Reichenau et le souvenir du premier monastère bénédictin d'Allemagne, ou encore, à l'imitation de Poggio, Saint-Gall et sa célébrissime bibliothèque baroque

Das Konstanzer Konzil. Essays, éd. Karl Heinz Braun [et al.],
Darmstadt, Konrad Theiss, 2013,
247 p. ill.
ISBN 978 3 8062 2849 6.

vendredi 21 mars 2014

Journée d'études: "Fonder une bibliothèque sous l'Ancien Régime"

UNIVERSITE DE STRASBOURG, INSTITUT D’ETUDES AVANCES (USIAS)
BIBLIOTHEQUE NATIONALE ET UNIVERSITAIRE DE STRASBOURG

26 mars 2014
Journée d’études
FONDER UNE BIBLIOTHEQUE SOUS L'ANCIEN REGIME

Fonder une bibliothèque «publique» reste en Occident, depuis trois millénaires, un acte hautement symbolique, dont la dimension principale est d’ordre certes culturel et intellectuel, mais aussi politique.
Le modèle premier est celui du Musée d’Alexandrie (alias la demeure des Muses), que crée Ptolémée Ier Sôter au tournant du IIIe siècle av. J.-C. Nous sommes dans l’environnement très particulier des héritiers de l’empire d’Alexandre: Alexandrie devra être la capitale du monde, elle accueillera la dépouille du conquérant et elle abritera, dans son Musée, tous les instruments de culture alors disponibles, à commencer par les textes. A l’époque hellénistique, la ville est le grand emporium de la Méditerranée.
Il est inutile de s’arrêter sur le rôle du Musée dans la construction de la philologie –et de la pensée– occidentales, y compris pour la tradition chrétienne, avec le travail de la Septante. Avec Alexandrie, l’institution de la bibliothèque est d’emblée liée à une problématique d’acculturation et de transfert: le prince veut imposer le modèle grec comme modèle universel, mais aussi intégrer toutes les traditions provenant d’autres cultures. Plus tard, à Rome comme dans les autres villes de l’Empire, la fondation d’une bibliothèque en principe «ouverte» relève toujours d’un objectif d’évergétisme dont on sait les liens avec le champ du politique.
Mais, avec l’effondrement radical de la culture livresque qui accompagne la disparition de l’Empire romain, avec aussi la religion nouvelle du christianisme, nous voici devant un tout autre modèle: celui d’îlots, constitués autour de l’Eglise et assurant seuls la conservation de la tradition écrite. Pourtant, le schéma politique ancien se retrouve sous l’empire carolingien: scriptoria et bibliothèques des abbayes et des chapitres seront les vecteurs de la renovatio imperii, à travers la diffusion des textes et le renouvellement des formes matérielles de leur support (la Renaissance carolingienne).
Le rapport entre la fonction de la bibliothèque et l’économie générale des médias, pour rester souvent implicite, n’en est pas moins toujours présent. Dès lors que le livre n’est plus chose exclusive de l’Eglise c’est-à-dire à partir du XIe siècle, il devient ce vecteur de formation et de culture qui permettra éventuellement de construire la réussite sociale. Donner accès au livre à tous ceux qui en ont besoin est un acte de foi: on fera des dons de livres à telle ou telle institution entretenant une bibliothèque, voire on fondera un établissement (un collège) qui permettra à ceux qui n’en ont pas a priori les moyens de poursuivre des études, et qui, notamment, tiendra à disposition une collection de livres aussi riche que possible –le meilleur exemple en est la Sorbonne.
Pour autant, l’objectif premier, celui de la politique, perdure à travers les siècles, et ce jusqu’à aujourd’hui: avec la bibliothèque, il s’agit de documenter la réflexion et l’action politiques (cas de Charles V comme de Mazarin), voire de se poser comme le prince des lettres, et donc comme l’héritier de la tradition de l’empire universel antique. Bien évidemment, le politique n’épuise pas l’éventail des objectifs, mais même lorsque celui-ci est de promouvoir les Lumières et de construire une république européenne des lettres, c’est le rôle du prince ou du grand comme médiateur et comme passeur, qui est toujours en jeu.
Si le schéma bouge en profondeur à l’époque de la Révolution française, la dimension politique reste au premier plan dans le domaine de bibliothèques désormais devenues «nationales». Il faudra une longue expérience pour constater que tous les citoyens n’ont pas un accès égal au principal média de culture, le livre, et qu’il conviendrait, en bonne logique démocratique, de fonder un autre modèle de bibliothèque, celui des «bibliothèques de lecture publique»: cette question reste, jusqu’à aujourd’hui, l’un des enjeux-clés dans le domaine des bibliothèques, alors même que celui-ci est profondément reconfiguré par l’irruption de la «troisième révolution du livre», celle des nouveaux médias.
De l’acte de foi à l’investissement politique et aux formes changeantes de cet investissement en fonction de la déclinaison du paradigme, il y a encore beaucoup à dire sur l’acte de fonder une bibliothèque, et sur les dispositions matérielles prises pour assurer cette fondation. La journée d’étude organisée à Strasbourg le 26 mars prochain a précisément pour objectif d’éclairer ces phénomènes à travers une série d’exemples, des bibliothèques alsaciennes de la première modernité (XVe-XVIe siècles) aux bibliothèques du baroque et des Lumières, pour terminer avec l’émergence de la problématique de l’identité collective et des nationalités au sens moderne du terme.

PROGRAMME
Séance placée sous la présidence de Monsieur Yves Lehmann,
professeur à l’Université de Strasbourg

14h Ouverture de la séance
14h15 Livres et bibliothèques à Strasbourg et dans sa région du milieu du XVe siècle à la veille de la Réforme, par Monsieur Georges Bischoff, professeur à l’Université de Strasbourg
14h45 Fideicommis, mécénat, vocation publique: la fondation de la Bibliothèque Mazarine au XVIIe siècle, par Monsieur Yann Sordet, directeur de la Bibliothèque Mazarine
15h15 Discussion
15h30 Pause

15h45 Fonder des bibliothèques à l’époque les Lumières en Italie du Nord: les cas de Turin, de Parme et de Milan par Monsieur Andrea De Pasquale, directeur général des Bibliothèques nationales de Milan (Braidense) et de Turin
16h15 Jean-Daniel Schoepflin et les origines de la Bibliothèque publique de Strasbourg, par Madame Magali Jacquinez, étudiante à l’Université de Strasbourg
16h45 Fonder une bibliothèque «nationale» dans un pays sans monarchie autonome: Transylvanie et Hongrie, 1798-1803, par Monsieur Istvan Monok, professeur à l’Université de Szeged, directeur général de la Bibliothèque de l’Académie des sciences de Hongrie
17h15 Discussion et conclusion

Bibliothèque nationale et universitaire,
5 rue Joffre, salles des Conseils
Entrée libre, dans la limite des places disponibles