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mercredi 3 août 2011

L'histoire du livre à la campagne (2)

À trois ou quatre kilomètres de Montrésor, voici un haut lieu du livre, en l’espèce d’une puissante maison religieuse, sur le modèle que nous signalions dans notre dernier billet: il s’agit de l’abbaye bénédictine de Saint-Sauveur de Villeloin, dont il ne reste plus aujourd’hui que des vestiges, mais qui a représenté une véritable puissance depuis l’époque carolingienne jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Tours est particulièrement célèbre dans l’histoire de la chrétienté pour avoir été l’évêché de saint Martin, l’apôtre des Gaules. Aux confins des provinces ecclésiastiques de Tours et de Bourges, les campagnes de la Touraine du sud ne sont christianisées que très progressivement, d’abord avec la fondation de l’abbaye de Cormery (VIIIe siècle), puis de celle de Villeloin, fille de Cormery, en 850. Saint-Sauveur de Villeloin devient abbaye de plein droit en 965, et représente dès lors la principale puissance de la Touraine au-delà de Loches. Bornons-nous à deux témoignages: Philippe le Bel et sa suite séjournent à Villeloin en 1301, tandis que la crosse abbatiale de Villeloin est l’une des plus belles pièces de la collection d’ivoires du Musée de Cluny à Paris.
Porte de l'abbaye de Villeloin, aujourd'hui partie de la voirie.
Nous n’avons pas à nous étendre sur l’his-toire de Saint-Sauveur, sinon pour signaler que l’abbaye possède bien évidemment un scriptorium, mais aussi qu’elle souffre considérablement de la Guerre de cent ans, puis des Guerres de religion et des troubles.
Les épaves de la bibliothèque de Villeloin sont conservées pour l’essentiel à la bibliothèque de Loches: plusieurs exemplaires incunables de Bernard de Clairvaux (Catalogues régionaux des incunables, X, n° 98-100), un De Universo de Guillaume d’Auvergne (n° 341), etc. En 1515, l’abbé Jacques Le Roy, également archevêque de Bourges et primat d’Aquitaine, fait exécuter dans la bibliothèque un certain nombre de travaux d’aménagement, tandis qu’en 1595, tous les livres de l’église furent reliez à neuf au deppans de mond. Sieur abbé pour la somme de XXV éscus.
Mais Villeloin est surtout célèbre chez les historiens du livre pour avoir été l’abbaye de Michel de Marolles (1600-1681).
Cet ancien élève des Collèges de Clermont, de La Marche et de Montaigu livre dans ses Mémoires nombre de notes intéressant l’histoire du livre. Ainsi de ses rapports avec ses libraires, ou encore de cette scène croquée dans la grande salle du Palais d’Angers en 1633, et qui fait tout naturellement penser à la célèbre gravure parisienne de la Galerie du Palais par Abraham Bosse:
Je ne veux pas oublier que, nous étant allés promener au Palais, où il y a une grande salle, & m’étant arrêté à la boutique d’un libraire, où j’achetai des livres, un jeune homme du barreau, qui s’y étoit déjà acquis de la réputation, j’ai su depuis que c’étoit M. Ménage, me vint accoster & m’y fit voir ma traduction de Lucain, de la première édition…
Abbaye de Villeloin.
Marolles est également connu pour ses œuvres imprimées, dont la traduction de Lucain dédiée au roi et publiée en 1625 («je donnai presque à toute la cour des exemplaires de ce livre»), mais son rôle principal concerne, pour notre objet, Villeloin et sa bibliothèque. Après Baugerais, les relations de sa famille avec la cour lui permettent en effet d’être nommé abbé de Villeloin en 1626. En 1630, il souligne l’attention qu’il porte aux livres légués par son prédécesseur l’abbé de Cornac:
Aïant donc cette belle bibliothèque en ma disposition pour ma vie durant, j’ai essayé de la bien loger, & je lui ai préparé une gallerie exprès, qui m’a coûté plus de mille écus.
Et, cinq ans plus tard, voici la construction réalisée:
Ce fut alors que je fis bâtir dans mon abbaye de Villeloin un assez beau lieu pour ma bibliothèque, que j’ornais de portraits de plusieurs personnages doctes qui ont fleuri en divers tems; comme j’en avois mis dans ma grande sale, deux rangées de personnes illustres (…), par un peintre de Lyon appellé Vande, qui s’étoit arrêté dans le païs.
Enfin, chacun connaît la collection des estampes de l’abbé de Marolles, collection achetée à l’initiative de Colbert en 1666 et entrée à la Bibliothèque du Roi, dont elle forme l’un des fonds à l’origine du futur cabinet des estampes. Michel de Marolles commence à collectionner en 1644, et l’ensemble comptera plus de 120 000 pièces (on sait qu’il constitua après 1666 une seconde collection, dont cependant le devenir reste incertain).
Quant aux «deux religieux bénédictins», Dom Martène et Dom Durand, si Villeloin est naturellement l’une des premières étapes de leur Voyage littéraire (Paris, Delaulne et al., 1717), ils ne font que peu d’observations sur la bibliothèque –mais davantage sur la décoration:
Il y a dans le chartrier deux beaux cartulaires (…) sur lesquels Monsieur de Maroles, abbé de ce monastère, avoit dressé la liste des abbez imprimée par Messieurs de Sainte Marthe. Cet abbé, qui nous a donné plusieurs versions, étoit un homme fort curieux, il a enrichi son abbaye de plus de trois cens tableaux antiques qui se voyent dans une grande salle…
À la fin de l’Ancien Régime, l’abbaye ne compte plus que quatre religieux, et le court (8 feuillets !) inventaire de la bibliothèque de Saint-Sauveur de Villeloin est dressé le 17 janvier 1791 par deux administrateurs du directoire de Loches, en présence du curé de la paroisse (Bibl. de Loches, fonds E. Gautier). Une grande partie des titres alors signalés ne semble en définitive pas avoir été conservée.

Catalogue de livres d’estampes et de figures en taille douce (…) fait à Paris en l’année 1666 [par Michel de Marolles], Paris, Frédéric Léonard, 1666.
Michel de Marolles, Mémoires de Michel de Marolles, abbé de Villeloin, avec des notes historiques et critiques, nouvelle éd., Amsterdam, [s. n.], 1755, 3 vol.
Abbé L. Bossebœuf, « L’abbaye de Villeloin du XVe au XVIIe siècle », dans Bulletin et Mémoires de la Société archéologique de Touraine, tome XLIX, 1910.
Abbé L. Bossebœuf, Un Précurseur, Michel de Marolles, abbé de Villeloin: sa vie, son œuvre, Tours, La Tourangelle, 1911.

dimanche 3 juillet 2011

En flânant: archive(s) d'histoire du livre

Le terme d’«archive» (au singulier) est depuis des années devenu plus à la mode dans le monde des historiens, sans que sa définition soit toujours explicitée. Les élèves de l’École des chartes se voient décerner, après leur cursus de quatre années et la soutenance de leur thèse, le diplôme d’archiviste-paléographe, ils ont reçu une formation certaine à l’«archivistique» (alias la science des archives) et un certain nombre travaille par la suite dans les archives publiques (nationales, départementales, municipales), plus rarement dans les archives privées. Mais il s’agit bien des «archives» au pluriel, et non pas de l’«archive» au singulier.
Plusieurs hypothèses peuvent être proposées sur le sens du mot archive. Retenons-en deux:
1) Il peut s’agir, d’abord, d’une sorte de concession à la mode et à l'obligation de faire du nouveau -même si ce n'est qu'en apparence. Avec cette acception, la distinction par rapport au document d’archives au sens classique du terme n’est pas si évidente: en y regardant de plus près, l’«archive» désigne souvent des documents d’archives dans l’acception habituelle de la formule. L’argument selon lequel cette «archive» ne se limite pas aux seuls documents sur papier n’en est pas un: nous savons de longue date que, pas plus que les fonds des bibliothèques ne sont constitués des seuls «livres», les fonds d’archives ne possèdent que des documents écrits ou imprimés sur papier, mais bien toutes sortes de documents sur toutes sortes de supports, et même les objets les plus inattendus...
2) Mais nous sommes dans une logique inverse à celle du dépôt d'une certaine manière naturel des pièces d'archives qui constitueront un fonds: l’«archive» sera construite par le chercheur, en fonction de la problématique qu’il aura élaborée ou de l’objet sur lequel il voudra travailler. Sans vouloir discuter la pertinence réelle de l’innovation lexicographique, avouons que cette seconde acception semble plus intéressante: nous ne sommes pas si éloignés des choix de Lucien Febvre lorsqu’il institue l’«histoire problème», l’«archive» désignant dès lors l’ensemble des éléments de toutes sortes (pas seulement des «documents d’archives») susceptibles de «documenter» la question posée. Dans cette acception, l’«archive» est fondée par le regard et par le travail du chercheur.
Notre regard d’historien rejoint souvent cette perspective, y compris dans la vie quotidienne: tel ou tel paysage ou environnement (terme à prendre dans son sens le plus large) se donne à lire comme la résultante actuelle et visible d’un éventail de phénomènes de toutes sortes qui se sont déroulés dans le passé. À titre d’exemple, dans une ville comme Paris, la topographie urbaine, l’organisation des réseaux d’échanges et de circulation, les logiques à l’œuvre dans l’identité des différents «quartiers», la fonction et l’architecture des bâtiments, constituent autant de phénomènes qui tirent leur intelligibilité possible du passé dont ils sont issus, et contre lequel ils se définissent aussi parfois. A contrario, ils éclairent aussi ce même passé. Insistons sur l'intérêt de cette approche, à l’heure de la recherche des «racines» et de l’inscription dans un espace que l’on voudrait signifiant.
Nous avons à plusieurs reprises évoqué ici même (trop rapidement, et souvent sans le dire) la question de la topo- graphie, à propos des premiers imprimeurs parisiens, de la topographie de Pékin, de celle de la famille Mame à Tours et dans les environs, et d’un certain nombre d’autres sujets (dont celui de Lyon).
L’arrivée de l’été est propice à multiplier les observations glanées au fil des promenades. Pour ne pas quitter Paris, la topographie du «petit monde du livre» dans la capitale a radicalement évolué au cours des cinq derniers siècles écoulés: nous sommes passés du parvis de la cathédrale à la rue Saint-Jacques, au quartier de l’université et des collèges, puis au quartier de Saint-Germain-des-Prés et des quais, un temps aussi à la rive droite, avec le Palais Royal, la Bourse, les grands boulevards et le quartier du nouvel Opéra… Les imprimeries longtemps au cœur de la ville ont quant à elles été progressivement «délocalisées» à la périphérie, puis en banlieue et plus tard en province.
Même si la topographie du livre et des médias est aujourd'hui très largement nouvelle dans la capitale, le flâneur attentif n’en observe pas moins les vestiges des évolutions passées: en sortant de la Sorbonne, nous voici face à La Boutique des cahiers, où flotte toujours le souvenir de Charles Péguy. Félicitons-nous de ce que les repreneurs successifs aient conservé l'aménagement extérieur de ce petit local. Un peu au-dessus, en remontant le boulevard Saint-Michel, nous remarquons un bel immeuble en pierre de taille, qui date de 1913 et porte fièrement, à hauteur du 3e étage, le bandeau de la «Librairie Armand Colin».
Nous restons dans la tradition multiséculaire de l'imprimerie et de la librairie, avec ce que nous pouvons bien appeler une marque typographique sur pierre, qui se trouve comme insérée (à la place d'une fenêtre) au deuxième niveau du bâtiment. L'arbre tutélaire (que d'arbres dans les marques typographiques depuis le XVe siècle!) protège le monogramme «A.C.» et sa devise («Labeur sans soin, labeur de rien»), et il surplombe la date de fondation de la maison gravées en caractères romains sur le modèle d'une inscription épigraphique: 1870.
Même si les logiques (ou les hasards) de la concentration financière font qu'aujourd'hui Armand Colin n'est plus au 103 du boulevard Saint-Michel, sa maison et surtout son souvenir y restent inscrits dans la façade de l'immeuble et dans la topographie du quartier. Bref, se promener en ville (mais aussi à travers les campagnes), c'est déjà découvrir une «archive». Alors... profitez de l'été, et partez en flânerie!

Daniel Bermont, Armand Colin. Histoire d'un éditeurs, de 1870 à nos jours, Paris, Armand Colin, 2008.
La Capitale des livres. Le monde du livre et de la presse à Paris, du Moyen Âge au XXIe siècle [catalogue d’exposition], dir. Frédéric Barbier, Paris, Paris-Bibliothèques / PUF, 2007.

mardi 10 mai 2011

Histoire du livre en Espagne

Des livres entre l’Espagne et la France au siècle des Lumières
Journée d’études IHMC et Colegio de España

Date: Jeudi 12 mai 2011
Lieu: Colegio de España, Cité internationale universitaire de Paris
7E bd Jourdan. 75014 Paris, Sala Ramón y Cajal
Organisateurs: Sabine Juratic (IHMC) et Nicolas Bas Martin (Univ. de Valencia)

L’avènement des Bourbons de France sur le trône d’Espagne au début du XVIIIe siècle renforce les relations entre les deux États, tandis que l’affirmation du pouvoir central et le développement de la cour contribuent à l’extension des usages de la langue française et à l’intensification des échanges culturels.
Réunissant des historiens, des littéraires et des spécialistes du livre, la journée d’étude Des livres entre l’Espagne et la France au siècle des Lumières se propose d’analyser ces mutations sous l’angle particulier de l’histoire du livre, à partir de l’étude de la circulation des imprimés, des textes et des idées entre les deux pays, depuis le règne de Philippe V jusqu’à l’occupation napoléonienne.
Trois aspects seront plus spécifiquement abordés au cours de cette journée : les conditions institutionnelles et économiques de la circulation des livres ; le rôle de médiation des écrivains, libraires et imprimeurs, savants, voyageurs et traducteurs ; et finalement, les formes de résistance qui s’expriment en Espagne face à l’hégémonie française.
Entre interdiction et permission, les livres de France sont devenus un objet très convoité par les savants et par quelques aristocrates de l’Espagne des Lumières. Ce faisant, les nouveautés publiées et distribuées au delà des Pyrénées ont contribué, non sans susciter une certaine méfiance, à l’évolution culturelle de l’Espagne et à sa relative modernisation.

9.30 h. Ouverture
JAVIER DE LUCAS. Director del Colegio de España.
FRÉDÉRIC BARBIER. Directeur de recherche au CNRS, directeur d’étude à l’EPHE (IHMC/ENS Ulm).
NICOLÁS BAS MARTÍN. Universidad de Valencia.

Matinée : Confrontations
Présidence : Daniel ROCHE
10.00 h. Mª LUISA LÓPEZ VIDRIERO, Directora de la Biblioteca Real de Madrid.
Face à face : séduction et identité
10.30 h. FRÉDÉRIC BARBIER, Institut d’histoire moderne et contemporaine (CNRS-ENS) et École Pratique des Hautes Études.
Le Voyage pittoresque et historique de l’Espagne d’Alexandre de Laborde.
11.00 h. Pause
11.30 h. FERMÍN DE LOS REYES GÓMEZ, Universidad Complutense de Madrid.
De la «tranquillité publique» à la liberté de la presse : la censure des idées révolutionnaires en Espagne
12.00 h. JEAN-MARC BUIGUÈS, Université de Bordeaux III.
Le livre scientifique en Espagne au XVIIIe siècle.
13.00 h. Déjeuner

Après-midi : Circulations
Présidence : Maria Luisa LÓPEZ VIDRIERO.
14.30 h. JESÚS ASTIGÁRRAGA GOENAGA, Universidad de Zaragoza.
Livres économiques et circulation des idées entre l’Espagne et la France au XVIIIe siècle : le cas de Jacques Accarias de Serionne.
15.00 h. DOMINIQUE VARRY, ENSSIB (Lyon-Villeurbanne).
Les Deville, libraires lyonnais exportateurs de livres vers l’Espagne et les Amériques.
16.00 h. Pause
16.30 h. NICOLÁS BAS MARTÍN, Universidad de Valencia.
De la circulation de livres et des idées entre l’Espagne et la France au XVIIIe siècle : Cavanilles et le libraire Fournier.
17.00 h. SABINE JURATIC, Institut d’Histoire moderne et contemporaine (CNRS-ENS).
La librairie parisienne et le commerce des livres avec l’Espagne au XVIIIe siècle.
Clôture : Sabine Juratic

Entrée libre dans la limite des places disponi- bles.

(Cliché: deux illustra- tions du Voyage pitto- resque et historique de l'Espagne).

jeudi 17 mars 2011

Conférences d'histoire du livre


École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

Lundi 21 mars 2011
14h-16h
Lire plume à la main.
Étude de la pratique des annotations de lecture, à partir du fonds de la bibliothèque du Collège des irlandais (XVIe-XIXe siècles)
par
Madame Emmanuelle Chapron,
maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille
chargée de conférences à l’EPHE

16h-18h
Traductions et transferts culturels au Siècle des Lumières.
Approches, circulations, appropriation (3)
par
Monsieur Hans-Jürgen Lüsebrink,
professeur à l'université de Sarrebrück,
directeur d'études invité étranger

Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage).
Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2010-2011.

Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterand).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur le blog).

dimanche 13 février 2011

Histoire du livre: souscription pour une monographie consacrée à Cazin


 Cazin, l’éponyme galvaudé

Un volume in-8° (14 x 22, 5 cm.), d’environ 360 pages, avec 1 frontispice, 1 tableau généalogique et 65 illustrations à pleine page, tiré à 300 exemplaires, dos carré, collé et cousu.
Fruit de plus de quinze années de recherches sur le célèbre libraire et éditeur parisien, d’origine rémoise, Hubert-Martin Cazin (1724-1795), cet ouvrage, préfacé par Christian Galantaris, libraire expert honoraire près la Cour d’appel de Paris, renouvelle la biographie et la bibliographie de Cazin pour lesquelles les bibliophiles, les libraires, les bibliothécaires et les universitaires ne disposent que d’un ouvrage fautif publié il y a un siècle et demi.

TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE
INTRODUCTION
CHAPITRE I. Les Bio-bibliographes de Cazin
1- Avant Brissart-Binet 
2- Brissart-Binet
3-  Après Brissart Binet
CHAPITRE II. Les Cazin à Reims avant Cazin (1673-1754)
CHAPITRE III. Cazin libraire à Reims (1755-1781)
1- Les Affaires bouillonnaises
2- Correspondance neuchâteloise
3- Débuts valadiens
CHAPITRE IV. Cazin libraire à Paris (1782-1795)
1- Associé de Valade (1782-1784)
2- Libraire rue des Noyers (1784-1785)
3- Libraire rue des Maçons (1786-1792)
4- Libraire rue du Coq (1792-1793)
5- Libraire rue Pavée (1793-1795)
CHAPITRE V. Les Cazin après Cazin
CHAPITRE VI. Identification des éditions in-18 de Cazin
1- Faux Cazins  
2- Reliure
3- Format.
4- Papier
5- Architecture de la page
6- Matériel typographique
7- Gravures
8- Catalogues et journaux contemporains
CHAPITRE VII. Les Éditions authentiques de Cazin
NOTES
SOURCES
REMERCIEMENTS
INDEX
LISTE DES SOUSCRIPTEURS

Jean-Paul Fontaine
Auteur :  Le Livre des livres (Paris, Hatier, 1994), Physiopathologie et terminologie médicale (Paris, Bertrand-Lacoste, 2005), Bibliolexique à l’usage de l’amateur de livres (Paris, Éditions des Cendres, 2007).
Coauteur : Jean Berque (1896-1954) illustrateur (Reims, Le Bibliophile rémois, 1992), Dictionnaire encyclopédique du livre (Paris, Cercle de la Librairie, 2002, A-D et 2005, E-M), Répertoire bibliographique des livres imprimés en France au xviie siècle (Baden-Baden & Bouxwiller, Valentin Koerner, 2005, t. XXVII, p. 73-171), Mélanges offerts à Christian Galantaris (Paris, Librairie Anne Lamort, 2009, p. 67-80).
Articles : Art & métiers du livre, Archives et bibliothèques de Belgique, Le Livre & l’estampe, Bulletin du bibliophile, Le Magazine du bibliophile, La Nouvelle Revue des livres anciens.
Éditeur : Le Bibliophile rémois (Reims, 1985-2004), Jacob (Max). Petite astrologie (Reims, Le Bibliophile rémois, 1989), Bidet (Nicolas). Traité sur la culture des vignes (Reims, Le Bibliophile rémois, 1991).
Coéditeur : La Nouvelle Revue des livres anciens (depuis 2009).

BULLETIN  DE  SOUSCRIPTION
(jusqu’au 31 mars 2011)

Nom, prénom, adresse postale
Paiement     1 exemplaire + port
France et Monaco : 29 + 6,80   = 35,80 €
Europe et Suisse   : 29 + 16,05 = 45,05 €
Canada et U.S.A.  : 29 + 22,50  = 51,50 €
Japon et Brésil      : 29 + 25,40  = 54,40 €  
¤ Par chèque : libellé au nom de La Nouvelle Revue des livres anciens, 3 B, rue des16e et 22e Dragons,  51100 Reims, France
¤ Par virement à la Société Générale :
- Titulaire du compte : La Nouvelle Revue des livres anciens, 3 B, rue des 16e et 22e Dragons, 51100 Reims, France
- Banque : 30003
- Guichet : 01690
- N° de compte : 00050454614     Clé : 15
- IBAN :  FR76  3000  3016  9000  0504  5461  415
- BIC : SOGEFRPP
La Nouvelle Revue des livres anciens
3 B, rue des 16e et 22e Dragons, F- 51100 Reims
tél. : 03.26.47.89.21  courriel : nrlanciens@gmail.com

(Communiqué par Jean-Paul Fontaine)
 Consultez aussi l'index matières du blog

mercredi 19 janvier 2011

Lundi 24 janvier 2011
14h-16h
Histoire des bibliothèques à la période moderne (2).
Les bibliothèques dans la ville (2) : les institutions scientifiques
par
Madame Emmanuelle Chapron,
maître de conférences à l’université d’Aix-Marseille
chargée de conférences à l’EPHE
16h-18h
De l’étude à la tribune, les bibliothécaires à la période moderne: l'exemple de l'abbaye Sainte-Geneviève (fin)
par
Monsieur Frédéric Barbier, directeur d'études

Nota: La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, de 16h à 18h. Pendant la fermeture de la Sorbonne, la conférence a lieu au 190 avenue de France, 75013 Paris (1er étage, salle 123).
Le secrétariat de la IVe Section se situe dans les mêmes locaux, où l'on peut notamment s'informer et se procurer les livrets du Programme des conférences 2010-2011.

Accès les plus proches (250 m. à pied): Métro: ligne 6 (Nation-Pte Dauphine), station Quai de la Gare. Bus 89, arrêt Quai de la Gare (cette ligne dessert notamment la Gare Montparnasse, puis elle passe rue de Rennes et place du Luxembourg).
Accès un petit peu plus éloignés: Métro: ligne 14, station Bibliothèque François Mitterand. RER ligne C, station Bibliothèque François Mitterand. Bus: 62 (arrêt Bibliothèque François Mitterand Avenue de France) et 64 (arrêt Bibliothèque François Mitterand).

Calendrier des conférences (attention: les sujets à jour des conférences et les éventuelles modifications sont régulièrement annoncés sur ce blog).

Cliché: immeuble du 190 ave de France, intérieur du bâtiment (cliché FB).

mercredi 12 janvier 2011

Histoire du livre: le premier bibliothécaire royal / the first Royal Librarian

Lovée sur la rive droite d'un méandre de la Seine, la ville de Chatou est aujourd'hui une commune résidentielle de l'agglomération parisienne, entre Paris et Saint-Germain-en-Laye. Mais les amateurs d'histoire parisienne savent le rôle important de cette région: jusqu'en 1374, la petite communauté fait partie des très vastes possessions de l'abbaye de Saint-Denis. Plus tard, attirés par des forêts propices à la chasse, les rois de France s'établissent à Saint-Germain, puis à Versailles ou encore à Marly, tandis que Napoléon fera de la Malmaison, près de Rueil, sa résidence favorite. Les plus grands personnages de la cour possèdent aussi des châteaux ou des résidences somptueuses le long du fleuve -Soufflot construit celui du contrôleur général Henri Léonard de Bertin (†1792) à Chatou, où le comte d'Artois possède aussi le pavillon de la Faisanderie. Les bourgeois plus ou moins enrichis (dont parfois des libraires et des imprimeurs parisiens) se contentent à partir du XVIIIe et surtout au XIXe siècle de "campagnes" plus modestes.
La construction de la première ligne de voyageurs de France, le Paris- Saint-Germain de 1837, bouleverse les équilibres de la région et en accélère l'urbanisation (cliché 1). Mais la succession de sites pittoresques le long du fleuve et la facilité d'accès par le rail expliquent aussi  l'attrait que prend alors l'ouest parisien pour les peintres: Corot travaille à Ville d'Avray, tandis que les impressionnistes sont notamment à Bougival et à Chatou. L'auberge du Père Fournaise, dans l'île de Chatou, est un rendez-vous d'artistes et d'écrivains, parmi lesquels Maupassant, et c'est sur la terrasse de l'auberge -où l'on peut toujours déjeuner aujourd'hui... à la belle saison- que Renoir peint son célèbre Déjeuner des canotiers (ci-dessous cliché 2).
De manière amusante, l'histoire de Chatou touche aussi, incidemment, à l'histoire du livre, par le biais d'un personnage remarquable. Gilles Malet est en effet un roturier, peut-être italien d'origine, mais son service auprès roi Charles V (†1380), d'abord comme valet de chambre, fera sa fortune. Christine de Pisan, elle-même liée à l'Italie, explique à son propos :
"Le roy Charles avoit un sien varlet de chambre lequel, pour cause que lui en savoit plusieurs vertus, moult amoit; celluy, par espécial sur tous autres, souverainement bien lisoit et bien ponctoit [faisait bien ressortir les points du discours] et entendens home estoit (...); car encore est vif, chevalier, maistre d’ostel, sage et honorez, comme il fust par ledit roy moult enrichis"
Malet est d'abord lecteur du roi, et celui-ci l'apprécie suffisamment pour lui confier, probablement en 1369, la responsabilité de sa célèbre bibliothèque ("librairie"), l'une des plus riches sinon la plus riche de son temps. Malet est chargé de superviser la conservation et l’administration de la collection, mais aussi son enrichissement, en passant des commandes pour de nouveaux manuscrits.
La faveur royale lui permet de se constituer rapidement une fortune foncière impressionnante autour de la capitale: le voici successivement châtelain de Corbeil (1369), seigneur de Chatou (1374), de Soisy-s/Seine (1376), de Pont-Ste-Maxence (1378) et de Beaumont-s/Oise (1380), mais il a aussi des biens à Villepesque (près de Lieusaint), à Balagny (près de Senlis), à Fontenay-lès-Louvre et au Plessis-Gassot (près d’Écouen)... Probablement anobli en 1367, il est écuyer en 1376, chevalier en 1390, et prendra occasionnellement le titre de vicomte de Corbeil. Son second mariage, avec Nicole de Chambly, le fait entrer dans une des familles les plus notables de l'entourage capétien. Exécuteur testamentaire de Charles V, il reste au service de Charles VI, avant de décéder en 1410 ou 1411: il est inhumé à l'abbaye de Bonport, près de Pont-de-l'Arche, sur les marches de Normandie.
Gilles Malet illustre ainsi à la fois l'ascension sociale désormais rendue possible à des roturiers distingués par le roi pour leurs "talents", mais aussi, bien entendu, les débuts de la future Bibliothèque royale, aujourd'hui Bibliothèque nationale de France. Il est l'une des figures emblématiques d'un système politique alors en phase de consolidation et de profonde modernisation, et dans lequel la dimension de la culture et des arts, donc aussi la bibliothèque, prend une place de plus en plus importante.

Bibliogr.: Raymond Cazelle, Société politique, noblesse et couronne chez Jean le Bon et Charles V, Genève, 1982, notamment p. 74 et suiv. Léopold Delisle, Recherches sur la librairie de Charles V, Paris, 1907, 3 vol. La Librairie de Charles V [catalogue d'exposition de la Bibliothèque nationale], Paris, 1968. Et, pour la topographie locale: Chatou/ Croissy-sur-Seine. Villégiatures en bord de Seine. Yvelines, réd. Laurent Robert, Paris, Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France, 1993 (n° 128). 

Clichés: 1) la gare de Chatou au temps de la vapeur (coll. part.); 2) la Maison Fournaise aujourd'hui: le balcon est celui où Renoir a travaillé (cliché F. Barbier, sept. 2010); 3) le "retable de Soisy," dalle gravée polychrome à l'effigie de Gilles Malet (voir exposition, 1968, n° 108).

mercredi 15 décembre 2010

Avis de soutenance de thèse

Le jeudi 16 décembre 2010 à 14h30
à l'Université de Paris Descartes,
Monsieur Rodolphe Goujet
soutiendra sa thèse de doctorat sur:


La librairie ancienne à Paris:
sociologie d'une profession


Composition du jury: Mme et MM Frédéric Barbier, directeur d'études à l'EPHE, directeur de recherche au CNRS; Guy-Michel Leproux, directeur d'études à l'EPHE; Antigone Mouchtouris, professeur à l'Université de Metz; Bernard Valade, professeur à l'Université de Paris-Descartes (directeur de la thèse); Patrick Watier, professeur à l'Université de Strasbourg.

Université de Paris-Descartes (École doctorale 180)
Salle du Conseil,
12 rue de l'École de médecine, 75006 Paris
La soutenance est publique.

(Cliché: sur le quai Malaquais, gravure tirée de La Vie parisienne, Paris, Libr. Charpentier. FB)

mardi 12 octobre 2010

Histoire du livre à Sainte-Geneviève


Conférence à la Bibliothèque Sainte-Geneviève

"Prosopographie génovéfaine
Répertoire biographique des 5352 chanoines réguliers
de saint Augustin de la Congrégation de France
(1624-1789)"

par

Nicolas Petit,
conservateur en chef à Bibliothèque nationale de France






 

MARDI  19  OCTOBRE  2010
18h15

Bibliothèque Sainte-Geneviève
Salle de lecture de la Réserve
10 Place du Panthéon
F - 75005 Paris

http://www-bsg.univ-paris1.fr
Entrée libre dans la limite des places disponibles

mardi 14 septembre 2010

Réouverture d'une bibliothèque

Depuis surtout la Renaissance, un certain nombre d’administrations possédaient des bibliothèques plus ou moins spécialisées: ainsi, en France aujourd'hui, des bibliothèques des différents ministères, de la Présidence de la République, des Assemblées (le Sénat et l’Assemblée nationale), d'organismes comme le Conseil d’État, etc., mais aussi de quelques grandes villes. Rappelons d'ailleurs que, par définition, la Bibliothèque nationale américaine est la Bibliothèque du Congrès.
Ces bibliothèques avaient d’abord une fonction utilitaire –fournir la documentation nécessaire aux élus ou aux fonctionnaires travaillant dans l’institution concernée. Il va de soi que, avec l’évolution des conditions d’information les plus générales, cette fonction a tendu à perdre de son importance: de sorte que l’objet même des bibliothèques "administratives" doit souvent être redéfini, et qu'elles tendent à devenir des bibliothèques de recherche et de conservation.
 Parmi ces établissements, les Parisiens connaissaient leur Bibliothèque administrative, l’une des deux bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (avec la Bibliothèque historique, rue Pavée). La Bibliothèque administrative est installée à l’Hôtel de Ville et, si son usage est théoriquement réservé aux membres du Conseil municipal et aux agents de l’administration, elle n’en est pas moins le plus largement ouverte aux chercheurs. C’est là une chose heureuse car, malgré des pertes massives, dont la plus marquante est due à l’incendie du bâtiment pendant la Commune, la Bibliothèque est aujourd’hui l’un des établissements les plus remarquables de Paris pour les fonds qu’elle conserve, tant manuscrits qu’imprimés.
Les catalogues publiés depuis plus d’une vingtaine d’années mettent cette richesse bien en évidence, s’agissant notamment des rarissimes fonds étrangers ou encore de certaines collections spécifiques, parmi lesquelles la bibliothèque de l'économiste Michel Chevalier.
La Bibliothèque administrative a été fermée plusieurs années durant, notamment pour mise aux normes de sécurité. Toujours installée dans son somptueux local historique sous les toitures de l’Hôtel de Ville, elle sera à nouveau accessible au public à compter de la semaine prochaine. À cette occasion, son appellation officielle change, pour devenir celle de Bibliothèque de l’Hôtel de Ville, une désignation déjà usuelle parmi ses utilisateurs.
La réouverture sera marquée par l’organisation d’une rencontre-débat, le jeudi 16 septembre 2010 à 15h., sur le thème
La bibliothèque de demain: où en est-on? Regards croisés sur la lecture publique en France et aux États-Unis.
Animée par Michel Melot, la séance réunira Patrick Bazin, directeur de la Bibliothèque publique d’information; Anne-Marie Bertrand, directrice de l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques; Pierre Casselle, directeur de la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville; Keith Fiels, président de l’American Library Association; Bruno Racine, président de la Bibliothèque nationale de France.
L'accès est libre, mais il est demandé de bien vouloir réserver par téléphone (01 42 76 48 87) ou par Internet (bhdv@paris.fr). L’entrée se fait par la façade arrière de l’Hôtel de Ville (5 rue Lobau, 75004 Paris).

Une vidéo sur la Bibliothèque et sur les aménagements récents dont elle a fait l'objet:
Le nouveau visage de la bibliothèque de l'Hôtel de Ville
envoyé par mairiedeparis. - L'info video en direct.

mercredi 7 juillet 2010

Topographie parisienne

La Sorbonne actuelle représente à Paris un haut lieu de l’histoire du livre, non seulement pour sa bibliothèque, mais aussi parce que l’institution a abrité le premier atelier typographique ayant fonctionné en France.
Parmi d’autres en effet, le monde des universités joue un rôle décisif dans la diffusion de la technologie nouvelle à partir de Mayence dans les décennies 1450 et 1460. Et d’abord, un grand nombre des premiers typographes sont des gradués de l’université, à commencer par Gutenberg lui-même. Bien entendu, Paris, capitale du royaume, cumule les indicateurs favorables pour accueillir l’art nouveau : Paris est la plus grande ville d’Europe sur le plan démographique (225 000 habitants vers 1500), le principal pôle économique et le centre de direction politique et intellectuelle de la France. On y reçoit très tôt des imprimés, le roi Louis XI aurait dès 1458 envoyé Jenson s’informer sur les techniques exploitées à Mayence et dans les années 1460 Fust et Schoeffer y écoulent une partie de la production imprimée mayençaise.
Mais la typographie en caractères mobiles sera en définitive introduite dans la capitale par le biais de réseaux individuels de maîtres et d’étudiants. Guillaume Fichet en est le premier personnage clé : né en 1433 dans le Faucigny, cet ancien étudiant d’Avignon et de Paris est socius de la Sorbonne en 1461. Il est recteur de l’université en 1467 et docteur en théologie en 1468. Envoyé en mission à Milan en 1469-1470, il y découvre l’humanisme italien, rencontre sans doute le cardinal Bessarion et en revient convaincu de l’importance de l’imprimerie...
À ses côtés, Jean Heynlin de Stein (Johannes de Lapide) est un Allemand (il s’agit de la ville de Königsbach-Stein, près de Pforzheim): cet ancien étudiant d’Erfurt, de Leipzig et de Louvain vient à Paris en 1453, et entre lui aussi au collège de Sorbonne. Il séjourne un temps à Bâle (1464-1466), où il est notamment doyen de la faculté des Arts, mais il poussera peut-être  jusqu’à Mayence. C’est à Bâle qu’il rencontre deux autres jeunes étudiants, Ulrich Gering, de Constance, et Michael Friburger, de Colmar. Il les aurait recrutés au cours d’un second voyage (1469-1470), ainsi qu’un de ses compatriotes originaire de Stein, Martin Krantz.
La première presse typographique française est installée par Heynlin en 1470 dans le collège qu’il dirige, la Sorbonne, Fichet définissant le programme éditorial et Gering, Krantz et Friburger assurant la marche de l’atelier. L’entreprise roule pour le public de l’université, et débute avec un manuel de latin, les Epistolae (= Lettres) de Gasparin de Bergame. Le manuscrit en a été transmis à Fichet par Heynlin, et ce premier livre imprimé à Paris se termine par les célèbres vers de Fichet à la gloire de la ville et de l’art nouveau qui vient de s’y implanter :
Comme le soleil, tu répands sur le monde les lumières de la science / O Paris, cité royale, mère des muses./ Toi, accepte le maintenant pour tes mérites / Cet art d’écrire presque divin qu’inventa la Germanie…  (trad. Jeanne Veyrin-Forrer)
Le début des travaux de réaménagement de la Sorbonne « historique » rendra probablement impossible d’entrer sur le site de celle-ci d’ici quelques mois. Même si la topographie n’est pas absolument superposable, comme le montre le plan de Truchet / Hoyau, la plaque apposée dans le hall de la Bibliothèque (cf cliché) commémore pourtant toujours l’événement de 1470.

Bibliogr. : Robert Marichal, Le Livre des prieurs de Sorbonne (1431-1485), Paris, 1987. Jacques Monfrin, « Les lectures de Guillaume Fichet et de Jean Heynlin d’après le registre de prêts de la Bibliothèque de la Sorbonne », dans BHR, 1955, XVII, p. 7-23.
Frédéric Barbier, dir., La Capitale des livres. Le monde du livre et de la presse à Paris, du Moyen Âge au XXIe siècle [catalogue d’exposition], Paris, Paris-Bibliothèques / PUF, 2007, 339 p., ill., couv. ill. en coul.

jeudi 29 avril 2010

Conférence d'histoire du livre


École pratique des hautes études
(Section des Sciences historiques et philologiques)
Conférence d’Histoire et civilisation du livre

Année 2009-2010

La prochaine conférence aura lieu le lundi 3 mai 2010:
«Auteur, libraire-imprimeur : Étienne Dolet (2)»,
par Frédéric Barbier, directeur d’études

NB- La première conférence sur Étienne Dolet a eu lieu le lundi 15 mars 2010 (voir la présentation mise en ligne le 9 mars).
Sauf indication contraire, les conférences ont lieu à l’EPHE, en Sorbonne, escalier E, 1er étage. Elles sont ouvertes aux étudiants et auditeurs inscrits à l’EPHE.

NB. On consultera avec profit, sur Étienne Dolet, le site:
http://raphaele-mouren.enssib.fr/dolet

samedi 27 mars 2010

30e Salon du livre de Paris



Difficile de ne pas signaler que c'était hier soir vendredi 26 mars l'ouverture du trentième Salon du livre de Paris (la première édition date de mai 1981), dans une ambiance un petit peu particulière par suite des controverses des éditeurs entre eux, avec le S.N.L. et avec les organisateurs du Salon. L'absence de la maison Hachette, navire amiral, et de toutes les autres maisons constituant la flotte Hachette fait que les allées du Salon sont sensiblement plus larges, et l'encombrement moindre que d'habitude. On est frappé, en parcourant les stands, de la place tenue par les acteurs institutionnels, entreprises d'édition parapubliques ou liées à des universités, etc. On est également frappé par le nombre des petits éditeurs, et des maisons établies dans les provinces françaises, même si l'édition française reste l'une des plus concentrées du monde, tant sur le plan économique que sur celui de la géographie. Cette ouverture est donc à nos yeux une chose excellente.
Enfin, il est bien plus agréable, pour ceux qui en ont l'occasion, de rejoindre la Porte de Versailles en prenant désormais le tramway, puisque les deux lignes faisant le tour de Paris s'y rencontrent. Le temps d'hier, un petit temps de printemps alternant ciel relativement dégagé et passages nuageux, voire orages, rendait en définitive l'excursion assez plaisante.

samedi 20 mars 2010

Conférence d'histoire du livre


NB: Monsieur Mellot étant empêché, cette conférence est reportée au 29 mars.

École pratique des hautes études, IVe section
Conférence d'histoire et civilisation du livre

La prochaine conférence aura lieu le lundi 22 mars 2010
Corporations du livre, vie des ateliers et main d’œuvre typographique sous l’Ancien Régime (2)
par
Monsieur Jean Dominique Mellot,
conservateur en chef à la Bibliothèque nationale de France

La conférence d'Histoire et civilisation du livre a lieu tous les lundis à l'École pratique des hautes études, en Sorbonne, de 16h à 18h (escalier E, 1er étage, Salle Gaston Paris). La conférence est ouverte aux étudiants et auditeurs inscrits à l'EPHE.

mardi 16 mars 2010

Conférence d'histoire du livre


Vendredi 19 mars 2010, 14h-16h
Troisième séance du séminaire "Langues, livres, lecteurs".

Les horizons de diffusion des publications en langue française à la lumière des archives commerciales de deux maisons d’édition de la fin du XVIIIe siècle
La Société typographique de Neuchâtel, par Monsieur Frédéric Inderwildi (Université de Lausanne),
La librairie Desaint de Paris, par Madame Sabine Juratic (Institut d'histoire moderne et contemporaine).

Le séminaire se tient dans la salle de réunion de l'Institut d'histoire moderne et contemporaine, École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris (01 44 32 31 52). Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Informations sur ce séminaire:
http://www.ihmc.ens.fr/Langues-livres-lecteurs-le.html

mardi 9 mars 2010

Conférence d'histoire du livre

École pratique des hautes études (Section des Sciences historiques et philologiques)
Conférence d’Histoire et civilisation du livre
Année 2009-2010

La prochaine conférence aura lieu le lundi 15 mars 2010:
« Auteur, libraire-imprimeur : Étienne Dolet », par Frédéric Barbier, directeur d’études

Peu de personnalités sont aussi complexes que celle d’Étienne Dolet, idéaltype de l’intellectuel de la première moitié du XVIe siècle.
Dolet est un homme du livre, dont la vie entière tournera autour des idées de l’humanisme, et de la possibilité ou non de les faire connaître par le biais de l’imprimé. Son destin est d’une brièveté tragique : né à Orléans en 1509, poursuivi et emprisonné à plusieurs reprises, Dolet meurt sur le bûcher de la place Maubert à Paris en 1546. Dans l’intervalle, il a écrit et publié des textes parmi les plus importants de l’époque, tant en latin qu’en langue vulgaire.
Après la mort de Dolet, sa figure sera réinvestie en France comme représentant un martyr de la liberté de pensée, d’abord à l’époque des Lumières (avec le libraire imprimeur Née de La Rochelle), mais surtout, dans une conjoncture radicalement différente, dans les années 1889. La statue qui est lui est alors élevée à Paris place Maubert marque le symbole de ce mouvement : elle représente Dolet, les mains liées, avec à ses pieds une presse typographique. Elle sera fondue par les Allemands en 1942.

Sauf indication contraire, les conférences ont lieu à l’E.P.H.E., en Sorbonne, escalier E, 1er étage.
Elles sont ouvertes aux étudiants et auditeurs inscrits à l’EPHE.

samedi 6 mars 2010

L'Institut historique allemand de Paris


Les historiens français du livre connaissent de longue date l’Institut historique allemand de Paris (Deutsches historisches Institut in Paris). À deux pas de la Bastille, à un pas de la place des Vosges, cette maison accueillante est installée dans le très bel hôtel Duret de Chevry (8 rue du Parc Royal). À proximité, le chercheur trouvera aussi les Archives nationales et la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, un petit plus loin (reconnaissons-le), la Bibliothèque de l’Arsenal. Le Pr. Gudrun Gersmann, directrice actuelle de l’Institut historique allemand de Paris, est connue comme historienne moderniste et historienne du livre : elle a notamment travaillé sur les archives de la Bastille, et publié en 1993 Im Schatten der Bastille (À l’ombre de la Bastille, Stuttgart, Clett-Cotta).
Fondé en 1958 et ayant pris sa dénomination actuelle en 1964, l’IHAP a comme mission de favoriser les liens entre les acteurs de la recherche historique en Allemagne et en France. Le cadre chronologique est large (du haut Moyen Âge à l’époque contemporaine), et la géographie ne se limite pas nécessairement à celle des « deux nations », mais concerne aussi l’histoire générale de l’Europe occidentale. L’IHAP dispose de locaux très bien aménagés, qui lui permettent d’accueillir conférences, journées d’études et colloques, mais aussi de développer un programme de bourses de doctorat et de bourses d’habilitation.
L’IHAP entretient une excellente bibliothèque (point décisif pour l’historien du livre), et assure la publication d’une revue (Francia) et d’un certain nombre de collections. La bibliothèque conserve quelque 110000 unités bibliographiques et suit 420 périodiques courants. Le catalogue complet en est consultable sur Internet. La collection est tout particulièrement riche pour un certain nombre de titres qui ne sont pas aisément disponibles sur la place de Paris, notamment sur l’histoire régionale allemande. En outre, selon le modèle usuel dans les bibliothèques de recherche d’Outre-Rhin, une partie importante des ouvrages est disponible en libre accès.
Parmi les autres bibliothèques allemandes ouvertes à Paris, signalons la bibliothèque du Goethe-Institut (17 avenue d’Iéna), la bibliothèque du Centre allemand d’Histoire de l’art (10 place des Victoires) et la bibliothèque de la Maison Heinrich Heine (Cité Universitaire).
Information : http://www.dhi-paris.fr

mercredi 10 février 2010

Nouvelle publication: HCL 2009 (5)


HISTOIRE ET CIVILISATION DU LIVRE. REVUE INTERNATIONALE
(éditeur : Genève, Librairie Droz)

SOMMAIRE DE LA LIVRAISON 2009

PARTIE THEMATIQUE
UNE CAPITALE INTERNATIONALE DU LIVRE : PARIS, XVIIe-XXe SIECLE (dir. Jean-Yves Mollier)
Table des matières ; Alban Cerisier, Le centenaire de La NRF ; Bibliographie et abréviations ; Jean-Yves Mollier, Introduction ; Jean-Dominique Mellot, La capitale et l’imprimé à l’apogée de l’absolutisme (1618-1723) ; Sabine Juratic, Paris et le livre au siècle des Lumières ; Gaël Mesnage, De la rive gauche à la banlieue : l'imprimé dans Paris au XIXe siècle ; Virginie Meyer, Georges Charpentier, le plus parisien des éditeurs ; Frédéric Barbier, Pour une anthropologie culturelle des libraires : note sur la librairie savante à Paris au XIXe siècle ; Diana Cooper-Richet, Paris, carrefour des langues et des cultures : édition, presse et librairie étrangères à Paris au XIXe siècle ; Christophe Charle, Paris dans les livres au XIXe siècle ; Index librorum, locorum et nominum ; Table des illustrations.

ÉTUDES D’HISTOIRE DU LIVRE
1958-1989-2005 : du bon usage des commémorations ; Michel Espagne, Transferts culturels et histoire du livre ; Jean-François Belhoste, Imprimerie et métallurgie : deux histoire liées (XVe et XVIe siècles) ; Anja Dular, Sprachen in Büchern und Bücher in Sprachen auf slowenischem Gebiet ; Christiane Berkvens (Amsterdam), La librairie française à Berlin : le rôle de la diaspora huguenote et de la librairie hollandaise ; Claire Madl (Prague), Reconstruction des pratiques plurilingues d’un aristocrate des Lumières à partir de sa bibliothèque et de ses écrits ; Andrea De Pasquale, La formazione della Regia Biblioteca di Parma ; Jacques Landrecies, Une entreprise éditoriale improbable : publier en picard au Pays noir au début du XXe siècle ; Ursula Rautenberg, 1958-2008 : cinquante ans de recherche en histoire allemande du livre.

Varia : LIVRES, TRAVAUX ET RENCONTRES, rubrique publiée sous la direction de Claire Lesage
Natalia Viola, Reliures soudanaises
Comptes rendus de : Frédéric Duval, Lectures françaises de la fin du Moyen Âge (Marie-Hélène Tesnière) ; Maryvonne Pesteil-Lota, Catalogue des incunables conservés dans les bibliothèques publiques de Corse (Frédéric Barbier) ; Calendrier des bergers (Frédéric Barbier) ; Jean-François Gilmont, Alexandre Vanautgaerden, éd., avec la collab. de Françoise Deraedt, La Page de titre à la Renaissance (Olivier Grellety Bosviel) ; Alain Riffaud, Répertoire du théâtre français imprimé, 1630-1660 (Jean-Dominique Mellot) ; Johann Wolfgang von Goethe, Faust. Urfaust, Faust I, Faust II (Frédéric Barbier) ; François de Dainville S.J. (1909-1971), pionnier de l’histoire de la cartographie et de l’éducation (Sabine Juratic) ; Valérie Holman, Print for Victory. Book Publishing in England 1939-1945 (Marie-Françoise Cachin) ; Éric Le Ray, Jean-Paul Lafrance, dir., La Bataille de l’imprimé à l’ère du papier électronique (Gilles Gallichan) ; István Monok, Edina Zvara, avec la collab. d’Eva Marza, Humanistes du bassin des Carpates, I (Frédéric Barbier) ; Peter R. Frank, Johannes Frimmel, Buchwesen in Wien 1750-1850 (Frédéric Barbier); Christoph Reske, Die Buchdrucker des 16. und 17. Jahrhunderts im deutschen Sprachgebiet ; Odile Krakovitch, Les Imprimeurs parisiens sous Napoléon Ier (Frédéric Barbier) ; Jean-François Delmas, L’Inguimbertine, maison des muses (Frédéric Barbier).

La Revue est publiée avec le soutien de l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (Villeurbanne).